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Les réseaux sociaux. Un outil de (re)positionnement pour les musées?

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par Bénédicte Fantin
Neoma Business School - Master Grande Ecole 2016
  

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b) Accentuation de la concurrence

Le recours au marketing culturel se justifie aussi par une autre donnée macro-environnementale : l'hyper-concurrence. L'intensité concurrentielle est liée à la surabondance de l'offre de loisirs, et de l'offre culturelle en particulier. La concurrence accrue suppose pour les institutions de redoubler d'efforts pour attirer des publics de plus en plus sollicités mais aussi pour capter les ressources financières limitées des acteurs publics et privés.

Les consommateurs ont certes plus de temps et d'argent à allouer aux loisirs mais dans le même temps, la bataille fait rage au sein de l'économie de la culture pour capter ces deux ressources (Marteaux, Mencarelli, & Séverine, 2005). Le profil des consommateurs culturels contemporains est beaucoup moins monolithique que par le passé. On parle aujourd'hui de « profils culturels dissonants » (Bourgeon-Renault, 2010) c'est-à-dire que la consommation des biens et services culturels se caractérise par un grand éclectisme. Les musées ne sont donc pas seulement confrontés à la concurrence directe des autres musées, qui sont légion dans les grandes villes, mais doivent également rivaliser avec la surabondance de l'offre culturelle entendue au sens large, qu'il s'agisse de pratiques relevant de la « haute culture » (littérature, théâtre, récitals, etc.) ou de celles relevant davantage du « divertissement » (musique, séries, cinéma, etc.) (Bourgeon-Renault, 2010).

Les arbitrages du consommateur dépendent aussi de la diversification des moyens d'accès à la culture. Les outils numériques rajoutent ainsi une nouvelle strate potentielle de concurrence, ou du moins viennent redéfinir les arbitrages de consommation. Si le consommateur vient à préférer l'immédiateté d'une visite virtuelle de musée au déplacement dans le lieu physique par exemple. Le consommateur culturel contemporain se caractérise ainsi par son éclectisme et sa volatilité, d'où l'intérêt d'employer les outils marketing appropriés pour se démarquer dans un contexte de surabondance de l'offre et d'occuper une place de choix dans l'esprit du « nouveau consommateur culturel » (Bourgeon-Renault, 2010).

Pour ce faire, les musées peuvent jouer sur différentes variables de leur marketing-mix pour se différencier : la tarification (price), l'amélioration de l'expérience de visite (product), l'aménagement des espaces (place) et bien sûr la communication sur les collections permanentes et/ou temporaires du musée (promotion). C'est la définition même du marketing culturel : « L'art d'atteindre les segments de marché susceptibles de s'intéresser au produit, en ajustant à celui-ci les variables de la composition commerciale (...) afin de mettre le produit en contact avec un nombre suffisant de consommateurs et d'atteindre les objectifs conforme à la mission de l'entreprise » ou du musée dans le cas présent (Colbert, 2014). Encore faut-il que les musées acceptent de mettre en place de telles initiatives orientées vers les publics, autrement dit d'entrer pleinement dans le jeu du marketing, au risque de pervertir leur image de « temples de la culture », a priori déconnectés des problématiques économiques si l'on se réfère à la définition de l'ICOM (Moukarzel & Joseph, 2011). Cette dualité entre l'utilité avérée des outils marketing et la connotation négative associée à cette discipline dans le monde des musées était perceptible au cours de l'entretien avec la Community manager du Muséum national d'Histoire naturelle au moment de clarifier les différences entre la gestion des réseaux

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sociaux d'un musée et celle d'une organisation privée : « nous avons une volonté de diffuser de la connaissance donc nous postons des contenus sans valeur marketing, on ne cherche pas à vendre quelques chose derrière, on cherche à apporter de la connaissance. Et une autre différence qui en découle c'est qu'on n'a pas un positionnement très marketing » (Eva Venancio, 2016). Le marketing est récusé mais un terme issu du jargon marketing est pourtant employé (« positionnement ») laissant penser que les pratiques marketing, ou du moins le vocabulaire qui leur est associé, se sont bien immiscées dans la gestion du musée.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry