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Effets de la hausse des prix des denrées alimentaires sur la consommation des ménages au Togo.


par Moubarak DJIGBA
Université de Lomé - Master en Economie 2012
  

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2.2.4- La production agricole dans les PED

Les récentes fluctuations vertigineuses des prix des produits alimentaires ont des causes structurelles durables moins évidentes mais tout aussi importantes, et qui ont bel et bien contribué aux graves problèmes de disponibilités alimentaires. Ces facteurs structurels affectent surtout l'offre ; ce qui constitue un frein pour de nombreux PED dans l'accroissement de la production agricole afin de répondre à la demande supplémentaire de produits alimentaires tant au plan national qu'international. Les facteurs à l'origine de cette crise de la production ont de profondes incidences sur la sécurité alimentaire et la pauvreté) dans les PED.

Le problème de l'offre en particulier au cours des deux (2) dernières décenniestient fondamentalement au fait que la productivité agricole a été relativement faible dans les PED, voire en recul dans beaucoup de PMA - un signe du peu d'intérêt qu'on a longtemps porté au secteur agricole. En moyenne, la productivité agricole annuelle dans les PMA entre1961 et 2003 n'a évolué que de 0,1 %, contre 0,6 % environ dans les PED dans leur ensemble (Shenggen, 2008). Dans les PMA et en particulier ceux d'Afrique, ces faibles taux de croissance agricoles ont été très préjudiciables pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Mêmedans des grands PED à croissance rapide comme l'Inde, bon nombre d'agriculteurs parviennenttout juste à assurer leur subsistance.De plus, la rareté des investissements dans R&D dans la plupart des PED ne permet pas d'espérer beaucoup plus du coté de l'offre.

C'est dire donc le secteur économique le plus sensible sur le plan politique, économique et social reçoit un soutien des moindres au niveau des pays (Christiaensen, 2009). Plus particulièrement dans les PED, ce soutien est largement insuffisant et limité en termes de ressources intérieures, même si elle contribue respectivement à plus de 40 et 60% au PIB réel et à l'emploi. Et c'est à juste titre qu'en ce qui concerne l'Afrique, la session des Chefs d'Etats et de Gouvernements de l'UA tenue en 2008 à Maputo, recommanda chaque Etat membre d'allouer au moins 10% de leur budget pour l'épanouissement et le développement du secteur agricole.

2.2.5- Cas particulier du Togo

Au vu de la littérature existante sur les sources et déterminants de l'instabilité des prix alimentaires, une variation positive et récurrente des prix des denrées alimentaires au Togo, est en partie due aux facteurs de sources exogènes.

En effet, le Togo est un pays tropical ; bénéficiant ainsi d'un bon climat propice pour la production agricole. Les pires périodes sont celles des graves inondations et sécheresses, qui heureusement arrivent rarement. Les besoins en produits vivriers locaux sont largement assurés par la production locale, à l'exception du riz. Cependant, la nature de la production locale, ne permet pas de couvrir tous les besoins alimentaires de la population togolaise ; d'où le recours à l'extérieur pour compenser le déficit. Dès lors, et sur la base de toutes ces affirmations et en faisant abstraction des effets indirects, l'instabilité des prix alimentaires au Togo, est de sources importés (l'environnement internationale) ou aléatoires (les aléas climatiques). En d'autres termes, elle est due aux facteurs de l'offre et de la demande des principales denrées alimentaires d'importations (blé et composantes, sucre, huile végétale industrielle, riz, viande, etc.).

Les sources importées sont essentiellement imputable à des problèmes de disponibilités de ces différentes denrées d'importation sur le marché mondial, qui s'expliquent à la fois par des facteurs structurels et conjoncturels. Et au titre des facteurs structurels, on pourrait mentionner l'augmentation croissante de la demande, en particulier dans les pays émergents où la hausse substantielle des revenus des ménages sur les ménages s'est accompagnée d'une modification des habitudes alimentaires ; et l'utilisation accrue de certains produits alimentaires pour la fabrication de biocarburants. En outre, les facteurs conjoncturels sont essentiellement liés aux facteurs climatiques observés au cours de cette dernière décennie induisant une baisse de récoltes dans les principaux pays exportateurs, accompagnées au cas échéant de mesures de restrictions aux exportations ; et au dépôt des fonds spéculatifs sur les marchés mondiaux des matières agricoles de base dans un contexte de crise sur les marchés financiers.

Enfin, on pourrait également mentionner le renchérissement des coûts de production et de l'énergie en réponse aux flambées des cours du baril de pétrole. En effet, les tensions observées sur les cours du pétrole brut depuis le début du troisième millénaire se sont accentuées voire exacerbées tout au long de cette dernière décennie, et même atteignant un niveau historique de 147 $US en Juillet 2008.

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