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Effets de la hausse des prix des denrées alimentaires sur la consommation des ménages au Togo.


par Moubarak DJIGBA
Université de Lomé - Master en Economie 2012
  

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1.3.2.3- Interrelation entre prix des denrées alimentaires importés et locaux

En raison de la hausse de prix des denrées alimentaires de base importées, il s'opère naturellement une substitution de certaines denrées alimentaires importées au profit des produits locaux. Du coup, la consommation de ces derniers a pris une nouvelle dimension. En ville comme partout ailleurs, la demande des denrées locales est devenue de plus en plus forte ; et par effet induit, l'apparition d'une spirale inflationniste généraledans la commercialisation de ces produits locaux.

Dans l'ensemble, l'autosuffisance alimentaire a longtemps été une priorité gouvernementale ; mais l'agriculture reste très dépendante des conditions climatiques si bien que l'on observe des périodes de pénuries relatives, courtes mais assez fréquentes, en particulier dans le Nord. De plus, la crise politique et économique a entraîné une déstructuration du secteur agricole, si bien que l'objectif d'autosuffisance alimentaire n'a été totalement atteint. Les importations alimentaires représentaient 18% des importations totales sur la période 1989 - 1991, 14% de 1993 à 1995, et plus de 20% de 2000 à 2010 (FAOSTAT, 1999 ; 2010). Toutefois, avec la dévaluation du franc CFA et la mise en place d'une politique des prix agricoles, d'aménagement des surfaces cultivables de masse (cas des projets basse vallée du Mono et Zio, Oti et Kpendjal) et d'amélioration des semences, la production est en vogue d'être relancée.

Le secteur agricole togolais dispose de fortes potentialités qui lui permettent de couvrir les besoins alimentaires en céréales locaux sauf le riz, en tubercules et en légumineuses. Il a un bilan alimentaire déficitaire pour les productions animales et halieutiques. Et pour combler ces déficits alimentaires, le Togo importe des quantités importantes de riz, de pâtes alimentaires, de blé, de poisson et de viande. Le Togo exporte de très petites quantités de denrées alimentaires.

Cependant, le secteur agricole pourvoyeur d'emplois et d'aliments est confronté à d'énormes difficultés majeures, notamment :

ü Une faible utilisation des intrants de haute productivité (engrais, semences, produits phytosanitaires) compte tenu de leur coût élevé, de leur indisponibilité au moment opportun, de leur éloignement des lieux de production ; d'un faible degré de mécanisation (plus de 90 % des exploitants utilisent les outils rudimentaires) ;

ü Un faible soutien financier de l'Etat (qui s'est un peu amélioré mais demeure encore insuffisant) ;

ü Une insuffisance de crédit agricole ;

ü Uncadre institutionnel non performant (insuffisance de personnel qualifié ; faible capacité opérationnelle des structures techniques de recherche et de vulgarisation, due essentiellement à la vétusté des équipements et à l'insuffisance des ressources financières) ;

ü Des infrastructures rurales inadéquates (le réseau routier rural au Togo est largement inadéquat, certaines zones à fort potentiel de production ne sont pas desservies par des pistes rurales. De plus, la plupart du réseau actuel est dans un état de dégradation avancée, ce qui constitue un frein à la desserte en encadrement agricole et à la commercialisation des produits agricoles à des prix rémunérateurs pour le paysan.

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