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L'évolution des politiques agricoles et leur incidence sur l'économie et le développement rural au Cameroun (1960-2014).

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par ARSENE GUY DAVY MEBA
UNIVERSITE DE YAOUNDE I, ENS YAOUNDE - DIPPES II 2014
  

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B. Des objectifs agricoles novateurs

Les premiers plans quinquennaux n'ayant pas atteint leurs objectifsceux-ci furent reversés dans le IIIème plan (1971-1975), à l'instar du secteur agricole qui devait subir des réformes hardies. Le développement de l'agriculture devrait reposer sur des programmes intégrés qui, iraient parfois jusqu'à la création des complexes agro-industriels, qui devait permettre la valorisation sur place des produits locaux236(*). Le troisième plan avait ainsi bâti son action autour de la promotion des complexes modernes agro-industriels d'État237(*). Il était celui de la production et de la productivité.On assista alors à un changement de stratégie avec une réorientation sur le secteur de production moderne.

Une politique vigoureuse de modernisation des structures orientées vers les débouchées aussi bien intérieurs qu'extérieurs devait être menée en priorité dans les zones offrant les meilleurs garanties de rentabilité. Cette modernisation devait s'appuyer sur, un encadrement rapproché dans certaines zones choisies pour leurs fortes potentialités, sur le crédit agricole et sur le financement des campagnes. Le plan prévoyait une augmentation de la production vivrière de 2,3% par an en moyenne, contre 5,4% par an pour les produits agricoles d'exportation238(*).

Le quatrième plan, (1976 à 1980),quant à lui s'était surtout préoccupé de l'extension du secteur moderne créé au cours du plan précédent par la multiplication des sociétés de développement.Alors que les ressources extérieures ont jusque là représentaient au moins 60% du financement des trois premiers plans, le quatrième rompait avec cette coutume et prévoyait un financement intérieur de 72,1%. C'est ce plan qui commença véritablement le positionnement de l'économie dans la phase de transition d'une économie de traite reposant sur les activités d'intermédiation, vers une économie de production où le secteur productif se consolide avec la mise en place du secteur industriel239(*). 60% des investissements furent ainsi consacrés à l'agro-industrie240(*). A l'issue de ce plan, un bilan diagnostic du secteur agricole fut entrepris en 1980 par le MINAGRI et ses recommandations furent prises en compte dans le cinquième plan quinquennal241(*).

Le cinquième plan (1981-1985), mit l'accent sur la participation des paysans aux décisions.La stratégie de cette participation allait dans le sens de la promotion d'organisations rurales, de la formation, de la responsabilisation, et dans un sens plus global, de la promotion du capital humain. Sa mise en oeuvre devait comprendre :l'établissement de relations «d'un type nouveau» entre l'administration et les paysans ; la prise en compte des revenus des producteurs dans la fixation des prix agricoles ; la maîtrise par l'Etat de la production et de la transformation des produits agricoles ; la création d'une structure de développement dotée d'une autonomie administrative et financière dans chaque zone agricole ; l'intensification de la formation des agents de développement ruraux ; un encadrement des paysans opérationnel dans les zones couvertes par des sociétés de développement ; la subvention de l'accès à certains facteurs de production (notamment les intrants agricoles), dans le but de promouvoir l'autosuffisance alimentaire242(*).

En 1986, un sixième plan fut conçu juste avant l'annonce officielle de la crise. Il demeura inachevé, n'ayant pas pu se mettre en place normalement, les effets précurseurs de la crise se faisant déjà sentir.

* 236«Présentation du 3e Plan quinquennal de développement à l'Assemblée Nationale», communication de S. E. El Hadj Ahmadou Ahidjo, Président de la République Unie du Cameroun, Yaoundé, le 17 Août 1971.

* 237 L'accent est mis sur l'industrie en général, l'énergie et les mines qui prennent 25,1% contre 9,02% pour le développement rural et 20,5% pour les infrastructures sur un volume des investissements qui s'élève à 280 milliards de FCFA.

* 238 «Présentation du 3e Plan quinquennal de développement », p.12.

* 239 G. B. TamokwePiaptie, «Globalisation et diversification dans l'appareil industriel du Cameroun», Thèse de doctorat Ph.D. es sciences économiques, Université de Douala, 2004, p.80.

* 240 G. Courade, «Des complexes qui coûtent cher : la priorité agro-industrielle dans l'agriculture camerounaise», Politique africaine n°14, juin 1984, pp.75-9.

* 241 Lire : Anonyme, « Bilan diagnostic du secteur agricole de 1960 à 1980», Yaoundé, 1980, (publication du Ministère de l'Agriculture)

* 242 Anonyme, «Le Vème Plan de Développement Economique, Social et Culturel 1981-1986», Yaoundé, 1986, p.4. (Publication du Ministère du Plan et de l'Aménagement du Territoire)

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