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UNIVERSITE DE
KISANGANI
B.P.2012
KISANGANI
FACULTE DE DROIT

Département de Droit Privé et Judiciaire
EXPLOITATION PETROLIERE SUR LE LAC
EDOUARD :
ETUDE COMPAREE DES LEGISLATIONS OUGANDAISES ET
CONGOLAISES RELATIVES AUX HYDROCARBURES
Par
Andy DJUMA MUZALIWA
Chef de Travaux
MEMOIRE D'ETUDES SUPERIEURES
Présenté et défendu en vue de l'obtention du
Grade de Diplômé d'Etudes Supérieures en Droit.
Option : Droit Privé et
Judiciaire.
Promoteur :MWAYILA
TSHIYEMBE
Professeur Ordinaire
Co-promoteur : UrsilLELO
DIMAKUNGU
Professeur Ordinaire
Membre : Sylva ILUNGA
MUNYUNGU
Professeur
ANNEE ACADEMIQUE 2025 - 2026
EPIGRAPHE
La coopération transfrontalière dans la
gestion des ressources naturelles est une condition essentielle pour la paix et
l'intégration régionale en Afrique.
Alioune Sall.
IN MEMORIAM
A mon feu père MUZALIWA SUNGULIA Jacques
Cher Papa, bien que le destin vous ait rappelé
auprès du Créateur avant l'aboutissement de ce parcours
académique, votre souvenir demeure vivant dans nos coeurs et continue
d'éclairer chacun de nos pas. Les valeurs que vous nous avez transmises,
votre sens du devoir et les sacrifices consentis pour notre éducation
ont constitué une source permanente de motivation tout au long de cette
recherche.
DEDICACE
A tous les MUZALIWA d'aujourd'hui et de
demain,
Nous dédions ce travail en témoignage de
notre attachement aux valeurs d'unité, de persévérance,
d'excellence et de responsabilité qui caractérisent notre
famille.
Puisse cette oeuvre constituer pour chacun un motif de
fierté et une source d'inspiration dans la quête du savoir, du
développement personnel et du service à la
communauté.
Que les générations présentes et
futures trouvent dans ce travail la preuve que l'effort, la
détermination et la foi permettent de surmonter les obstacles et de
réaliser les ambitions les plus nobles.
A ma mère, NYAMUNGANGA MUKULUMANIA
Constance ;
A ma très chère et tendre épouse,
Patricia BULAYA MUZALIWA
A mes aimables enfants : Charmante Muzaliwa, Fatima
KALONDA Muzaliwa, Hiram IGUMA Muzaliwa.
REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail de recherche, il nous est
particulièrement agréable de nous acquitter du noble devoir de
gratitude envers toutes les personnes physiques et morales qui ont
contribué, de près ou de loin, à son élaboration et
à son aboutissement.
Avant toute chose, nous élevons nos pensées vers
Dieu Tout-Puissant, source de toute sagesse, de toute connaissance et de toute
intelligence. Qu'il nous soit permis de Lui rendre un hommage solennel pour les
grâces abondantes, la santé, la force, le courage et la
persévérance qu'Il nous a accordés tout au long de notre
parcours académique et scientifique. Sans Son assistance permanente, la
réalisation de cette oeuvre n'aurait pu être possible.
Nos sentiments de profonde reconnaissance et de très
haute considération s'adressent à l'éminent Professeur
Ordinaire MWAYILA TSHIYEMBE, Promoteur de ce mémoire. Sa remarquable
érudition, sa rigueur scientifique exceptionnelle, sa maîtrise des
questions juridiques et son exigence méthodologique ont constitué
pour nous une véritable école de formation intellectuelle.
Malgré ses multiples responsabilités académiques et
scientifiques, il a accepté de guider ce travail avec une
disponibilité admirable. Ses orientations éclairées, ses
critiques constructives et son souci constant de l'excellence ont largement
contribué à la qualité scientifique de cette recherche.
Nous exprimons également notre profonde gratitude au
Professeur Ordinaire Ursil LELO di MAKUNGU, Co-promoteur de ce mémoire,
pour avoir accepté de nous accompagner dans cette aventure scientifique.
Son sens élevé de l'analyse juridique, sa rigueur intellectuelle,
sa richesse doctrinale ainsi que ses observations pertinentes nous ont permis
d'approfondir plusieurs aspects fondamentaux de cette étude. Nous lui
demeurons particulièrement reconnaissant pour sa confiance, sa
disponibilité et la qualité de son encadrement.
Notre reconnaissance s'adresse également au Professeur
Sylva ILUNGA MUNYUNGU, membre de l'équipe d'encadrement, dont
l'accompagnement a été constant depuis la conception de la
thématique jusqu'à la finalisation de ce mémoire. Ses
conseils avisés, sa disponibilité permanente, son sens critique
et son engagement scientifique ont constitué pour nous une source
précieuse d'inspiration, d'encouragement et de motivation.
Nous adressons une gratitude particulière aux
autorités, cadres et experts du Ministère des Hydrocarbures de la
République Démocratique du Congo, dont l'ouverture, la
disponibilité et l'esprit de collaboration ont facilité
l'accès à des informations essentielles à la
compréhension du cadre juridique et institutionnel des hydrocarbures.
Leur contribution a été déterminante dans l'enrichissement
de la présente recherche.
Nos remerciements vont également aux responsables du
Ministère de l'Environnement et Développement Durable, qui ont
bien voulu mettre à notre disposition des données et documents
relatifs aux enjeux environnementaux liés à l'exploitation des
hydrocarbures. Les échanges fructueux avec cette institution ont permis
d'approfondir notre réflexion sur les mécanismes de protection de
l'environnement applicables aux activités pétrolières dans
la région du lac Édouard.
Nous exprimons une reconnaissance toute particulière
à l'Ambassade de la République d'Ouganda à Kinshasa, pour
son accueil chaleureux, sa disponibilité et les informations fournies
sur l'organisation juridique et institutionnelle du secteur pétrolier
ougandais. Son appui a renforcé la dimension comparative de cette
étude et facilité l'accès à plusieurs sources
utiles à notre analyse.
Nos sincères remerciements s'adressent également
à la Direction des Archives et de la Documentation du Ministère
des Affaires Étrangères (DIAF) à Kinshasa, dont le
professionnalisme, le sens du service public et la richesse documentaire ont
permis l'accès à plusieurs documents de référence
relatifs aux relations bilatérales et à la gestion des ressources
naturelles transfrontalières. La contribution de cette institution a
constitué un apport précieux dans la consolidation des fondements
scientifiques de ce mémoire.
Nous remercions, de manière générale,
l'ensemble du personnel académique, scientifique, administratif,
technique et ouvrier de l'Université de Kisangani,
particulièrement celui de la Faculté de Droit, qui a
contribué à notre formation intellectuelle et humaine. Nous
pensons notamment aux Professeurs Désiré GININGAKPIO, Lucien
MUSAMBAY, Trésor MONGAZA, Casimir NDEKE, Ali GOETHE, MUSEMA, Cadette
MBULA, MANGA, Marie-Bernard DEDHA LONU, ainsi qu'à tous les enseignants
dont les enseignements, les séminaires, les panels scientifiques et les
conseils ont enrichi notre parcours académique.
Nos remerciements s'adressent également au corps
académique et scientifique de l'Institut Supérieur
Pédagogique de Lubutu (ISP-LUBUTU). Cette institution a joué un
rôle fondamental dans notre formation intellectuelle en nous transmettant
les valeurs de discipline, de rigueur, de persévérance et de
dépassement de soi qui constituent aujourd'hui les fondements de notre
engagement scientifique. Qu'elle trouve ici l'expression de notre profonde
reconnaissance pour sa contribution à notre épanouissement
académique.
Nous exprimons également notre gratitude à
l'ensemble du personnel académique et scientifique de
l'Université Libre de Kisangani (ULIKIS), dont l'ouverture scientifique,
la qualité des échanges intellectuels et l'esprit de
collaboration ont contribué à l'enrichissement de notre
réflexion. Nos remerciements particuliers vont au Professeur Ordinaire
MBATE LUPIKI et au Professeur Jules-César ISANDJOLA IFASO, dont les
conseils, les observations et les discussions scientifiques ont nourri notre
démarche de recherche.
Une mention spéciale est réservée au
Professeur KILELE MUZALIWA Pierre, dont les conseils éclairés,
les encouragements constants et la sollicitude paternelle ont été
pour nous un soutien exceptionnel. Son parcours académique remarquable,
son attachement aux valeurs du savoir, son sens élevé du devoir
scientifique ainsi que son engagement en faveur de la promotion de l'excellence
universitaire constituent pour nous une source permanente d'inspiration. Son
accompagnement moral et intellectuel a été un facteur
déterminant dans la réussite de ce travail.
Nous exprimons également notre profonde gratitude
à Monsieur Jacques SIMBO MUZALIWA, Patriarche de la famille, dont la
sagesse, les valeurs de travail, d'intégrité, de
responsabilité et de persévérance ont profondément
marqué notre parcours. Par son soutien indéfectible, ses conseils
empreints de sagesse et son attachement constant à l'éducation,
il a contribué de manière significative à notre
réussite académique. Qu'il trouve ici l'expression de notre
respect filial, de notre admiration et de notre profonde reconnaissance.
Nos sincères remerciements vont à nos amis
doctorants et collègues chercheurs, notamment CT Fiston WANDJA SALUMU,
Assistant Fabien MUTANGALA, Assistant Jean-Baptiste LOMBO, CT Didier MBIDI, CT
Trésor MOKIANGO, Elie NDOMBASI KENDELE, Richard BASEME ZABONA ainsi
qu'à l'ensemble des membres du Présidium du Personnel
Scientifique de la Tshopo, pour leur assistance technique, leurs observations
pertinentes, leurs conseils avisés et leur solidarité
scientifique.
Nous adressons également nos remerciements à nos
frères et soeurs, particulièrement Docteur MULOLWA MUZALIWA
Pascal et Madame TINA, NYAMUBAKE MUZALIWA Julie, Professeur KILELE MUZALIWA
Pierre et son épouse, ainsi qu'à l'ensemble de nos oncles,
tantes, cousins, cousines, enfants et membres de la famille, tant du
côté paternel que maternel. Leur affection, leurs encouragements
constants et leur soutien moral nous ont accompagnés tout au long de ce
parcours.
Notre gratitude s'étend également à nos
amis et connaissances : MBUSA Steves et Madame Nicole ETETE, Docteur GLODY
OMARI et Docteur Rachel SALUMU, Serges OMBILINGO et Madame Shany MANDEVU,
Cédric BETAU et Docteur Niclette MPUTU, Lambert BAKONDA, Maître
KAMBI, ainsi qu'à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien
durant la réalisation de cette recherche.
Enfin, que toutes les personnes qui, de près ou de
loin, ont contribué à l'aboutissement de cette oeuvre
scientifique et dont les noms n'ont pu être expressément
mentionnés trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude, de
notre sincère reconnaissance et de notre estime.
Andy DJUMA MUZALIWA
RESUME
Cette recherche a analysé de manière comparative
les législations congolaises et ougandaises relatives aux hydrocarbures
dans le cadre de l'exploitation pétrolière du lac
Édouard.
Les résultats montrent que les deux pays disposent de
cadres juridiques modernes reconnaissant le rôle central de l'État
dans la gouvernance pétrolière. Des convergences existent
concernant l'attribution des droits pétroliers, les mécanismes de
contrôle et les exigences environnementales.
Cependant, des divergences importantes subsistent au niveau
institutionnel et dans l'effectivité de la régulation du secteur.
L'Ouganda dispose d'un système plus structuré et plus
avancé grâce à son expérience dans le bassin
Albertin. La République Démocratique du Congo, malgré les
réformes récentes, demeure confrontée à plusieurs
défis institutionnels et opérationnels.
Les résultats confirment les analyses
antérieures relatives à la nécessité d'une
gouvernance responsable des ressources naturelles. Ils mettent également
en évidence l'importance de la protection de l'environnement et de la
coopération entre les États riverains.
L'étude se distingue par son approche comparée
centrée sur la compatibilité juridique des deux régimes
pétroliers. Elle révèle que cette compatibilité
demeure partielle en raison de l'absence d'un cadre juridique bilatéral
spécifique. Ainsi, une exploitation durable des hydrocarbures du lac
Édouard exige une gouvernance commune fondée sur la
coopération, la transparence et le partage équitable des
bénéfices.
MOTS-CLÉS
Hydrocarbures - Exploitation pétrolière - Lac
Édouard - Droit pétrolier comparé - Ressources
transfrontalières - Coopération RD Congo - Ouganda -
Développement durable.
ABSTRACT
This research comparatively analyzed the Congolese and Ugandan
laws related to hydrocarbons in the context of oil exploitation in Lake
Edward.
The results show that both countries have modern legal
frameworks recognizing the central role of the state in oil governance. There
are similarities in how oil rights are granted, control mechanisms, and
environmental requirements. However, there are still significant differences at
the institutional level and in how effectively the sector is regulated. Uganda
has a more structured and advanced system thanks to its experience in the
Albertine basin. The Democratic Republic of the Congo, despite recent reforms,
still faces several institutional and operational challenges.
The results confirm previous analyses regarding the need for
responsible governance of natural resources. They also highlight the importance
of environmental protection and cooperation between neighboring states.
The study stands out for its comparative approach focused on
the legal compatibility of the two oil regimes. It shows that this
compatibility remains partial due to the absence of a specific bilateral legal
framework. Therefore, sustainable exploitation of Lake Edward's hydrocarbons
requires joint governance based on cooperation, transparency, and fair
benefit-sharing.
KEYWORDS
Hydrocarbons - Oil exploitation - Lake Edward - Comparative
oil law - Cross-border resources - DRC-Uganda cooperation - Sustainable
development.
SIGLES ET ABRÉVIATIONS
- ABAKIR : Autorité du Bassin du Lac Kivu et de la
Rivière Ruzizi.
- AIE : Agence Internationale de l'Énergie.
- AMI : Avis à Manifestation d'Intérêt.
- BAD : Banque Africaine de Développement.
- CIBES : Conférence Internationale sur la
Biodiversité, l'Environnement et le Développement Durable.
- CIRGL : Conférence Internationale sur la
Région des Grands Lacs.
- CISDL : Center for International Sustainable Development
Law.
- COHYDRO : Congolaise des Hydrocarbures.
- CPP : Contrat de Partage de Production.
- EAC : East AfricanCommunity (Communauté de l'Afrique
de l'Est).
- EACOP : East African Crude Oil Pipeline.
- EDICEF : Éditions pour le Développement de
l'Enseignement en Afrique.
- FAO : Food and Agriculture Organization (Organisation des
Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture).
- FARDC : Forces Armées de la République
Démocratique du Congo.
- FEMS : Federation of European Microbiological Societies.
- GATT : General Agreement on Tariffs and Trade (Accord
Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce).
- ICCROM : International Centre for the Study of the
Preservation and Restoration of Cultural Property.
- ICOMOS : International Council on Monuments and Sites.
- IFRI : Institut Français des Relations
Internationales.
- ILO : International Labour Organization.
- ITIE : Initiative pour la Transparence dans les Industries
Extractives.
- JETIR : Journal of Emerging Technologies and Innovative
Research.
- LGDJ : Librairie Générale de Droit et de
Jurisprudence.
- NEMA : National Environment Management Authority
(Ouganda).
- OIT : Organisation Internationale du Travail.
- OPEP : Organisation des Pays Exportateurs de
Pétrole.
- PAU : Petroleum Authority of Uganda.
- PNL : Parc National de la Lopé.
- PNP : Parc National de Pongara.
- PNUE : Programme des Nations Unies pour l'Environnement.
- PUF : Presses Universitaires de France.
- RCAI / RCADI : Recueil des Cours de l'Académie de
Droit International.
- RDC : République Démocratique du Congo.
- REDD+ : Réduction des Émissions dues à
la Déforestation et à la Dégradation des Forêts
- RFI : Radio France Internationale.
- SERAC : Social and Economic Rights Action Center.
- SOCO : SOCO International PLC.
- UICN : Union Internationale pour la Conservation de la
Nature.
- UMR : Unité Mixte de Recherche.
- UNESCO : Organisation des Nations Unies pour
l'Éducation, la Science et la Culture.
- UPDF : Uganda People's Defence Force.
- WWF : World Wide Fund for Nature (FondsMondial pour la
Nature).
- ZIC : Zone d'Intérêt Commun.
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Carte géographique du lac
Édouard.
Figure 2 : Hydrographie du lac Édouard.
Figure 3 : Limites du lac Édouard entre la RD Congo et
l'Ouganda.
Figure 4 : Bloc pétrolier du Coté RDC sur le
grand rift albertin.
Figure 5 : Bloc pétrolier du côté
Ougandais sur le lac Édouard.
Figure 6 : Potentialité écologique du lac
Édouard.
Figure 7 : Patrouille FARDC sur le lac Édouard.
Figure 8 : Patrouille UPDF et arrestation d'un pécheur
congolais sur le lac Édouard.
INTRODUCTION
0.1. CONTEXTE DE
L'ETUDE
Aujourd'hui plus que jamais les besoins en énergie de
l'humanité sont colossaux et en progression. Sur plusieurs continents,
la production pétrolière a commencé dès le XIXe
siècle (États-Unis, Russie, Indonésie) ou au début
du XXe (Moyen-Orient, Amérique du Sud).
Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), le
statistique mondial pour l'année 2025, des pays membres de l'OPEP
présente une production de 104,8 millions de barils par jour et une
production en progression de pétrole des pays non membres de l'OPEP de
1,5 million de barils par jour, à la fois en 2024 et en 2025,
tirée par les États-Unis, le Brésil, le Guyana, le Canada
et l'Argentine1(*).
La mise au jour des gisements d'hydrocarbures fut beaucoup
plus tardive en Afrique : la production ne débuta qu'au cours des
années 1950 en Algérie, au Gabon, au Congo ou en Angola puis dans
les années 1960 au Nigéria et en Lybie2(*).Depuis les années 2000,
de nouveaux gisements off-shore sont exploités.Si les premières
exploitations se localisaient à faibles profondeurs dans le delta du
Niger, l'exploration de gisements en offshore profond se multiplie à
partir des années 1980.
La production de pétrole en Afrique est
concentrée sur deux zones et quelques pays3(*):L'Afrique du Nord (Algérie avec une production
de 0,977 mb/j en 2024, Libye 1,100 mb/j en 2024 contre 1,105 en 2023,
Égypte avec 0,670 mb/j en 2024 et dans une moindre mesure la Tunisie)et
la façadeatlantique de l'Afrique de l'Ouest, avec un producteur majeur
(le Nigéria avec une production de1,409 mb/j en 2023 contre 1,307 mb/j
en 2024 ) et plusieurs producteurs significatifs, notamment le Gabon avec212000
b/j, l'Angola 1,164 mb/j en 2024, le Congo 26000 b/j en 2024, la
République Démocratique du Congo avec une production moyenne en
offshore de 12007 b/j et en onshore 5963 b/j en 2025 contre une production
moyenne annuelle en onshore et offshore de 6602711 b/j en 20244(*), le Cameroun, leGhana et la
Guinée-Équatoriale, producteur récent mais en plein
développement.
Les autres pays (Ghana, Tchad, Niger, Sénégal,
Soudan du Sud, Soudan, Côte d'Ivoire, Tunisie, Afrique du Sud,
Mozambique, Tanzanie, Ouganda...)5(*) sont pour les uns des producteurs mineurs avec des
productions comprises entre 20.000 et moins de 200.000 b/j et les autres
disposentde zones de production et d'un grand nombre de sites soit en
prospection ou en exploration.
Spécifiquement, la République
Démocratique du Congo a connu sa première exploitation
pétrolière en 1970, dans le bassin côtier du territoire de
Moanda, situé dans la province du Kongo Central. Cette étape
marque l'entrée du pays dans l'industrie pétrolière, bien
que tardive par rapport à ses voisins.Durant les années 1980 et
1990, la production nationale est restée concentrée sur ce bassin
côtier, avec des volumes relativement modestes en comparaison des pays
voisins tels que l'Angola, le Congo-Brazzaville, ... qui développaient
déjà des industries pétrolières plus robustes.Entre
2000 et 2010, la société PERENCO s'est imposée comme
l'opérateur principal, prenant en charge l'exploitation des champs
pétroliers onshore et offshore de Moanda. Cette domination a
renforcé la dépendance du pays à un seul acteur, limitant
la diversification et l'expansion du secteur.
Le potentiel onshore et offshore en hydrocarbures en
République Démocratique du Congo se situe principalement dans
cinq bassins majeurs : La Cuvette Centrale : superficie 1.2 millions de km2
environ ; Le Graben Albertine : superficie 20 000 Km2. ;Le Lac Kivu :
superficie 2400 Km2 ; Le Graben du Tanganyika : superficie 50 000 Km2 et Le
bassin côtier, dont la mise en valeurs peut en déduire des
réelles opportunités d'investissement6(*).
En somme, l'exploitation des ressources naturelles au monde
exige une recherche permanente d'équilibre entre la préservation
de l'environnement et le développement économique. Plus que
d'autres, en RDC, les pouvoirs publics font face par nature à ce dilemme
persistant. Ainsi, le pays représente environ 62% de la superficie du
bassin du Congo7(*),
où l'on retrouve la plus grande présence mondiale des
tourbières8(*)
nécessaires pour le stockage du carbone, des forêts primaires et
cours d'eau nécessaires à la régulation du climat et une
biodiversité exceptionnelle. Sa forêt tropicale constitue le
deuxième poumon écologique du monde il arrive que cette
forêt soit même en tête au niveau global chaque fois que la
déforestation de l'Amazonie accélère. Elle comprend
plusieurs aires protégées.
Très récemment, par le décret
n°25/01 du 15 janvier 2025, la République Démocratique du
Congo a, à la suite d'une résolution du Conseil des ministres du
1er novembre 2024, instauré le Couloir vert Kivu-Kinshasa,
une aire protégée à vocation de réserve
communautaire, pour protéger près de 100 000 km² de
forêts primaires. Le réseau d'aires protégées
couvrait environ 11% du territoire national9(*). A ce jour, il est porté à plus de 15%
avec l'ambition de le ramener à 20% grâce à la mise en
place de ce couloir vert Kivu-Kinshasa10(*). Ce couloir vise à préserver la
biodiversité, lutter contre le changement climatique et stimuler
l'économie verte11(*). Toutes ces aires protégées permettent
à la RDCongo de consolider son statut international de Pays solution
contre les changements climatiques12(*) et de rendre incompatible toute destination de ces
espaces par rapport à l'exploitation des ressources minières ou
pétrolières.
En ce qui concerne les hydrocarbures, la République
Démocratique du Congo cherche à se positionner comme un acteur
clé dans l'industrie pétrolière en Afrique. Avec ses
vastes réserves pétrolières et gazières, ce secteur
représente une opportunité majeure pour le développement
économique du pays. Après l'adoption du code des hydrocarbures
par la loi n°15/012 du 1er août 2015, la RDCongo a
lancé, le 28 juillet 2022, un vaste programme d'exploitation
d'hydrocarbures consistant à un appel d'offres pour 27 blocs
pétroliers et 3 blocs gaziers13(*). Ce processus fut annulé au mois d'octobre
2024 faute de candidatures sérieuses par le Communiqué
N°M-HYD/ASM/001/CAB/MIN/2024 du 11 octobre 202414(*). Cette procédure
attende être relancée même si le Ministère Nationale
des Hydrocarbures avait promis une relance de ce processus avec 52 blocs en mai
2025.
Ainsi, le présent travail porte sur l'exploitation
pétrolière du lac Edouard. Ce lac se trouve sur le grand rift
à la frontière entre la République Démocratique du
Congo qui possède 71% de sa surface et l'Ouganda 29% et est
encadré par les parcs nationaux (Virunga site inscrit au patrimoine
mondial de l'UNESCO en RD Congo et Queen Elisabeth en Ouganda).
Le Parc National des Virunga, classé patrimoine mondial
de l'UNESCO depuis 1979, est l'un des écosystèmes les plus riches
mais en même temps les plus menacés d'Afrique15(*). Il incarne à la fois
un sanctuaire écologique d'importance planétaire et un espace de
tensions économiques et sociales. Situé à la
frontière entre la RDCongo et l'Ouganda, il abrite une
biodiversité exceptionnelle, notamment les derniers gorilles de
montagne16(*). En 2010,
à la suite du contrat de partage de production signé le 05
décembre 2007 entre la RDCongoà travers la Congolaise des
Hydrocarbures devenue SONAYDROC aujourd'hui17(*), Dominion Petroleum Congo et Sydney OilCompany
(SOCO)18(*) pour
l'exploration et la production en RDCongo19(*) sur le blob V du Graben Albertine20(*) ; le gouvernement
congolais avait autorisé la société SOCO
àentreprendre des activités d'exploration dans le lac Edouard,
compris entièrement dans le Parc National des Virunga21(*), patrimoine de
l'humanité22(*).
Cette autorisation nous pousse à comparer les législations
relatives aux hydrocarbures en Ouganda et en RD Congo car le Parc National de
Virunga se trouve à cheval entre ces deux pays.
0.2. ETAT DE LA
QUESTION
0.2.1. Etat de la question
théorique
1. Branches de droit
mobilisées
La complexité de la présente recherche mobilise
plusieurs branches du droit, lesquelles s'articulent et se complètent
pour éclairer les dimensions textuelles, institutionnelles,
environnementales et économiques de cette étude. Ces branches
sont mobilisées par le fait qu'elles expliquent mieux l'objet
d'étude sous examen. Il s'agit de :
a) Droit des hydrocarbures
Le droit des hydrocarbures constitue le pivot matériel
de cette étude comparative, en ce qu'il régit
spécifiquement les activités d'exploration, d'exploitation, de
transport et de valorisation des ressources pétrolières. Son
utilité réside dans l'analyse dogmatique et la confrontation
directe de la loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures en République
Démocratique du Congo avec le Petroleum (Exploration, Development and
Production) Act de 2013 en Ouganda, permettant ainsi de comparer les
procédures d'octroi des droits pétroliers, le régime des
licences et l'étendue du contrôle étatique sur le bassin du
lac Édouard.
b) Droit de l'environnement
Le droit de l'environnement s'avère indispensable pour
évaluer la validité juridique et la viabilité
écologique des projets d'extraction au sein d'un
écosystème lacustre transfrontalier d'une sensibilité
critique, contigu au Parc National des Virunga (RDC) et au Queen Elizabeth
National Park en Ouganda. Cette branche permet de mesurer la rigueur et la
convergence des normes nationales relatives aux études d'impact
environnemental et social (EIES), au principe de précaution, ainsi
qu'aux régimes de responsabilité civile et administrative en cas
de pollution transfrontalière.
c) Droit international des cours d'eaux et des lacs
internationaux
Cette composante spécialisée du droit
international public est fondamentale pour appréhender le statut
juridique du lac Édouard en tant que ressource aquatique
partagée. Elle sert de cadre pour vérifier la conformité
des initiatives pétrolières des deux États avec les
principes coutumiers et conventionnels de l'utilisation équitable et
raisonnable, de l'obligation de ne pas causer de dommages significatifs, et des
traités spécifiques régissant le bassin du Nil et la
gestion des ressources en eau communes.
d) Droit international public
Le droit international public encadre les relations
interétatiques entre la République Démocratique du Congo
et l'Ouganda, notamment en ce qui concerne la délimitation des
frontières liquides sur le lac Édouard et le respect des
engagements conventionnels. Il permet d'analyser l'articulation entre le
principe de la souveraineté permanente des États sur leurs
ressources naturelles et les restrictions conventionnelles issues des
traités ratifiés par les deux parties, à l'instar de la
Convention de Ramsar de 1971 sur les zones humides et la Convention du
patrimoine mondial de l'UNESCO de 1972.
e) Droit de la coopération internationale
Le droit de la coopération internationale intervient
pour analyser les instruments juridiques d'action conjointe, les
mécanismes de notification préalable et les structures de gestion
concertée entre la RDC et l'Ouganda. L'intérêt de cette
branche consiste à évaluer l'efficacité des accords
bilatéraux existants ou prospectifs, particulièrement en
matière d'unification des gisements transfrontaliers (unitization),
mécanisme indispensable pour prévenir les différends
liés au drainage d'une structure géologique commune sous le lit
du lac.
f) Droit constitutionnel
Le droit constitutionnel pose les fondements juridiques
suprêmes de la propriété des ressources du sous-sol et
détermine l'ordre des compétences au sein de chaque architecture
étatique. Il permet d'étudier la manière dont les
Constitutions de la RDC et de l'Ouganda consacrent le droit fondamental
à un environnement sain, définissent le domaine public de
l'État sur les ressources stratégiques et délimitent les
prérogatives du pouvoir exécutif et du parlement dans le
processus de ratification des contrats pétroliers.
g) Droit administratif et institutionnel
Le droit administratif et institutionnel régit
l'organisation, le fonctionnement et l'exercice des prérogatives de
puissance publique dévolues aux autorités de régulation du
secteur extractif. Il sert à comparer l'efficacité
institutionnelle et la légalité des actes administratifs
unilatéraux pris, d'une part, par le Ministère des Hydrocarbures
de la RDC et, d'autre part, par la PetroleumAuthority of Uganda (PAU), tout en
analysant les voies de recours administratif ouvertes aux communautés
locales affectées.
h) Droit fiscal pétrolier
Le droit fiscal pétrolier détermine le
régime d'imposition, de perception des redevances et de partage de la
rente issue de l'extraction de l'or noir. Utile pour intégrer la
dimension économique de l'analyse comparative, cette branche permet
d'examiner comment l'Ouganda et la RDC structurent leurs
prélèvements obligatoires (bonus de signature, impôt sur
les bénéfices pétroliers, royalties) afin de maximiser les
recettes publiques tout en préservant l'attractivité
financière de leurs blocs respectifs.
i) Droit des contrats et des investissements
Le droit des contrats et des investissements encadre les
relations synallagmatiques de long terme liant les États hôtes aux
compagnies pétrolières internationales. Son utilité est
d'analyser et de comparer la nature juridique des accords pétroliers
privilégiés (Contrats de Partage de Production contre contrats de
services), la portée des clauses de stabilisation juridique
destinées à protéger l'investisseur étranger, ainsi
que les mécanismes de règlement des différends, notamment
le recours à l'arbitrage international.
j) Droit économique
Le droit économique englobe les règles par
lesquelles l'État oriente l'activité pétrolière
vers des objectifs de développement macroéconomique et
d'intégration industrielle. Dans le cadre de cette recherche, il permet
d'analyser et de comparer les politiques de "contenu local" imposées par
les deux législations, qui obligent les opérateurs
économiques à privilégier l'emploi de la main-d'oeuvre
nationale, la sous-traitance locale et le transfert de technologies au profit
des populations riveraines du lac Édouard.
2. Théorie
mobilisée
S'agissant du cadre
théorique, l'étude mobilise la théorie de la
souveraineté permanente des Etats sur leurs ressources. Cette
théorie offre un cadre d'analyse pertinent pour examiner les
mécanismes juridiques relatifs à l'exploitation
pétrolière, en particulier dans un contexte transfrontalier tel
que celui du lac Édouard.
3. Principes
généraux de droit
En ce qui concerne les principes
généraux de droit, il convient de préciser qu'ils
constituent le cadre juridique fondamental qui guide l'exploitation des
ressources pétrolières tout en assurant la protection de
l'environnement et des intérêts des populations riveraines. Ainsi,
l'étude met l'accent sur les principes généraux de droit
suivants :
- Le principe d'utilisation équitable et
raisonnable des ressources partagées
Issu du droit international des cours d'eau et des lacs
internationaux, ce principe enjoint aux États co-riverains d'une
ressource hydrique transfrontalière d'en planifier l'exploitation sans
porter d'atteinte indue aux droits de l'autre partie. Dans le cadre de cette
étude comparée, il sert d'outil d'évaluation pour
vérifier si les cadres législatifs congolais et ougandais
prévoient des mécanismes d'allocation et de gestion
concertée, garantissant qu'une activité d'extraction
pétrolière unilatérale sous le lit du lac Édouard
ne compromette pas l'intégrité biologique ni la part de ressource
revenant à l'État voisin.
- Le principe de prévention et de
non-causalité de dommages transfrontaliers
Elle est la règle d'or de la responsabilité
internationale. Ce principe oblige tout État à veiller à
ce que les activités menées sous sa juridiction ne
génèrent pas de dégradations environnementales sur le
territoire d'un autre État. Son utilité réside dans
l'analyse comparative des standards techniques et de sécurité
imposés par la loi congolaise n° 15/012 et la législation
ougandaise (PetroleumAct), afin de mesurer le degré d'exigence
légale des obligations de diligence requises pour prémunir le lac
Édouard d'une pollution transfrontalière majeure par les
hydrocarbures.
- Le principe de coopération
transfrontalière et de notification préalable
Ce principe impose une obligation de comportement obligeant
les États partageant un écosystème à agir de bonne
foi, notamment par le biais de l'échange systématique de
données et de la notification préalable de tout projet
susceptible d'engendrer des impacts transfrontaliers notables.
L'intérêt de ce principe pour la présente recherche est
d'examiner l'efficacité formelle des procédures de consultation
bilatérale prescrites par les textes ougandais et congolais,
spécifiquement lors de l'octroi de concessions d'exploration ou de
l'approbation d'infrastructures lourdes sur les rives communes du lac.
- Le principe de précaution
Le principe de précaution énonce que l'absence
de certitudes scientifiques absolues ne saurait justifier le report de mesures
effectives et proportionnées visant à prévenir un risque
de dommages graves ou irréversibles à l'environnement. Dans cette
étude, son utilité est centrale pour apprécier comment les
législateurs des deux pays appréhendent l'incertitude
scientifique intrinsèque aux forages en eaux douces et fermées,
et si leurs cadres légaux respectifs permettent d'opposer un refus ou de
suspendre des droits pétroliers face à un péril
écologique grave pour l'écosystème du lac
Édouard.
- Le principe de développement durable et
d'équité intergénérationnelle
Ce principe transversal commande l'harmonisation de la
croissance économique, de la cohésion sociale et de la
préservation écologique afin de satisfaire les besoins des
générations actuelles sans aliéner ceux des
générations futures. Il fournit une grille de lecture critique
permettant d'analyser comment les cadres normatifs de Kampala et de Kinshasa
arbitrent la tension permanente entre la maximisation immédiate des
profits financiers pétroliers et la pérennité à
long terme des ressources halieutiques, touristiques et hydriques
indispensables aux communautés locales.
- Le principe de participation publique et d'accès
à l'information
Dans la démocratie environnementale, ce principe
consacre le droit pour les citoyens, en particulier les populations autochtones
et riveraines, de disposer d'une information exhaustive et de participer
activement aux décisions d'aménagement affectant leur milieu de
vie. Pour notre démarche comparative, il permet de mesurer le
degré d'effectivité juridique des enquêtes publiques, des
mécanismes de Consentement Libre, Informé et Préalable et
des procédures d'indemnisation prévus par les codes
pétroliers des deux États.
- Le principe du pollueur-payeur
Ce principe postule que les charges financières
découlant des mesures de prévention, de réduction de la
pollution et de réhabilitation des sites doivent être
intégralement supportées par l'exploitant responsable. Son
utilité est d'établir un parallèle critique entre la
rigueur des régimes de responsabilité civile, pénale et de
réparation objective institués par les textes congolais et
ougandais, notamment en comparant le montant et la nature des garanties
bancaires ou assurances environnementales exigées des compagnies
pétrolières opérant sur le lac.
- Le principe de sécurité juridique et
d'intangibilité des contrats
Ce principe protège les opérateurs
économiques contre l'instabilité, l'imprévisibilité
ou la rétroactivité des normes juridiques émanant de
l'État d'accueil. Dans le cadre de cette étude, il met en exergue
le délicat arbitrage que la RDC et l'Ouganda doivent opérer au
sein de leurs législations respectives : d'une part, octroyer des
garanties de stabilité contractuelle suffisantes pour attirer les
investissements directs étrangers dans le secteur pétrolier, et
d'autre part, préserver le pouvoir de police environnementale de
l'État pour adapter les normes face aux impératifs
d'intérêt public.
Ces principes constituent le socle juridique commun permettant
d'encadrer l'exploitation des hydrocarbures dans une perspective conciliant les
impératifs économiques, environnementaux et sociaux tant en RDC
qu'en Ouganda.
0.2.2. Etat de la
question bibliographique
L'Etat de la question s'engage dans une démarche
à deux dimensions consistant d'une part, à prendre connaissance
des travaux qui ont été réalisés sur le
thème spécifique qui fait l'objet de sa recherche et d'autre
part, à se forcer de mettre la main sur des ouvrages de synthèse
qui font le point sur les grandes questions qui encadrent l'état de la
question retenu23(*).
Dans le cadre de cette étude, nous avions recours aux
auteurs ci-après :
Célestin Kadima, Marcellin Lukongo et Jacques
Wakilongo ; KihangiBindu
Kennedy ;MukendiMukendiNtatamika ;Diaouma Badiane, Thierno Bachir SY,
Mamadou Deème, Yakhya Ben Abdellah Badiane et Malick Diouf ; MOMBO
Mivy-Grady et DESSE Michel et Saturnin Ndong N.
Musubaho Kivuyirwa K.,24(*) à identifier les
acteurs de la gestion des ressources du lac Édouard ainsi que les
interactions entre ces acteurs.
Il arrive à la conclusion que le système de
gestion des ressources du lac Édouard fournit une explication des
interactions entre les différents intervenants, d'une part, et entre
l'exploitation du lac et l'environnement, d'autre part. Il en résulte
que la gestion des ressources du lac Édouard fait intervenir des acteurs
dont le rôle et les interactions sont de nature diverse selon que l'on se
situe à l'époque coloniale ou après l'indépendance
de la RDC. L'époque coloniale étant caractérisée
par un nombre restreint d'acteurs entretenant des relations de partenariat et
de coopération, il n'en est pas autant après
l'indépendance du pays où les acteurs se sont multipliés,
développant des relations de conflictualité et de méfiance
dans l'exploitation des ressources du lac Édouard. Ceci se traduit par
une surexploitation du lac sans aucun souci du lendemain. Le
développement durable s'en trouve ainsi compromis. Pour mettre fin
à la conflictualité entre les différents acteurs, il
propose de concilier les intérêts des uns et des autres ; pour ce
faire une gestion durable des ressources halieutiques basée sur une
conservation participative ou communautaire s'avère une
nécessité absolue à côté des autres solutions
alternatives.
Célestin Kadima, Marcellin Lukongo et Jacques
Wakilongo25(*), sont
préoccupé de savoir : comment concilier les impératifs de
conservation écologique et de développement écotouristique
avec les ambitions d'exploitation pétrolière dans une zone
protégée et écologiquement sensible ? ils interrogent les
contradictions entre les politiques de préservation de la
biodiversité et les concessions pétrolières
accordées à des multinationales couvrant plus de 58 % de la
superficie du parc, en violation de la législation environnementale
congolaise. Ils sont arrivés aux résultats selon lesquels le lac
Édouard, autre fois le plus poissonneux d'Afrique est aujourd'hui
menacé par les activités humaines et les projets
pétroliers, l'exploitation envisagée pourrait provoquer une
marée noire, affecter la source du Nil et engendrer une guerre de l'eau.
Les auteurs appellent à une réhabilitation écologique,
à application stricte de la loi environnementale et à une
priorisation de l'écotourisme comme levier de développement
durable. Ils plaident pour une gouvernance responsable, fondée sur la
concertation entre l'Etat, les communautés locales et les acteurs
internationaux.
Le mérite de ces auteurs est de démontrer que
l'exploitation pétrolière dans le lac Édouard compromet
gravement la biodiversité, les perspectives d'écotourisme durable
et la stabilité écologique de la région, en raison des
externalités négatives et du non-respect des normes
environnementales. Ils suggèrent que la pression économique ne
peut justifier la destruction d'un patrimoine naturel mondial, et que seule une
gouvernance environnementale rigoureuse, fondée sur la loi et la
concertation, peut préserver les intérêts à long
terme de la RD Congo.
KihangiBindu K26(*),a
examiné les implications juridiques et environnementales de
l'exploitation pétrolière dans la région du lac
Édouard, situé à la frontière entre la RDC et
l'Ouganda, au coeur du parc national des Virunga, classé patrimoine
mondial de l'UNESCO. L'étude met en lumière les tensions entre :
les intérêts économiques liés à
l'exploitation des hydrocarbures, et les obligations environnementales de la
République Démocratique du Congo, notamment en matière de
conservation de la biodiversité et de respect du droit international.
Il conclut qu'une exploitation pétrolière dans
le lac Édouard ne peut être juridiquement et écologiquement
acceptable que si elle respecte strictement les normes environnementales
nationales et internationales, et intègre des mécanismes de
gouvernance participative et de transparence. Il suggère que la loi
environnementale congolaise, bien qu'existante, nécessite une
application rigoureuse, notamment dans les zones protégées, et
que toute dérogation ou projet industriel doit être soumis
à une évaluation environnementale stratégique.
Il renchérit que l'exploitation
pétrolière dans le lac Édouard présente un risque
élevé de dégradation écologique, notamment pour le
parc des Virunga. La République Démocratique du Congo doit
renforcer son cadre juridique et ses mécanismes de contrôle pour
éviter les violations environnementales. Une concertation entre
l'État, les communautés locales, les ONG et les partenaires
internationaux est indispensable pour garantir une gouvernance responsable. Le
respect du principe de précaution, de la transparence et de la
participation citoyenne est essentiel pour toute décision relative
à l'exploitation des ressources naturelles dans les zones sensibles.
Le travail de cet auteur a le mérite de proposer une
lecture critique de la loi environnementale congolaise, en lien avec les
engagements internationaux de la RD Congo, et plaide pour une approche durable
et juridiquement encadrée de toute activité
pétrolière dans les zones écologiquement sensibles, tel
que le Parc National de Virunga.
MukendiMukendiNtantamika27(*)a constaté dans son étude que la
République Démocratique du Congo dispose d'un potentiel
considérable en hydrocarbures, réparti dans plusieurs bassins
sédimentaires et zones à fort intérêt
pétrolier et gazier. Malgré cette richesse, le secteur est
longtemps demeuré sous-exploité en raison de l'existence d'un
cadre juridique jugé insuffisamment adapté aux exigences modernes
de l'industrie pétrolière, d'un déficit de transparence
dans les mécanismes d'attribution des droits pétroliers, d'une
faible participation des citoyens à la gouvernance des ressources
naturelles ainsi que d'un climat d'insécurité juridique
susceptible de freiner les investissements. L'auteur soutient que la
modernisation du cadre normatif et institutionnel constitue une condition
essentielle pour assurer le développement durable du secteur des
hydrocarbures en RDC.
L'un des principaux points forts de cet ouvrage réside
dans son approche pédagogique et sa capacité à rendre
accessibles des questions juridiques particulièrement techniques.
À travers une analyse méthodique du régime
général des hydrocarbures, l'auteur met en évidence les
mécanismes juridiques régissant la prospection, l'exploration,
l'exploitation et la commercialisation des hydrocarbures. Il contribue ainsi
à une meilleure compréhension des réformes introduites par
la Loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures, aujourd'hui complétée
par le Décret n° 25/14 du 1er avril 2025 portant Règlement
d'hydrocarbures. L'ouvrage constitue dès lors un outil de
référence tant pour les décideurs publics que pour les
chercheurs, les praticiens du droit et les investisseurs
intéressés par le secteur pétrolier congolais.
Par ailleurs, l'auteur aboutit à la conclusion selon
laquelle la mise en oeuvre effective d'un cadre juridique modernisé,
fondé sur le régime du partage de production, la transparence, la
gestion durable des ressources et la promotion du contenu local, permettrait de
relancer durablement l'industrie pétrolière congolaise. Son
analyse met en lumière l'importance d'une application rigoureuse des
textes en vigueur afin de renforcer la sécurité juridique des
opérateurs, d'attirer davantage d'investissements, d'améliorer la
redistribution des revenus issus des hydrocarbures et de promouvoir une
gouvernance participative impliquant l'État, les investisseurs et les
communautés concernées.
Toutefois, l'ouvrage présente certaines limites. Son
analyse demeure essentiellement descriptive et juridique, accordant une place
relativement restreinte à l'examen critique des défis
contemporains liés à la gouvernance du secteur pétrolier.
Les questions relatives à l'exploitation des hydrocarbures dans les
zones écologiquement sensibles, à la protection de
l'environnement, aux droits des communautés locales et aux enjeux de la
transition énergétique ne sont pas suffisamment approfondies. De
même, l'absence d'une étude comparative avec les
expériences d'autres États africains producteurs d'hydrocarbures
réduit la portée analytique de l'ouvrage. Malgré ces
réserves, cette contribution demeure une référence
doctrinale majeure pour la compréhension du droit des hydrocarbures en
République Démocratique du Congo.
Diaouma Badiane, Thierno Bachir SY, Mamadou Deème,
Yakhya Ben Abdellah Badiane et Malick Diouf28(*)analysent les conséquences environnementales et
socioéconomiques liées au développement des
activités gazières sur le littoral sénégalais. Les
auteurs mettent en évidence les risques que l'exploitation du gaz fait
peser sur les écosystèmes marins et côtiers, notamment
à travers la dégradation de l'environnement marin,
l'altération des habitats naturels et la diminution de la
biodiversité. Ils soulignent également que les activités
extractives entraînent des conflits d'usage de l'espace maritime,
particulièrement dans les zones où la pêche artisanale
constitue la principale source de subsistance des populations locales.
L'un des principaux points forts de cette étude
réside dans son approchemultidisciplinaire, qui combine les dimensions
environnementales, économiques et sociales de l'exploitation des
ressources gazières. Les auteurs démontrent de manière
pertinente que les impacts de l'industrie extractive ne se limitent pas aux
seuls aspects écologiques, mais affectent également les
activités économiques traditionnelles des communautés
côtières. Cette approche globale permet de mieux comprendre les
interactions entre le développement du secteur énergétique
et la préservation des moyens de subsistance des populations locales,
offrant ainsi une analyse équilibrée des avantages et des risques
liés à l'exploitation du gaz naturel.
Un autre apport important de cette contribution réside
dans l'attention accordée aux communautés locales et aux effets
concrets des projets gaziers sur leur quotidien. Les auteurs mettent en
lumière les répercussions socioéconomiques
résultant de la réduction des espaces de pêche, de la
baisse des revenus des pêcheurs artisanaux et de la transformation des
conditions de vie des populations riveraines. Cette analyse contribue à
enrichir la réflexion sur la nécessité d'intégrer
les préoccupations sociales et environnementales dans les politiques
publiques relatives à l'exploitation des ressources naturelles, en
particulier dans les zones côtières fortement dépendantes
des ressources halieutiques.
Toutefois, l'étude présente certaines limites.
Bien qu'elle identifie avec précision les risques environnementaux et
socioéconomiques associés à l'exploitation gazière,
elle demeure relativement descriptive et accorde une place limitée
à l'analyse des mécanismes juridiques et institutionnels
susceptibles d'encadrer ou d'atténuer ces impacts. De même,
l'absence d'une comparaison avec d'autres expériences africaines ou
internationales d'exploitation offshore réduit la portée
prospective de l'étude. Une réflexion plus approfondie sur les
mesures de compensation, les mécanismes de participation des
communautés locales et les stratégies de gestion durable des
ressources marines aurait permis de renforcer davantage la contribution
scientifique de cet article.
Mivy-GradyMombo et Michel Desse29(*)analysent les enjeux
géopolitiques, économiques et sécuritaires liés
à l'exploitation des ressources pétrolières dans le Golfe
de Guinée. Les auteurs démontrent que, malgré son
rôle moteur dans le développement économique de plusieurs
États riverains, le pétrole constitue également un facteur
majeur d'insécurité maritime dans la région. Ils mettent
en évidence l'évolution des menaces sécuritaires,
notamment le déplacement des actes de piraterie maritime des zones de
production du delta du Niger vers les espaces maritimes internationaux.
L'étude révèle que l'expansion des activités
pétrolières offshore favorise l'émergence de nouvelles
formes de criminalité maritime organisées autour de
réseaux transfrontaliers impliquant le trafic illicite d'hydrocarbures,
la contrebande et d'autres activités criminelles qui s'étendent
progressivement vers des zones affectées par le terrorisme.
L'un des principaux points forts de cette étude
réside dans son approche géopolitique approfondie des relations
entre l'exploitation pétrolière et la sécurité
maritime. Les auteurs démontrent avec pertinence que les ressources
naturelles, bien qu'elles constituent un levier de croissance
économique, peuvent également engendrer des tensions et des
risques sécuritaires lorsqu'elles ne sont pas accompagnées d'un
dispositif efficace de gouvernance et de contrôle. Cette analyse permet
de mieux comprendre les dynamiques complexes qui lient l'exploitation des
hydrocarbures aux enjeux de sécurité dans le Golfe de
Guinée, région devenue stratégique pour
l'approvisionnement énergétique mondial.
Un autre apport majeur de cette recherche est sa
capacité à mettre en lumière l'évolution des formes
de criminalité maritime dans la région. Les auteurs montrent que
la piraterie ne se limite plus aux attaques localisées dans les zones de
production pétrolière du Nigeria, mais qu'elle tend à
suivre l'extension des activités d'exploration et d'exploitation des
hydrocarbures dans l'ensemble du Golfe de Guinée. Cette
démonstration met en évidence l'existence de réseaux
criminels transnationaux structurés, capables de s'adapter aux mutations
du secteur pétrolier et de profiter des faiblesses institutionnelles et
sécuritaires des États côtiers. L'étude contribue
ainsi à enrichir la réflexion sur la nécessité
d'une coopération régionale renforcée pour lutter contre
les menaces pesant sur la sécurité maritime.
Toutefois, cette étude présente certaines
limites. Bien qu'elle fournisse une analyse pertinente des liens entre
exploitation pétrolière et insécurité maritime,
elle accorde une attention relativement limitée aux mécanismes
juridiques et institutionnels mis en place par les États du Golfe de
Guinée pour prévenir et réprimer ces
phénomènes. De plus, l'étude développe peu les
aspects socioéconomiques susceptibles d'expliquer l'adhésion de
certaines populations locales aux réseaux criminels. Une analyse plus
approfondie des politiques de gouvernance des ressources
pétrolières, des initiatives régionales de
sécurité maritime et des impacts sociaux de l'exploitation des
hydrocarbures aurait permis de renforcer davantage la portée explicative
et prospective de cette recherche.
Saturnin NdongNdong30(*), a voulu savoir : comment l'État gabonais
peut-il exercer une souveraineté environnementale effective sur ses
aires protégées tout en collaborant avec des acteurs non
étatiques aux logiques parfois divergentes ? Il conclut que la
souveraineté environnementale ne peut plus être pensée
comme une prérogative exclusive de l'État. Dans le contexte
gabonais, marqué par une forte présence d'acteurs non
gouvernementaux (ONG, bailleurs internationaux, chercheurs), la gestion des
aires protégées repose sur une gouvernance partagée,
parfois conflictuelle, mais nécessaire.
Dans cette conjecture, l'auteur montre que : l'État
conserve une légitimité juridique et politique, mais son
efficacité opérationnelle est limitée par des
dépendances financières et techniques vis-à-vis des
partenaires extérieurs ; les ONG et institutions internationales jouent
un rôle crucial dans la mise en oeuvre des politiques de conservation,
mais leur influence peut affaiblir la souveraineté nationale si elle
n'est pas encadrée ; les communautés locales, souvent
marginalisées, doivent être réintégrées dans
les dispositifs de gouvernance pour garantir une conservation durable et
socialement équitable ; Ainsi, la souveraineté environnementale
devient un concept dynamique, fondé sur la négociation, la
coordination et la reconnaissance des pluralités d'acteurs. Il
démontre que la gestion des aires protégées au Gabon,
notamment dans les parcs de la Lopé et de Pongara, illustre les limites
du modèle étatique centralisé face aux enjeux
contemporains de conservation. Elle appelle à une reconfiguration de la
souveraineté environnementale, fondée sur la coopération
entre l'État, les ONG et les communautés locales ; La mise en
place de mécanismes de gouvernance inclusive, transparents et
adaptés aux réalités territoriales ; une revalorisation
des savoirs locaux et des pratiques communautaires dans les politiques de
conservation. Et pour clore l'auteur propose une approche
intégrée de la conservation, qui dépasse les logiques de
contrôle pour embrasser celles de partage, de responsabilité
collective et de justice environnementale.
Au regard des travaux antérieurs consultés, il
apparaît que la problématique de l'exploitation des hydrocarbures
en République Démocratique du Congo a été
abordée sous des perspectives diverses et complémentaires.
Certains chercheurs se sont penchés sur la gouvernance des ressources
naturelles et les interactions entre les acteurs impliqués dans la
gestion du lac Édouard, tandis que d'autres ont examiné les
incidences environnementales de l'exploitation pétrolière dans
les zones protégées, notamment au sein du Parc National des
Virunga et du lac Édouard. D'autres études ont porté sur
les enjeux réglementaires liés au secteur des hydrocarbures en
RDCongo, les impacts socio-économiques et écologiques des
activités extractives sur les communautés locales, les
répercussions sécuritaires de l'exploitation
pétrolière dans le Golfe de Guinée, ainsi que les
mécanismes de gouvernance environnementale dans les espaces
protégés africains.
Ces recherches présentent l'intérêt de
mettre en évidence la nécessité d'une gestion durable des
ressources pétrolières, fondée sur la préservation
de l'environnement, la participation effective des communautés locales,
la transparence institutionnelle et le renforcement des cadres juridiques et
institutionnels. Elles soulignent également l'importance d'une
gouvernance inclusive et responsable, capable de concilier les
impératifs économiques avec les exigences écologiques et
sociales.
Toutefois, il convient de relever que ces travaux, bien que
riches et variés, n'ont pas entrepris une analyse comparative
approfondie des législations congolaise et ougandaise relatives aux
hydrocarbures, appliquées spécifiquement à l'exploitation
pétrolière du lac Édouard, espace transfrontalier
partagé par les deux États. L'originalité de la
présente étude réside précisément dans sa
démarche comparatiste, visant à mettre en lumière les
convergences et divergences des dispositifs juridiques adoptés par la
République Démocratique du Congo et l'Ouganda, ainsi qu'à
évaluer leur efficacité dans l'encadrement de l'exploration et de
l'exploitation pétrolières dans cette zone sensible. L'objectif
ici, est d'identifier les meilleures pratiques susceptibles de favoriser une
articulation harmonieuse entre développement économique,
protection de l'environnement et coopération régionale
durable.
0.3. POSITION DU
PROBLEME
L'exploitation pétrolière en Ouganda est
régie par le PetroleumAct de 2013 (exploration, development and
production) régissant les activités en amont d'exploration, de
développement et de production du pétrole brut. Cette loi fixe
les conditions de délivrance des licences d'exploration et de
production, renforce les mécanismes de transparence du secteur pour
prévenir la corruption et exige des études d'impact
environnemental et social. Cette loi est associée à PetroleumAct
de 2013 (Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage)
régissant les activités pétrolières en aval.
Comme la première loi, celle-ci prévoit
également des conditions d'obtention de différents permis et
encourage une participation locale. En plus de ces deux lois principales, le
secteur, en Ouganda, est régi par le Public Finance Management Act de
2015 régissant un fonds souverain tiré des recettes
pétrolières. Toutes ces lois se fondent sur la National Oil and
Gas Policy de 2008 qui est un cadre stratégique pour le
développement du secteur pétrolier en Ouganda.
Dans le cadre de relancer son secteur des hydrocarbures la RD
Congo avait promulguée la Loi n° 15/012 du 1er
août 2015 qui fixe le régime général applicable aux
hydrocarbures. Cette loi est complétée par le Décret
n° 25/14 du 1er Avril 2025 portant Règlement
d'Hydrocarbures abrogeant le décret n° 16/010 du 19 avril
2016.
Ce cadre juridique enseigne sur la structure du secteur des
hydrocarbures, le cadre institutionnel des activités d'hydrocarbures,
les procédures d'accès à ces activités, les
obligations et les droits qui en découlent pour toutes les parties
prenantes, ainsi que les régimes de contentieux et des sanctions. Cette
loi présente des failles majeures (Un régime d'attribution de
droit miné par des vides juridiques ; Une fiscalité
« hybride » jugée étouffante avec quatre
zones fiscales et six bonus ; L'absence de critères techniques pour
classer les blocs pétroliers ; Des mécanismes de transport
inadaptés à l'enclavement du territoire ; Aucun fonds pour
les générations futures ni stocks stratégiques.), ces
failles sont même à la base de l'échec cuisant des appels
d'offres de 2022.
Dans un contexte de concurrence pétrolière
africaine, les législations relatives à l'exploitation
pétrolière de la RDCongo et de Ouganda doit en principe permettre
une gestion équitable et durable des ressources en hydrocarbures du lac
Edouard et doit avoir une coordination régionale même s'il existe
à ce jour des accords de coopération vieux datant de 1990 que la
RD Congo venait de promulguer 34 ans après la loi de ratification (Loi
No 24/022 du 30 Décembre 2024 autorisant la ratification des accords de
coopérations sur l'exploitation commune des hydrocarbures entre la RD
Congo et l'Ouganda).
De ce qui précède, le constat est que rien ne
garantit une gouvernance partagée transparente de ressources en
hydrocarbures de la RD Congo et de l'Ouganda. Cela se prouve par le fait que du
côté de l'Ouganda l'exploitation pétrolière est
déjà en cours avec toutes les conséquences
environnementales possibles sur la zone commune (lacAlbert et Edouard), au non
n'intégration par les deux états dans leurs législations
nationales des dispositions liées à une exploitation commune des
ressources en hydrocarbures, au souci pour chaque état d'accroitre ses
revenues en négligeant les enjeux environnementaux, le cas de
l'exploitation de pétrole du coté Ouganda sans tenir compte des
conséquences environnementales du côté de la RD Congo,
à la non prise en compte des droits des communautés locales pour
éviter de conflit futur.
En effet, comme indiqué plus haut, le lac Edouard
sépare l'Ouganda de la RDCongo. La partie congolaise de ce lac est
entièrement comprise dans le Parc National des Virunga et est donc
soumise au régime juridique, aux incompatibilités et aux
contraintes des biens du patrimoine mondial de l'humanité,
conformément à la convention UNESCO. Sa destination est
incompatible avec la conduite des activités pétrolières.
Les permis d'exploration émis dans cette partie du lac ont
été considérés comme une violation par la RDC de
ses obligations au regard du droit de l'UNESCO31(*). La partie ougandaise du lac Edouard se trouve aussi
dans un Parc national mais qui n'est comprise dans aucun
périmètre d'un patrimoine commun de l'humanité. De ce
fait, les activités d'exploration et d'exploitation
pétrolières s'y réalisent conformément à la
législation ougandaise. Toutefois, il est démontré que
les conséquences environnementales de ces activités
pétrolières présentent des risques élevés
d'extension vers la partie congolaise.
Le droit de l'UNESCO ne s'oppose pas à une exploitation
pétrolière, lorsque celle-ci est conduite en dehors du
périmètre classé et accompagnée de mesures
d'atténuation robustes32(*). Le fait pour l'autre partie du lac Edouard de se
retrouver en Ouganda fait échapper les activités normalement
incompatibles aux exigences élevées requises pour tout bien
commun de l'humanité inscrit sur la liste de l'UNESCO. L'UNESCO ne peut
imposer des obligations à l'Ouganda qui n'a pas inscrit sa portion du
site. Dans cette optique, l'approche dite transfrontalière que propose
ce travail suggère la mise en place d'un cadre trilatéral RDC,
Ouganda, UNESCO.
Ce constat, pousse à formuler la question principale
suivante :
- Dans quelle mesure les régimes juridiques
pétroliers de l'Ouganda et de la RD Congo peuvent-ils-être
appliqués pour une exploitation coordonnée des hydrocarbures dans
la zone transfrontalière du lac Édouard ?
De cette question, découle la question
spécifique ci-après :
- Comment se présentent les points de convergence et de
divergence entre les législations des deux pays en matière de
gestion des Hydrocarbures ?
0.4.
HYPOTHESES
a) Hypothèse principale
Les régimes juridiques pétroliers de l'Ouganda
et de la République Démocratique du Congo ne peuvent s'appliquer
directement pour garantir une exploitation coordonnée, efficiente et
durable des hydrocarbures dans la zone transfrontalièredu lac
Édouard. Les spécificités réglementaires de chaque
État concernant l'octroi des droits pétroliers, l'organisation
institutionnelle, la protection environnementale et la gestion
transfrontalière imposent le recours à un cadre d'unification ou
de coopération renforcé.
b) Hypothèse spécifique
Le point de convergence des législations entre Ouganda
et RDC en matière de gestion des Hydrocarbures sont les principes
généraux des ressources partagées et la divergence se
situe au niveau de la stabilité, l'application et la protection
d'intérêts nationaux favorisant une exploitation asymétrie
au profit de l'Ouganda au détriment d'une équité
transfrontalière durable autour du Lac Edouard. En bref, les
législations congolaise et ougandaise comportent à la fois des
similitudes et des divergences concernant le cadre institutionnel,
l'attribution des droits pétroliers, les mécanismes de
contrôle, la protection de l'environnement et la gestion des ressources
transfrontalières.
0.5. CADRE
OPERATOIRE
Afin de rendre les hypothèses de recherche
opératoires, les variables dépendantes et indépendantes
retenues, ainsi que leurs indicateurs d'observation et de mesure, sont
présentés dans le tableau ci-dessous.
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Variables
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Indicateurs
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Législation relative aux hydrocarbures en Ouganda et en
République Démocratique du Congo (VI).
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- Cadre institutionnel;
- Des régimes d'octroi des droits pétroliers;
- De la gouvernance environnementale;
- Rôle de l'autorité de régulation;
- Exploitation conjointe avec Ouganda;
- Mode de participation de communauté locale.
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Exploitation pétrolière(VD).
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- Niveau de pollution d'eau et du sol;
- Perturbation des écosystèmes aquatiques;
- Altération de la qualité de l'air et du bruit;
- Volume de production pétrolière;
- Création d'emploi direct et indirect;
- Investissement en infrastructures;
- Déplacement de la population;
- Mesure des risques sanitaires;
- Niveau de coopération bilatérale.
|
0.6. OBJECTIFS ET
INTERETS
0.6.1. Objectifs de
l'étude
1) Objectif principal
L'objectif principal de cette étude est d'analyser les
régimes juridiques pétroliers de l'Ouganda et de la
République Démocratique du Congo afin d'évaluer leur
applicabilité et leur compatibilité dans la gestion
concertée des hydrocarbures du lac Édouard, et déterminer
les conditions juridiques et institutionnelles requises à l'instauration
d'une coopération bilatérale garantissant une exploitation
équitable, efficiente et durable.
2) Objectif spécifique
L'objectif spécifique de cette dissertation est de
relever les convergences et les divergences entre les cadres législatifs
de la République Démocratique du Congo et de l'Ouganda en
matière des gestions des hydrocarbures.
0.6.2.
Intérêts de l'étude
Cette étude présente un double
intérêt à savoir scientifique et pratique :
a) Sur le plan scientifique
Cette étude est un enrichissement dans le cadre du
droit comparé dans la mesure où elle analyse des
législations nationales de la RD Congo et de l'Ouganda dans un contexte
transfrontalier, en éclairant les enjeux de durabilité et de
gouvernance des ressources naturelles.
b) Sur le plan pratique
Cette recherche présente un intérêt
pratique notable en ce qu'elle met en lumière les limites et les
divergences des régimes juridiques pétroliers de l'Ouganda et de
la République Démocratique du Congo, tout en proposant des
orientations concrètes pour leur articulation dans un cadre
transfrontalier. Elle constitue un outil d'aide à la décision
pour les pouvoirs publics en vue de l'élaboration d'un dispositif de
coopération bilatérale apte à prévenir les litiges
liés à l'exploitation des ressources communes, à
sécuriser les investissements et à promouvoir une gestion plus
efficiente et transparente des hydrocarbures du lac Édouard. Par
ailleurs, elle contribue à la protection de l'environnement et à
la sauvegarde des intérêts des communautés locales, tout en
favorisant une répartition équitable des revenus entre les
États concernés.
0.7. CADRE
METHODOLOGIQUE
0.7.2. Méthodes de recherche
Afin de vérifier les hypothèses formulées
et d'atteindre les objectifs fixés, l'étude mobilise
principalement la méthode juridique appuyée par l'approche
comparative ainsi que l'approche systémique.
a) La méthode
juridique
Jean-Louis Bergel33(*) souligne que la méthodologie juridique repose
sur le constat que l'appréhension du droit ne se limite pas à la
maîtrise des normes législatives et des décisions
judiciaires. Elle requiert également la maîtrise de
procédés et de techniques particulières, mobilisant des
logiques, des raisonnements, des outils, des classifications, des
qualifications ainsi que des modes d'expression appropriés.
Dans la même perspective, Amé Banza34(*) considère que la
méthodologie juridique est une discipline fondamentale qui permet au
chercheur en droit de structurer sa pensée et d'éviter
l'arbitraire, en donnant au raisonnement juridique une cohérence interne
et une portée scientifique². Paulin Ibanda insiste, quant à
lui, sur le rôle de la méthodologie comme outil de
systématisation, permettant de relier les règles éparses
en un ensemble intelligible et opératoire.
De son côté, Cornu35(*)définit la
méthodologie juridique comme l'ensemble des procédés et
des techniques permettant d'identifier, de qualifier et de classer les notions
du droit, en vue de leur compréhension et de leur application. L'ouvrage
insiste sur le fait que la méthodologie ne se réduit pas à
une simple compilation de définitions, mais qu'elle constitue un
véritable instrument de recherche et de culture juridique, indispensable
à la pratique et à la science du droit.Enfin,
KizomboObweng36(*) met en
avant la dimension critique de la méthodologie, en soulignant qu'elle ne
se limite pas à l'application mécanique des normes, mais qu'elle
invite à interroger leur cohérence, leur pertinence et leur
adéquation aux réalités sociales5.
Cette recherche, fondée sur une analyse juridique de
type exégétique, permettra d'étudier et
d'interpréterles instruments juridiques pertinents de la RD Congo et de
l'Ouganda, ainsi que des conventions internationales relatives à la
gestion des hydrocarbures et des ressources naturelles partagées.Du
côté congolais, le corpus comprend notamment la loi n°15/012
du 1er août 2015 portant Code des hydrocarbures, le Décret
n°25/14 du 1er avril 2025 portant Règlement d'hydrocarbures, la loi
n°011/2002 du 28 mai 2002 portant Code forestier, ainsi que l'Accord de
Ngurdoto de 2007 sur la coopération bilatérale avec l'Ouganda.
À cela s'ajoute la loi n°24/022 du 30 décembre 2024, qui
autorise la ratification des accords de coopération signés
à Kampala en 1990 et 2008, traduisant une volonté politique de
renforcer la coopération énergétique, prévenir les
conflits liés aux ressources partagées et promouvoir une
exploitation durable.En Ouganda, les textes majeurs sont le Petroleum
(Exploration, Development and Production) Act de 2013, le Petroleum (Refining,
Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act de 2013, ainsi que le
Public Finance Management Act de 2015, qui institue un fonds souverain
alimenté par les recettes pétrolières. L'analyse
intègre également les instruments internationaux, notamment la
Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de
1972 et la Convention sur la diversité biologique de 1992, permettant
une approche comparative des droits et obligations des deux États au
regard des standards internationaux.
b) Approche
Comparée
Ø Définition de l'approche comparée
L'approche comparée, telle que définie par
CORNU37(*), est une
méthode d'analyse juridique qui consiste à confronter deux ou
plusieurs systèmes normatifs afin d'en dégager les similitudes et
les différences. Elle ne se limite pas à une simple juxtaposition
des textes, mais cherche à comprendre les logiques internes des
législations, leurs objectifs implicites et explicites, ainsi que leur
efficacité dans un contexte donné. Cette démarche permet
de mettre en lumière les forces et les faiblesses de chaque
système, tout en identifiant les points de convergence susceptibles de
favoriser une harmonisation ou une coopération juridique.
Dans le cadre de la présente étude, l'approche
comparée prend une dimension stratégique. Elle vise à
mettre en parallèle les régimes juridiques de la
République Démocratique du Congo et de l'Ouganda relatifs aux
hydrocarbures, dans un contexte où les gisements transfrontaliers
exigent une gouvernance partagée. La RD Congo, avec sa Loi n°
15/012 de 2015 sur les hydrocarbures et la ratification en 2024 de la Loi
n° 24/022 sur l'accord bilatéral avec l'Ouganda, cherche à
éclairer les enjeux de coopération transfrontalière,
à sécuriser les investissements et à instaurer une
gouvernance durable des ressources naturelles38(*). L'Ouganda, de son côté, s'appuie sur la
PetroleumAct de 2013 et sur une autorité de régulation
spécialisée, insistant sur la transparence et la protection de
l'environnement. La comparaison de ces deux cadres normatifs
révèle des différences de maturité
institutionnelle, de régime d'octroi des droits pétroliers mais
aussi des complémentarités qui peuvent servir de base à
une coopération renforcée.
Ainsi, l'approche comparée devient un outil non
seulement d'analyse juridique, mais aussi de prospective, elle offre aux
décideurs des pistes pour une coopération
équilibrée et respectueuse des impératifs de
développement et de conservation.
Ø Mode opératoire
Le mode opératoire de cette approche s'articule en
trois séquences complémentaires39(*) : La première repose sur une collecte
systématique et critique des sources juridiques pertinentes. Elle
englobe les textes normatifs, codes, règlements et politiques publiques
régissant le secteur des hydrocarbures dans les deux États
riverains du lac Édouard, ainsi que les accords bilatéraux et les
instruments régionaux applicables. Cette étape inclut
également l'examen de la jurisprudence, l'analyse des rapports
administratifs et l'étude des documents émanant des
autorités de gestion des ressources naturelles, afin de constituer une
base documentaire solide et diversifiée.
La deuxième séquence consiste en une analyse
approfondie des principes directeurs qui structurent les législations
nationales de la RD Congo et de l'Ouganda relatives aux hydrocarbures. Elle
s'attache notamment à la souveraineté sur les ressources
naturelles, à l'encadrement des investissements, à la gouvernance
fiscale, aux mécanismes de protection de l'environnement et aux
exigences de transparence. L'objectif est de mettre en évidence la
cohérence interne de chaque système juridique et de
déterminer la manière dont ces principes orientent le
régime applicable aux hydrocarbures.
Enfin, la troisième séquence procède
à une mise en perspective comparative des dispositifs juridiques et
administratifs congolais et ougandais. Cette confrontation vise à
dégager les points de convergence, les divergences et les zones
d'incertitude, en particulier dans le domaine de la gestion
transfrontalière du lac Édouard. L'analyse prend en
considération les pratiques administratives, les régimes
d'attribution des titres pétroliers, les obligations environnementales
et les mécanismes de coopération existants, de manière
à proposer une lecture structurée et critique des interactions
normatives entre la RD Congo et l'Ouganda.
Ø Typologie de l'approche comparée
En de typologie, la présente recherche adopte une
démarche comparée, structurée autour de trois axes
complémentaires, à savoir :
§ Dimension descriptive :
Elle consiste à inventorier, classifier et structurer
les dispositions légales et réglementaires encadrant le secteur
des hydrocarbures en République démocratique du Congo et en
Ouganda. Cette étape repose notamment sur l'examen de la Loi n°
15/012 du 1er août 2015 relative au régime général
des hydrocarbures ainsi que de la Petroleum (Exploration, Development and
Production) Act, 2013 et des textes d'application y afférents.
L'objectif est de mettre en évidence l'architecture normative, les
régimes fiscaux, les obligations environnementales ainsi que les
mécanismes d'attribution des droits pétroliers dans les deux
États riverains du lac Édouard40(*).
§ Dimension analytique :
Elle vise à apprécier les effets concrets de ces
dispositifs et à dévoiler les logiques politiques et
économiques qui les sous-tendent. Dans le cas du lac Édouard,
l'analyse confronte la rigidité du régime fiscal congolais
marqué par des taux d'imposition élevés et des redevances
fixées par la loi à la souplesse du système ougandais,
caractérisé par une marge de négociation contractuelle
plus large et par des incitations destinées à attirer les
capitaux étrangers41(*). L'examen s'appuie également sur les pratiques
administratives des autorités sectorielles en RD Congo et en Ouganda,
afin d'évaluer l'impact des normes sur la dynamique effective des
projets d'exploration dans la zone transfrontalière42(*).
§ Dimension critique :
Elle interroge la pertinence et la cohérence des cadres
juridiques nationaux au regard des impératifs de durabilité, de
sécurité environnementale et de coopération
régionale.Dans le contexte sensible du lac Édouard, espace
écologiquement vulnérable et politiquement stratégique,
cette approche met en lumière les insuffisances des deux
législations en matière d'évaluation environnementale, de
gestion des risques et de protection des écosystèmes lacustres,
malgré l'existence d'obligations prévues par la Loi congolaise
sur la protection de l'environnement (Loi n° 11/009 du 9 juillet 2011) et
par l'Environmental Management Act, 2019 ougandaise43(*). Elle souligne en outre les
faiblesses persistantes dans la coopération bilatérale, en
dépit des engagements généraux contenus dans les
instruments régionaux de la Communauté d'Afrique de l'Est
(EAC)44(*). Cette grille
critique permet ainsi de mesurer la capacité réelle des deux
États à concilier exploitation pétrolière,
préservation du lac et gestion concertée des ressources
naturelles45(*).
Ø Critique de l'approche comparée
La critique de l'approche comparée met en
lumière plusieurs insuffisances méthodologiques. En premier lieu,
elle tend à réduire les systèmes juridiques à une
lecture formaliste des textes, au détriment de la complexité des
pratiques sociales et institutionnelles. Pierre Legrand46(*) rappelle
l'impossibilité de réduire un ordre normatif à ses seules
dispositions écrites, insistant sur l'importance des dimensions
culturelles et politiques. EsinÖrücü47(*) souligne que chaque
système juridique s'inscrit dans une trajectoire historique
singulière, ce qui rend périlleuse toute tentative d'alignement
ou de décontextualisation². Plus récemment,
GiorgosAskitas48(*) a
critiqué la tendance du droit comparé à reproduire des
biais de classe et à universaliser des modèles abstraits.
En second lieu, cette approche peut occulter les
réalités socio-politiques qui conditionnent directement
l'effectivité des normes. Rodolfo Sacco49(*) a montré que les « facteurs réels
du droit » tels que la fragilité institutionnelle, les rapports de
pouvoir ou les inerties bureaucratiquesinfluencent souvent davantage la mise en
oeuvre normative que les textes eux-mêmes. Mark Van Hoecke50(*) insiste sur la
nécessité d'intégrer les dimensions sociales et
culturelles dans toute comparaison, tandis que AnneliseRiles51(*) met en garde contre une vision
trop techniciste du droit, qui néglige ses usages pratiques. Des travaux
récents, tels que ceux de Nicoletta Perlo et Aurélie
Duffy-Meunier52(*),
soulignent que l'essor de justices constitutionnelles « libérales
» démontre la difficulté de transposer des modèles
normatifs sans tenir compte des contextes politiques.
Enfin, plusieurs auteurs rappellent que l'approche
comparée repose sur une présomption de neutralité du
chercheur, difficile à maintenir dans des contextes marqués par
des enjeux économiques et géopolitiques. Dans le cas
spécifique du lac Édouard, certaines analyses reprochent aux
travaux comparatifs de se focaliser excessivement sur les normes
pétrolières formelles, sans intégrer la
réalité de leur mise en oeuvre, caractérisée par la
corruption et la contestation sociale. Patrick Glenn53(*) souligne que le droit
comparé doit être envisagé comme un dialogue interculturel,
tandis que Ralf Michaels54(*) insiste sur l'importance de reconnaître les
asymétries institutionnelles et les rapports de pouvoir55(*).
Ces critiques convergent vers l'idée que toute
comparaison juridique portant sur des zones sensibles doit
nécessairement inclure une perspective sociojuridique attentive aux
pratiques administratives et aux dynamiques transfrontalières. Dans le
cas du lac Édouard, certains auteurs critiquent le fait que la
comparaison se limite trop souvent aux textes, sans prendre en compte la
réalité de leur mise en oeuvre, marquée par la corruption,
l'instabilité politique et la contestation sociale.
Ø Avis du chercheur
À la lumière des critiques formulées par
la doctrine, il apparaît que l'approche comparée, lorsqu'elle se
limite à une lecture formaliste des textes, ne parvient pas à
rendre compte de la complexité des systèmes juridiques
étudiés. En tant que chercheur, nous considérons que
l'analyse des législations relatives aux hydrocarbures en
République démocratique du Congo et en Ouganda ne peut se
réduire à une juxtaposition normative. Les réalités
institutionnelles, les pratiques administratives et les dynamiques sociales
doivent être intégrées afin de saisir l'effectivité
réelle du droit. L'exploitation pétrolière du lac
Édouard illustre parfaitement cette exigence : les textes affichent des
ambitions de transparence et de protection environnementale, mais leur mise en
oeuvre est entravée par la corruption, l'instabilité politique et
les asymétries institutionnelles.
Dans cette perspective, notre avis est que l'approche
comparée doit être envisagée comme un outil critique et
constructif, capable de révéler à la fois les
avancées et les limites des législations nationales. Si les
cadres normatifs congolais et ougandais témoignent d'une volonté
de modernisation et d'harmonisation, leur effectivité reste
conditionnée par des facteurs socio?politiques qui dépassent la
lettre des textes. L'approche comparée doit donc évoluer vers une
lecture socio?juridique, attentive aux pratiques concrètes et aux
dynamiques transfrontalières, afin de proposer une compréhension
plus nuancée et réaliste de l'exploitation
pétrolière dans cette zone sensible. L'exploitation du lac
Édouard ne pourra donc être viable que si les deux États
harmonisent leurs législations et adoptent une gouvernance
partagée, respectueuse des communautés locales et de la
biodiversité. En somme, l'approche comparée, bien qu'imparfaite,
reste un outil indispensable pour comprendre les dynamiques
transfrontalières adoptées par cette étude.
c) Approche
systémique
v Définition de l'approche systémique
L'approche systémique selon Arlette56(*)constitue un cadre
méthodologique destiné à analyser et à comprendre
des phénomènes caractérisés par un haut
degré de complexité. Elle repose sur l'idée que les
éléments constitutifs d'un phénomène forment un
ensemble organisé au sein duquel les composantes sont
interdépendantes, de sorte qu'elles ne peuvent être
étudiées de manière isolée sans perdre une part
essentielle de leur signification. Cette perspective privilégie ainsi
une compréhension holistique, accordant une attention
particulière aux relations, aux interactions et aux effets de
rétroaction qui structurent le fonctionnement global d'un
système. Une telle démarche permet non seulement de saisir la
dynamique d'ensemble, mais également d'identifier les effets
systémiques qu'un changement local peut produire, ainsi que les
comportements émergents qui ne sauraient être
appréhendés par une analyse fragmentée des composantes.
En rupture avec l'approche analytique classique, fondée
sur la décomposition des objets d'étude en unités
distinctes, l'approche systémique pour Didier57(*)vise à intégrer
la complexité, l'organisation interne et les relations multiples qui
déterminent l'évolution d'un système. Elle permet ainsi de
comprendre, d'anticiper et, dans certains cas, d'orienter le comportement
global d'un ensemble structuré en tenant compte des interactions entre
ses différentes parties. En raison de son caractère transversal
et de sa capacité à appréhender des dynamiques
pluridimensionnelles, cette approche s'applique à un large
éventail de domainessociaux, économiques, environnementaux ou
organisationnelset se révèle particulièrement pertinente
pour l'analyse de problématiques dont la compréhension
dépend de l'étude conjointe des relations entre les
éléments plutôt que de l'examen isolé de
ceux-ci58(*).
v Mode opératoire
Le mode opératoire de l'approche systémique
s'appuie sur une démarche méthodologique rigoureuse visant
à appréhender un phénomène comme un ensemble
organisé, constitué de composantes interdépendantes dont
les interactions conditionnent la dynamique globale du système. La
première étape consiste à définir le
périmètre du système, en en identifiant les
frontières pertinentes, les éléments constitutifs,
acteurs, institutions, ressources, processus, normesainsi que la
finalité qui oriente sa logique interne59(*).
La démarche se poursuit par une structuration des
composantes à travers une cartographie systémique permettant de
représenter les acteurs clés, les ressources mobilisées et
les dispositifs organisationnels en présence. L'analyse s'attache
ensuite à mettre en évidence les relations
d'interdépendance, les flux d'information, d'influence ou de pouvoir,
ainsi que les mécanismes de rétroaction qu'ils soient
négatifs ou positifsqui façonnent le fonctionnement d'ensemble.
Cette étape vise à identifier les noeuds systémiques,
c'est-à-dire les zones de vulnérabilité, de tension ou de
cohérence critique, susceptibles d'exercer un effet structurant sur le
système60(*).
Dans le cadre de cette recherche, l'approche systémique
constitue un cadre d'analyse particulièrement pertinent pour
appréhender l'exploitation pétrolière du lac
Édouard, laquelle s'inscrit dans un ensemble complexe mêlant
dimensions juridiques, institutionnelles, environnementales, économiques
et sociales. L'étude des législations pétrolières
ougandaise et congolaise ne peut en effet être dissociée des
interactions entre acteurs étatiques, entreprises d'hydrocarbures,
communautés locales, mécanismes de gouvernance environnementale
et dynamiques transfrontalières propres à cette zone sensible. En
dépassant une comparaison strictement textuelle des normes, la
perspective systémique permet d'analyser leur fonctionnement
réel, leurs interactions avec les autres composantes du système
et leurs effets différenciés sur la gestion du lac
Édouard. Elle offre ainsi un cadre cohérent pour saisir les
interdépendances, tensions et contraintes qui structurent la
problématique pétrolière locale et pour appréhender
de manière intégrée les enjeux juridiques,
écologiques et socio-institutionnels de cette exploitation
transfrontalière.
v Typologie de l'approche systémique
La typologie de l'approche systémique illustre la
diversité des cadres conceptuels mobilisables pour l'analyse des
systèmes, en fonction de leur structure, de leur complexité ou de
leurs finalités.
ü Systémique descriptive, développée
par Ludwig vonBertalanffy61(*), vise à identifier les composantes d'un
système et les relations fondamentales qui les unissent.
ü Systémique analytique, portée notamment
par Jay W. Forrester62(*),
s'attache à l'étude des rétroactions, des
régulations et des mécanismes d'adaptation.
ü Systémique cybernétique, fondée
sur les principes de Norbert Wiener63(*), met l'accent sur les processus de contrôle,
d'information et d'autorégulation.
ü Systémique fonctionnelle, inspirée par
Talcott Parsons64(*),
analyse le système à partir de ses finalités et des
rôles structurels de ses éléments.
ü Systémique dynamique, approfondie par Jean-Louis
Le Moigne65(*),
éclaire les trajectoires d'évolution, les phases de
transformation et les phénomènes d'émergence. Ensemble,
ces typologies offrent un cadre méthodologique souple et
intégré, permettant de rendre compte de la complexité des
systèmes dans leurs multiples dimensions.
v Critique de l'approche systémique
L'approche systémique a suscité de nombreuses
critiques dans la littérature scientifique, en raison de sa
complexité et de la difficulté de son opérationnalisation.
Herbert A. Simon et Daniel Kahneman66(*) ont notamment souligné que la
modélisation systémique tend à dépasser les
capacités cognitives des acteurs, rendant son application pratique
parfois illusoire. Michel Crozier67(*), pour sa part, reproche à cette approche un
déterminisme excessif qui minimise les conflits, les stratégies
individuelles et les jeux de pouvoir inhérents aux organisations. Pierre
Bourdieu68(*) insiste sur
la faible prise en compte de l'historicité et sur la tendance de la
systémique à figer les phénomènes sociaux dans des
schémas structurels statiques. Enfin, Russell Ackoff69(*) dénonce une
sur-modélisation qui produit des représentations
élégantes mais insuffisamment ancrées dans la
réalité empirique, limitant ainsi leur pertinence pour
l'action.
v Avis du chercheur
Malgré les critiques adressées à
l'approche systémique, celle-ci demeure pleinement pertinente pour
analyser la gouvernance pétrolière du lac Édouard. En
effet, elle offre un cadre conceptuel permettant de saisir la pluralité
des acteurs, la diversité des normes et la complexité des
interactions transfrontalières impliquées dans ce contexte. La
systémique fournit également une structure d'analyse
adaptée à la comparaison des législations
pétrolières de l'Ouganda et de la République
démocratique du Congo, en mettant en évidence leurs convergences,
leurs divergences et leurs effets différenciés sur la gestion du
système territorial commun. En l'enrichissant d'une attention
portée aux rapports de pouvoir, aux dynamiques historiques et à
l'ancrage empirique, l'approche systémique s'affirme ainsi comme un
outil méthodologique robuste pour comprendre, évaluer et
anticiper les enjeux complexes liés à l'exploitation
pétrolière dans cette zone particulièrement sensible.
0.7.3. Techniques de collecte et de traitement des
données
A. Technique de collecte des données
Pour la présente étude,traitant de
l'exploitation pétrolière du lac Édouard et de la
comparaison des législations ougandaises et congolaises relatives aux
hydrocarbures, plusieurs techniques de collecte de données ont
été mobilisées. Il s'agit de :
1. Technique documentaire
Dans la perspective de Quivy et Van Campenhoudt70(*), la technique documentaire
désigne l'ensemble des méthodes permettant d'identifier, de
rechercher, de sélectionner, de classer et d'exploiter de manière
critique les informations nécessaires à la construction d'un
cadre théorique et à la formulation d'une problématique de
recherche. Elle englobe l'utilisation systématique des sources
disponibles (ouvrages, articles scientifiques, rapports, bases de
données), leur évaluation en termes de pertinence et de
fiabilité, ainsi que leur intégration cohérente dans
l'analyse. Selon Aline71(*), la technique documentaire désigne l'ensemble
des méthodes, outils et procédures permettant de rechercher,
sélectionner, organiser, analyser et exploiter l'information
nécessaire à un travail scientifique. Et enfin, pour Claude
Gaspard72(*), la technique
documentaire désigne l'ensemble des procédés
méthodiques permettant de localiser, sélectionner, organiser,
analyser et exploiter l'information nécessaire à un travail de
recherche.
Dans le cadre de cette étude, la technique documentaire
nous as permis de repérer, collecter et sélectionner des sources
variées, incluant textes juridiques, rapports institutionnels, accords
transfrontaliers et publications scientifiques.Cette technique permet d'assure
la fiabilité et la pertinence des matériaux mobilisés,
tout en offrant une lecture critique des cadres normatifs de l'Ouganda et de la
RDCongo.Enfin, cette technique facilite l'identification des convergences,
divergences et lacunes réglementaires dans la gouvernance
pétrolière du lac Édouard.
2. Technique d'observation directe
désengagée
Selon Madeleine Grawitz73(*), l'observation indirecte constitue une technique
complémentaire de collecte des données, reposant non pas sur la
présence physique du chercheur, mais sur l'exploitation de supports
médiatiques et documentaires. Ainsi, dans le cadre de cette étude
sur l'exploitation pétrolière du lac Édouard, elle a
permis de recueillir des informations pertinentes à travers les radios,
télévisions et autres médias locaux, qui diffusent
régulièrement des débats, reportages et témoignages
relatifs aux enjeux pétroliers et environnementaux. De ce fait,
l'utilisation d'une grille d'observation a servi de support
méthodologique pour consigner de manière systématique les
faits observables et les indicateurs relevés (discours officiels,
réactions des communautés, positions des acteurs
institutionnels). Cette technique a ainsi contribué à mettre en
évidence les perceptions sociales, les tensions locales et les
divergences de gouvernance entre la RDC et l'Ouganda, enrichissant l'analyse
comparée des législations relatives aux hydrocarbures.
3. Technique d'entretien libre
Dans le cadre de cette recherche, la technique d'entretien
libre a été mobilisée afin de recueillir des
données qualitatives auprès d'acteurs institutionnels et
organisationnels directement impliqués dans la gouvernance des
hydrocarbures. Les entretiens ont été conduits selon un canevas
préétabli, garantissant une homogénéité des
questions posées et facilitant la comparaison des réponses
obtenues.Ainsi, du côté congolais, des échanges ont
été réalisés avec des responsables du
Ministère des Hydrocarbures, du Ministère de l'Environnement, du
Secrétariat général des Hydrocarbures, ainsi que de la
Direction des Inventaires et Aménagement Forestiers (DIAF), des ONGs et
des organisations locales de Beni et Kasindi. Du côté ougandais,
des entretiens ont été menés avec des représentants
de l'Ambassade de l'Ouganda à Kinshasa, ainsi qu'avecdes organisations
localesimplantées à Kasese, zone directement concernée par
les projets pétroliers.Cette approche a permis de croiser les points de
vue institutionnels, diplomatiques et communautaires, offrant une vision
globale et nuancée des enjeux.
B. Technique de traitement et d'analyse des
données
Une fois les données collectées par le biais des
techniques documentaire, d'observation directe désengagée et
d'entretien structuré, leur exploitation scientifique a
nécessité le recours à des
méthodesd'interprétation et de comparaison rigoureuses. À
cet effet, deux techniques principales ont été mobilisées
: l'analyse de contenu qualitative et la micro-comparaison juridique.
1. L'analyse de contenu dans sa dimension
qualitative
Dans l'approche méthodologique des sciences sociales et
juridiques, l'analyse de contenu qualitative désigne une démarche
systématique d'exégèse et de catégorisation visant
à élucider le sens profond des communications, qu'elles soient
écrites, verbales ou médiatiques. Elle dépasse la simple
description littérale pour mettre au jour les logiques
sous-jacentes74(*), les
stratégies d'acteurs et les orientations doctrinales des textes ou des
discours recueillis, afin d'en proposer une interprétation objective et
scientifiquement vérifiable.
Dans le cadre de cette recherche, l'analyse de contenu
qualitative a été appliquée de deux manières
complémentaires :Le traitement du corpus textuel : elle a permis de
décrypter la lettre et l'esprit des textes légaux, des codes des
hydrocarbures, des conventions environnementales et des clauses contractuelles
(Contrats de Partage de Production) de l'Ouganda et de la RDC.
Le traitement des données de terrain et
médiatiques : Elle a servi à fragmenter, coder et
thématiser les retranscriptions des entretiens structurés
(menés auprès des ministères, de la DIAF, de l'ambassade
de l'Ouganda et des acteurs civils de Beni, Kasindi et Kasese) ainsi que les
notes de la grille d'observation des supports médiatiques. Ce codage a
facilité l'extraction d'indicateurs fiables sur les perceptions de la
souveraineté, la gestion des risques de pollution et la volonté
politique de coopération.
2. La micro-comparaison juridique
La micro-comparaison, technique fondamentale du droit
comparé, consiste à confronter de manière chirurgicale,
institution par institution, concept par concept, et règle par
règle, les solutions juridiques spécifiques adoptées par
deux ou plusieurs systèmes légaux face à un même
problème concret. Contrairement à la macro-comparaison qui
s'intéresse à l'esprit général des systèmes
juridiques, la micro-comparaison isole des institutions précises pour en
cartographier scientifiquement les points de convergence, de divergence ou
d'asymétrie réglementaire.
Pour la présente étude, la micro-comparaison a
constitué le moteur de l'analyse des données textuelles et
institutionnelles traitées. Elle a permis de mettre en parallèle
direct : les procédures et critères d'octroi des titres
pétroliers en RDC (Loi de 2015) et en Ouganda (Act de 2013). Les mandats
et le degré d'indépendance des organes de régulation et de
contrôle des hydrocarbures dans les deux pays.Les normes et seuils de
tolérance environnementaux applicables aux zones sensibles u lac
Édouard (Parc National des Virunga et Queen Elizabeth National Park).
L'articulation synergique de l'analyse de contenu qualitative
et de la micro-comparaison juridique a ainsi rendu possible l'identification
précise des incompatibilités normatives qui bloquent
l'exploitation unilatérale, tout en dégageant les passerelles
contractuelles nécessaires à la mise en oeuvre de l'accord
d'unitarisation transfrontalière.
0.8. DELIMITATION DE
L'ETUDE
Cette étude est délimitée sur le plan
spatial par le lac Édouard et ses zones frontalières entre la
République Démocratique du Congo et l'Ouganda. En RDCongo cette
zone est couverte par les Provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, notamment les
territoires de Beni et Irumu. En Ouganda, elle comprend le Districts de Kasese
et Kanungu, bordant le parc national Queen Elizabeth. L'importance de cette
délimitation spatiale se manifeste par le fait que le lac Édouard
est une zone transfrontalière partagée entre les deux pays, riche
en biodiversité et potentiellement en hydrocarbures et les deux
États ont signé des accords de coopération pour
l'exploitation des gisements communs.
Et sur le plan temporel, la présente étude
couvre la période allant de 2015 à 2024. Le choix de cet
intervalle se justifie par deux événements majeurs qui marquent
l'évolution du cadre juridique et institutionnel de l'exploitation des
hydrocarbures dans la région. En République Démocratique
du Congo, l'année 2015 correspond à l'adoption de la Loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures, texte fondateur qui fixe les
règles applicables à la prospection, à l'exploration et
à l'exploitation des ressources pétrolières et
gazières. Parallèlement, en Ouganda, la même année
est marquée par la promulgation du Public Finance Management Act (2015),
instituant un fonds souverain destiné à gérer les revenus
issus des hydrocarbures, dans une logique de transparence et de
durabilité budgétaire.
L'année 2024 constitue quant à elle une
étape décisive pour la coopération bilatérale entre
les deux États. En effet, la République Démocratique du
Congo a adopté la Loi n°24/022 du 30 décembre 2024,
autorisant la ratification de l'accord de coopération avec l'Ouganda
relatif à l'exploitation conjointe des gisements transfrontaliers. Ce
texte officialise une démarche de partenariat visant à
prévenir toute exploitation unilatérale et à garantir un
partage équitable des ressources. Il s'inscrit dans la continuité
des instruments juridiques antérieurs, tels que l'Accord de Ngurdoto
(2007) et les conventions signées à Kampala (1990 et 2008),
renforçant ainsi le cadre normatif de la coopération
régionale en matière d'hydrocarbures.
Outre les limites spatiales et temporelles, cette étude
se restreint également, pour les deux législations
comparées, à l'examen de quatre dimensions essentielles : le
cadre institutionnel, le régime d'octroi et de gestion des droits
d'exploration et d'exploitation, les mécanismes de protection de
l'environnement ainsi que la gestion des ressources transfrontalières en
République Démocratique du Congo et en Ouganda.
0.9. STRUCTURATION DE
L'ETUDE
Outre l'introduction et la conclusion, le présent est
subdivisé en trois chapitres. Le chapitre premier porte sur le cadre
théorique et conceptuel de l'étude. Le chapitre deuxième
est axé sur l'analyse du cadre juridique des hydrocarbures de l'Ouganda
et de la RD Congo et le troisième chapitre scrute la convergence et de
divergence entre les législations en matière de gestion des
Hydrocarbures entre l'Ouganda et la République Démocratique du
Congo.
CHAPITRE PREMIER :
CADRE THEORIQUE ET CONCETUEL DE L'ETUDE
Ce chapitre définit le cadre conceptuel et
théorique de l'étude. Il présente d'abord la notion de
ressources en hydrocarbures, leur classification et leur importance
stratégique, puis l'exploitation pétrolière dans ses
dimensions juridiques, économiques et techniques. Les ressources
naturelles sont abordées sous l'angle de leur gouvernance, du
développement durable et de la coopération
transfrontalière.
Sur le plan théorique, l'étude s'appuie sur la
souveraineté permanente des États sur leurs ressources
naturelles, principe consacré en droit international et appliqué
aux législations pétrolières nationales, avec ses limites
dans le cas des ressources partagées. Enfin, le cadre d'étude est
situé autour du lac Édouard, espace stratégique
partagé entre l'Ouganda et la RD Congo, où se posent des enjeux
économiques, environnementaux, sociaux et sécuritaires
liés à l'exploitation pétrolière.
Section 1. Cadre conceptuel
de l'étude
Cette section s'attache à clarifier les notions
essentielles qui fondent l'étude. Elle analyse d'abord les ressources en
hydrocarbures, en mettant en évidence leur définition technique
et juridique, leur classification ainsi que leur importance stratégique.
Elle examine ensuite l'exploitation pétrolière, en
précisant ses dimensions juridiques et économiques, les
différentes phases qui la composent et les acteurs impliqués.
Enfin, elle élargit la réflexion aux ressources naturelles dans
leur ensemble, en distinguant celles qui sont renouvelables de celles qui ne le
sont pas, tout en abordant les enjeux de gouvernance, de développement
durable, de gestion équitable et de coopération
transfrontalière.
§1. Notion de ressources en
hydrocarbures
a) Définition technique et juridique des
hydrocarbures
· Définition technique des hydrocarbures
Un hydrocarbure est une molécule organique
constituée exclusivement d'atomes de carbone et d'hydrogène (le
type le plus élémentaire de molécule organique). Sa forme
la plus élémentaire est représentée par les
alcanes. On recense une vaste diversité d'hydrocarbures, lesquels sont
principalement obtenus à partir du pétrole lors des
procédés de raffinage75(*).
Les hydrocarbures constituent un groupe de produits chimiques
organiques de structures très variées, qui sont
constituées uniquement de carbone et d'hydrogène.76(*)Les hydrocarbures regroupent
différents produits pétroliers (pétrole brut,
pétrole raffiné, kérosène, essence, fuel,
lubrifiant, huiles à moteurs). Ils constituent la fraction la plus
importante d'un brut pétrolier, ils représentent entre 65 et 95 %
de la plupart des pétroles bruts.77(*)
Ainsi défini, l'hydrocarbure se présente sous
forme de carbone fossile existant dans la croûte terrestre dans tous les
trois états de la matière :
- À l'état solide, il constitue le charbon ou la
houille qui est une roche sédimentaire exploitée dans des
charbonnages en tant que combustible, et formée à partir de la
dégradation partielle de la matière organique des
végétaux ;
- À l'état liquide, il constitue le
pétrole qui est une roche liquide d'origine naturelle ou une huile
minérale issue de la décomposition thermique des matières
organiques enfouie dans le sous-sol ;
- Et à l'état gazeux, il constitue le gaz
naturel qui est un mélange gazeux, produit par ce même processus
géologique.
Bref, sur le plan technique, un hydrocarbure peut être
solide, liquide ou gazeux, gisant dans le sol ou le sous-sol, et utilisable
comme carburant, combustible ou matière première pour l'industrie
pétrochimique78(*).
Ce sont des substances naturelles issues de la transformation thermique de la
matière organique, accumulées dans des roches réservoirs
et exploitables à des fins énergétiques. Ils constituent
les principaux combustibles fossiles, dérivés du pétrole
et du gaz naturel, et sont au coeur de l'économie mondiale depuis la
révolution industrielle. Toutefois, leur exploitation massive est source
d'émissions de gaz à effet de serre et d'épuisement
progressif des gisements, notamment ceux offshore ou très profonds.
· Définition juridique des hydrocarbures
Sur le plan juridique, les hydrocarbures sont définis
comme des ressources naturelles appartenant à l'État, englobant
le pétrole brut, le gaz naturel et leurs dérivés79(*). JP Favennec rappelle que les
hydrocarbures, en particulier le pétrole, sont juridiquement
considérés comme des ressources naturelles stratégiques,
soumises à la souveraineté des États et à des
régimes légaux spécifiques de gestion et de
fiscalité80(*).
Cette vision est renforcée par la résolution 1803 (XVII) de
l'Assemblée générale des Nations Unies de 1962 sur la
souveraineté permanente des États sur leurs ressources
naturelles, qui consacre le principe selon lequel les hydrocarbures, en tant
que ressources stratégiques, relèvent de la souveraineté
des États et doivent être exploités dans
l'intérêt du développement national et du bien-être
des populations81(*).
Pour l'Ouganda, le PetroleumAct (Cap. 149, 1957,
révisé en 2000) et le PetroleumSupplyAct (Cap. 163, 2003,
amendé en 2023) définissent le terme « petroleum »
comme incluant le pétrole brut, les produits pétroliers
raffinés et le gaz. Ces textes encadrent l'ensemble de la chaîne
d'approvisionnement pétrolière, de l'importation au transport, en
passant par le stockage et la distribution, tout en intégrant des
règles de sécurité et de protection
environnementale82(*).
Et enfin pour la RD Congo, L'ordonnance - loi no
66-343 du 7 juin 1966 a consacré la propriété de
l'État sur le sol et le sous-sol, incluant les hydrocarbures solides,
liquides et gazeux. Cette disposition a été confirmée et
précisée par la Loi n°15/012 du 1er août 2015 portant
régime général des hydrocarbures, qui établit un
cadre légal spécifique pour leur prospection, exploration,
exploitation, transport, stockage, raffinage et commercialisation83(*).
A son article 2 point 22 de la loi portant régime
général des hydrocarbures, un hydrocarbure est un composé
constitué d'atomes de carbone et d'hydrogène solide, liquide ou
gazeux, gisant dans le sol et/ou le sous-sol et utilisable comme carburant,
combustible ou pouvant servir de matière de base pour l'industrie
pétrochimique.
b) Les origines des hydrocarbures
Les hydrocarbures trouvent leur origine dans la
décomposition, à l'abri de l'air, de micro-organismes marins,
animaux et végétaux qui se sont accumulés au fond des
océans. Au fil des millénaires, ces matières organiques se
sont mélangées aux sédiments et ont été
transformées en combinaisons d'hydrogène et de carbone84(*).
Ces composés ont imprégné les roches
sédimentaires et, sous l'effet conjugué de la pression
liée aux mouvements tectoniques, de la température et des
phénomènes de capillarité, ils ont migré
jusqu'à rencontrer des couches imperméables. Celles-ci ont
constitué des barrières naturelles, favorisant l'accumulation des
hydrocarbures dans des roches-réservoirs formant des pièges
géologiques, tels que les anticlinaux. Dans ces structures, le gaz s'est
concentré dans les parties supérieures, tandis que les liquides
et l'eau salée se sont déposés dans les zones
inférieures85(*).
Dans certains cas, en l'absence d'obstacles, les hydrocarbures ont pu suinter
jusqu'à la surface du sol.
La recherche de ces ressources consiste d'abord à
identifier, par des méthodes géologiques et géophysiques,
les structures souterraines susceptibles de constituer des pièges et de
contenir des roches-réservoirs. Ensuite, des forages exploratoires sont
réalisés afin de confirmer la présence de pétrole
ou de gaz.
Lorsque les résultats des forages sont positifs, la
découverte est développée par de multiples puits
destinés à délimiter le gisement, à en
caractériser les paramètres (pression, température,
état physique, etc.) et à estimer les réserves
exploitables86(*). Enfin,
si ces opérations démontrent la faisabilité
économique et technique de l'exploitation, l'extraction des
hydrocarbures est effectuée par pompage ou par jaillissement naturel,
selon un débit optimisé répondant à des
critères de conservation des ressources et de rentabilité
économique87(*).
c) Classification des hydrocarbures
Les hydrocarbures constituent la base
énergétique et industrielle de nos sociétés
modernes. Leur diversité chimique et leurs modes d'exploitation imposent
une classification claire afin de mieux comprendre leurs
propriétés et leurs enjeux.Cette double classification est
particulièrement utile dans les analyses juridiques et
économiques du secteur pétrolier, notamment dans le contexte des
pays producteurs commel'Ouganda et la RD Congo.
Ø Hydrocarbures selon leur structure chimique :
Les hydrocarbures selon leur structure chimique reposent sur
la nature des liaisons entre les atomes de carbone. Cette distinction est
fondamentale car elle conditionne leurs propriétés physiques,
leur réactivité chimique et leurs usages industriels. On
distingue principalement deux grandes catégories : les hydrocarbures
saturés et les hydrocarbures insaturés.
- Hydrocarbures saturés
Les hydrocarbures saturés sont des composés
organiques dans lesquels tous les atomes de carbone sont reliés entre
eux par des liaisons simples covalentes. Ils ne présentent donc aucune
liaison multiple (double ou triple). Dans ces molécules, chaque atome de
carbone établit quatre liaisons, ce qui confère à
l'ensemble une structure stable et «?saturée?» en
hydrogène88(*).Ces
hydrocarbures représentent les produits naturels organiques les plus
simples et les moins polaires.Les principales familles sont les alcanes et les
cycloalcanes. La forme la plus élémentaire est le méthane,
suivi de l'éthane, du propane et du butane.
Sur le plan pratique, les hydrocarbures saturés
brûlent dans l'air en produisant une flamme bleue non fuligineuse. Leur
combustion libère une grande quantité d'énergie, ce qui
explique leur utilisation massive comme carburants pour les moteurs de
véhicules et d'avions. Le gaz de pétrole liquéfié,
largement utilisé comme gaz domestique, est principalement
constitué de butane89(*).
La combustion complète des alcanes en présence
d'air génère du dioxyde de carbone, de la vapeur d'eau, de la
chaleur et de la lumière. Ces hydrocarbures sont issus de la
fossilisation de matières végétales et animales. Une fois
extraits sous forme de pétrole brut, ils sont séparés en
différentes fractions par distillation fractionnée, un
procédé qui constitue la base du raffinage
pétrolier90(*).
- Hydrocarbures insaturés.
Les hydrocarbures insaturés sont des composés
organiques qui possèdent au moins une double ou une triple liaison
carbone-carbone dans leur chaîne ou leur cycle carboné. Bien que
leurs propriétés physiques soient proches de celles des
hydrocarbures saturés, leurs propriétés chimiques
diffèrent considérablement en raison de la présence de
liaisons multiples. En effet, la réactivité de ces
composés est directement liée à ces liaisons, et augmente
proportionnellement au degré d'insaturation de la chaîne
principale.
On distingue trois grandes familles d'hydrocarbures
insaturés : les alcènes : caractérisés par une ou
plusieurs doubles liaisons. Exemples : éthène, propène,
butène, les alcynes : comportant une ou plusieurs triples liaisons.
Exemples : acétylène, propyne, butyne et les hydrocarbures
aromatiques : constitués de cycles carbonés à six
chaînons avec des liaisons délocalisées. Exemples :
benzène, toluène, aniline91(*). La forme la plus simple d'hydrocarbure
insaturé est l'éthylène, qui présente un
intérêt particulier non seulement en chimie industrielle, mais
également en biologie végétale, puisqu'il agit comme
hormone naturelle favorisant la maturation des fruits.
Ø Hydrocarbures selon leur mode d'exploitation :
Dans le cadre de cette classification, nous procéderons
à l'analyse des hydrocarbures conventionnels ainsi que des hydrocarbures
non conventionnels.
- Hydrocarbures conventionnels
Les hydrocarbures conventionnels désignent les volumes
d'hydrocarbures qui, au cours de leur genèse dans le sous-sol à
partir de la décomposition de matières organiques, se
déplacent sous l'effet conjugué de la pression et de la chaleur
de la roche-mère vers les couches supérieures. Au cours de cette
migration, ils traversent des formations poreuses et, arrêtés par
une barrière géologique imperméable, s'accumulent pour
former une roche-réservoir, d'où ils peuvent être
aisément identifiés et extraits par forage ou pompage.
Le terme «?conventionnel?» renvoie au processus
naturel et relativement simple de formation et de concentration des
hydrocarbures dans les réservoirs, ainsi qu'à la facilité
de leur mise en valeur. Les techniques d'extraction, telles que le forage
vertical ou le pompage, sont en effet moins onéreuses sur les plans
économique et environnemental². Compte tenu de cette nature
conventionnelle, la législation relative au régime
général des hydrocarbures encadre l'exercice des droits
d'exploration et d'exploitation par des délais
généralement étendus, fixés en fonction de la
rentabilité des projets.
- Hydrocarbures non conventionnels.
Les hydrocarbures non-conventionnels sont des quantités
d'hydrocarbures qui restent piégées dans la roche-mère ou
dans les matières organiques imparfaitement décomposées,
de sorte que leur exploration et leur extraction requièrent des moyens
forts coûteux au plan économique et environnemental.
En effet, ces hydrocarbures non conventionnels sont obtenus au
moyen de dépenses énormes en eau et en énergie, requises
par la fracturation hydrauliqueet la technologie nécessaire pour
extraire une matière organique et les en libérer
artificiellement. Les techniques d'exploitation de tels hydrocarbures sont
jugées fort polluantes et énergivores, et leur utilisation
génère des risques environnementaux et sociaux
élevés.
A ses articles 95 à 97, la loi portant régime
général des hydrocarbures cible cinq types d'hydrocarbures non
conventionnels, pour lesquels elle écourte les durées
d'exploration et d'exploitation. Il s'agit des bitumes (naturels), des schistes
bitumeux, du sable asphaltique (ou bitumeux, du gaz de charbon ou d'houille et
du gaz schistes.
d) Les intérêts stratégiques
attachés aux hydrocarbures.
La mise en valeur des hydrocarbures, amorcée à
grande échelle au XX? siècle grâce aux avancées
technologiques, a révolutionné l'économie
planétaire en permettant la fabrication de multiples produits
dérivés à l'origine du développement industriel
moderne. Dans la région du lac Édouard, zone
transfrontalière entre la République Démocratique du Congo
et l'Ouganda, la présence de ressources pétrolières
confère aux hydrocarbures une portée géostratégique
renforcée, tant sur le plan financier, géopolitique,
technologique que sociétal.
- L'intérêt économique
Les hydrocarbures occupent une place primordiale dans les
économies contemporaines en tant que source énergétique
essentielle et matière première incontournable pour l'industrie.
Dans le contexte de la RDC et de l'Ouganda, leur mise en valeur dans la
région du lac Édouard représente une opportunité
stratégique de développement économique92(*).
Pour l'Ouganda, déjà engagé dans
l'exploitation des ressources du rift Albertin, les hydrocarbures constituent
un vecteur de croissance, d'exportation et de diversification de son
économie. Pour la RDC, dont le secteur pétrolier reste encore peu
structuré, ces ressources offrent un potentiel considérable de
mobilisation de recettes publiques, notamment par le biais des redevances, de
la fiscalité et des contrats pétroliers93(*).
Toutefois, comme à l'échelle internationale, les
ressources sont exploitées de manière inégale. L'Ouganda a
pris une avance notable en matière de prospection et de
développement, tandis que la RDC connaît un retard relatif. Cette
asymétrie peut influencer le partage des bénéfices issus
des ressources transfrontalières et soulève la question d'une
exploitation équitable et équilibrée.
Par ailleurs, les enjeux économiques liés aux
hydrocarbures s'inscrivent dans une dynamique mondiale marquée par la
dépendance énergétique de certains États et les
variations du marché international, comme l'a illustré la crise
énergétique consécutive au conflit russo-ukrainien en
202294(*).
- L'intérêt politique
Les hydrocarbures représentent un enjeu de
souveraineté nationale pour les États. En RD Congo comme en
Ouganda95(*), les
autorités publiques encouragent la prospection et l'exploitation des
gisements afin de réduire leur dépendance
énergétique et de renforcer leur maîtrise sur les
ressources naturelles96(*).
Dans la région du lac Édouard, cette dimension
politique est amplifiée par le caractère transfrontalier des
ressources. Chaque État cherche à préserver ses
intérêts stratégiques, ce qui peut engendrer des frictions
liées à la délimitation des frontières ou à
l'exploitation unilatérale des gisements.
Cependant, le droit international, notamment à travers
le principe de souveraineté permanente sur les ressources naturelles,
impose aux États de gérer leurs richesses dans le respect de
leurs priorités nationales tout en favorisant la coopération
régionale97(*).
Ainsi, la mise en place de mécanismes bilatéraux de gestion
commune apparaît comme une solution pertinente pour prévenir les
conflits et promouvoir une exploitation concertée et
harmonisée ;
- L'intérêt technique
L'exploration et la mise en valeur des hydrocarbures dans la
région du lac Édouard présentent des défis
technologiques majeurs. Les opérations de prospection sont
onéreuses, longues et aléatoires, avec un taux de réussite
relativement limité98(*).
La zone du lac Édouard se caractérise par : un
environnement écologiquement fragile, notamment en raison de la
proximité du Parc national des Virunga ; des conditions
géologiques complexes ; des contraintes logistiques liées
à l'accessibilité et à l'insuffisance des infrastructures.
Ces éléments exigent le recours à des technologies de
pointe et à des investissements substantiels. De plus, l'exploitation de
gisements transfrontaliers requiert une coordination technique entre la RDC et
l'Ouganda afin d'éviter une exploitation
déséquilibrée ou inefficace des ressources
communes99(*).
- L'intérêt social et environnemental
L'industrie des hydrocarbures soulève des enjeux
sociétaux majeurs. Bien qu'elle requière une main-d'oeuvre
relativement restreinte, elle mobilise un personnel hautement qualifié,
composé d'ingénieurs, de techniciens et de cadres
spécialisés100(*).
Dans la région du lac Édouard, la mise en valeur
des hydrocarbures peut favoriser le développement local à travers
: la création d'emplois ; la réalisation d'infrastructures ;
l'amélioration des conditions de vie. Cependant, elle comporte
également des risques notables : déplacements forcés de
populations ; atteintes écologiques ; perturbation des activités
traditionnelles telles que la pêche. Ces enjeux sont
particulièrement sensibles dans une zone écologiquement
vulnérable. Il est donc indispensable d'intégrer des mesures de
sauvegarde environnementale et de garantir la participation active des
communautés locales, conformément aux principes du
développement durable101(*).
§2. Notion d'exploitation
pétrolière
- Définition juridique, économique et
technique
Sur le plan juridique, plusieurs auteurs ont proposé
une définition de l'exploitation pétrolière. Pape Amadou,
la décrit comme un ensemble d'activités encadrées par des
contrats et des législations nationales, visant à garantir la
souveraineté de l'État sur ses ressources tout en assurant leur
valorisation économique102(*). Jean Laherrère insiste sur la dimension
technique et juridique de cette exploitation, en la reliant aux contraintes
contractuelles et aux normes internationales qui régissent l'industrie
pétrolière103(*). Thomas W. Wälde considère
l'exploitation pétrolière commel'ensemble des activités
d'exploration, de développement et de production des hydrocarbures,
exercées dans le cadre d'un régime juridique défini par
l'État hôte104(*). Patrick Daillier et Alain Pellet soulignent que
l'exploitation des ressources naturelles, y compris pétrolières,
relève de la souveraineté permanente des États, qui en
organisent les modalités d'accès et d'exploitation
conformément à leur droit interne105(*). Pour Paul Stevens,
l'exploitation pétrolière constitue un processus
économique encadré juridiquement, par lequel les ressources en
hydrocarbures sont développées et transformées en revenus
pour l'État106(*). Enfin, Daniel Johnston met l'accent sur l'aspect
contractuel, en affirmant que l'exploitation pétrolière est
structurée autour de contrats entre l'État et les compagnies
pétrolières, déterminant les droits et obligations des
parties107(*).
L'article 2 point 17 de la Loi n°15/012 du 1er
août 2015 portant régime général des hydrocarbures,
définit l'exploitation pétrolière comme l'ensemble
d'activités visant à mettre en évidence des gisements
d'hydrocarbures à partir des données de prospection et en
recourant aux techniques appropriées, y compris le forage. Le Petroleum
(Exploration, Development and Production) Act de 2013 à sa
deuxième section, précise que l'exploitation recouvre les
activités de développement et de production de pétrole et
de gaz, incluant la construction d'infrastructures et la gestion des
ressources. Enfin, la Résolution 1803 (XVII) de l'Assemblée
générale des Nations Unies de 1962, impose aux États de
gérer leurs ressources dans le respect de leurs intérêts
nationaux, tout en favorisant la coopération et le développement
durable.
Sur le plan économique, l'exploitation
pétrolière est considérée comme une activité
stratégique permettant aux États producteurs de mobiliser des
recettes fiscales, de générer des devises et de stimuler la
croissance nationale. Elle constitue un levier de développement, mais
reste fortement dépendante des fluctuations du marché
international du pétrole, ce qui peut affecter la rentabilité des
projets et la stabilité budgétaire des pays producteurs108(*).
Elle désigne l'ensemble des activités visant
à extraire, transformer et commercialiser les hydrocarbures en vue de
générer des revenus. Ce secteur est stratégique pour les
États, en particulier ceux disposant d'importantes ressources
naturelles. Selon Paul Stevens, l'exploitation pétrolière est un
processus économique par lequel les ressources en hydrocarbures sont
développées et converties en flux de revenus pour les
États et les entreprises109(*).Cette activité génère plusieurs
types de retombées économiques :recettes fiscales (impôts,
redevances) ;investissements étrangers directs ;création de
richesses et contribution au produit intérieur brut110(*).
Sur le plan technique, l'exploitation pétrolière
renvoie à l'ensemble des procédés scientifiques,
industriels et technologiques mis en oeuvre pour localiser, extraire et traiter
les hydrocarbures. Selon Mohammed A. Speight111(*), l'exploitation pétrolière peut
être définie comme l'ensemble des opérations techniques
allant de l'exploration géologique à la production et au
traitement des hydrocarbures.
Elle recouvre plusieurs phases successives, chacune
nécessitant des compétences spécialisées, des
technologies avancées et des investissements considérables :
phase de prospection et exploration : études géologiques,
sismiques et forages exploratoires pour identifier les gisements ; phase
développement : mise en place des infrastructures nécessaires
(puits de production, pipelines, stations de traitement ; phase de
production : extraction du pétrole brut et séparation des
hydrocarbures associés ; phase de transport et stockage :
acheminement du pétrole vers les raffineries ou les marchés, via
oléoducs, navires ou camion-citerne ; et la phase d'abandon et
réhabilitation : fermeture des puits et restauration environnementale
des sites après épuisement des gisements.
- Les différentes phases de l'exploitation
pétrolière
L'exploitation pétrolière s'inscrit dans une
succession d'activités intégrées qui s'étend de la
découverte des gisements jusqu'à la mise à disposition des
produits finis auprès des consommateurs. Cette filière comprend
plusieurs étapes fondamentales, chacune mobilisant des
procédés spécifiques et répondant à des
enjeux à la fois économiques, juridiques et environnementaux.
Ainsi, la phase d'exploration consiste à repérer
et à localiser les gisements d'hydrocarbures. Elle repose sur des
analyses géologiques et géophysiques approfondies visant à
étudier la configuration du sous-sol. À cet effet, les
géologues et géophysiciens recourent à des méthodes
sophistiquées telles que la sismique terrestre et marine, qui permettent
de mettre en évidence les structures susceptibles de retenir le
pétrole112(*).Une
fois le gisement confirmé, la phase de production113(*) peut être
engagée. Elle débute par le forage et la complétion des
puits, opérations qui consistent notamment à installer des
tubages et des tubings afin de garantir l'écoulement
sécurisé des hydrocarbures vers la surface.Le transport114(*) et le stockage assurent
l'acheminement du brut vers les raffineries ou les marchés, tandis que
le raffinage115(*)
transforme cette matière première en produits finis tels que
l'essence, le diesel ou le kérosène. Enfin, la
distribution116(*)
garantit la mise à disposition de ces produits auprès des
consommateurs, via des réseaux logistiques adaptés.
- Les acteurs impliqués dans l'exploitation
pétrolière
L'exploitation pétrolière mobilise une
diversité d'acteurs aux fonctions complémentaires. Sur le plan
scientifique et technique, les géologues et géophysiciens jouent
un rôle central dans l'exploration en étudiant la structure du
sous-sol grâce à des méthodes avancées comme la
sismique. Les ingénieurs et techniciens assurent la réalisation
des opérations de forage, la construction des puits, des pipelines et
des stations de traitement, tandis que les spécialistes de
l'environnement veillent au respect des normes de sécurité et de
protection écologique afin de limiter les impacts négatifs des
activités extractives.
Sur le plan économique et institutionnel, les
compagnies pétrolières internationales apportent capitaux et
technologies, alors que les compagnies nationales gèrent les ressources
au nom de l'État. Les gouvernements producteurs organisent les appels
d'offres, négocient les contrats et fixent les régimes fiscaux.
Enfin, sur le plan géopolitique et régulateur, des organisations
comme l'OPEP influencent la régulation des prix et la coordination des
politiques pétrolières, tandis que les institutions
financières internationales (Banque mondiale, FMI) encadrent les
investissements. Les grands États producteurs, tels que l'Arabie
saoudite, la Russie ou les États-Unis, exercent une influence
déterminante sur l'équilibre du marché mondial, illustrant
ainsi le caractère collectif et multidimensionnel de l'exploitation
pétrolière117(*).
§3. Notions relatives aux
ressources naturelles
Les ressources naturelles sont au coeur du
développement des sociétés modernes, regroupant les biens
et services fournis par la nature. Elles se divisent en renouvelables,
exploitables de manière durable, et non renouvelables, limitées
par leur caractère épuisable. Leur gouvernance conditionne leur
administration et leur préservation, dans une logique de
développement durable conciliant économie, justice sociale et
environnement. La gestion équitable et la coopération
transfrontalière apparaissent essentielles pour assurer une exploitation
harmonieuse et prévenir les conflits.
- Définition des ressources naturelles
La notion de ressources naturelles constitue un concept
essentiel en droit, en économie et en sciences de l'environnement. Elle
renvoie, de manière générale, à l'ensemble des
richesses offertes par la nature et susceptibles d'être exploitées
par l'homme afin de répondre à ses besoins. Selon Michel
Prieur118(*), elles
peuvent être définies comme «?les éléments
fournis par la nature, qu'ils soient renouvelables ou non, susceptibles d'une
utilisation économique et faisant l'objet d'une protection juridique
». Dans une perspective économique, René Passet119(*) considère qu'elles
représentent «?le support matériel de l'activité
économique, en ce qu'elles fournissent les matières
premières indispensables à la production et à la
consommation ». François Ost insiste sur leur dimension juridique
et écologique en affirmant queles ressources naturelles sont des biens
communs issus de la nature, dont l'exploitation doit être encadrée
afin de concilier les impératifs économiques et la
préservation de l'environnement120(*).Bernard121(*) souligne queles ressources naturelles
désignent les richesses situées sur le territoire ou sous la
juridiction d'un État, sur lesquelles celui-ci exerce sa
souveraineté permanente4. Enfin, l'Organisation des Nations unies adopte
une approche institutionnelle en précisant que les ressources naturelles
comprennent l'ensemble des richesses naturelles, telles que les terres, les
eaux, les forêts, les minéraux et les hydrocarbures, constituant
la base du développement économique des États122(*).
- Distinction entre ressources renouvelables et non
renouvelables
La notion de ressources naturelles se décline en deux
catégories selon leur capacité de
régénération. Les ressources renouvelables, telles que
l'eau, les forêts, la biomasse, l'énergie solaire ou
éolienne, se reconstituent naturellement à l'échelle du
temps humain, à condition que leur exploitation reste responsable et
durable123(*). A
l'inverse, ressources non renouvelables désignent les richesses
naturelles dont les stocks sont limités et qui ne peuvent pas se
régénérer à l'échelle du temps
humain124(*). Elles
comprennent principalement les hydrocarbures (pétrole, gaz naturel), le
charbon et les minerais. Leur exploitation entraîne une diminution
progressive des réserves disponibles, ce qui en fait des ressources
épuisables.Cette distinction revêt une importance
déterminante en droit comme en économie, car elle oriente les
modalités de gestion, d'exploitation et de préservation des
ressources naturelles.
- Gouvernance des ressources naturelles
La gouvernance des ressources naturelles peut être
définie comme l'ensemble des mécanismes, règles et
partenariats visant à assurer une gestion durable et équitable de
ces richesses. Elle implique la participation active des communautés
locales dans l'administration des ressources qu'elles utilisent, en
coopération avec les autorités publiques, les organisations non
gouvernementales et le secteur privé, dans un cadre transparent et
équilibré125(*). Ce processus vise à garantir que les
décisions relatives à l'exploitation et à la
préservation des ressources naturelles soient prises de manière
responsable, en tenant compte des besoins présents tout en
préservant les intérêts des générations
futures.
- Développement durable
Le développement durable se définit comme un
mode de développement qui vise à concilier la croissance
économique, la protection de l'environnement et le bien-être
social, afin de répondre aux besoins du présent sans compromettre
la capacité des générations futures à satisfaire
les leurs126(*).Consacré par le rapport Brundtland de 1987,
ce concept repose sur trois piliers interdépendants : le pilier
économique, qui cherche à promouvoir une croissance viable ; le
pilier social, qui met l'accent sur l'équité et la justice entre
les individus et les générations ; et le pilier environnemental,
qui insiste sur la préservation des écosystèmes et des
ressources naturelles. L'articulation de ces trois dimensions permet
d'intégrer les contraintes écologiques et sociales dans les
politiques publiques et les stratégies économiques, afin de
concilier prospérité, inclusion et protection de la
planète.
- Gestion équitable des ressources naturelles
La gestion équitable des ressources naturelles se
définit comme l'ensemble des pratiques et des mécanismes visant
à garantir une répartition juste et équilibrée des
bénéfices issus de leur exploitation. Elle repose sur le principe
de justice distributive, en veillant à ce que les avantages tirés
des ressources profitent à l'ensemble des acteurs concernés, tout
en respectant les impératifs de durabilité et de
solidarité intergénérationnelle127(*). Cette approche implique une
gouvernance transparente et participative, intégrant les
communautés locales, les autorités publiques et les acteurs
privés, afin d'assurer une exploitation rationnelle et une
préservation des écosystèmes128(*).
- Coopération bilatérale et exploitation
transfrontalière
La coopération bilatérale désigne
l'ensemble des relations de collaboration instaurées entre deux
États en vue d'atteindre des objectifs communs, qu'ils soient
économiques, politiques, techniques ou culturels. Selon Charles
Zorgbibe, elle peut être définie comme un mode de relations
internationales par lequel deux États harmonisent leurs actions et
mutualisent certains moyens afin de concrétiser des objectifs
d'intérêt partagé129(*). Dans le domaine des ressources naturelles, la
coopération bilatérale permet notamment aux États
d'assurer une gestion conjointe des ressources transfrontalières, de
répartir les retombées de leur exploitation et de prévenir
les différends liés à leur utilisation.
Section 2. Cadre
théorique de l'étude : la théorie de la
souveraineté permanente des États sur leurs ressources
naturelles
Cette théorie offre un cadre d'analyse pertinent pour
examiner les mécanismes juridiques relatifs à l'exploitation
pétrolière, en particulier dans un contexte transfrontalier tel
que celui du lac Édouard.
§1. Origine et fondements
de la théorie
a) Le contexte historique d'adoption du principe
La colonisation a fortement contribué à spolier
les ressources naturelles des colonies. Les Etats nouvellement
indépendants voulaient pour asseoir leur indépendance politique,
avoir une maitrise totale sur leurs ressources naturelles. Car la
période coloniale comme le rappelle si bien la Commission Africaine des
Droits de l'Homme et des peuples dans l'affaire du Peuple Ogonie, était
une « période durant laquelle les ressources matérielles et
humaines de l'Afrique ont été largement exploitées au
profit de puissances étrangères, créant ainsi une
tragédie pour les Africains eux-mêmes, les privant de leurs droits
inaliénables et de leurs terres. »130(*). Ce qui est vrai pour
l'Afrique l'est également pour les autres continents (Asie et
Amérique).
L'indépendance politique ne pouvant être
dissociée de l'indépendance économique, les pays du Tiers
monde ont fait de la souveraineté sur les ressources naturelles une arme
efficace contre l'impérialisme économique des pays du Nord. Le
principe de souveraineté permanente sur les ressources naturelles va se
développer au sein des Nations Unies sous la pression des nouveaux pays
en voie de développement c'est ce qui fait dire à Georges FISHER
que « le droit des peuples à disposer de leurs ressources
naturelles constitue une idée-force, exprime la réclamation et la
protestation des peuples prolétaires, leurs aspirations à la
libération économique »131(*).
A travers le principe de souveraineté sur les
ressources naturelles, les pays sous-développés pensaient avoir
les clés de leur véritable développement. En effet, dans
l'esprit des pays sous-développés, ce principe leur permettra de
bouleverser les structures économiques et de revoir les contrats que les
puissances étrangères ont institués pendant la
période coloniale. Lors de la 17è Assemblée
générale de la Commission pour la souveraineté permanente
sur les ressources naturelles, le délégué de la
Yougoslavie a souligné que « traiter de la même
manière la propriété étrangère acquise au
moment où les deux Etats intéressés étaient
souverains et la propriété étrangère acquise quand
l'un des Etats était souverain et l'autre non. On ne saurait
automatiquement appliquer à une situation où la plupart des pays
sont indépendants, les normes du droit international qui étaient
appliquées lorsque la moitié du genre humain vivait dans un
état de dépendance ». Il apparait donc clairement que le but
ultime de ce principe était de parvenir à la libération et
l'indépendance économique des peuples.
b) Les fondements du principe de souveraineté
permanente sur les ressources
Le principe de souveraineté permanente sur les
ressources naturelles a été forgé au sein de
l'Organisation des Nations Unies. Celle-ci a adopté plusieurs
résolutions qui ont servi de fondements au principe de
souveraineté permanente sur les ressources naturelles. Il s'agit de : la
Résolution 523 du 12 janvier 1952, la Résolution 626 du 21
décembre 1952, de la résolution 1314 du 12 décembre 1958
et de la Résolution 1803 du 14 décembre 1962.
ü La résolution 523 sur le développement
économique intégré et accords commerciaux
Cette résolution est le premier document onusien a
évoqué de manière explicite le droit souverain sur les
ressources. La resolution 523 dispose que « the under-developed countries
have the right to determine freely the use of their natural resources and that
they must utilize such resources in order to be in a better position to further
the realization of their plans of economic development in accordance with their
national interests and further the expansion of the world economy. ». Il
ressort à l'analyse que cette disposition est restrictive car ne
traitant que des pays insuffisamment développés. Quoi qu'il en
soit, cette résolution a introduit au sein des Nations Unies un nouveau
débat.
ü La résolution 626 sur le droit d'exploiter
librement les richesses et les ressources naturelles
Le débat de la résolution 523 va conduire
l'Uruguay à faire une proposition de résolution et celle-ci sera
adoptée par l'Assemblée générale le 21
décembre 1952132(*). Ce texte affirme la nécessité
d'encourager les pays sous-développés à utiliser et
exploiter correctement leurs richesses et leurs ressources naturelles et
rappelle que le droit des peuples d'utiliser et d'exploiter librement leurs
richesses et leurs ressources naturelles est inhérent à leur
souveraineté et est conforme aux buts et principes de la Charte des
Nations Unies.
ü La résolution 1314 portant recommandation
concernant sur le plan international, le respect du droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes
Adopté le 12 décembre 1958, la résolution
1314 dispose que l'Assemblée Général croit en la
nécessité d'avoir plus ample information sur le droit souverain
sur les ressources naturelles. En son paragraphe 1, elle va instituer une
commission composée de l'Afghanistan, le Chili, le Guatemala, le
Pays-Bas, les Philippines, la Suède, l'URSS, la République Arabe
Unie et les Etats Unis pour « procéder à une enquête
approfondie sur la situation de cet élément fondamental du droit
des peuples et des nations à disposer d'eux-mêmes ».
ü La résolution 1803
Après quatre années de travail, la Commission
pour la souveraineté permanente sur les ressources naturelles va
proposer un projet de résolution à l'Assemblée
générale des Nations Unies. La résolution 1803
intitulé « souveraineté permanente sur les ressources
naturelles » sera adopté le 14 décembre 1962 par 87 voix
pour, 2 contre et 12 abstentions. L'adoption de cette résolution
à une telle majorité constitue pour Dominique ROSENBERG «
une sorte de proclamation de principe »133(*).
De prime abord, dans son premier tenant compte, la
résolution consacre la souveraineté permanente sur les ressources
naturelles comme « un élément fondamental du droit des
peuples à disposer d'eux-mêmes ». Dans son premier
considérant, la résolution dispose que la coopération
internationale dans le domaine économique « doit se fonder sur la
reconnaissance du droit inaliénable qu'a tout Etat de disposer librement
de ces richesses et de ses ressources naturelles conformément à
ses intérêts nationaux et dans le respect de l'indépendance
économique de chaque Etat ». Ce Considérant consacre le
droit à la souveraineté sur les ressources naturelles comme un
droit inaliénable qui doit guider les relations économiques
internationale.
L'Assemblée générale note
également que « l'exercice et le renforcement de la
souveraineté permanente des Etats sur leurs ressources naturelles
favorisent l'indépendance économique». Dans son paragraphe7
la résolution dispose par la suite que « la violation des droits
souverains des peuples sur leurs richesses et ressources naturelles va
l'encontre de l'esprit et des principes de la Charte des Nations Unies et
gêne le développement de la coopération internationale et
le maintien de la paix ». Cette résolution fait du droit souverain
sur les ressources naturelles un élément fondamental du maintien
de la paix et de la stabilité mondiale.
Bien que n'ayant pas un caractère juridiquement
contraignant, cette résolution participe de la proclamation solennelle
du principe de souveraineté permanente sur les ressources naturelles.
Comme l'affirme Georges Fischer, « il ne s'agit pas en l'occurrence d'un
texte de caractère juridique, mais d'une sorte de proclamation de
principe. En règle générale, les résolutions de
l'Assemblée ne lient pas les Etats. Elles peuvent, en revanche, exercer
une influence sur le droit et la jurisprudence»134(*). Cette résolution va
donc permettre l'affirmation du droit souverain sur les ressources naturelles
comme un principe de droit international.
c) Implications juridiques de la souveraineté sur les
ressources naturelles
Sur le plan juridique, la souveraineté permanente
confère aux États plusieurs prérogatives essentielles.
Elle leur reconnaît le droit exclusif d'explorer, d'exploiter, de
gérer et de disposer de leurs ressources naturelles conformément
à leurs politiques nationales135(*). Elle implique également la faculté de
réglementer les activités des investisseurs étrangers,
notamment par des mesures de nationalisation, d'expropriation ou de
renégociation des contrats, sous réserve d'une indemnisation
équitable136(*).
Toutefois, cette souveraineté n'est pas absolue. Son
exercice doit respecter les règles du droit international, en
particulier les obligations relatives à la protection de
l'environnement, aux droits des investisseurs et à la coopération
entre États. Les États ont également l'obligation de
gérer leurs ressources dans l'intérêt du
développement national et du bien-être de leur
population137(*).
§2. Application de la théorie à
l'exploitation pétrolière
a) Souveraineté des États sur les ressources
pétrolières
La souveraineté des États sur les ressources
pétrolières constitue une application spécifique du
principe général de la souveraineté permanente des
États sur leurs ressources naturelles. Ce principe, consacré par
la Résolution 1803 (XVII) de l'Assemblée générale
des Nations Unies du 14 décembre 1962, reconnaît à chaque
État le droit exclusif de disposer librement des richesses naturelles
situées sur son territoire et dans les espaces relevant de sa
juridiction138(*). Ici
cette souveraineté est perçue comme un vecteur
d'indépendance économique pour les États139(*).
Dans le secteur des hydrocarbures, cette souveraineté
implique que l'État détient un pouvoir exclusif de
contrôle, de réglementation et de gestion des ressources
pétrolières. Concrètement, il fixe les conditions
d'accès aux gisements, les modalités d'exploration et
d'exploitation, ainsi que les obligations imposées aux entreprises
nationales et étrangères intervenant dans le secteur
pétrolier140(*).
La souveraineté pétrolière se manifeste
également par la propriété publique des hydrocarbures.
Dans plusieurs États, notamment en Afrique et plus
particulièrement en RD Congo et en Ouganda, les législations
nationales consacrent le principe selon lequel les gisements pétroliers
appartiennent à l'État, même lorsqu'ils sont situés
dans des propriétés privées141(*). Cette approche vise
à préserver les intérêts nationaux et à
garantir que l'exploitation des hydrocarbures contribue au développement
économique et social du pays.
En République Démocratique du Congo, la
souveraineté permanente de l'Etat sur les hydrocarbures est
déduite de l'article 9 alinéa premier de la constitution qui
stipule que l'Etat exerce une souveraineté permanente notamment sue les
sol, sous-sol, les eaux et les forêts, sur les espaces aériens,
fluvial, lacustre et maritime congolais ainsi que la mer territoriale et sur le
plateau continental142(*). Ce principe est affirmé par la loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures, laquelle dispose que les hydrocarbures
contenus dans le sous-sol du territoire national constituent une
propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de
l'État143(*).
En Ouganda, conformément à l'article 244 de la
Constitution, l'ensemble de la propriété et du contrôle du
pétrole dans son état naturel, dans ou sous toute terre ou eaux
en Ouganda est attribué au Gouvernement au nom de la République
d'Ouganda144(*). Cela
est affirmer par le Petroleum (Exploration, Development and Production) Act de
2013 qui consacre également la souveraineté de l'État sur
les hydrocarbures, en organisant leur exploitation dans une perspective de
valorisation économique145(*).
Dans le cadre de l'exploitation pétrolière du
lac Édouard, la question de la souveraineté revêt une
importance particulière en raison du caractère transfrontalier
des ressources. La RD Congo et l'Ouganda sont appelés à concilier
leurs droits souverains respectifs avec les exigences de coopération
internationale afin d'éviter les conflits liés à
l'exploitation des hydrocarbures situés dans cette zone commune.
b) Mise en oeuvre de la souveraineté à travers
les législations Ougandaises et Congolaises
La souveraineté permanente des États sur leurs
ressources naturelles se concrétise principalement à travers
l'adoption de législations nationales destinées à
organiser l'exploration, l'exploitation et la gestion des ressources
pétrolières. Ces législations traduisent la volonté
des États d'exercer un contrôle effectif sur les hydrocarbures
situés dans leur sous-sol et d'en assurer une exploitation conforme aux
intérêts nationaux.
Dans le secteur pétrolier, les législations
nationales déterminent généralement le régime de
propriété des hydrocarbures, les conditions d'octroi des droits
pétroliers, les obligations des entreprises exploitantes ainsi que les
mécanismes de contrôle exercés par l'État. Elles
fixent également les règles relatives à la
fiscalité pétrolière, à la protection de
l'environnement et au partage des revenus issus de l'exploitation des
hydrocarbures.
En République Démocratique du Congo, la
constitution de 2006 telle que modifiée à ce jour dispose que
« l'État exerce sa souveraineté permanente sur les
ressources naturelles » et que celles-ci constituent un patrimoine
national. La mise en oeuvre de la souveraineté sur les ressources
pétrolières est assurée par la loi n°15/012 du 1er
août 2015 portant régime général des hydrocarbures.
Cette loi affirme que les hydrocarbures du sous-sol congolais sont la
propriété exclusive et inaliénable de
l'État146(*).
Elle prévoit que toute activité d'exploration ou d'exploitation
pétrolière est soumise à une autorisation préalable
accordée par les autorités compétentes147(*).
Cette Loi précitée, organise également
les modalités de conclusion des contrats pétroliers entre
contractant constitué principalement de la société
nationale des hydrocarbures soit elle-même ou soit avec une autre
société de droit congolais et étranger vis-à-vis de
l'État. Ces contrats déterminent les droits et obligations des
parties, notamment en matière de partage de production, de
fiscalité et de protection de l'environnement6. Par ailleurs, la loi
impose aux opérateurs pétroliers le respect des normes
environnementales et des intérêts des communautés locales
affectées par les activités extractives148(*).
En somme, la mise en oeuvre de cette souveraineté se
traduit par : l'octroi des droits d'exploration et d'exploitation par
l'État, la participation obligatoire de l'État ou de ses
entreprises publiques dans les sociétés exploitantes et
l'exigence d'études d'impact environnemental et social avant toute
opération.
Pour la République Ougandaise, au-delà de sa
constitution de 1995 stipulant que les ressources minérales et
pétrolières appartiennent à l'État, qui les
gère au nom du peuple. A cet effet, la souveraineté de
l'État Ougandais sur les ressources pétrolières est mise
en oeuvre à travers le Petroleum (Exploration, Development and
Production) Act de 2013. Cette législation confère à
l'État le pouvoir exclusif d'autoriser les activités
pétrolières et de réglementer l'ensemble du secteur des
hydrocarbures149(*).
Elle prévoit également un cadre institutionnel chargé de
superviser les opérations pétrolières, notamment à
travers la création d'organes spécialisés de
régulation et de contrôle150(*).
La mise en oeuvre de cette souveraineté se manifeste
par : l'attribution des licences d'exploration et de production par
l'État, à travers la PetroleumAuthority of Uganda, un
contrôle réglementaire strict, sans obligation de participation
directe de l'État dans les sociétés exploitantes et
l'encadrement environnemental par la National Environment Management Authority
(NEMA), avec sanctions en cas de non-respect.
c) Les limites de la souveraineté permanente dans le
cas des ressources transfrontalières
Le principe de la souveraineté permanente des
États sur leurs ressources naturelles connaît des limites
spécifiques lorsqu'il s'agit de ressources transfrontalières. En
effet, lorsque celles-ci se trouvent dans une zone partagée par
plusieurs juridictions étatiques, leur exploitation ne peut être
menée de manière unilatérale sans risquer de porter
atteinte aux droits souverains du voisin. Tel est le cas du lac Édouard,
espace lacustre stratégique partagé entre la République
Démocratique du Congo et la République de l'Ouganda, dont le
potentiel pétrolier soulève des enjeux relatifs à la
délimitation des zones d'exploitation, à la protection de
l'environnement et à la préservation des intérêts
souverains des deux parties.
La République Démocratique du Congo et la
République Ougandaise proclament dans leurs constitutions et
législations respectives la souveraineté exclusive sur les
hydrocarbures, cette souveraineté se heurte à des limites
dès lors que les ressources se trouvent dans un espace
transfrontalier151(*).
Le lac Édouard, partagé entre les deux États, impose une
gestion concertée afin d'éviter les conflits d'exploitation et de
garantir une utilisation équitable et durable des ressources. Le
principe de la souveraineté permanente reconnaît aux États
un droit exclusif sur leurs ressources naturelles, mais son exercice
connaît certaines restrictions lorsqu'il s'agit de ressources
transfrontalières, car celles-ci concernent plusieurs juridictions
nationales et nécessitent des mécanismes de
coopération.
Dans ce contexte, la coopération bilatérale
s'est matérialisée par l'Accord de Ngurdoto conclu en Tanzanie le
5 septembre 2007 sous l'égide de la Conférence Internationale sur
la Région des Grands Lacs152(*). Cet instrument illustre la relativisation de la
souveraineté étatique en imposant aux deux États des
obligations de concertation, d'échange d'informations techniques et de
gestion commune des ressources pétrolières du lac Édouard.
Il traduit l'application du principe de coopération internationale et
vise à prévenir les conflits liés à une
exploitation unilatérale, tout en contribuant à la consolidation
de la paix et de la stabilité régionale. Toutefois, sa mise en
oeuvre demeure entravée par des divergences d'intérêts
économiques, des incertitudes sur la délimitation des zones
pétrolifères et l'insuffisance des mécanismes
institutionnels de suivi, révélant ainsi les défis
persistants de la gouvernance des ressources transfrontalières.
§3. Pertinence de la
théorie pour l'étude de l'exploitation pétrolière
du lac Édouard
La théorie de la souveraineté permanente des
États sur leurs ressources naturelles constitue un cadre fondamental
pour analyser l'exploitation pétrolière du lac Édouard, en
éclairant les bases juridiques des politiques de la République
Démocratique du Congo et de l'Ouganda.
A. Intérêt de la théorie dans
l'analyse des législations pétrolières
La théorie de la souveraineté permanente des
États sur leurs ressources naturelles fournit un cadre conceptuel
essentiel pour comprendre le fondement juridique des législations
pétrolières nationales. Cette théorie est
particulièrement utile, car elle permet en premier d'analyser des cadres
juridiques congolais et ougandais relatifs aux hydrocarbures et en second, elle
permet de saisir comment la RD Congo et l'Ouganda affirment leur droit exclusif
sur les hydrocarbures, tout en intégrant des mécanismes de
régulation et de contrôle. Cette approche théorique
éclaire la manière dont les États cherchent à
concilier la valorisation économique des ressources avec la
préservation de leur souveraineté et la protection de
l'intérêt national. Elle constitue ainsi une grille de lecture
pertinente pour analyser les dispositifs juridiques encadrant l'exploration et
l'exploitation des hydrocarbures dans les deux pays.
En République Démocratique du Congo, la loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures affirme clairement que les ressources
pétrolières constituent une propriété exclusive de
l'État153(*).
Cette disposition reflète l'exercice de la souveraineté
permanente sur les ressources naturelles consacrée par le droit
international. De même, en Ouganda, le Petroleum (Exploration,
Development and Production) Act de 2013 reconnaît à l'État
le pouvoir exclusif de gérer les ressources pétrolières et
d'autoriser les activités d'exploitation154(*). Les deux
législations démontrent ainsi que les États cherchent
à préserver leurs intérêts stratégiques et
économiques à travers un encadrement juridique rigoureux du
secteur pétrolier.
B. Lecture comparative des législations
à la lumière de cette théorie
L'analyse comparative des législations
pétrolières de la RDC et de l'Ouganda, éclairée par
la théorie de la souveraineté permanente, met en évidence
des convergences dans la reconnaissance de la propriété exclusive
de l'État et l'encadrement administratif des activités, mais
aussi des divergences dans les mécanismes institutionnels de
régulation et de contrôle. Ainsi, la République
Démocratique du Congo privilégie les contrats de partage de
production avec participation obligatoire de l'État155(*), tandis que l'Ouganda opte
pour un régime de licences fondé sur la régulation et la
fiscalité156(*),
traduisant deux déclinaisons pratiques d'un même principe
adaptées à leurs contextes juridiques et économiques
spécifiques.
C. Défis liés à la gestion
commune des ressources pétrolières
L'exploitation pétrolière du lac Édouard
met en lumière des enjeux juridiques, environnementaux,
économiques et sécuritaires liés à la gestion des
ressources transfrontalières, notamment la délimitation des zones
d'exploitation, la préservation de l'écosystème fragile,
le partage équitable des revenus et la stabilité
régionale. Le premier enjeu réside dans la délimitation
des zones d'extraction : du fait du caractère transfrontalier du lac
Édouard, toute opération pétrolière conduite par un
État est susceptible d'affecter les droits souverains de l'autre
État riverain. Cette configuration impose une coopération
institutionnalisée et continue entre la RDC et l'Ouganda afin de
prévenir les litiges liés à une exploitation
unilatérale des hydrocarbures.
Le second enjeu concerne la préservation de
l'environnement : le lac Édouard, en tant qu'écosystème
particulièrement vulnérable, voit ses ressources halieutiques et
sa biodiversité exposées aux impacts potentiels des
activités pétrolières157(*). Dans cette perspective, la RDC et l'Ouganda sont
appelés à mettre en place des dispositifs conjoints de
prévention des risques écologiques et de gestion durable des
ressources naturelles, afin de concilier exploitation énergétique
et protection du patrimoine environnemental.
Le troisième enjeu concerne la répartition
équitable des retombées issues de l'exploitation
pétrolière : la gestion des revenus générés
dans les zones transfrontalières requiert des dispositifs de
coopération transparents afin de prévenir les tensions
économiques et politiques. Dans une perspective scientifique, cela
implique la mise en place de mécanismes institutionnels de gouvernance
partagée, garantissant à la fois l'équité dans la
distribution des bénéfices et la stabilité
régionale.
En définitive, les enjeux sécuritaires
constituent un défi majeur dans la région du lac Édouard,
caractérisée par la présence de groupes armés et
des tensions récurrentes entre communautés locales158(*). Dans ce contexte,
l'exploitation pétrolière doit impérativement
s'accompagner de stratégies de consolidation de la paix, de renforcement
de la stabilité institutionnelle et de promotion du développement
socio-économique régional. La théorie de la
souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles
souligne ici les limites de la souveraineté nationale et la
nécessité d'une coopération institutionnalisée,
illustrée par l'Accord de Ngurdoto (2007), afin de concilier
exploitation durable, gouvernance concertée des hydrocarbures et
consolidation de la paix régionale.
Section 3 :
Présentation du cadre d'étude
Dans cette section, il sera question de présenter le
cadre d'étude de cette recherche dont l'analyse s'articule autour de
trois axes principaux : la localisation du lac Édouard, qui permet de
comprendre son origine et ses caractéristiques physiques ; la
contiguïté territoriale entre la RDC et l'Ouganda, qui
soulève des questions de gestion partagée des ressources
naturelles ; enfin, les enjeux pétroliers dans la région, qui
mettent en lumière les perspectives économiques mais aussi les
risques environnementaux et sécuritaires liés à
l'exploitation des hydrocarbures
§1. Localisation du lac
Édouard
a) Brève historique et origine du lac
Édouard

FIGURE 1: Carte géographique du lac Édouard.
Source :
Lac
Édouard - Wikipédia.
Légende : Elle démontre
les limites et les villages environnants du Lac.
Sur le plan historique, le lac fut identifié pour la
première fois par l'explorateur britannique Henry Morton Stanley en
1888, lequel lui attribua le nom de « lac Édouard » en hommage
au prince Albert Édouard, prince de Galles, prince de Galles, fils de la
reine Victoria, alors monarque britannique, et qui deviendra plus tard le roi
Édouard VII du Royaume-Uni159(*). En 1973, l'Ouganda et le Zaïre (RDC actuelle)
l'ont renommé ``Lake Idi Amin Dada'' en l'honneur du dictateur ougandais
Idi Amin. Après sa chute en 1979, elle a retrouvé son ancien
nom.Le lac Édouard s'est constitué dans une dépression
tectonique située entre le massif du Rwenzori au nord et la chaîne
volcanique des Virunga au sud160(*). Cette zone a été marquée par
une intense activité volcanique et sismique, qui a profondément
façonné le relief actuel de la région des Grands Lacs
africains161(*).
Le lac Édouard appartient au groupe des grands lacs
africains situés dans la branche occidentale de la vallée du
Grand Rift, également désignée sous le nom de Rift
Albertin162(*). Sa
genèse est liée aux phénomènes tectoniques qui ont
affecté l'Afrique orientale il y a plusieurs millions d'années.
Ces bouleversements géologiques ont entraîné des fissures
et des affaissements de la lithosphère, donnant naissance à de
vastes dépressions progressivement comblées par les
eaux163(*).
b) Situation géographique, climat et superficie du lac
Édouard

Le lac Édouard se situe à la frontière
entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda. Du
côté congolais, il relève principalement de la province du
Nord-Kivu, tandis que sa rive orientale appartient au territoire ougandais dans
le District de Kasese164(*). Sa rive septentrionale se trouve à quelques
kilomètres au sud de l'équateur, ce qui lui confère un
climat équatorial tempéré par l'altitude.
FIGURE 2 : Hydrographie du lac
Édouard
Source : Source /
https://www.openstreetmap.org.
Légende : Carte
générale du lac Édouard : représentation du lac
situé entre la RD Congo etl'Ouganda avec les principaux axes
hydrographiques et les aires protégées environnantes.
Le lac est alimenté par plusieurs affluents, notamment
la Nyamugasani, l'Ishasha, la Rutshuru et la Rwindi. Ses eaux s'évacuent
vers le nord par la rivière Semliki, qui se déverse dans le lac
Albert. Il est également relié au lac George par le canal de
Kazinga, situé au nord-est165(*).
A une altitude moyenne d'environ 920 mètres, le lac
Édouard s'étend sur près de 2 150 km, avec une longueur
approximative de 77 kilomètres et une largeur moyenne de 40
kilomètres. Sa profondeur maximale est évaluée à
environ 117 mètres. Le climat de la région se caractérise
par des températures relativement modérées oscillant entre
20°C et 30°C, ainsiqu'une pluviométrie abondante
répartie en deux principales saisons pluvieuses166(*).
c) Ressources et importance écologique,
économique et géopolitique
Le lac Édouard est une réserve écologique
majeure, abritant une biodiversité halieutique riche (espèces de
Haplochromis, Sarotherodon, Bagrusdocmak, etc.La faune vivant sur les berges du
lac incluant des chimpanzés, des éléphants, des
crocodiles, et des lions. La Zone du lac héberge aussi une multitude
d'espèces d'oiseaux résidents ou migrateurs.)167(*). La pêche artisanale
constitue une ressource vitale pour les communautés riveraines168(*). Sur le plan
géopolitique, sa position transfrontalière en fait un espace
stratégique pour la coopération et parfois la rivalité
entre la République Démocratique du Congo et l'Ouganda.
§2. La
contiguïté du lac entre la RDC et l'Ouganda
A) Délimitation de la frontière lacustre
entre les deux États.
Le lac Édouard constitue une frontière naturelle
entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda. La
délimitation de cette limite remonte aux accords coloniaux conclus entre
les puissances européennes à la fin du XIX? siècle,
notamment entre la Belgique et le Royaume-Uni169(*).
La ligne frontalière suit généralement la
médiane du lac, conformément aux principes du droit international
relatifs aux eaux partagées170(*). Toutefois, certaines zones demeurent sensibles en
raison de l'absence de balises physiques précises et des divergences
d'interprétation concernant l'exploitation des ressources naturelles.
Cette situation a parfois engendré des frictions
diplomatiques et sécuritaires entre les deux États,
particulièrement dans le cadre des activités de pêche et
des projets de prospection pétrolière171(*). La frontière
lacustre étant commune aux deux pays, elle implique une gestion
concertée des ressources. Les accords bilatéraux et les
conventions internationales encadrent ainsi l'exploitation halieutique et la
surveillance des espaces protégés.
FIGURE 3 : Limite du lac Édouard entre
l'Ouganda et RD Congo
Source /
https://www.openstreetmap.org.
Légende : Lac Édouard et
ses limites en RD Congo et en Ouganda

B) Enjeux liés à la gestion des
ressources transfrontalières
La gestion des ressources transfrontalières du lac
Édouard représente un enjeu crucial pour la République
démocratique du Congo et l'Ouganda. Les deux pays se partagent les
richesses halieutiques, hydriques et potentiellement pétrolières
du lac Édouard, ce qui exige une coopération bilatérale
constante172(*).
Concernant la pêche, les principaux défis portent sur la lutte
contre la pêche clandestine, la surexploitation des stocks et les
différends récurrents entre pêcheurs congolais et
ougandais. L'absence de dispositifs efficaces de régulation favorise
souvent des tensions locales et entraîne des arrestations de
pêcheurs accusés de franchir illégalement les limites
lacustres.
Sur le plan environnemental, les deux États doivent
également relever le défi de la préservation des
écosystèmes fragiles du lac Édouard et des parcs nationaux
environnants173(*). La
sauvegarde de la biodiversité impose une gestion coordonnée des
activités humaines afin de prévenir la pollution et la
détérioration des habitats naturels²?. La gestion des
ressources du lac demeure ainsi une source de rivalités, notamment
autour de la pêche non réglementée, du braconnage et de
l'exploitation anarchique. Les parcs nationaux Virunga (RDC) et Queen Elizabeth
(Ouganda) jouent un rôle fondamental dans la conservation de la
biodiversité, mais nécessitent une coopération
transfrontalière renforcée174(*).
§3. Enjeux pétroliers dans la
région du lac Édouard.
· Enjeux économiques et potentiel en
hydrocarbures


Le lac Édouard fait partie intégrante du bassin
pétrolier du Rift Albertin, considéré comme l'une des
zones les plus prometteuses d'Afrique en matière d'hydrocarbures.Des
recherches géologiques menées par diverses compagnies
pétrolières ont mis en évidence la présence
probable de gisements significatifs de pétrole dans le sous-sol du lac
et de ses alentours175(*).
Figure 5 : Bloc pétrolier sur le graben
albertin en Ouganda en Ouganda.
Légende : Ouganda : Bloc EA4V sur le lac
Édouard.
Source :Géology and stratigraphyof the south
essterm
Figure 4 : Bloc pétrolier en RD Congo sur le
Graben Albertine
Légende : RDC : Bloc V Rif
Albertine
Source : L'exploration
pétrolière de SOCO dans le Virunga ...
Pour la RDC et l'Ouganda, l'exploitation de ces ressources
représente une opportunité majeure de croissance
économique, de création d'emplois et d'accroissement des recettes
fiscales. Les hydrocarbures pourraient contribuer au financement des
infrastructures, à l'amélioration des services publics et
à la dynamisation du secteur industriel des deux pays176(*).
Cependant, cette exploitation soulève également
des défis relatifs à la gouvernance des ressources naturelles,
à la redistribution des revenus et à la transparence dans la
gestion des contrats pétroliers177(*).
· Enjeux environnementaux et risques
écologiques

Figure 6 : Potentialité écologique du lac
Édouard
Source :
Lac
Édouard - Ombres de l'Afrique
L'exploitation pétrolière dans la région
du lac Édouard comporte des menaces considérables pour
l'environnement. Le lac est situé dans une zone écologiquement
vulnérable, comprenant des écosystèmes aquatiques et des
aires protégées reconnues au niveau international.
Les activités de prospection et d'extraction peuvent
provoquer des risques de contamination des eaux, de destruction des habitats
naturels et de perturbation des équilibres biologiques178(*). Les déversements
accidentels d'hydrocarbures pourraient avoir des répercussions graves
sur les ressources halieutiques et sur les moyens de subsistance des
communautés locales. Ces inquiétudes ont conduit plusieurs
organisations environnementales à exiger une exploitation responsable,
conforme aux normes internationales de protection écologique179(*).
· Enjeux sociaux et sécuritaires
La région du lac Édouard est marquée par
une instabilité chronique liée à la présence de
groupes armés dans l'est de la RDC. Cette insécurité
constitue un frein majeur à l'exploitation des ressources
pétrolières et à la coopération
transfrontalière entre les deux États180(*).
Par ailleurs, les projets pétroliers risquent de
provoquer des tensions sociales liées aux déplacements de
populations, à l'accès aux ressources naturelles et à la
répartition des bénéfices issus de l'exploitation. Les
communautés locales redoutent souvent d'être marginalisées
dans les processus décisionnels relatifs à la gestion des
ressources du lac181(*).

Dans ce contexte, la stabilité politique, la
coopération régionale et la mise en place d'un cadre juridique
rigoureux apparaissent comme des conditions indispensables pour garantir une
exploitation durable et pacifique des hydrocarbures du lac
Édouard182(*).

Figure 8 :Patrouille UPDF et arrestation d'un
pécheur
Légende : Patrouille de
l'armée Ougandaise et l'arrestation des pécheurs congolais.
Source : InfoNile.
Figure 7 : Patrouille FARDC sur le lac
Édouard
Légende :Photos de terrain -
FARDC mission de sécurisation du lac Édouard,2023-2024.
Enjeuxsociaux et sécuritaires sur le lac Édouard.
Source : InfoNile.
CHAPITRE DEUXIEME : ANALYSE
DU CADRE JURIDIQUE DES HYDROCARBURES DE L'OUGANDA ET DE LA RD CONGO
Ce chapitre examine successivement le cadre institutionnel et
le régime d'attribution des droits d'hydrocarbures dans les deux pays,
avant d'analyser les mécanismes de protection de l'environnement et de
gestion transfrontalière des ressources pétrolières, avec
une attention particulière portée au cas du lac
Édouard.
Section 1. Cadre juridique
des hydrocarbures en Ouganda
§1. Fondement normatif du
droit pétrolier ougandais
Le cadre juridique des hydrocarbures en Ouganda s'est
progressivement structuré à la suite de la découverte, en
2006, de gisements significatifs dans le Graben Albertin. Afin de garantir une
exploitation rationnelle et durable de ces ressources stratégiques, le
législateur ougandais a adopté en 2013 deux instruments
législatifs majeurs. Le Petroleum (Exploration, Development and
Production) Act, 2013 régit les activités
pétrolières en amont, incluant l'exploration, le
développement et la production des hydrocarbures183(*). Quant au Petroleum
(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013, il
encadre les opérations dites « midstream », telles que le
raffinage, le transport, la conversion du gaz naturel et le stockage des
produits pétroliers184(*).
Ces textes sont complétés par la National Oil
and Gas Policy for Uganda, qui constitue le document stratégique de
référence en matière de gouvernance du secteur
pétrolier. Cette politique repose sur des principes directeurs tels que
la souveraineté permanente de l'État sur les ressources
naturelles, la transparence dans la gestion des revenus pétroliers, la
préservation de l'environnement, l'implication des communautés
locales et la promotion du contenu national185(*). Comme le souligne BATEGEKA, l'objectif poursuivi
est de faire en sorte que les ressources pétrolières contribuent
au développement économique durable, tout en évitant les
effets pervers associés à la « malédiction des
ressources »186(*).
L'examen de ces instruments normatifs révèle que
l'Ouganda a opté pour un système juridique
spécialisé et relativement cohérent, fondé sur la
distinction des fonctions de régulation, d'exploitation et de
contrôle. Cette approche s'inscrit dans la lignée des
recommandations formulées par la Banque mondiale et par diverses
organisations internationales intervenant dans le secteur extractif.
§2.
Régimed'attribution des droits en Ouganda
Comme indiqué plus haut, les lois
pétrolières de 2013 ainsi que le Document de Politique nationale
d'hydrocarbures187(*)
structurent ce secteur en trois catégories d'activités. L'on
distingue ainsi les activités en amont, intermédiaire et en aval.
Les activités intermédiaires ne constituent pas une
catégorie explicite en RD Congo. PetroleumAct 2013 (Exploration,
Development and Production) Act consacre les activités en amont
(upstreamactivities) que sont l'exploration, le développement et la
production189(*). Le
PetroleumAct 2013 (Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage)
Act consacre quant à lui les activités
intérmédiaires (midstream)190(*) que sont le raffinange, la conversion, les pipelines
et le stockage ; et en aval (downstream)191(*) que sont la distribution, la fourniture, la
pétrochimie ainsi que les réserves stratégiques.
2.1. Attribution des
droits en amont en Ouganda
Comme pour la loi de 2015 sur les hydrocarbures en RD Congo,
les activités d'hydrocarbures en aval font l'objet d'une
procédure d'appel d'offres192(*). Il est clairement indiqué que la
procédure contrairement à la RD Congo où l'organe de
régulation du secteur des hydrocarbures n'est pas opérationnel,
en Ouganda, cette procédure est encadrée par l'Autorité de
régulation du secteur, appelé PetroleumAuthority of
Uganda193(*).
L'appel d'offres se réalise par cycles. Il est aussi fait la
possibilité de requêtes directes dans le cadre d'appel d'offres
restreint194(*).
2.1.1. Procédure
d'appel d'offre
Il est clairement indiqué que la procédure
d'appel d'offres s'effectue conformément aux dispositions de la loi
pétrolière de 2013 sur l'exploration, le développement et
la production195(*).
L'appel d'offres se réalise par cycles. Il est aussi fait la
possibilité de requêtes directes dans le cadre d'appel d'offres
restreint196(*).
La requête en vue de mener une activité
d'exploration pétrolière est adressée auprès du
ministre ayant les hydrocarbures dans ses attributions. Cette requête ne
se fait pas ex nihilo. Elle doit faire suite soit à un avis
publié soit à une demande directe.
La loi prévoit qu'elle197(*) doit notamment indiquer,
pour chaque demandeur, ses nom complet et nationalité (s'il s'agit d'un
individu), ou sa dénomination sociale, lieu d'incorporation, noms et
nationalités des administrateurs, ainsi que l'identité des
actionnaires détenant plus de 5 % du capital (s'il s'agit d'une
société) ; identifier le ou les blocs concernés ; ne pas
porter sur plus de dix blocs, sauf circonstances particulières où
le Ministre peut accepter jusqu'à vingt blocs ; préciser les
travaux envisagés et les dépenses minimales prévues ;
fournir des informations sur la situation financière, la
compétence technique et industrielle du demandeur ; et inclure une
déclaration sur les propositions relatives à l'emploi et à
la formation des citoyens ougandais198(*).
La procédure d'appel d'offres restreint, appelée
ici « direct applications », considère que
le Ministre peut, dans des circonstances exceptionnelles et en consultation
avec l'Autorité de régulation du secteur, recevoir des demandes
directes pour des droitsd'exploration d'hydrocarbures. Il procède ainsi
lorsque des invitations à soumissionner ont été
lancées trois fois sans qu'aucune demande n'ait été
reçue, lorsque la demande concerne un réservoir situé dans
un bloc déjà licencié et qui s'étend dans un bloc
non licencié, ou pour renforcer la participation de l'État dans
la promotion de l'intérêt national199(*).
La législation ougandaise renforce la transparence des
processus. Il est prévu que 14 jours suivant la réception d'une
demande directe, le Ministre fait publier un avis de demande dans le Journal
officiel de l'Ouganda et dans au moins un journal national à large
diffusion200(*).
L'obligation ainsi faite au ministre de rendre public un avis
de demande permet de garantir les droits d'éventuels opérateurs
qui se trouveraient lésés à quelque titre que ce soit par
l'attribution des droits d'hydrocarbures à un autre opérateur.
C'est pourquoi l'avis publié doit indiquer la réception de la
demande de licence d'exploration pétrolière, contenir une
description de la nature et de la localisation de l'entreprise proposée,
informer le public que la demande peut, dans les limites de la
confidentialité commerciale, être consultée dans les
bureaux du Ministre, et enfin, inviter les parties directement affectées
et les autorités locales des zones concernées, qui s'opposent
à l'octroi de la licence pour des motifs personnels, environnementaux ou
autres, à déposer auprès du Ministre une objection dans un
délai spécifié, d'au moins trente jours à compter
de la date de l'avis201(*).
Contrairement à la loi relative aux hydrocarbures en RD
Congo de 2015, la législation ougandaise a le mérite de renforcer
la transparence à travers l'obligation de communiquer des informations
substantielles aux autres organes de l'Etat ougandais. En prévoyant la
possibilité pour toute personne de contester l'octroi d'un droit
d'exploration pour des motifs non seulement environnementaux mais aussi
personnels, la législation ougandaise élève le niveau de
participation citoyenne dans le processus d'attribution des droits
d'hydrocarbures. Il s'agit en fait de l'introduction de garanties de justice
environnementale à travers le droit accordé à toute
personne affectée et qui s'estime pouvant être affectée
lors de la réalisation des activités d'hydrocarbures d'intenter
une action en opposition. En sus, il est fait obligation au ministre de
l'énergie d'expliquer, dans la langue de choix de la communauté
qui sera affectée par le projet d'hydrocarbures, et de s'assurer que
cette communauté ait compris les droits et devoirs leur incombant dans
le cadre d'un tel projet202(*).
Ce commentaire fait ressortir tout de même une question.
Celle-ci obligeant ainsi de relativiser le standard élevé
contenu dans loi. Car, s'il est prévu une telle possibilité, sa
prise en considération par les autorités impliquées dans
le processus d'attribution des droits d'hydrocarbures n'est pas
évidente. Si déjà pour des raisons de
développement économique, et donc d'intérêt
général, il n'est pas possible de privilégier la
préservation de l'environnement pour des activités à fort
impact sur l'environnement, qu'en est-il des considérations purement
personnelles ? En outre, la section 52 de la loi pétrolière
de 2013 prévoit que le ministre ayant dans ses attributions les
hydrocarbures fait l'annonce des zones concernées en vue des droits
d'exploration. Par ailleurs, l'appel d'offres ouvert n'est pas le principe en
Ouganda. En effet, chaque fois qu'il est considéré la
nécessité de renforcer la participation de l'État dans la
promotion de l'intérêt national, l'Etat ougandais aura le droit de
passer outre l'appel ouvert pour considérer des demandes
directes203(*).
2.1.1.1. Transparence et
publicité
Cette annonce du ministre, appelée avis à
manifestation d'intérêt, est publié au journal officiel et
dans des médias nationaux et internationaux sous le format papier et
électronique. Il est prévu une période de trois mois pour
soumettre les offres. L'avis à manifestation d'intérêt
indiqué ci-haut doit contenir toute information que le ministère
estime nécessaire pour ce faire. Il est en outre associé
à une obligation faite au ministre ayant dans ses attributions les
hydrocarbures, endéans une période de 15 jours, de porter
officiellement à l'attention du Parlement ougandais cette information
concernant les zones annoncées pour les droits d'exploration204(*).
2.1.1.2. Participation de
la société nationale
La loi pétrolière de 2013 sous examen a
créé une société nationale d'hydrocarbures de
l'Ouganda205(*). Elle
est appelée Uganda National OilCompany (UNOC)206(*). Dans l'objectif de
promouvoir le contenu local207(*), cette législation impose que tout
opérateur sélectionné à l'issue d'une
procédure d'appel d'offres, peu importe qu'elle ait été
ouverte ou restreinte, doit s'associer à l'UNOC, la
société d'Etat opérant dans le secteur. Cette
société est active en Ouganda et joue le rôle d'outil du
Gouvernement ougandais pour s'assurer que l'obligation de contenu local est
mise en oeuvre208(*).
2.1.1.3. Nature et
conclusion des contrats
Comme pour la loi de 2015 relative aux hydrocarbures en
RDC209(*), les contrats
d'hydrocarbures en Ouganda prennent la forme de contrats de partage de
production (CPP) ou de contrats de services. L'obligation d'informer la
représentation nationale ougandaise pour tout contrat d'hydrocarbures
renforce la transparence et la crédibilité des processus en
Ouganda par rapport à notre pays.
En dehors du Nigeria, le secteur des hydrocarbures en Afrique
subsaharienne est dominé par des opérateurs étrangers.
L'institution de production sharing agreementset de la politique de
contenu local est devenue le standard dans le monde, car cela permet de
garantir la durabilité des engagements pris. Comme indiqué avant,
le contrat de partage de production est le modèle dominant en Afrique,
car il permet à l'État de conserver la propriété
des ressources tout en partageant la production avec l'opérateur. Le
contrat de services, plus rare, implique une rémunération fixe de
l'opérateur, ce qui limite son incitation économique.
Il convient de rappeler qu'il revient au ministre,
conformément à la section 9, le pouvoir d'octroi et de retrait
des droits d'hydrocarbures210(*). Ceux-ci sont supervisés par
l'Autorité de régulation du secteur des hydrocarbures211(*). Cet organe a pour missions
principales de surveiller et de réguler l'exploration, le
développement et la production de pétrole en Ouganda212(*) ; et dans toute la
mesure possible et conformément à la loi, consulter et
coopérer avec les ministères, départements et agences du
gouvernement ayant des missions connexes.
Outre l'approbation par le ministère et leur
supervision et administration par l'Autorité de régulation du
secteur, le Parlement jour un rôle crucial dans la surveillance et le
contrôle politique des processus prévus. L'obligation de
publication des droits d'hydrocarbures dans les 60 jours, conformément
à la National Petroleum Policy 2023, est également
indispensable.
2.1.1.4. Registre et
traçabilité
Comme l'article 42 impose l'inscription des droits
accordés dans un registre dédié par le
ministère213(*),
l'Ouganda prévoit également un registre des licences et contrats
« PetroleumRegister » accessible au
public214(*), bien qu'en
pratique, l'accès reste souvent limité, ce qui réduit la
confiance des investisseurs et renforce les préoccupations de la
société civile. Malgré cela, comme indiqué plus
haut, le niveau de transparence normative de l'Ouganda est élevé
par rapport à celui de la RDC concernant cet aspect.
2.1.1.5. Primauté
de la loi
Comme pour la loi de 2015 sur les hydrocarbures en
RDC215(*), les contrats
d'hydrocarbures ne peuvent contenir de clauses dérogeant aux lois
pétrolières de 2013 ni à la National Petroleum Policy
2023. Toute clause contraire est réputée nulle216(*). Cette primauté est
renforcée par le contrôle parlementaire et la supervision de
l'Autorité de régulation du secteur des hydrocarbures en Ouganda.
Il s'agit, comme indiqué avant, de la consécration d'un
régime légal et la suppression du régime conventionnel,
permettant d'assurer l'uniformisation des engagements étatiques pris
dans le cadre d'activités d'hydrocarbures. En effet, il permet de
réduire la flexibilité contractuelle entre deux ou plusieurs
opérateurs vis-à-vis de l'Etat.
2.2. Attributions des
droits en aval
Comme en RDC, pour les activités midstreamet
celles en aval, il n'est pas prévu de procédure
compétitive systématique d'appel d'offres comme pour les
activités d'hydrocarbures en amont. La loi distingue les
opérations nécessitant une licence217(*) et celles ne
nécessitant pas une licence218(*). Il est prévu que nul ne peut construire ou
exploiter une installation de raffinage du pétrole brut ; une
installation de conversion du gaz naturel ; un pipeline de transmission ; une
installation de stockage intermédiaire ; ou toute autre installation
destinée aux opérations de midstream sans une licence
délivrée par le Ministre ayant en charge les
hydrocarbures219(*). Il
est même prévu des sanctions pénales et financières
en cas de violation par une personne physique ou morale. La loi
pétrolière de 2013 sur le raffinage, la conversion, la
transmission et le stockage intermédiaire (Refining, Conversion,
Transmission and Midstream Storage Act) prévoit à
côté des opérations ne nécessitant pas de licence.
C'est le cas lorsqu'un pipeline est situé entièrement à
l'intérieur d'un site industriel pour lequel la licence requise a
déjà été accordée ; ou la capacité de
stockage ne dépasse pas cinquante mètres cubes métriques
pour un produit donné.
Il ressort de ce qui précède que les
opérations de faible envergure ne nécessitant pas de licence sont
très limitées. Il s'ensuit que le législateur ougandais
couvre quasiment toutes les opérations midstreamet aval de
l'obligation d'obtention d'une licence afin d'opérer. En outre, il est
dit que même dans le cas où la licence n'est pas requise, il
demeure l'obligation de s'enregistrer auprès de l'Autorité de
régulation du secteur, la PetroleumAuthority of Uganda. En
conclusion, qu'il s'agisse de la RDC ou de l'Ouganda, les opérations
d'hydrocarbures en amont font l'objet d'appel d'offres, tandis que celles en
aval/midstream sont régies par un régime d'autorisation
administrative sous forme de licence. Pour l'Ouganda, ces licences sont
délivrées par le ministre de l'énergie. Par ailleurs, il
fait intervenir l'autorité de régulation du secteur dans sa
décision220(*).
§3. Analyse du cadre
Institutionnel de la RD Congo et de l'Ouganda
1.1. Institution
principale
Pour la République Démocratique du Congo, le
ministère des hydrocarbures est l'organe central chargé de la
mise en oeuvre de la politique en matière d'hydrocarbures, de l'octroi
des droits et du suivi des contrats de partage de production221(*). Le Conseil des ministres
intervient pour autoriser ou valider les principaux contrats, traduisant la
volonté du législateur de soumettre les engagements majeurs de
l'État à un contrôle politique de haut niveau. En Ouganda,
la gouvernance du secteur repose sur une configuration institutionnelle plus
diversifiée : le Ministère de l'Énergie et du
Développement Minéral partage ses prérogatives avec la
PetroleumAuthority of Uganda (PAU) et l'Uganda National OilCompany (UNOC).
Cette organisation favorise une séparation plus nette entre les
fonctions de régulation, de contrôle et d'exploitation,
renforçant ainsi la transparence et l'efficacité du
système.
1.2. Les attributions du
Ministre des Hydrocarbures
Le ministère des hydrocarbures de la RD Congo est, de
manière générale, chargé de :
- Conception, élaboration et mise en oeuvre de la
politique du Gouvernement, des réformes et innovations dans les secteurs
confiés.
- Collaboration avec les autres ministères pour la mise
en oeuvre de la politique du Gouvernement.
- Préparation des projets de traités,
conventions et accords internationaux, lois, ordonnances-lois, ordonnances,
décrets et arrêtés d'exécution en rapport avec leurs
attributions.
- Tutelle des établissements publics et contrôle
des services publics de leurs secteurs respectifs.
- Approbation des marchés conclus par les entreprises
et établissements publics à l'issue d'appels d'offres
nationaux.
- Gestion des relations avec les organisations internationales
et nationales s'occupant des matières de leurs secteurs.
- Représentation de l'État dans les rencontres
nationales et internationales en rapport avec leurs secteurs.
- Gestion des agents de carrière des services publics
de l'État en collaboration avec le ministère de la Fonction
publique.
- Mise en oeuvre de la politique du Gouvernement pour la bonne
gouvernance et la lutte contre la corruption.
- Mobilisation des recettes assignées à leurs
services.
- Engagement des dépenses prévues au budget de
l'État suivant le crédit alloué.
- Avis préalable à l'agrément des ONG de
leurs secteurs.
- Vulgarisation de la législation en vigueur dans leurs
secteurs, avec le concours du ministère des Relations avec le
Parlement222(*).
De manière spécifique, il est chargé
de :
- Élaboration et mise en oeuvre de la politique
nationale des hydrocarbures.
- Octroi, suivi et contrôle des droits d'exploration et
d'exploitation pétrolière et gazière.
- Tutelle et supervision des entreprises publiques et
privées opérant dans le secteur des hydrocarbures.
- Négociation, conclusion et suivi des contrats
pétroliers (partage de production, concessions, etc.).
- Gestion des revenus issus des hydrocarbures en collaboration
avec le ministère du Budget et des Finances.
- Contrôle technique et environnemental des
activités pétrolières.
- Promotion de la recherche et du développement dans le
secteur des hydrocarbures.
- Représentation de l'État dans les instances
internationales liées au pétrole et au gaz.
- Coordination avec les ministères concernés
pour la gestion des ressources transfrontalières et la protection de
l'environnement.
- Mise en oeuvre des stratégies de valorisation des
produits pétroliers et gaziers223(*).
La Société nationale des hydrocarbures
(SONAHYDROC) prévue par la loi relative aux hydrocarbures de 2015
garantit la participation directe de l'Etat dans les projets d'hydrocarbures.
Par ailleurs, son autorité dans le secteur est faible224(*). Il importe de souligner que
le Conseil des ministres intervient pour valider les grands contrats. En ce qui
concerne l'Ouganda, les attributions du ministère en charge des
hydrocarbures se trouve dans le Document de politique nationale du
pétrole (National Petroleum Policy, 2025) et les lois
pétrolières de 2013 telles que modifiées à ce
jour.En Ouganda, de manière générale, le Ministère
de l'Energie et du Développement Minéral est chargé
de :
- Assurer l'établissement du potentiel pétrolier
complet du pays et promouvoir son exploitation durable.
- Superviser la planification, l'exploration, le
développement et la production des hydrocarbures225(*).
De manière spécifique, il est chargé
de226(*) :
- Expansion de l'exploration : cartographie géologique,
sismique, forages.
- Gestion de la production : encadrement du passage de
l'exploration à la phase de production.
- Renforcement de l'approvisionnement en aval :
sécurité énergétique et régulation des
importations/exportations.
- Promotion de la valeur ajoutée : transformation
locale, pétrochimie, gaz domestique.
- Environnement et durabilité : interdiction du
torchage, normes strictes de réduction des émissions.
- Transparence et gouvernance : publication des contrats,
contrôle parlementaire, gestion prudente des revenus227(*).
- Octroi et gestion des licences d'exploration et de
production (PSA, concessions).
- Supervision des sociétés
pétrolières et contrôle de la conformité technique
et environnementale.
- Gestion de la National Suppliers' Database et du
National Oil and Gas Talent Register pour encadrer les
opérateurs et la main-d'oeuvre.
- Coordination avec le Parlement pour l'affectation et la
surveillance des revenus pétroliers228(*).
1.3. Institutions de
gouvernance des hydrocarbures en Ouganda et en RD Congo
L'une des caractéristiques majeures du modèle
ougandais réside dans l'existence d'une autorité de
régulation indépendante, la PetroleumAuthority of Uganda (PAU).
Créée par le Petroleum (Exploration, Development and Production)
Act de 2013, cette institution est investie de la mission de superviser et de
réguler l'ensemble des activités pétrolières du
pays. La PAU veille au respect des normes techniques, économiques,
environnementales et sécuritaires applicables aux opérations,
tout en jouant un rôle central dans l'évaluation des demandes de
licences, le suivi de l'exécution des contrats et le contrôle des
opérateurs.
Parallèlement, l'Uganda National OilCompany (UNOC) agit
comme bras opérationnel de l'État dans les projets
pétroliers. Contrairement à la SONAHYDROC congolaise, l'UNOC
participe activement aux activités d'exploration, de production, de
raffinage et de commercialisation des hydrocarbures. Elle joue un rôle
stratégique dans la mise en oeuvre de la politique de contenu local et
dans l'optimisation des retombées économiques du secteur au
profit de l'État.
Le Parlement ougandais constitue également un acteur
incontournable de la gouvernance pétrolière. Informé des
procédures d'attribution des licences, il contrôle la gestion des
revenus pétroliers et exerce une surveillance politique permanente sur
les décisions gouvernementales. Cette implication parlementaire renforce
la transparence, la redevabilité et la crédibilité du
secteur auprès des partenaires techniques, financiers et des
investisseurs privés.
À l'inverse, le système institutionnel congolais
demeure marqué par une forte centralisation du pouvoir
décisionnel autour de l'exécutif. Le Ministère des
Hydrocarbures conserve une position dominante dans l'élaboration de la
politique pétrolière, l'octroi des droits, la négociation
des contrats et le contrôle des activités des opérateurs.
Le Conseil des ministres intervient dans la validation des principaux
engagements contractuels de l'État, tandis que la SONAHYDROC
représente les intérêts publics dans les projets
d'exploitation.
Afin de promouvoir la transparence, la loi de 2015 a
instauré plusieurs mécanismes de contrôle : inscription des
droits pétroliers dans un registre spécial, publication des
contrats au Journal officiel, publicité des procédures d'appel
d'offres et adhésion à l'Initiative pour la Transparence dans les
Industries Extractives (ITIE)229(*). Toutefois, l'efficacité de ces dispositifs
reste limitée par des contraintes structurelles telles que la faiblesse
des capacités institutionnelles, l'insuffisance des ressources humaines
et techniques, la faible autonomie des organes de contrôle et la
concentration des pouvoirs au sein de l'administration centrale.
Il se dégage de ce qui précède que
l'Ouganda dispose d'un Document de politique nationale dans le secteur qui
clarifie le rôle des institutions intervenant dans le secteur. L'organe
de régulation permet de garantir l'équilibre, la participation et
la compétition avec sociétés privées.
La PetroleumAuthority of Uganda assure le
contrôle des activités d'hydrocarbures en Ouganda, alors que pour
la RD Congo, le Ministère des hydrocarbures, organe politique, joue un
rôle de contrôle prépondérant dans la conduite des
activités d'hydrocarbures. La gestion des ressources
transfrontalières est également évoquée
étant donné la présence des ressources d'hydrocarbures
dans les cours d'eau séparant l'Ouganda avec d'autres pays, dont la RD
Congo. Les deux cadres institutionnels réaffirment la
nécessité d'assurer la protection de l'environnement et la
préservation des intérêts des générations
futures.
Sans préjudice des dispositions relatives à la
protection de l'environnement dans les deux pays, les deux cadres
institutionnels au plan des hydrocarbures intègrent la protection de
l'environnement, mais l'Ouganda semble aller plus loin en institutionnalisant
la gestion transfrontalière et en imposant des mécanismes
précis comme la consultation publique, l'interdiction du
torchage230(*), des
accords bilatéraux pour les aspects transfrontaliers. C'est dans cette
perspective que l'on a assisté à la signature de six protocoles
d'accord destinés à élargir la coopération
bilatérale RDC-Ouganda dans des secteurs aussi variés que la
sécurité, le commerce et l'énergie. Cette signature
découle directement des travaux de la 9? session de la Commission
permanente mixte, tenue à Kampala du 8 au 10 mai 2026.231(*) L'Ouganda a
intégré dans sa politique nationale la coordination des
activités transfrontalières (notamment avec la RDC sur le lac
Albert), le projet East AfricanCrudeOil Pipeline (EACOP) illustrant
cette coopération régionale, reliant l'Ouganda à la
Tanzanie, ainsi que les accords bilatéraux qui prévoient des
mécanismes de partage des revenus et harmonisation des normes
environnementales.
La RDC reste plus générale et moins
opérationnelle sur la coopération transfrontalière en
matière d'hydrocarbures à cause notamment de la présence
des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Section 2. Cadre juridique
des hydrocarbures en RD Congo
§1. Sources normatives du
droit pétrolier congolais
Le cadre juridique relatif aux hydrocarbures en
République Démocratique du Congo est porté principalement
par la Loi n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures et son Décret de mis en
application. Ce texte représente la modernisation du cadre juridique
sur les hydrocarbures et la spécialisation de ce domaine
séparé des mines avec lequel ils ont toujours été
organisés ensemble.
L'ordonnance-loi n°67-231 du 11 mai 1967 a
constitué le premier instrument juridique du Congo indépendant
portant sur la législation générale sur les mines et
hydrocarbures. Ce texte va être modifié par l'Ordonnance-loi
n°81-013 du 2 avril 1981, et qui va demeurer le cadre de
référence pour les hydrocarbures avant l'adoption de la loi de
2015. En effet, les mines ont été séparées des
hydrocarbures par la loi n°007/2002 du 15 juillet 2002 portant code
minier, créant ainsi une séparation de ces deux domaines,
laissant celui des hydrocarbures sous l'empire de l'ancienne loi devenue
inadaptée au regard de l'évolution du secteur.
§2. Régime
d'attribution des droits pétroliers en RD Congo
La loi de 2015 sur les hydrocarbures en RDC distingue les
activités d'hydrocarbures en amont (la prospection, l'exploration et
l'exploitation) ainsi que les activités d'hydrocarbures en aval (le
raffinage, le transport - stockage des produits pétroliers, la
fourniture des produits pétroliers, l'importation et commercialisation
des produits pétroliers, ainsi que l'industrie pétrochimique).
Les PetroleumActs de 2013 en Ouganda distingue les activités en amont,
intermédiaire et en aval. Les activités intermédiaires ne
constituent pas une catégorie explicite en RDC. PetroleumAct 2013
(Exploration, Development and Production) Act consacre les activités en
amont (upstreamactivities) que sont l'exploration, le développement et
la production. Le PetroleumAct 2013 (Refining, Conversion, Transmission and
Midstream Storage) Act consacre quant à lui les activités
intérmédiaires (midstream) que sont le raffinange, la conversion,
les pipelines et le stockage ; et en aval (downstream) que sont la
distribution, la fourniture, la pétrochimie ainsi que les
réserves stratégiques.
2.1. Attribution des
droits en amont en RDC
En République Démocratique du Congo, les
activités d'hydrocarbures en amont sont : la prospection,
l'exploration et l'exploitation232(*). Les droits d'exploration et d'exploitation des
hydrocarbures sont accordés en vertu d'un contrat de partage de
production ou un contrat de services par bloc à la suite d'une
procédure d'appel d'offres, conformément aux dispositions de la
loi et du règlement d'hydrocarbures233(*). Sans préjudice des dispositions de
l'article 15 de la loi relative aux hydrocarbures234(*), ces droits sont
accordés à la Société Nationale avec une ou
plusieurs personnes morales de droit congolais ou de droit étranger en
association qui, ensemble, forment le contractant vis à vis de
l'Etat.
2.1.1. Procédure
d'appels d'offre
La loi de 2015 fixe le régime général
applicable aux hydrocarbures, y compris le gaz naturel. Elle définit le
régime juridique et fiscal, d'une part, des activités de
prospection, d'exploration, d'exploitation, de transport, de commercialisation,
de raffinage, de transformation des hydrocarbures, et d'autre part, des
activités de fourniture, de transport, de stockage, de distribution et
de commercialisation des produits pétroliers ainsi que les règles
de protection de l'environnement s'y rapportant.
Dans cette perspective, elle s'assure que les
opérateurs pétroliers ou gaziers réalisent leurs projets
dans le respect de la compétitivité et la protection de
l'environnement, tout en évitant des attributions
discrétionnaires. Le ministère des hydrocarbures met en
concurrence les personnes morales de droit congolais et de dût
étranger pour l'attribution des droits d'exploration et d'exploitation
sur un bloc. L'article 36 prévoir que le Ministre ayant les
hydrocarbures dans ses attributions lance un avis à manifestation
d'intérêts publié dans la presse locale et internationale.
Les articles 36 et 43 de cette loi organisent la procédure de
sélection des opérateurs, la conclusion des contrats, leur
validation et leur publicité, ainsi que les garanties de
conformité juridique.
2.1.1.1. Transparence et
publicité
L'article 36 impose au ministre des Hydrocarbures de lancer un
avis à manifestation d'intérêts publié dans la
presse nationale et internationale. Cette disposition traduit une
volonté de transparence et d'ouverture à la concurrence
internationale. Les critères techniques et financiers sont
définis par le ministre mais doivent être validés par le
Conseil des ministres, ce qui introduit une garantie politique. La publication
des listes de soumissionnaires et des sélectionnés au Journal
officiel et sur le site du ministère renforce la
traçabilité235(*).
Il est prévu une procédure d'appel d'offres
restreint lorsque le potentiel d'un bloc est incertain ou que des contraintes
écologiques existent. Cette flexibilité permet de cibler des
opérateurs spécialisés, mais elle peut réduire la
transparence et ouvrir la voie à des négociations
discrétionnaires, dans un Etat comme la RDC où existe une faible
tradition d'état de droit236(*).
L'article 38 garantit la persistance de l'État, en cas
d'échec d'une première procédure, de nouveaux appels
d'offres doivent être organisés jusqu'à la conclusion du
marché. Cela évite l'abandon de blocs stratégiques, mais
peut prolonger indéfiniment les procédures si les conditions de
marché ne sont pas attractives. Le Ministère en charge des
hydrocarbures a ainsi la charge d'ajuster l'offre en rapport avec les exigences
écologiques et du marché pour éviter de prolonger
indéfiniment l'appel d'offres.
2.1.1.2. Participation de la
société nationale
L'article 39 impose à toute société
étrangère ou congolaise de s'associer à la
société nationale des hydrocarbures (SONAHYDROC). Cette
disposition vise à assurer la participation directe de l'État
dans les projets, favoriser le transfert de compétences et garantir une
captation des revenus. Toutefois, la faiblesse institutionnelle de la
SONAHYDROC peut décourager certains investisseurs, qui craignent une
lourdeur administrative ou une inefficacité
opérationnelle237(*).
2.1.1.3. Nature et
conclusion des contrats
L'article 40 prévoit que les contrats d'hydrocarbures
prennent la forme de contrats de partage de production (CPP) ou de contrats de
services. Le CPP est le modèle dominant en Afrique, car il permet
à l'État de conserver la propriété des ressources
tout en partageant la production avec l'opérateur. Le contrat de
services, plus rare, implique une rémunération fixe de
l'opérateur, ce qui limite son incitation économique.
Une triple validation des contrats est requise. D'abord, la
signature par les ministres des Hydrocarbures et des Finances, ensuite la
délibération en Conseil des ministres, et enfin, l'approbation
par ordonnance présidentielle. Cette procédure renforce la
légitimité politique et juridique, mais ralentit
considérablement le processus. La publication obligatoire au Journal
officiel et sur le site du ministère dans les 60 jours est une
avancée en matière de transparence, même si son application
concrète pose parfois problème. L'adhésion de la RDC
à l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives
(ITIE) contribue à renforcer la transparence et la conformité des
processus238(*). Par
ailleurs, la mauvaise gestion demeure toujours décriée.
2.1.1.4. Registre et
traçabilité
L'article 42 impose l'inscription des droits accordés
dans un registre dédié par le ministère. Ce registre est
un instrument de traçabilité et de transparence. Les
modalités d'accès aux données techniques et
géologiques sont fixées par règlement. En pratique,
l'accès reste souvent limité, ce qui réduit la confiance
des investisseurs et renforce les préoccupations de la
société civile.
2.1.1.5. Primauté de la
loi
La loi de 2015 sur les hydrocarbures, à la
lumière du code minier239(*), consacre un régime légal. Elle pose
la primauté de la loi sur les contrats240(*). Sous peine de nullité, les contrats ne
peuvent contenir de clauses dérogeant à la loi. L'abolition du
régime conventionnel protège la souveraineté de
l'État. Bien qu'il est critiqué de réduire la
flexibilité contractuelle nécessaire à l'adaptation aux
réalités économiques, il importe de souligner que cette
disposition garantit la sécurité juridique et empêche les
opérateurs de négocier des clauses contraires au régime
légal.
La procédure d'attribution des droits d'hydrocarbures
en amont traduit une volonté de concilier transparence
(publicité, registre, publication) et le contrôle politique
(Conseil des ministres, Président). La participation obligatoire de la
société nationale reflète une logique de
souveraineté économique. Par ailleurs, elle reflète une
centralisation excessive et faible capacité institutionnelle limitant
l'efficacité du système et son attractivité pour les
investisseurs nationaux et internationaux. La législation de la RDC
gagnerait à renforcer sa crédibilité auprès des
investisseurs nationaux et internationaux à travers une procédure
qui est encadrée par une autorité indépendante, un organe
de régulation et en faisant intervenir le parlement au sujet de la
validation des contrats comme en Ouganda241(*).
Comme l'on aura l'occasion de l'indiquer en conclusion, les
deux pays proposent des législations fondées sur des
modèles différents : centralisation politique,
souveraineté affirmée mais attractivité réduite
pour la RD Congo. Institutionnalisation technique, transparence
renforcée et attractivité accru pour l'Ouganda. Nonobstant cela,
il importe de souligner que le rôle écologique mondial
associé à la présence des ressources minières et
d'hydrocarbures immenses n'a pas à ce jour permis de mettre en place un
dispositif équilibriste nécessaire à la
préservation de l'environnement et à l'exploitation des
ressources naturelles. Certains estiment que cet équilibre pourrait
être inventé242(*). D'autres pensent qu'il apparaîtra de soi
comme un produit des basculements du pays entre vivier des minerais critiques
et hydrocarbures et « pays solution contre le changement
climatique243(*) ».
§3. Protection de
l'environnement et gestion transfrontalière des hydrocarbures entre la
RD Congo et l'Ouganda.
Ce paragraphe rappel l'importance à la protection de
l'environnement qu'accorde le cadre juridique de chaque pays, tout en insistant
sur la complexité de cette problématique pour la
République Démocratique du Congo qui est en même temps pays
solution contre le changement climatique et scandale géologique pour les
minerais critiques et stratégiques.
3.1. Protection de
l'environnement
Contrairement à l'Ouganda244(*), la gouvernance des
ressources naturelles d'un Etat comme la République Démocratique
du Congo (RDC) exige une recherche permanente d'équilibre entre la
préservation de l'environnement et le développement
économique. Plus que d'autres, les pouvoirs publics congolais font face
par nature à ce dilemme persistant. La RDC représente environ
62% de la superficie du bassin du Congo245(*), où l'on retrouve la plus grande
présence mondiale des tourbières246(*) nécessaires pour le
stockage du carbone, des forêts primaires et cours d'eau
nécessaires à la régulation du climat et une
biodiversité exceptionnelle. Sa forêt tropicale constitue le
deuxième poumon écologique du monde - il arrive que cette
forêt soit même en tête au niveau global chaque fois que la
déforestation de l'Amazonie accélère. Elle comprend
plusieurs aires protégées. Très récemment, par le
décret n°25/01 du 15 janvier 2025, la RD Congo a, à la suite
d'une résolution du Conseil des ministres du 1er novembre
2024, instauré le Couloir vert Kivu-Kinshasa, une aire
protégée à vocation de réserve communautaire, pour
protéger près de 100 000 km² de forêts primaires.
Le réseau d'aires protégées couvrait environ 11% du
territoire national247(*). A ce jour, il est porté à plus de
15% avec l'ambition de le ramener à 20% grâce à la mise en
place de ce Couloir vert Kivu-Kinshasa248(*). Ce couloir vise à préserver la
biodiversité, lutter contre le changement climatique et stimuler
l'économie verte249(*). Toutes ces aires protégées
permettent à la RD Congo de consolider son statut international de Pays
Solution contre les changements climatiques250(*) et de rendre incompatible toute destination de ces
espaces par rapport à l'exploitation des ressources minières ou
pétrolières.
Ce nouveau statut écologique vient s'associer à
celui de la RD Congo comme scandale géologique. Ce pays regorge de
mines, hydrocarbures, champs gaziers, et autres immenses ressources naturelles,
et devient un pays d'un intérêt stratégique global au
regard de ses production et réserves en minerais critiques251(*), dont l'exploitation est
indispensable pour favoriser la transition écologique globale. Il est
par exemple le producteur mondial inégalé de cobalt ou coltan et
deuxième producteur mondial de cuivre.
En ce qui concerne les hydrocarbures, la RDC cherche à
se positionner comme un acteur clé dans l'industrie
pétrolière en Afrique. Avec ses vastes réserves
pétrolières et gazières, ce secteur représente une
opportunité majeure pour le développement économique du
pays. Après l'adoption du code des hydrocarbures par la loi
n°15/012 du 1er août 2015, la RDC a lancé, le 28
juillet 2022, un vaste programme d'exploitation d'hydrocarbures consistant
à un appel d'offres pour 27 blocs pétroliers et 3 blocs
gaziers252(*). Ce
processus demeure en cours253(*).
Qu'il s'agisse de la RDC ou de l'Ouganda, la durabilité
est devenue un standard global pour la réalisation des activités
extractives254(*). Il
est prévu que toutes les activités d'hydrocarbures, qu'elles
soient en amont, en intermédiaire ou en aval, se réalisent
conformément à la législation relative à la
protection de l'environnement. En vue de s'assurer que l'exploitation
pétrolière se réalise de manière durable en
préservant les droits des générations présentes et
futures, l'Ouganda a adopté principalement en 2013 la
Petroleum(Exploration, Development and Production) Act255(*)ainsi que la Petroleum
(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage)Act256(*).La mise en place pour la RDC
de l'Agence Congolaise de l'Environnement (ACE), en tant
qu'établissement public bénéficiant d'une autonomie
administrative et financière et sous la tutelle du ministère de
l'environnement, constitue l'expression de la volonté de protéger
l'environnement global en RDC. Elle a pour tâches de définir le
processus de l'évaluation environnementale et sociale, de veiller
à l'exécution de tout projet/programme de développement
dans le strict respect des normes environnementales et sociales, et de pourvoir
au renforcement des capacités de l'administration congolaise ainsi que
des investisseurs publics et privés en matière
d'évaluation environnementale257(*).
L'Ouganda dispose également de l'Autorité
Nationale de Gestion de l'Environnement, appelée National Environment
Management Authority (NEMA). Elle est chargée, en ce qui concerne les
hydrocarbures, de mettre en place les règlements relatifs à la
gestion, au stockage, au traitement et à la disposition des
déchets issus des opérations
midstreampétrolières258(*). Il est fait obligation pour tout titulaire de
droit ou licence de se conformer aux principes environnementaux prévus
dans les deux PetroleumActde 2013 ou à la législation en
matière de protection de l'environnement de manière
générale259(*). Il est requis une licence environnementale
préalable pour les activités pétrolières en
amont260(*). Pareille
licence est octroyée sous forme de certificat environnemental par
l'Agence Congolaise de l'Environnement en RDC261(*). Il est, en effet, prévu que l'Agence
Congolaise de l'Environnement, le Fonds national de promotion et de service
social, en collaboration avec la Direction chargée de la protection de
l'environnement minier et, le cas échéant, tout autre organisme
de l'Etat concerné, instruisent l'EIES et le PGES relatifs à la
demande de droit minier d'exploitation ou de l'autorisation d'exploitation de
carrière permanente, le PAR relatif à une demande d'autorisation
d'exploitation de carrière temporaire, le dossier de la demande de
transfert du droit minier ou de l'autorisation d'exploitation de
carrières permanente, ainsi que le plan pour la contribution du projet
au développement des communautés environnantes262(*).
Comme pour l'ACE, la NEMA est l'agence principale en Ouganda
chargée de réglementer, surveiller, superviser et coordonner
toutes les activités liées à l'environnement. Elle
évalue l'impact environnemental des projets/programmes et propose des
mesures correctives, délivre le certificat environnemental et participe
à l'information publique263(*).
En somme, il importe de rappeler que les règles de
participation citoyenne en matière d'hydrocarbures sont plus
élaborées dans la législation ougandaise d'hydrocarbures
que la législation congolaise d'hydrocarbures. En RD Congo, ces
règles apparaissent dans les décrets d'application de la loi sur
l'environnement264(*).
Les reprendre dans la loi sur les hydrocarbures offrirait une
référence spécifique aux opérateurs du secteur.
3.2. Gestion
transfrontalière des hydrocarbures
Les législations de deux pays portent sur les
activités d'hydrocarbures réalisées en RDC et en Ouganda.
Par ailleurs, elles intègrent certaines dispositions renseignant sur
l'idée d'exploitation transfrontalière des
hydrocarbures265(*).
Etant donné qu'aucun pays ne peut légiférer sur une
matière ne relevant pas de sa compétence, les deux pays ont
signé six (06) protocoles d'accord destinés à
élargir la coopération bilatérale
RDC-Ouganda dans des secteurs variés, dont le commerce et
l'énergie. Cette signature découle directement des travaux de la
9? session de la Commission permanente mixte, tenue à Kampala du 8 au 10
mai.266(*) L'Ouganda a
intégré dans sa politique nationale la coordination des
activités transfrontalières (notamment avec la RDC sur le lac
Albert), le projet East AfricanCrudeOil Pipeline (EACOP) illustrant
cette coopération régionale267(*), reliant l'Ouganda à la Tanzanie, ainsi que
les accords bilatéraux qui prévoient des mécanismes de
partage des revenus et harmonisation des normes environnementales.
La RDC et l'Ouganda partagent une frontière commune.
La signature d'un accord sur l'énergie ouvra la participation de la RDC
au projet East AfricanCrudeOil Pipeline (EACOP) et à la
coordination sur l'exploitation transfrontalière des ressources en
hydrocarbures dans la zone commune, notamment dans le lac Edouard. Il s'agit
d'une problématique congolaise, régionale et internationale.
En effet, ce lac constitue la frontière entre la
République Démocratique du Congo et l'Ouganda. Du
côté de la République Démocratique du Congo, le lac
Edouard fait partie intégrante du Parc National des Virunga, un site
inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Un bien du patrimoine commun de
l'humanité, comme le Parc national des Virunga268(*), n'a pas une destination
compatible avec l'exploitation pétrolière.
Le Parc National des Virunga, classé patrimoine mondial
de l'UNESCO depuis 1979, est l'un des écosystèmes les plus riches
mais en même temps les plus menacés d'Afrique269(*). Il incarne à la fois
un sanctuaire écologique d'importance planétaire et un espace de
tensions économiques et sociales. Situé à la
frontière entre la RD Congo et l'Ouganda, il abrite une
biodiversité exceptionnelle, notamment les derniers gorilles de
montagne270(*). En
2010, à la suite du contrat de partage de production signé le 05
décembre 2007 entre la RDC et la Congolaise des Hydrocarbures
(COHYDRO)271(*),
Dominion Petroleum Congo et Sydney OilCompany (SOCO)272(*) pour l'exploration et la
production en RDC273(*)
sur le blob V du Graben Albertine274(*) ; le gouvernement congolais avait
autorisé la société SOCO à entreprendre des
activités d'exploration dans le lac Edouard, compris entièrement
dans le Parc National des Virunga275(*), patrimoine de l'humanité276(*).
Comme indiqué précédemment, ce lac
constitue la frontière entre la République Démocratique du
Congo et l'Ouganda. Du côté de la République
Démocratique du Congo, le lac Edouard fait partie intégrante du
Parc National des Virunga, un site inscrit au patrimoine mondial de
l'UNESCO277(*), un bien
dont la destination n'est pas compatible avec l'exploitation
pétrolière. Du côté ougandais,
l'incompatibilité ici décrite n'existe pas. L'Ouganda peut ainsi
dans la partie qui est sienne du lac Edouard réaliser des
activités incompatibles mais légitimes, avec un impact sur le
même bien. Autrement dit, il s'agit du même bien qui, à
cause des régimes différents de part et d'autre de la
frontière, peut recevoir des activités incompatibles d'un
côté, alors que celles-ci sont proscrites de l'autre
côté ; bien que les conséquences soient les
mêmes dès que l'une des parties s'engagent à
réaliser une activité incompatible.
Cette question demeure au centre des débats et
interpelle sur la gestion des gisements transfrontaliers. Elle permet de
chercher à savoir dans quelle mesure les législations relatives
à l'exploitation des hydrocarbures dans les deux Etats (RDC et Ouganda)
permettent-elles une gestion compatible, équitable et durable des
ressources en hydrocarbures du lac Edouard ; sachant que la partie
Ougandaise du lac n'est pas soumise aux mêmes exigences ? Elle
permet aussi de dégager les points de convergence et de divergence entre
les législations des deux pays en matière de gouvernance, de
régimes contractuels et de participation communautaire en matière
de gestion des hydrocarbures.
Pour revenir à ce qui est décrit ci-dessus,
certains auteurs278(*)
proposent une approche fondée sur l'intégralité du site.
Cette approche permet de concilier l'impératif d'exploitation
pétrolière à celle de conservation de
l'intégrité écologique du site transfrontalier, ici le
Parc National des Virunga (lac Edouard), en permettant, à travers un
cadre trilatéral (RDC, Ouganda, UNESCO), une exploitation
pétrolière du côté ougandais avec des
mécanismes d'atténuation au bénéfice du Parc
National des Virunga et de partage des bénéfices entre les deux
Etats. Elle se fonde sur l'intégralité du site dans un contexte
transfrontalier de continuité géographique où une partie
est classée patrimoine de l'humanité et l'autre ne l'est pas.
Comme le lac Edouard sépare l'Ouganda de la RDC, et que la partie
congolaise de ce lac est entièrement comprise dans le Parc National des
Virunga et est donc soumise au régime juridique, aux
incompatibilités et aux contraintes des biens du patrimoine mondial de
l'humanité, conformément à la convention UNESCO ; sa
destination est par nature incompatible avec la conduite des activités
pétrolières. Les permis d'exploration émis dans cette
partie du lac ont été considérés comme une
violation par la RDC de ses obligations au regard du droit de
l'UNESCO279(*). La
partie ougandaise du lac Edouard n'est comprise dans aucun
périmètre d'un patrimoine commun de l'humanité.
De ce fait, les activités d'exploration et
d'exploitation pétrolières s'y réalisent
conformément à la législation ougandaise. Toutefois, il
est démontré que les conséquences environnementales de ces
activités pétrolières présentent des risques
élevés d'extension vers la partie congolaise. Le droit de
l'UNESCO ne s'oppose pas à une exploitation pétrolière,
lorsque celle-ci est conduite en dehors du périmètre
classé et accompagnée de mesures d'atténuation
robustes280(*). Le fait
pour l'autre partie du lac Edouard de se retrouver en Ouganda fait
échapper les activités normalement incompatibles aux exigences
élevées requises pour tout bien commun de l'humanité
inscrit sur la liste de l'UNESCO. L'UNESCO ne peut imposer des obligations
à l'Ouganda qui n'a pas inscrit sa portion du site. Dans cette optique,
l'approche dite transfrontalière que propose ce travail suggère
la mise en place d'un cadre trilatéral RDC, Ouganda, UNESCO, dont la
mission consisterait à assurer que l'exploitation
pétrolière soit menée exclusivement du côté
ougandais - cela permettrait de réduire les impacts directs sur le Parc
National des Virunga et préserver son intégrité
écologique du fait de la mise en place des mesures d'atténuation
à partir de l'Ouganda - et à partager les bénéfices
générés par les activités pétrolières
réalisées en Ouganda entre l'Ouganda et la RDC ; ainsi que
le partage des bénéfices des revenus issus de la
préservation du site de l'UNESCO (tourisme) par la RDC entre l'Ouganda
et la RDC.
L'approche bénéficie à la RDC et
l'humanité : en s'assurant que l'exploitation
pétrolière soit menée exclusivement du côté
ougandais, le Parc National des Virunga va conserver son statut de protection
comme site du patrimoine de l'humanité et préserver ainsi sa
biodiversité exceptionnelle. Grâce à ce statut, la RDC
pourrait alors oeuvrer à libérer tout le potentiel de ce parc
dont la valeur économique potentielle est estimée à
dollars américains 48 900 000, avec la possibilité de
dépasser la barre de dollars américains
1 100 000 000 par an, et générer plus de
45 000 emplois281(*). La compensation des revenus pétroliers par
l'Ouganda pourrait se faire à ce niveau avec la RDC.
Non seulement pour la RDC et l'humanité, l'approche
évoqué plus haut présente un bénéfice
également pour l'Ouganda et l'humanité : en s'assurant que
l'exploitation pétrolière soit menée exclusivement du
côté ougandais, ce projet, désormais commun, ne pourra
s'étendre et englober les nappes phréatiques/ couches
situées du côté de la RDC. Plus important encore,
l'Ouganda et la RDC auront réaffirmé la valeur universelle
exceptionnelle d'un site de l'UNESCO. En effet, certains sites du patrimoine
naturel ou culturel sont tellement importants que leur protection n'incombe pas
seulement à un Etat, mais à la communauté internationale
dans son ensemble, pour la génération présente et toutes
les générations futures282(*).
Enfin, l'approche évoquée présente un
bénéfice pour l'humanité et l'UNESCO : étant
donné la continuité géographique du lac Edouard
séparant un site de l'UNESCO, le Parc National des Virunga en
République Démocratique du Congo avec l'Ouganda ; en
s'assurant que l'exploitation pétrolière soit menée
exclusivement du côté ougandais, l'intégrité
écologique de ce site du patrimoine de l'humanité sera
préservée, notamment grâce aux mesures d'atténuation
à réaliser à partir de l'Ouganda, pour réduire ou
annihiler les conséquences des activités
pétrolières y menées.
En définitive, si l'exigence de protéger
l'environnement est la même pour tous les pays du monde, la
complexification est différente étant donné que,
contrairement à l'Ouganda, la gouvernance des ressources naturelles d'un
Etat comme la République Démocratique du Congo exige une
recherche permanente d'équilibre entre la préservation de
l'environnement et le développement économique. En effet, la RD
Congo est en même temps scandale géologique en renfermant des
ressources minérales immenses, dont les minerais critiques
nécessaires à la transition écologique pour les pays
pollueurs, et en même temps le pays solution contre le changement
climatique, en renfermant la réserve mondiale des tourbières au
sein de la deuxième forêt la plus immense du monde.
En ce qui concerne la gestion transfrontalière des
ressources d'hydrocarbures, il importe de noter que les législations de
deux pays portent sur les activités d'hydrocarbures
réalisées au niveau national. Par ailleurs, certaines
références apparaissent, donnant l'impression de renseigner sur
la volonté ou possibilité d'activités
transfrontalières. Pour matérialiser cette possibilité,
les deux pays ont signé six (06) protocoles d'accord destinés
à élargir la coopération bilatérale RD Congo -
Ouganda dans des secteurs variés, dont le commerce et
l'énergie. L'Ouganda a intégré dans sa politique
nationale la coordination des activités transfrontalières
(notamment avec la RD Congo sur le lac Albert), le projet East
AfricanCrudeOil Pipeline (EACOP) illustrant cette coopération
régionale, reliant l'Ouganda à la Tanzanie, ainsi que les accords
bilatéraux qui prévoient des mécanismes de partage des
revenus et harmonisation des normes environnementales, techniques, sanitaires
et sécuritaires. L'exploitation d'hydrocarbures dans la zone ougandaise
du lac Edouard, qui constitue la frontière entre les deux pays,
mérite une attention particulière, car elle affecterait
l'intégrité du site du patrimoine mondial de l'humanité du
côté de la RD Congo, qui est le Parc National des Virunga.
Section 3.
Appréciation critique des cadres juridiques
§2. Atouts et limites des
régimes juridiques
L'analyse comparée des cadres juridiques des
hydrocarbures en Ouganda et en République Démocratique du Congo
met en évidence deux approches institutionnelles distinctes. L'Ouganda
se caractérise par une régulation institutionnalisée et
indépendante, incarnée par la PetroleumAuthority of Uganda (PAU),
qui supervise les activités pétrolières et garantit le
respect des normes techniques, économiques et environnementales. Ce
modèle est renforcé par l'implication du Parlement283(*) dans le contrôle des
contrats et des revenus, ainsi que par une politique de contenu local
développée via l'Uganda National OilCompany (UNOC). Ces
éléments favorisent une gouvernance plus transparente et
inclusive, bien que des critiques subsistent concernant l'influence persistante
de l'exécutif et les défis liés à la redistribution
équitable des revenus et aux risques environnementaux.
En République Démocratique du Congo, le cadre
juridique modernisé par la Loi n°15/012 de 2015 consacre la
souveraineté permanente de l'État sur les ressources
pétrolières et gazières, tout en introduisant des
mécanismes de transparence tels que la publication des contrats,
l'inscription des droits dans un registre officiel et l'adhésion
à l'ITIE284(*).
Toutefois, l'efficacité de ce dispositif est limitée par la
centralisation du pouvoir décisionnel au sein du Ministère des
Hydrocarbures et de l'exécutif, la faiblesse institutionnelle de la
SONAHYDROC et l'insuffisance des capacités techniques de
l'administration publique. Ainsi, tandis que l'Ouganda privilégie un
modèle fondé sur la spécialisation institutionnelle et la
régulation indépendante, la RD Congo demeure attachée
à une gouvernance centralisée, ce qui explique les performances
contrastées des deux pays en matière d'attractivité des
investissements et de transparence.
§2. Contraintes juridiques
transfrontalières
L'exploitation des hydrocarbures dans les zones
frontalières, notamment au niveau du lac Édouard situé
dans le Graben Albertin, constitue un défi juridique majeur pour la
République Démocratique du Congo et l'Ouganda. L'absence d'un
accord bilatéral spécifique de gestion commune des gisements
transfrontaliers limite la coopération et accroît les risques de
contestations. Contrairement à certaines expériences
internationales fondées sur la unitisation ou le développement
conjoint, les deux États ne disposent pas encore d'un cadre normatif
complet permettant d'organiser l'exploration, l'exploitation et le partage des
bénéfices. À cette lacune s'ajoutent des divergences
législatives : l'Ouganda a intégré des mécanismes
de coopération régionale et transfrontalière, notamment
à travers le projet East AfricanCrudeOil Pipeline (EACOP)285(*), tandis que la
législation congolaise demeure relativement générale et
peu opérationnelle sur ces aspects.
Ces insuffisances accroissent les risques de conflits
liés à l'exploitation unilatérale de gisements
situés à proximité des frontières, pouvant
engendrer des litiges sur la propriété des ressources, la
répartition des revenus et les impacts environnementaux286(*). L'absence de
mécanismes clairs de partage des bénéfices constitue une
faiblesse supplémentaire, dans un contexte où les
communautés locales supportent les conséquences sociales et
écologiques des activités extractives. La mise en place d'un
dispositif équitable de redistribution et de coopération
transfrontalière apparaît dès lors indispensable pour
prévenir les tensions, renforcer la sécurité juridique et
assurer une gestion durable des ressources naturelles.
§3. Enjeux
transversaux
Au-delà des différences institutionnelles et
contractuelles observées entre les deux pays, trois enjeux transversaux
apparaissent comme déterminants pour l'avenir de la gouvernance des
hydrocarbures : la protection de l'environnement, la participation des
communautés locales et la transparence dans la gestion des ressources
naturelles.
Le premier enjeu concerne la protection de l'environnement.
Cette question revêt une importance particulière dans le contexte
de la République Démocratique du Congo, dont une partie du
potentiel pétrolier se situe à proximité ou à
l'intérieur d'écosystèmes d'importance mondiale. Le cas du
Parc National des Virunga, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de
l'UNESCO depuis 1979, illustre parfaitement cette
problématique287(*). L'exploitation pétrolière dans des
zones écologiquement sensibles soulève des interrogations
majeures quant à la compatibilité entre les impératifs de
développement économique et les obligations internationales de
conservation de la biodiversité288(*).
Le deuxième enjeu concerne la participation des
communautés locales. Sur ce point, le système ougandais
apparaît relativement plus avancé. Les lois
pétrolières de 2013 prévoient des procédures de
consultation publique, des mécanismes d'information des populations
affectées ainsi que la possibilité pour celles-ci de formuler des
observations ou des objections lors de l'attribution de certaines licences
pétrolières289(*). En RD Congo, bien que la participation
communautaire soit reconnue dans la législation environnementale
générale, son intégration dans le cadre spécifique
des hydrocarbures demeure moins développée et largement
dépendante des mécanismes prévus par les études
d'impact environnemental et social290(*).
Enfin, le troisième enjeu est celui de la transparence
et de la bonne gouvernance. L'Ouganda a progressivement renforcé les
mécanismes de publicité des contrats, de contrôle
parlementaire et de suivi institutionnel des revenus
pétroliers291(*).
La RD Congo, de son côté, a adhéré à
l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et
impose désormais plusieurs obligations de publication relatives aux
contrats et aux droits pétroliers292(*). Toutefois, la mise en oeuvre effective de ces
mécanismes demeure tributaire du renforcement des capacités
institutionnelles, de l'indépendance des organes de contrôle et de
la consolidation de l'État de droit.
En définitive, l'avenir du secteur des hydrocarbures
dans les deux pays dépendra largement de leur capacité à
concilier exploitation économique des ressources, protection de
l'environnement, participation citoyenne et gouvernance transparente. Ces
exigences apparaissent aujourd'hui comme des conditions essentielles pour
assurer une gestion durable et équitable des ressources
pétrolières dans la région du Graben Albertin.
Tableau synthèse qui met en
évidence les atouts, limites, contraintes et enjeux transversaux des
cadres juridiques de la République Démocratique du Congo et de
l'Ouganda :
|
ELEMENTS
|
RD CONGO
|
OUGANDA
|
|
Atouts
|
- Législationmoderne (loi de 2015),
- Affirmation forte de la souveraineté de
l'État,
- Protection environnementale renforcée
|
- Autorité de régulation indépendante
(PAU)
- Implication parlementairesignificative
- Attractivité accrue pour les investisseurs
- Système de contenu local développé
|
|
Limites
|
- Centralisation excessive des décisions
- Faiblessesinstitutionnelles et techniques
- Faible autonomie des organes de contrôle
|
- Défis liés à la gestion des ressources
transfrontalières
- Nécessité d'harmoniser les normes
régionales
|
|
Contraintestransfrontalières
|
- Absence d'accord spécifique de gestion commune
- Divergences normatives avec l'Ouganda
- Risques de conflits sur les gisements partagés
- Insuffisance des mécanismes de partage des
bénéfices
|
- Mise en place d'accords bilatéraux (ex. EACOP)
- Institutionnalisation de la
gestiontransfrontalière
- Consultation publiqueobligatoire
|
|
Enjeuxtransversaux
|
- Protection du Parc National des Virunga (UNESCO)
- Participation communautairelimitée
- Transparence via l'adhésion à l'ITIE
|
- Protection environnementale renforcée (interdiction
du torchage)
- Participation communautaireinstitutionnalisée
- Transparence accrue grâce au contrôle
parlementaire
|
CHAPITRE TROIS :
CONVERGENCES OU DIVERGENCES DES LEGISLATIONS PETROLIERES DE L'OUGANDA ET DE LA
RD CONGO
L'analyse de ce chapitre portera essentiellement sur les
points de convergence relatifs à la souveraineté, à la
fiscalité et à la protection de l'environnement, ainsi que sur
les divergences institutionnelles et politiques propres à chaque pays.
Enfin, ce chapitre abordera les perspectives d'harmonisation et de
coopération législative susceptibles de favoriser une gestion
concertée, durable et pacifique des ressources pétrolières
du bassin du lac Édouard.
Section 1. Convergences
entre les législations ougandaise et congolaise
L'examen des convergences met en évidence les principes
communs qui structurent les législations pétrolières
ougandaise et congolaise, traduisant la volonté commune des deux
États d'assurer leur souveraineté sur les ressources naturelles
ainsi que de garantir une exploitation encadrée, rationnelle et durable
des hydrocarbures.
§1. Reconnaissance de la
souveraineté étatique sur les ressources naturelles
La reconnaissance de la souveraineté des états
sur leurs ressources naturelles est l'un des principes fondamentaux du droit
international qui a été établi par la Résolution
1803 (XVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies en
1962 et qui structurent les législations pétrolières de
l'Ouganda aussi bien celles de la RD Congo. Ce principe stipule que le droit de
souveraineté permanente des peuples et des nations sur leurs richesses
et ressources naturelles doit s'exercer dans l'intérêt du
développement national et du bien-être de la population de
l'État intéressé. La résolution vise à
trouver un compromis entre les décisions des pays de réglementer
leurs actifs et la demande du monde occidental d'une protection
renforcée des investissements étrangers293(*).
La souveraineté permanente sur les ressources
naturelles est un domaine de compétence nationale où
l'État jouit d'une compétence totalement discrétionnaire.
Cela signifie que l'État peut disposer librement de ses ressources
naturelles, y compris le droit de contrôler, de réglementer,
d'exploiter et de prospecter librement. Cependant, cela ne signifie pas que
l'État peut agir à tout égard, car il doit
également respecter les droits et devoirs des autres États
conformément au droit international.
En ce qui concerne, le domaine des hydrocarbures, cette
souveraineté étatique implique que l'Etat demeure le
propriétaire exclusif des ressources pétrolières
situées sur son territoire terrestre, lacustre ou maritime. À ce
titre, il dispose du pouvoir de réglementer les activités
d'exploration, d'exploitation et de commercialisation des hydrocarbures, ainsi
que d'accorder des droits pétroliers aux entreprises nationales ou
étrangères. Cette prérogative permet à
l'État de contrôler l'accès aux ressources
stratégiques et d'assurer que leur exploitation contribue au
développement national.
En République Démocratique du Congo, tout comme
en Ouganda, ce principe est consacré dans leurs constitutions
respectives et renforcer par leurs lois nationales. Pour la RD Congo, il s'agit
de l'article 9 de sa constitution de 2009 telle que modifiée à ce
jour et renforcer par la Loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant
régime général des hydrocarbures. Pour la
République de l'Ouganda, il s'agit de la constitution de 1995 ainsi que
le Petroleum (Exploration, Development and Production) Act de 2013.
§2. Cadre juridique et
institutionnel encadrant l'exploitation des hydrocarbures
La République Ougandaise et la République
Démocratique du Congo ont chacun instauré des dispositifs
normatifs et institutionnels destinés à organiser et superviser
les activités liées à la prospection, l'exploration et
à l'exploitation pétrolière. Cette convergence traduit une
volonté partagée de garantir une gestion encadrée du
secteur des hydrocarbures, de sécuriser les investissements et de
préserver les intérêts stratégiques nationaux.
Le secteur d'hydrocarbures, pour la RD Congo est
principalement régi par la Loi n°15/012 du 1er
août 2015 portant régime général des
hydrocarbures et du Les Décret n° 25/14 du 1er Avril 2025 portant
Règlement d'Hydrocarbures, qui définit les modalités
d'octroi des droits pétroliers, les obligations des
sociétés exploitantes, les règles fiscales applicables
ainsi que les mécanismes de contrôle administratif. La gestion
institutionnelle relève de l'Etat congolais par l'entremise du
Ministère des Hydrocarbures, qui procède à
l'élaboration et l'application de la politique nationale des
hydrocarbures, la préparation des projets de lois et règlements
relatifs au secteur pétrolier, l'octroi, le suivi et le contrôle
des droits pétroliers accordés aux entreprises, la
négociation et la supervision des contrats pétroliers, le
contrôle des activités d'exploration, d'exploitation, de
production et de commercialisation des hydrocarbures, la protection des
intérêts de l'État dans les opérations
pétrolières, la coordination avec les autres institutions
publiques intervenant dans les domaines environnemental, fiscal et
énergétique, le suivi des obligations techniques,
financières et environnementales des sociétés
pétrolières et la SONAYDROC, chargés d'assurer la
participation directe ou indirecte de l'Etat aux activités
d'hydrocarbures en amont et en aval294(*).
Quant à l'Ouganda, le cadre législatif repose
principalement sur le Petroleum (Exploration, Development and Production) Act
de 2013 et le Petroleum (Refining, Conversion, Transmission and Midstream
Storage) Act de 2013, qui encadrent respectivement les activités
pétrolières en amont et en aval. Ces textes précisent les
conditions d'octroi des licences et les obligations des investisseurs. Toute
personne souhaitant exercer des activités pétrolières doit
obligatoirement demander au Ministre des hydrocarbures une licence
d'exploration pétrolière ou de production, conformément
aux articles 52 et 53 de la loi Ougandaise sur le pétrole295(*).
Par ailleurs, l'Ouganda a institué deux organes
spécialisés : d'un côté le PetroleumAuthority of
Uganda (PAU)296(*),
responsable de surveiller et réguler les activités
pétrolières, y compris l'estimation des réserves et la
mesure du pétrole et du gaz produits, d'examiner et approuver toute
activité d'exploration proposée contenue dans le programme de
travail annuel, le programme d'évaluation et les prévisions de
production soumis par un titulaire de licence, examiner et approuver les
budgets soumis par un titulaire de licence, évaluer les plans de
développement des champs et faire des recommandations au Ministre pour
l'approbation, l'amendement ou le rejet des plans, conseiller le Ministre lors
de la négociation des accords pétroliers et dans l'octroi et la
révocation des licences, évaluer la production en fin de cycle et
la cessation des activités pétrolières ainsi que le
démantèlement, participer à la mesure du pétrole
afin de permettre l'estimation et l'évaluation des redevances et du
pétrole ou gaz de profit dû à l'État et être
responsable de l'approbation de l'exercice, s'assurer que les titulaires de
licences respectent les lois, règlements, règles et termes du
contrat, administrer les accords pétroliers, assurer les niveaux
optimaux de récupération des ressources
pétrolières, fournir des informations à l'autorité
compétente pour la collecte des impôts et des redevances provenant
des activités pétrolières, garantir l'établissement
d'une base de données centrale des personnes impliquées dans les
activités pétrolières, gérer les données
pétrolières et fournir des mises à jour périodiques
ainsi que la publication de l'état des activités
pétrolières297(*).
Et de l'autre côté, Uganda National OilCompany
(UNOC)298(*), avec comme
mission de gérer les intérêts commerciaux de l'État
dans le sous-secteur pétrolier, gérer la participation de
l'État dans les activités pétrolières, gérer
la commercialisation de la part de pétrole du pays reçue en
nature, gérer les aspects commerciaux de la participation de
l'État, développer une expertise approfondie dans l'industrie
pétrolière et gazière, optimiser la valeur pour ses
actionnaires, participer conformément aux termes de l'accord
pétrolier, dans des coentreprises dans lesquelles elle détient un
intérêt au nom de l'État, participer aux réunions
des comités opérationnels pour faire avancer sa participation
dans les accords de coentreprise respectifs, enquêter et proposer de
nouvelles entreprises en amont, au milieu et en aval, initialement localement
mais plus tard à l'international299(*).
Ainsi, en République Démocratique du Congo comme
en Ouganda, l'existence de législations spécifiques et
d'institutions de régulation illustre une orientation convergente vers
le renforcement de la gouvernance du secteur des hydrocarbures et une meilleure
maîtrise des ressources naturelles, dans le but de sauvegarder les
intérêts nationaux et de promouvoir un développement
durable.
§3. Obligation de prendre
en compte les impératifs de développement durable dans les
régimes d'exploitation pétrolière
Les républiques Ougandaise et congolaise
intègrent dans leurs législations des dispositions relatives
à la protection de l'environnement et au développement durable.
En République Démocratique du Congo, les
articles 155 à 158 de la loi sur les hydrocarbures rend obligatoire la
prise en compte des impératifs du développement durable en
imposant aux entreprises pétrolières et gazières,
l'édiction des règles relatives à l'hygiène,
à la sécurité et à la protection de l'environnement
et du patrimoine culturel300(*).
Cette loi, soumise à la procédure d'approbation
prévue par la loi portant principes fondamentaux relatifs à la
protection de l'environnement, impose l'obligation de faire une étude
d'impact environnemental (EIE) dans le secteur des hydrocarbures. Cette
dernière stipule que tous les projets de développement, y compris
ceux impliquant des activités minières, doivent subir une
évaluation de leur impact environnemental et social avant leur mise en
oeuvre301(*).
Pour identifier et évaluer les impacts potentiels de
leurs activités sur l'environnement, les entreprises doivent
réaliser au préalable des études d'impact environnemental
et social (EIES), assortie de son plan de gestion prévue par la
présente loi, elle comporte notamment : une analyse de
l'état initial du site, une description des activités
envisagées et le cadre juridique dans lequel elles s'exercent, une
analyse des alternatives aux activités proposées, y compris
l'évaluation comparative de leurs incidences positives ou
négatives sur l'environnement et sur la population, les mesures
envisagées pour prévenir, réduire, compenser,
réparer ou, dans la mesure du possible, supprimer les
conséquences dommageables pour l'environnement, les mesures
compensatoires pour les populations affectées par une
réinstallation, le coût et les modalités
d'exécution. De plus, des audits environnementaux réguliers sont
requis pour s'assurer de la conformité des activités aux normes
environnementales en vigueur. Le non-respect de ces obligations peut
entraîner des sanctions, y compris des amendes et in fine la suspension
des activités.
En Ouganda, la législation pétrolière
prévoit des obligations environnementales strictes, notamment
l'élaboration de plans de gestion environnementale et la
conformité aux standards internationaux. Les titulaires de licences
pétrolières doivent respecter les principes environnementaux dans
toutes leurs activités et confier la gestion des déchets
pétroliers à des entités agréées par le
National Environment Management Authority (NEMA), dont la mission est de
coordonner, superviser et réglementer les questions environnementales,
en particulier dans les secteurs extractifs tels que les hydrocarbures. La loi
autorise également le Ministre, par accord avec un État
étranger, à édicter des règles relatives à
la responsabilité pour les dommages causés par la pollution issue
des activités pétrolières302(*), renforçant ainsi la
coopération transfrontalière en matière de protection
écologique.
L'article 71(i) de la loi ougandaise exige en outre une
évaluation préalable des impacts potentiels des activités
pétrolières sur l'environnement, les activités sociales et
autres secteurs pertinents, confirmant l'importance accordée à la
durabilité et à la préservation des
écosystèmes. Ces dispositions traduisent une prise en compte
croissante des enjeux environnementaux liés au bassin du lac
Édouard et au Graben Albertin, zones écologiquement sensibles,
bordées d'un côté par le Parc National des Virunga en RD
CONGO et de l'autre par le Parc Queen Elizabeth en Ouganda.
Ce faisant, la République Démocratique du Congo
et l'Ouganda intègrent dans leurs législations respectives des
dispositions communes visant à assurer la protection de l'environnement
dans le secteur pétrolier. Ces normes traduisent la volonté des
deux États riverains de préserver la zone du lac Édouard,
espace de continuité territoriale caractérisé par un
écosystème d'une grande valeur écologique et doté
d'un potentiel économique considérable pour les
communautés locales.
Dans cette perspective, l'exploitation
pétrolière dans cette région exige la réalisation
d'études environnementales approfondies, une coopération
stratégique transfrontalière, ainsi que le recours à des
moyens techniques avancés adaptés à la préservation
de cet écosystème fragile. Cette approche conjointe
apparaît indispensable pour concilier développement
économique et sauvegarde durable des ressources naturelles.
Section 2. Divergences
entre les législations ougandaise et congolaise
L'analyse des divergences met en lumière les
différences institutionnelles, procédurales et politiques propres
à chaque État, lesquelles traduisent des orientations juridiques
et des modes de gouvernance distincts dans la gestion et l'exploitation des
ressources en hydrocarbures.
§1. Différences
législatives dans l'octroi des droits pétroliers en RD Congo et
en Ouganda
Bien que l'Ouganda et la République Démocratique
du Congo reconnaissent tous deux la souveraineté de l'État sur
les hydrocarbures, leurs législations présentent des
différences notables quant aux procédures d'attribution, au
rôle des institutions publiques et au degré de contrôle
exercé par l'État. L'attribution des droits pétroliers en
RD Congo tout comme en Ouganda, constitue un mécanisme fondamental de la
gouvernance des hydrocarbures, en ce qu'elle détermine les conditions
juridiques et administratives dans lesquelles l'État autorise les
sociétés pétrolières à exercer des
activités de prospection, d'exploration et d'exploitation de ressources
pétrolières.
a) Attribution des droits pétroliers en RD Congo
Le régime d'octroi des droits pétroliers en
République Démocratique du Congo est principalement régi
par la Loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures et son décret de mis en
application no 25/14 du 04 avril 2025 portant règlement
d'hydrocarbures, ce décret fixe les modalités pratiques et
techniques d'application de la loi sur l'ensemble du territoire national.
Conformément à l'article 3 de cette loi, les gisements
d'hydrocarbures constituent une propriété exclusive,
inaliénable et imprescriptible de l'État. Dès lors,
l'exercice des activités pétrolières ne peut intervenir
qu'en vertu d'un contrat conclu entre l'État congolais et les
opérateurs pétroliers, principalement sous la forme d'un contrat
de partage de production et, à titre subsidiaire, d'un contrat de
service.
Le système congolais prévoit l'attribution de
droits pétroliers à chaque phase de l'activité
pétrolière, notamment la prospection, l'exploration et
l'exploitation.
F La prospection
S'agissant de la prospection, les articles 25 à 32 de
la loi précitée ainsi que les articles 50 à 59 du
Règlement d'hydrocarbures prévoient que l'autorisation de
prospection est accordée par arrêté du Ministre ayant les
Hydrocarbures dans ses attributions à toute personne morale de droit
congolais ou étranger ayant souscrit au cahier des charges
établies à cet effet et présenté une étude
d'impact environnemental. Cette autorisation confère un droit non
exclusif d'effectuer des travaux de prospection dans un bassin
sédimentaire déterminé pour une durée de douze mois
renouvelable une seule fois pour six mois303(*). Elle est personnelle, incessible et
intransmissible.
À l'issue des travaux, le bénéficiaire
est tenu de déposer un rapport définitif auprès du
Ministre ayant les Hydrocarbures dans ses attributions, toutes les
données brutes et tous les échantillons recueillis devenant la
propriété exclusive de l'État conformément à
l'article 30 de la loi. En cas de demande de renouvellement, celle-ci doit
être motivée dans le rapport final304(*). Par ailleurs, le respect
des obligations contenues dans le cahier des charges confère
automatiquement au titulaire une pré-qualification pour participer
à la procédure d'appel d'offres en vue de l'obtention des droits
d'exploration et d'exploitation selon le prescrit de l'article 32 de la loi
portant régime général des hydrocarbures en RD Congo.
F L'exploration et l'exploitation
Conformément aux articles 35 à 39 de la loi
n°15/012 du 1er août 2015, les droits d'exploration et
d'exploitation des hydrocarbures sont exclusivement attribués en
République Démocratique du Congo par voie d'appel d'offres, le
Ministre des Hydrocarbures étant tenu de mettre en concurrence les
sociétés de droit congolais ou étranger par un avis
à manifestation d'intérêts publié dans la presse
nationale et internationale. Les critères de sélection,
définis et approuvés par le Conseil des ministres, portent sur
les capacités techniques et financières des candidats, avec
possibilité de présélection et de recours à un
appel d'offres restreint en cas de potentiel pétrolier insuffisamment
démontré ou de contraintes géologiques
particulières. La société retenue s'associe
obligatoirement à la société nationale des hydrocarbures
(SONAYDROC) pour constituer la partie contractante vis-à-vis de
l'État305(*).
En vertu des articles 40, 41 et 48 de la loi
précitée, les droits pétroliers sont accordés par
un contrat d'hydrocarbures, conclu entre l'État et les
sociétés sélectionnées, pouvant prendre la forme
d'un contrat de partage de production (CPP) ou d'un contrat de service (CS). Le
Contrat de partage de production, défini à l'article 2, point 8,
repose sur le financement intégral des opérations par le
contractant, lequel récupère ses coûts via le «
costoil306(*) »,
tandis que le reliquat (« profit oil307(*) ») est partagé entre l'État, la
société nationale et le contractant. La loi sur les hydrocarbures
prévoit que la société nationale détient au minimum
20 % de parts d'intérêts308(*), avec un mécanisme de portage impliquant
qu'elle ne rembourse pas les coûts d'exploration mais prend en charge le
remboursement des coûts de développement uniquement en cas de
découverte commerciale. Le contrat de service, prévu à
l'article 48, implique une rémunération en espèces sans
droit sur la production.
Les contrats et avenants sont signés par les Ministres
des Hydrocarbures et des Finances après délibération en
Conseil des ministres, mais ne produisent pleinement leurs effets
qu'après approbation par Ordonnance présidentielle (articles
42-43). Enfin, l'article 47 de la loi et le Titre VIII du Décret de 2025
prévoient les causes de cessation : arrivée du terme,
nullité, accord des parties, inexécution du programme minimum,
violation des obligations, force majeure, absence de découverte
commercialement exploitable, retrait volontaire ou expiration sans
renouvellement des droits. Ce dispositif illustre la volonté du
législateur congolais de concilier souveraineté de l'État,
transparence et attractivité des investissements dans le secteur des
hydrocarbures.
b) Attribution des droits pétroliers en Ouganda
En Ouganda, le système d'attribution des droits
pétroliers repose sur l'article 244 de la Constitution de 1995, qui
stipule que la propriété et la gestion des ressources
pétrolières relèvent exclusivement de l'État,
agissant au nom et pour le bénéfice du peuple. Cette règle
constitutionnelle est concrétisée par le Petroleum (Exploration,
Development and Production) Act, 2013 (Act No. 3 of 2013), lequel
définit les conditions d'accès et de régulation des
différentes phases de l'activité pétrolière,
à savoir le permis de reconnaissance, Licence de prospection et Licence
d'exploration.
· Permis de reconnaissance
Le permis de reconnaissance, tel que défini par les
articles 48 à 51 de la loi Ougandaise sur les hydrocarbures, constitue
une autorisation administrative préalable permettant la
réalisation de levés géologiques et géophysiques
dans une zone géographiquement délimitée.
Conformément à l'article 48, toute personne désireuse
d'effectuer des levés de reconnaissance doit préalablement
solliciter auprès du Ministre chargé du pétrole un permis
de reconnaissance. La demande doit être introduite selon les
modalités réglementaires et accompagnée des frais
prescrits, et préciser les informations essentielles relatives à
la zone, aux types de données recherchées, aux conditions
d'octroi ainsi qu'à la durée de confidentialité des
données collectées. Ce permis est non exclusif, pouvant
être délivré à plusieurs opérateurs pour des
activités distinctes dans une même zone, et impose au titulaire
l'obligation de remettre gratuitement au Ministre une copie des toutes les
données obtenues en cours des opérations. Le Ministre dispose
d'un délai de quatre-vingt-dix jours309(*) pour délivrer le permis et doit assurer la
publicité des activités de prospection dans les langues locales
et médias de la zone concernée, en désignant un bureau de
contact pour informer le public et recueillir ses préoccupations (art.
49).
Les activités autorisées incluent des
enquêtes spécifiques et, le cas échéant, des forages
superficiels destinés à l'étalonnage des données,
sous réserve qu'elles ne portent pas préjudice aux autres
titulaires opérant dans la même zone. Lorsqu'elles se
déroulent dans des habitats protégés, elles doivent
respecter les cycles biologiques de la faune locale, notamment la reproduction
et la migration310(*).
La durée du permis est fixée à dix-huit mois à
compter de sa délivrance, sauf restitution volontaire ou annulation
conformément aux articles 89 et 90 de la loi (art. 51). Ce dispositif
traduit une approche scientifique et réglementaire visant à
concilier la collecte de données préliminaires sur le potentiel
pétrolier avec la préservation de l'environnement et la
transparence institutionnelle.
· Licence d'exploration pétrolière
La licence d'exploration pétrolière en Ouganda,
est attribuée essentiellement sur une procédure
compétitive d'appel d'offres public. Le Ministre chargé du
pétrole, avec l'aval du Cabinet, ouvre des blocs à l'exploration,
fait rapport au Parlement311(*) de toutes les zones ouvertes aux enchères et
publie les avis correspondants dans les journaux et dans la presse nationale et
internationale312(*).
Des demandes directes peuvent néanmoins être acceptées dans
des situations exceptionnelles, telles que l'échec
répété des appels d'offres, l'extension d'un
réservoir vers un bloc non attribué ou la nécessité
de promouvoir l'intérêt national (art. 53). Les dossiers de
candidature doivent inclure des informations précises sur
l'identité du demandeur, ses capacités techniques et
financières, son programme minimum de travaux, ses engagements en
matière de contenu local ainsi que les garanties financières et
assurances exigées (art. 56). Après évaluation par le
PetroleumAuthority of Uganda (PAU), le Ministre statue dans un délai
maximal de 180 jours et peut, avec l'approbation du Cabinet, octroyer la
licence pour un ou plusieurs blocs non encore attribués (art. 57 et
58).
Cette licence confère au titulaire un droit exclusif
d'explorer les hydrocarbures et de réaliser toutes les opérations
nécessaires dans le périmètre concerné (art. 60).
Sa durée initiale est limitée à deux ans, renouvelable
deux fois pour des périodes successives de deux ans, sous réserve
du respect des obligations légales et contractuelles ainsi que de
l'abandon progressif des superficies non développées, à
l'exception des zones de découverte (art. 61 à 64). Ce dispositif
illustre la volonté du législateur ougandais d'instaurer une
gouvernance transparente, compétitive et efficiente de l'accès
aux ressources pétrolières, tout en consolidant la
souveraineté de l'État et en renforçant le contrôle
institutionnel des activités d'exploration.
· Licence de production des hydrocarbures
La licence de production pétrolière en Ouganda
constitue le titre juridique autorisant l'exploitation commerciale d'un
gisement pétrolier découvert. Elle est régie par les
dispositions des articles 69 à 80 du Petroleum (Exploration, Development
and Production) Act, 2013 et représente l'étape la plus
importante du processus pétrolier, puisqu'elle intervient après
la mise en évidence d'un gisement commercialement exploitable. Le
titulaire d'une licence d'exploration bénéficie d'un droit
exclusif de solliciter une licence de production, laquelle doit être
accompagnée d'un rapport détaillé sur le réservoir
pétrolier ainsi que d'un plan de développement du champ
pétrolier (art. 69 à 71). Le Ministre, en consultation avec le
PetroleumAuthority of Uganda (PAU) et avec l'approbation du Cabinet, statue sur
la demande dans un délai maximal de cent quatre-vingts jours à
compter de sa réception (art. 72). L'octroi de la licence est
subordonné à l'évaluation de la capacité technique,
de la solidité financière et de l'expérience
opérationnelle du demandeur, ainsi qu'à la conformité du
plan de développement aux principes de gestion rationnelle des
ressources pétrolières et de protection de l'environnement (art.
73 et 74). Après consultation du PAU et approbation du Cabinet, le
Ministre peut accorder la licence, éventuellement conjointement avec la
Société nationale pétrolière ou d'autres
partenaires (art. 75).
Cette licence confère à son titulaire des droits
exclusifs d'exercer des activités pétrolières dans la zone
concernée, de vendre ou de disposer autrement de sa part de
pétrole produite conformément au plan de développement
approuvé, ainsi que de réaliser toutes les opérations et
tous les travaux nécessaires à l'exploitation du champ
pétrolier (art. 78). En contrepartie, le titulaire est soumis à
des obligations strictes relatives aux programmes de travail, aux
dépenses minimales, à la sécurité des
opérations et à la protection de l'environnement (art. 79). La
licence est accordée pour une durée initiale pouvant aller
jusqu'à vingt ans et peut être renouvelée pour une
période de cinq ans, avec possibilité de prolongation
supplémentaire selon les conditions fixées par le Ministre (art.
77 à 80). Ce régime juridique vise à assurer une
exploitation efficace, rationnelle, durable et économiquement rentable
des ressources pétrolières, tout en garantissant la protection
des intérêts de l'État, la participation nationale, la
transparence dans la gestion du secteur et la prise en compte des
intérêts des communautés concernées.
§2.Divergences dans
l'organisation institutionnelle et la régulation du secteur
pétrolier
Malgré le fait que l'Ouganda et la République
Démocratique du Congo soient deux États frontaliers partageant le
bassin du lac Édouard, leurs systèmes institutionnels de
gouvernance pétrolière révèlent des divergences
significatives en matière de répartition des compétences,
de régulation et de participation de l'État.
En Ouganda, le dispositif repose sur une architecture
tripartite articulée autour du Ministre ayant le pétrole dans ses
attributions, du PetroleumAuthority of Uganda (PAU) et de la Uganda National
OilCompany (UNOC). Le Ministre est investi de responsabilités
stratégiques et normatives, incluant l'octroi et la révocation
des licences, l'élaboration et la mise en oeuvre de la politique
pétrolière et gazière, la présentation de projets
de loi au Parlement, la publication de règlements, la négociation
et la validation des accords pétroliers, ainsi que l'approbation des
plans de développement des champs. Il lui incombe également de
promouvoir la transparence et de superviser les systèmes de gestion des
données, ce qui traduit une fonction de pilotage politique et
réglementaire du secteur313(*).
En complément, le PetroleumAuthority of Uganda
(l'Autorité pétrolière d'Ouganda), (PAU), instituée
par les articles 9 à 41 du PetroleumAct, 2013, constitue un organisme
juridique autonome doté de la personnalité morale et de
prérogatives de régulation, de contrôle et de supervision
technique, tandis que Uganda National OilCompany (Société
Nationale Pétrolière Ougandaise) est une entité
commerciale détenue intégralement par l'État,
chargée de gérer les intérêts commerciaux du pays
dans les accords pétroliers, la commercialisation de la part de
pétrole reçue en nature, ainsi que la participation de
l'État dans les coentreprises. Elle a également pour mission de
développer une expertise nationale dans l'industrie
pétrolière et gazière et d'optimiser la valeur
économique pour ses actionnaires publics314(*). Cette tripartite
institutionnel illustre une approche intégrée où la
régulation, le contrôle et la participation commerciale de
l'État sont clairement distingués et confiés à des
organes spécialisés, garantissant ainsi une gouvernance
transparente et une gestion durable des ressources
pétrolières.
A l'inverse, le cadre institutionnel de la gouvernance du
secteur pétrolier de la République Démocratique du Congo
demeure fortement centralisé. La régulation des hydrocarbures
dans ce pays confère au Gouvernement la mission d'élaborer et de
mettre en oeuvre la politique nationale dans ce domaine, conformément
aux articles 11 à 13 de la loi n°15/012 du 1er
août 2015. À ce titre, il définit les orientations
générales relatives à la gestion et à la
valorisation des ressources, garantit l'approvisionnement régulier en
produits pétroliers et assure la promotion de la transparence, de la
bonne gouvernance et de la protection de l'environnement. Le Ministre en charge
des hydrocarbures est responsable de l'application de cette politique, de la
régulation et du contrôle des activités, ainsi que de la
constitution des stocks stratégiques et opérationnels.
Contrairement à l'Ouganda, la législation
congolaise ne prévoit pas une autorité de régulation
autonome spécifiquement chargée du contrôle technique du
secteur. Les fonctions de mise en oeuvre, de régulation et de
contrôle des activités d'hydrocarbures demeurent principalement
exercées au sein de l'administration publique sous l'autorité du
Ministre. Cette concentration des compétences est souvent
présentée comme l'une des faiblesses institutionnelles
susceptibles d'avoir contribué aux difficultés rencontrées
lors des appels d'offres pétroliers lancés en 2010 puis en 2022
et relancés en 2023, lesquels n'ont pas produit les résultats
escomptés en matière d'attractivité des
investissements315(*).
L'État participe directement aux activités
pétrolières par l'intermédiaire d'une
société nationale d'hydrocarbures (articles 14 à 18), dont
la participation minimale en amont est fixée à 20 % et demeure
incessible. Les coûts et risques liés à l'exploration sont
assumés par l'opérateur associé, tandis que les
coûts de développement sont remboursés sur la part du
profit oil revenant à la société nationale, dans la limite
de 50 % par an. Par ailleurs, l'article 19 institue un fonds pour les
générations futures, alimenté par une quotité de la
part du profit oil de l'État et géré par un
établissement public créé par décret. Ce dispositif
traduit une volonté de garantir une redistribution
intergénérationnelle et une gestion durable des revenus
pétroliers, en intégrant les impératifs de
souveraineté nationale et de durabilité économique.
Une autre divergence importante concerne la participation de
l'État aux activités pétrolières. En
République Ougandaise, celle-ci est assurée par l'Uganda National
OilCompany316(*) (UNOC),
une société commerciale intégralement détenue par
l'État et investie de la mission de gérer les
intérêts économiques nationaux dans les accords
pétroliers. Elle se charge notamment de la commercialisation de la part
de pétrole revenant au pays et de la représentation de
l'État dans les projets pétroliers, ce qui traduit une approche
institutionnalisée et orientée vers la valorisation
économique des ressources. En République Démocratique du
Congo, l'Etat intervient par l'intermédiaire de la société
nationale des hydrocarbures317(*) (SONAYDROC), dont la part minimale en amont est
fixée à 20 % et demeure incessible, garantissant une
présence permanente de l'État dans l'exploitation.
Les mécanismes de gouvernance présentent
également des différences notables. En Ouganda, l'accent est mis
sur la spécialisation institutionnelle, la clarté
procédurale et le contrôle technique autonome assuré par la
PetroleumAuthority of Uganda (PAU). Par ailleurs, la RD Congo met l'accent sur
la souveraineté économique et la gestion durable des revenus
à travers l'institution d'un Fonds pour les générations
futures, alimenté par une partie des revenus pétroliers de
l'État318(*) et
destiné à assurer une redistribution
intergénérationnelle des bénéfices
pétroliers.
En somme, l'Ouganda privilégie une gouvernance
pétrolière institutionnalisée et segmentée,
fondée sur la dissociation des fonctions entre les organes politiques,
réglementaires et commerciaux, ce qui favorise la transparence et le
contrôle technique indépendant. À l'inverse, la
République Démocratique du Congo adopte une approche
centralisée, où le Gouvernement et le Ministre des Hydrocarbures
concentrent l'essentiel des responsabilités, traduisant une logique de
souveraineté et de contrôle étatique renforcé. Ces
différences structurelles influencent directement la gestion des
ressources pétrolières du bassin du lac Édouard et
déterminent la manière dont chaque État articule
exploitation économique, supervision publique et préservation des
intérêts nationaux.
§3. Disparités dans
les mécanismes de gestion et de redistribution des revenus
pétroliers.
Nonobstant le fait que la République
Démocratique du Congo et l'Ouganda poursuivent un objectif commun,
à savoir la valorisation de leurs ressources pétrolières
au profil du développement national, leurs mécanismes de
gouvernance et de redistribution des recettes pétrolières
présentes des divergences substantielles, tant sur le plan
institutionnel que sur le plan financier.
La gestion des revenus pétroliers en Ouganda est
régie par Loi sur la gestion des finances publiques (Public Finance
Management Act de 2015), qui établit le fonds pétrolier319(*) (PetroleumFund) comme
instrument centralisé de collecte et de redistribution des recettes
pétrolières. Conformément aux articles 57 à 64 de
cette loi, l'ensemble des toutes les ressources, notamment les redevances,
impôts, bonus de signatures, dividendes et autres recettes provenant de
la participation publique dans les projets pétroliers, doivent
obligatoirement être versées dans ce fonds. La collecte de ces
différentes recettes est assurée par l'Autorité Fiscale de
l'Ouganda (Uganda Revenue Authority), la supervision des opérations
financières par la Banque Centrale de l'Uganda (Bank of Uganda), et la
gestion générale par le Ministre des Finances qui agit selon les
procédures budgétaires et sous le contrôle du
Parlement320(*), tandis
que les excédents sont transférés vers une réserve
d'investissement des revenus pétroliers (Petroleum Revenue Investment
Reserve) administrée par la Banque centrale de l'Uganda selon les
principes de transparence, de responsabilité et d'équité
intergénérationnelle321(*).
En RDC, la gestion et la redistribution des revenus
pétroliers reposent principalement sur l'implication directe de
l'État dans les projets d'hydrocarbures, ainsi que sur l'instauration
d'un mécanisme destiné à sauvegarde une partie des
recettes au bénéfice aux générations futures, une
approche qui se distingue de celle mise en place par l'Ouganda. Dans cette
perspective, les dispositions des articles 17 et 18 de la Loi n°15/012 du
1er août 2015 relative au régime général
des hydrocarbures, consacrent le rôle stratégique de la
Société Nationale des Hydrocarbures du Congo (SONAHYDROC) dans la
gouvernance du secteur pétrolier.
La loi précitée lui attribue une participation
minimale de 20 % dans toutes les activités d'hydrocarbures en amont,
participation qui revêt un caractère obligatoire et incessible.
Cette participation permet à l'État congolais de demeurer
directement associé aux opérations d'exploration et de
production, tout en bénéficiant des revenus
générés par ces activités sous forme de dividendes,
de bénéfices ou d'autres avantages financiers. Les ressources
issues de cette quote-part constituent l'un des instruments
privilégiés par lesquels l'État entend capter les
bénéfices de l'exploitation des hydrocarbures.Son objectif est de
constituer une réserve financière permettant de préserver
une partie des richesses pétrolières au profit des
générations futures, conformément aux principes
d'équité intergénérationnelle.
Parallèlement à cette participation directe, le
cadre juridique congolais prévoit la création d'un Fonds pour les
générations futures, alimenté notamment par une fraction
du profit oïl revenant à l'État congolais. Ce fonds vise
à assurer une redistribution intergénérationnelle et de
développement durable qui inspirent aujourd'hui les meilleures pratiques
internationales en matière de gouvernance des revenus pétroliers.
Malgré les ambitions affichées par ce cadre juridique congolais,
leur mise en oeuvre demeure confrontée à d'importants
défis institutionnels et opérationnels.
Contrairement à l'Ouganda, qui dispose d'un
PetroleumFund pleinement opérationnel, doté de mécanismes
de contrôle parlementaire et intégré au système
national de gestion des finances publiques, la République
Démocratique du Congo n'a pas encore réussi à rendre
pleinement fonctionnel son Fonds pour les générations futures.
Cette situation limite considérablement l'efficacité du
dispositif de préservation et de redistribution des revenus
pétroliers et réduit sa capacité à jouer le
rôle de stabilisation économique et de préparation de
l'après-pétrole qui lui était initialement
assigné.
En définitive, bien que l'Ouganda et la
République Démocratique du Congo poursuivent un objectif
convergent, à savoir garantir une gestion pérenne des ressources
en hydrocarbures, leurs dispositifs institutionnels ainsi que leur niveau
d'opérationnalisation révèlent des divergences notables.
Ces écarts influencent directement sur l'efficacité des
mécanismes de redistribution des recettes issues du secteur
pétrolier.
§4. Perspectives
d'harmonisation et de coopération législative entre la RD Congo
et l'Ouganda
L'analyse des perspectives d'harmonisation et de
coopération normative ouvre la voie à une gestion
coordonnée des ressources pétrolières
transfrontalières, susceptible de consolider la stabilité
régionale et de promouvoir une exploitation rationnelle, durable et
pacifique du bassin du lac Édouard.
1. Promotion d'une
gouvernance durable, inclusive et équitable des hydrocarbures du lac
Édouard
La gestion des ressources pétrolières
transfrontalières ne saurait être appréhendée
uniquement sous un prisme économique ou juridique ; elle doit
également intégrer les impératifs sociaux,
environnementaux et intergénérationnels qui constituent
désormais les fondements de la gouvernance durable des ressources
naturelles. L'expérience internationale démontre que les
États ayant réussi à transformer leur rente
pétrolière en véritable moteur de développement
durable sont ceux qui ont instauré des mécanismes de
redistribution équitable et de préservation des revenus à
long terme. Le fonds souverain norvégien (Government Pension Fund
Global) demeure à cet égard l'exemple le plus emblématique
: alimenté par les recettes issues de l'exploitation
pétrolière, il vise à préserver une partie de la
richesse nationale au profit des générations futures tout en
assurant la stabilité macroéconomique du pays.
Dans une moindre mesure, l'expérience ougandaise
illustre également l'importance de l'institutionnalisation des
dispositifs de gestion des revenus pétroliers. La création du
PetroleumFund et du Petroleum Revenue Investment Reserve témoigne de la
volonté des autorités de garantir une administration transparente
et pérenne des recettes pétrolières. Pour la
République Démocratique du Congo, la mise en oeuvre effective du
Fonds pour les générations futures, prévu par le Code des
hydrocarbures, constituerait une étape essentielle dans la construction
d'un système de gouvernance plus responsable. Cette démarche
devrait toutefois être accompagnée de mécanismes assurant
une répartition inclusive des bénéfices, notamment par
l'implication des communautés locales riveraines du lac Édouard
dans les processus décisionnels. Leur participation renforcerait la
légitimité des politiques publiques et contribuerait à
prévenir les tensions sociales liées à une perception
inéquitable de la redistribution des revenus. Par ailleurs, la
protection de l'écosystème du lac Édouard doit demeurer
une priorité, toute activité pétrolière devant
être soumise à des normes environnementales strictes, à des
évaluations d'impact indépendantes et à des
mécanismes de contrôle transparents.
En définitive, l'analyse comparative des
expériences internationales révèle que l'harmonisation
juridique, la coopération institutionnelle et la gouvernance durable
constituent les trois piliers fondamentaux d'une gestion efficace des
hydrocarbures transfrontaliers. Pour la RDC et l'Ouganda, l'adoption de
mécanismes inspirés des modèles de la Mer du Nord, de la
Zone de Développement Conjoint Nigeria-São
Tomé-et-Príncipe, ou encore du système norvégien de
gestion des revenus pétroliers, pourrait transformer le potentiel
énergétique du bassin du lac Édouard en un
véritable levier de développement durable, de stabilité
régionale et de coopération pacifique entre les deux
États.
2.
Nécessité d'une harmonisation juridique pour la gestion des
ressources transfrontalières
La présence de gisements pétroliers susceptibles
de s'étendre de part et d'autre de la frontière entre la
République Démocratique du Congo et la République de
l'Ouganda rend indispensable l'obligation d'élaboration d'un cadre
juridique harmonisé pour leur exploitation et gestion. À cet
égard, l'Accord de Ngurdoto, signé en Tanzanie le 8 septembre
2007 et ratifié par la RD Congo dix-sept ans plus tard à travers
la Loi n° 24/022 du 30 décembre 2024, constitue une base juridique
significative pour amorcer un processus d'harmonisation des législations
nationales des deux États. Cet instrument consacre le principe de
l'exploitation conjointe des gisements transfrontaliers en considérant
les réservoirs pétroliers comme des entités
géologiques indivisibles entre ces deux Etats, afin de prévenir
toute exploitation unilatérale susceptible de compromettre
l'intégrité des ressources partagées.
Cependant, malgré sa portée juridique et
politique, cet accord met en évidence les limites inhérentes aux
instruments bilatéraux conclus dans un contexte marqué par des
asymétries institutionnelles, techniques et sécuritaires.
L'absence de mécanismes contraignants de mise en oeuvre, de
contrôle et de règlement des différends, combinée
à un environnement régional caractérisé par des
tensions persistantes, réduit considérablement
l'effectivité des dispositions adoptées.
En outre, les divergences entre les législations
congolaise et ougandaise en matière de gouvernance institutionnelle, de
fiscalité pétrolière, de participation étatique aux
projets pétroliers, de protection de l'environnement, de
règlement des différends et de gestion des revenus provenant de
l'exploitation pétrolière engendrent des risques
d'insécurité juridique et de conflits d'intérêts
dans l'exploitation des ressources communes. À ce jour, l'Ouganda se
trouve dans une phase avancée d'exploitation de ses gisements
pétroliers dans la zone du lac Albert, pourtant espace
d'intérêt partagé entre les deux nations. Dans ce contexte,
l'harmonisation normative apparaît comme un instrument essentiel pour
:
· Assurer la cohérence des règles
applicables aux activités pétrolières
transfrontalières ;
· Prévenir les chevauchements de
compétences souveraines ;
· Instaurer des mécanismes transparents de partage
des revenus ;
· Garantir des normes communes de protection
environnementale, particulièrement cruciales dans un
écosystème sensible tel que celui du lac Édouard
entouré par des parcs nationaux.
L'expérience de la mer du nord constitue une
référence particulièrement pertinente en matière de
gouvernance des ressources transfrontalières. Les accords conclus entre
le Royaume-Uni et la Norvège pour l'exploitation des gisements
transfrontaliers ont permis de mettre en place des mécanismes
harmonisés de gestion, de contrôle et de répartition des
bénéfices, réduisant significativement les risques de
contentieux tout en renforçant la sécurité juridique des
investisseurs, démontrant l'importance d'une coopération
institutionnelle et réglementaire dans l'exploitation des ressources
partagées. Transposée au contexte du lac Édouard, une
telle approche pourrait conduire la RD Congo et l'Ouganda à
élaborer un cadre réglementaire commun définissant avec
précision :
· Les modalités d'exploitation des gisements
transfrontaliers ;
· Les mécanismes de partage des revenus ;
· Les procédures de contrôle conjoint ;
· Les obligations environnementales applicables aux
opérateurs pétroliers.
A titre comparatif, l'exemple du Congo-Brazzaville et celui de
l'Ouganda mettent en évidence les défis liés à
l'exploitation des hydrocarbures dans des zones écologiquement sensibles
et frontalières. Au Congo-Brazzaville, l'autorisation d'exploration
pétrolière dans le parc national de Conkouati-Douli en 2024 a
suscité des débats sur la conciliation entre impératifs
économiques et protection environnementale, tandis qu'en Ouganda, les
projets Kingfisher et Tilenga, associés à un oléoduc de 1
430 km traversant des parcs nationaux et des zones fragiles, illustrent la
complexité d'une telle exploitation.
Ces expériences démontrent que, même
lorsque des moyens techniques sophistiqués sont mobilisés,
l'exploitation des hydrocarbures dans des aires protégées demeure
une source de controverses, en raison des tensions qu'elle suscite entre
impératifs économiques et exigences de conservation
environnementale. Elles soulignent par conséquent la
nécessité d'un cadre juridique harmonisé et de
mécanismes de régulation transfrontaliers, afin de
prévenir les conflits d'intérêts, les tensions
diplomatiques et la dégradation écologique. Dans cette
perspective, l'harmonisation normative apparaît comme une condition sine
qua non pour garantir une exploitation pacifique, transparente, durable et
mutuellement bénéfique des ressources pétrolières
du bassin du lac Édouard entre la République Démocratique
du Congo et l'Ouganda.
3. Mise en place de
mécanismes de coopération bilatérale et
régionale
Au-delà de l'harmonisation normative, la
coopération bilatérale et régionale constitue un levier
stratégique pour la gestion des ressources transfrontalières. La
mise en place de commissions mixtes, d'autorités de bassin ou de
structures de régulation partagée permet de garantir la
transparence et le suivi des activités extractives. L'exemple du lac
Tanganyika, où une convention régionale a été
adoptée en 1999322(*) pour encadrer la gestion des ressources, illustre
l'importance de tels mécanismes institutionnels. De même, la
Charte de l'eau du bassin du Niger (2008) et la Charte du fleuve
Sénégal (2002) démontrent que la coopération
régionale peut prévenir les chevauchements de compétences
souveraines et instaurer une gouvernance partagée des ressources
naturelles. L'harmonisation juridique ne peut produire pleinement ses effets
sans l'existence d'institutions capables d'assurer sa mise en oeuvre effective,
ce qui rend indispensable le renforcement des mécanismes de
coopération bilatérale et régionale pour une gestion
durable des hydrocarbures du lac Édouard.
Dans cette perspective, la coopération
bilatérale entre la RD Congo et l'Ouganda pourrait se
matérialiser par la création d'une commission mixte permanente
chargée du suivi des activités pétrolières dans les
zones frontalières. Une telle structure favoriserait la coordination des
opérations d'exploration et d'exploitation, l'échange
d'informations géologiques, environnementales et techniques, ainsi que
la prévention des différends liés à l'exploitation
des ressources communes. Par ailleurs, l'adoption d'accords de «
unitization », permettant de considérer un gisement transfrontalier
comme une unité unique d'exploitation et d'organiser le partage des
coûts et des bénéfices selon des critères
préalablement définis, constituerait une solution
adaptée.
A l'échelle régionale, la Communauté de
l'Afrique de l'Est (EAC) pourrait servir de cadre institutionnel pour
l'élaboration de politiques communes dans le secteur des hydrocarbures,
favorisant ainsi l'harmonisation des normes fiscales, environnementales et de
gestion des revenus pétroliers. Les expériences de
coopération existantes à travers le monde démontrent
l'efficacité des mécanismes institutionnels communs dans la
gestion des ressources transfrontalières.
Il en est ainsi de la coopération entre la RD Congo, le
Rwanda et le Burundi323(*) pour la gestion concertée du bassin du lac
Kivu et du lac Tanganyika, de la Zone de Développement Conjoint mise en
place entre le Nigeria et São Tomé-et-Príncipe, de la
coopération entre la Malaisie et la Thaïlande dans le Golfe de
Thaïlande, de l'accord officiel entre la Guinée équatoriale
et le Cameroun sur l'exploitation conjointe de leurs gisements d'hydrocarbures
signé le 3 février 2026 à Malabo324(*), ou encore de la
création d'une Zone d'Intérêt Commun (ZIC) entre la RD
Congo et l'Angola en 2007325(*).
Ces différentes expériences démontrent
que les mécanismes de coopération institutionnalisée
constituent des instruments efficaces de prévention des conflits, de
partage équitable des bénéfices et de gestion durable des
ressources naturelles. Elles pourraient ainsi servir de modèles de
référence pour la mise en place d'un cadre de coopération
renforcé entre la RD Congo et l'Ouganda dans le contexte de
l'exploitation des hydrocarbures du lac Édouard.
Section 3. Discussion des
résultats
Cette section traite la discussion
des résultats, la valeur ajoutée (aspects novateurs), limites
épistémologiques et nouvelles pistes de recherche.
§1. Discussion
A la lumière des résultats de notre recherche et
des travaux antérieurs consultés, il apparaît que notre
étude s'inscrit à la fois dans une dynamique de continuité
et d'innovation scientifique. Les conclusions obtenues corroborent plusieurs
observations déjà mises en évidence par les chercheurs
précédents, tout en proposant une interprétation
renouvelée fondée sur l'analyse comparée des
législations congolaise et ougandaise relatives aux hydrocarbures, dans
le contexte spécifique du lac Édouard.
Concernant les travaux de Musubaho Kivuyirwa K.326(*), nos résultats
convergent avec les siens en ce qu'ils mettent en évidence la
nécessité d'une gestion concertée des ressources du lac
Édouard ainsi que l'importance des interactions entre les
différents acteurs impliqués dans leur gouvernance. Cet auteur a
démontré que la multiplication des acteurs après
l'indépendance de la RDC a favorisé l'émergence de
rapports de méfiance et de conflictualité susceptibles de
compromettre le développement durable. Nos résultats vont dans le
même sens en révélant que l'absence d'un cadre juridique
bilatéral spécifique entre la RDC et l'Ouganda constitue une
source potentielle de conflits dans l'exploitation des hydrocarbures
transfrontaliers. Toutefois, notre étude s'en distingue dans la mesure
où elle ne se limite pas à l'analyse des interactions entre
acteurs, mais examine de manière approfondie les mécanismes
juridiques et institutionnels susceptibles d'encadrer une exploitation
pétrolière commune.
Ainsi, là où Musubaho privilégie une
approche de gestion participative des ressources, notre recherche met davantage
l'accent sur la nécessité d'une harmonisation législative
et d'une coopération juridique institutionnalisée entre les deux
États.
Par rapport aux travaux de Célestin Kadima, Marcellin
Lukongo et Jacques Wakilongo327(*), nos conclusions présentent également
une convergence significative. Ces chercheurs ont montré que
l'exploitation pétrolière dans le lac Édouard et le Parc
National des Virunga comporte des menaces majeures pour la biodiversité,
les ressources en eau et le développement écotouristique. Nos
résultats confirment cette préoccupation en démontrant que
les législations congolaise et ougandaise consacrent toutes deux des
dispositifs de protection environnementale reposant notamment sur les
études d'impact environnemental et social, le principe de
précaution ainsi que la responsabilité des opérateurs
pétroliers. Toutefois, notre étude se distingue par son angle
d'analyse : alors que ces auteurs adoptent principalement une perspective
environnementale critique centrée sur les risques de l'exploitation
pétrolière, notre recherche s'intéresse davantage à
l'évaluation de la capacité des cadres juridiques nationaux
à concilier exploitation des hydrocarbures et préservation de
l'environnement. En ce sens, nous soutenons que l'exploitation
pétrolière n'est pas juridiquement incompatible avec la
sauvegarde de l'écosystème du lac Édouard, à
condition qu'elle soit encadrée par des mécanismes rigoureux de
gouvernance environnementale et de coopération
transfrontalière.
Les conclusions de KihangiBindu K.328(*) rejoignent également
les résultats de notre étude. Cet auteur soutient que toute
exploitation pétrolière dans la région du lac
Édouard doit être subordonnée au respect strict des normes
environnementales nationales et internationales ainsi qu'à l'existence
de mécanismes de transparence et de participation. Nos résultats
confirment cette position en démontrant que les deux législations
consacrent des obligations environnementales relativement similaires.
Toutefois, nous avons constaté que leur effectivité demeure
inégale en raison des différences institutionnelles existant
entre les deux États. Notre apport réside donc dans
l'identification comparative des forces et faiblesses des dispositifs de
protection environnementale en RDC et en Ouganda, ainsi que dans la mise en
évidence de l'insuffisance des mécanismes juridiques
spécifiques à la gestion des ressources pétrolières
transfrontalières.
Les travaux de MukendiMukendiNtantamika329(*) présentent plusieurs
points de convergence avec notre recherche. Cet auteur a démontré
que la modernisation du cadre juridique congolais constitue une condition
indispensable au développement durable du secteur des hydrocarbures. Nos
résultats confirment cette observation en soulignant que la loi
congolaise sur les hydrocarbures de 2015 a entraîné une
amélioration notable du dispositif normatif applicable au secteur
pétrolier. Toutefois, notre étude révèle que,
malgré cette modernisation, le système congolais reste
confronté à des difficultés liées à
l'effectivité du contrôle administratif, au renforcement des
capacités institutionnelles et à l'encadrement des ressources
transfrontalières. La principale originalité de notre recherche
réside dans le fait qu'elle ne se limite pas à l'examen du cadre
juridique congolais, mais procède à une confrontation
systématique avec le modèle ougandais, lequel apparaît
aujourd'hui plus avancé dans la mise en oeuvre pratique des
activités pétrolières.
Les résultats obtenus peuvent également
être rapprochés des réflexions de Saturnin
NdongNdong330(*) sur la
souveraineté environnementale et la gouvernance partagée des
ressources naturelles. Cet auteur démontre que la gestion durable des
ressources ne peut plus être fondée sur une conception strictement
étatique de la souveraineté, mais exige la participation de
multiples acteurs. Nos résultats convergent avec cette analyse en
révélant que le principe de souveraineté permanente des
États sur leurs ressources naturelles, bien qu'essentiel, ne suffit pas
à lui seul à garantir une gestion efficace des hydrocarbures du
lac Édouard. La nature transfrontalière des ressources
pétrolières impose une coopération entre États
ainsi qu'une implication des communautés locales, des institutions de
contrôle et des partenaires techniques. Toutefois, notre étude va
plus loin en démontrant que cette gouvernance partagée doit
être formalisée par un instrument juridique bilatéral
spécifique afin d'éviter que les intérêts nationaux
divergents ne compromettent l'exploitation durable des ressources communes.
De manière générale, les résultats
de notre recherche confirment plusieurs conclusions déjà
formulées dans la littérature scientifique : la
nécessité d'une gouvernance responsable des ressources
naturelles, l'importance de la protection environnementale, le rôle
central des institutions publiques et l'exigence d'une participation accrue des
parties prenantes. Néanmoins, notre étude se distingue par son
approche comparée des législations congolaise et ougandaise
relatives aux hydrocarbures appliqués au contexte spécifique du
lac Édouard. Elle met en lumière non seulement les convergences
existantes entre les deux systèmes juridiques, mais également les
divergences susceptibles de compromettre une exploitation concertée des
ressources pétrolières transfrontalières.
Notre position finale est que les résultats des auteurs
consultés demeurent pertinents et trouvent une large confirmation dans
les conclusions de notre recherche. Toutefois, ils n'avaient pas suffisamment
exploré la question de la compatibilité juridique entre les
régimes pétroliers de la RDC et de l'Ouganda. Notre étude
démontre que cette compatibilité existe partiellement, notamment
en ce qui concerne les principes généraux de gouvernance des
hydrocarbures, les mécanismes d'attribution des droits pétroliers
et certaines exigences environnementales. Cependant, les divergences
institutionnelles, les différences dans le degré de
maturité du secteur pétrolier ainsi que l'absence d'un cadre
juridique bilatéral de gestion des ressources transfrontalières
limitent considérablement les perspectives d'une exploitation commune
efficace.
Ainsi, nous estimons que l'avenir de l'exploitation
pétrolière du lac Édouard ne dépend pas uniquement
de la qualité des législations nationales, mais surtout de la
capacité de la République Démocratique du Congo et de
l'Ouganda à élaborer un mécanisme commun de gouvernance
fondé sur la coopération, la transparence, la protection de
l'environnement, la participation des communautés locales et le partage
équitable des bénéfices. C'est dans cette perspective que
se situe l'originalité scientifique et la contribution principale de la
présente recherche.
§2. Valeur ajoutée (Aspects novateurs de
la recherche)
ü Une approche comparative entre la RDCongo et
l'Ouganda ;
ü Une focalisation sur la gouvernance juridique des
hydrocarbures transfrontaliers du lac Édouard ;
ü L'évaluation de la compatibilité
juridique des deux systèmes pétroliers ;
ü La mise en évidence du vide juridique relatif
aux ressources pétrolières transfrontalières ;
ü L'articulation entre souveraineté permanente et
coopération transfrontalière ;
ü Une approche systémique de la gouvernance
pétrolière ;
ü La proposition d'un modèle de gouvernance
commune du lac Édouard.
Cette recherche est la première à analyser
systématiquement la compatibilité des législations
pétrolières de la RDCongo et de l'Ouganda pour l'exploitation
commune du lac Édouard, en mettant en évidence convergences,
divergences et vide juridique. Elle propose les bases d'une gouvernance
bilatérale fondée sur coopération, transparence,
protection de l'environnement et partage équitable des
bénéfices.
§3. Limites épistémologiques de la
recherche
Malgré les résultats obtenus, plusieurs limites
épistémologiques méritent d'être
relevées.Cette recherche repose essentiellement sur des sources
normatives et documentaires composées de textes législatifs, de
documents institutionnels, d'ouvrages doctrinaux et de rapports
spécialisés. Cette situation limite la possibilité de
confronter systématiquement les normes juridiques à leur mise en
oeuvre effective sur le terrain.
Par ailleurs, un certain décalage a été
observé entre la normativité juridique et la
réalité empirique. Certaines dispositions légales
apparaissent particulièrement avancées sur le plan normatif mais
leur application pratique demeure parfois limitée par des contraintes
institutionnelles, financières ou techniques. Les approches
comparée et systémique comportent une part de subjectivité
inhérente au choix des critères d'analyse, à
l'interprétation des données et à l'identification des
interactions entre les différents éléments du
système étudié.
Dans cette perspective, les résultats obtenus
concernent spécifiquement le contexte du lac Édouard et ne
peuvent être généralisés automatiquement à
l'ensemble des ressources pétrolières transfrontalières
sans tenir compte des particularités propres à chaque
contexte.
§4. Nouvelles pistes de recherche
La présente étude a permis d'apporter des
réponses aux questions posées, mais certaines
problématiques mériteraient des investigations
complémentaires.Parmi celles-ci figurent notamment :
- De l'étude économique détaillée
de la rentabilité des projets pétroliers transfrontaliers du lac
Édouard ;
- De l'analyse approfondie des mécanismes
internationaux de règlement des différends pétroliers
entre États ;
- De l'étude des impacts sociaux de l'exploitation
pétrolière sur les communautés riveraines du lac
Édouard ;
- De l'évaluation des risques écologiques
liés aux activités pétrolières dans les
écosystèmes protégés du parc national des Virunga
et des zones voisines ;
- De l'analyse comparative avec d'autres expériences
internationales de gestion commune des ressources pétrolières
transfrontalières ;
- De l'étude des mécanismes financiers de
partage des revenus entre États riverains.
Ces différentes limites ouvrent ainsi la voie à
de futures recherches susceptibles d'approfondir et de compléter les
résultats obtenus.
CONCLUSION
La présente recherche a porté sur l'exploitation
pétrolière sur le lac Édouard : étude
comparée des législations ougandaises et congolaises relatives
aux hydrocarbures. Cette étude est partie du constat selon lequel il y a
divergences et convergences des régimes juridiques pétroliers de
la République Démocratique du Congo et de l'Ouganda dans la
gestion concertée des ressources pétrolières
situées dans la zone transfrontalière du lac Édouard.
De ce constat, nous nous sommes posé la question
principale suivante :
- Dans quelle mesure les régimes juridiques
pétroliers de l'Ouganda et de la RD Congo peuvent-ils-être
appliqués pour une exploitation coordonnée des hydrocarbures dans
la zone transfrontalière du lac Édouard ?
De cette question, découlait la question
spécifique ci-après :
- Comment se présentent les points de convergence et de
divergence entre les législations des deux pays en matière de
gestion des Hydrocarbures ?
Pour répondre aux questions ci-haut, l'hypothèse
principale a postulé que :
- Les régimes juridiques pétroliers de l'Ouganda
et de la République Démocratique du Congo ne peuvent s'appliquer
directement pour garantir une exploitation coordonnée, efficiente et
durable des hydrocarbures dans la zone transfrontalière du lac
Édouard. Les spécificités réglementaires de chaque
État concernant l'octroi des droits pétroliers, l'organisation
institutionnelle, la protection environnementale et la gestion
transfrontalière imposent le recours à un cadre d'unification ou
de coopération renforcé.
Subsidiairement, l'étude a postulé que :
- Le point de convergence des législations entre
Ouganda et RDCongo en matière de gestion des Hydrocarbures sont les
principes généraux des ressources partagées et la
divergence se situe au niveau de la stabilité, l'application et la
protection d'intérêts nationaux favorisant une exploitation
asymétrie au profit de l'Ouganda au détriment d'une
équité transfrontalière durable autour du Lac Edouard. En
bref, les législations congolaise et ougandaise comportent à la
fois des similitudes et des divergences concernant le cadre institutionnel,
l'attribution des droits pétroliers, les mécanismes de
contrôle, la protection de l'environnement et la gestion des ressources
transfrontalières.
L'objectif principal de cette étude consistait
d'analyser les régimes juridiques pétroliers de l'Ouganda et de
la République Démocratique du Congo.
L'objectif spécifique consistait à identifier
les convergences et les divergences entre les cadres législatifs de la
République Démocratique du Congo et de l'Ouganda relatifs aux
hydrocarbures.
Pour atteindre ces objectifs, la recherche a mobilisé
la méthode juridique, appuyée par les approches comparée
etsystémique. La méthode juridique a permis l'analyse et
l'interprétation des normes applicables aux hydrocarbures dans les deux
États. L'approche comparée a facilité l'identification des
similitudes et des différences entre les cadres juridiques
étudiés, tandis que l'approche systémique a permis
d'appréhender l'ensemble des interactions entre les institutions
publiques, les opérateurs pétroliers, les mécanismes de
contrôle, les exigences environnementales et les relations de
coopération interétatique. La recherche a également
recouru à la technique documentaire, à l'observation directe
désengagée ainsi qu'à l'entretien libre auprès de
certaines personnes ressources.
Dans cette étude, la variable indépendante
était constituée par les législations congolaise et
ougandaise relatives aux hydrocarbures, notamment à travers leur cadre
institutionnel, leur régime d'attribution et de contrôle des
droits pétroliers, leurs mécanismes de protection de
l'environnement et leurs dispositions relatives à la gestion des
ressources transfrontalières. La variable dépendante concernait
la possibilité d'une exploitationcoordonnée, équitable,
efficiente et durable des hydrocarbures du lac Édouard.
Au terme des investigations, les résultats obtenus ont
permis de constater que les deux pays disposent de cadres juridiques
relativement modernes reconnaissant le rôle central de l'État dans
la gouvernance du secteur pétrolier. L'analyse comparative du cadre
institutionnel a révélé que l'Ouganda
bénéficie d'un système plus structuré, mieux
spécialisé et davantage expérimenté grâce au
développement des projets pétroliers du bassin Albertin. À
l'inverse, bien que la République Démocratique du Congo ait
entrepris d'importantes réformes à travers la loi relative aux
hydrocarbures de 2015, son dispositif institutionnel demeure confronté
à plusieurs défis liés à la coordination
administrative, au renforcement des capacités techniques et à
l'effectivité du contrôle des activités
pétrolières.
S'agissant du régime juridique d'attribution et de
contrôle des droits pétroliers, l'étude a mis en
évidence plusieurs convergences, notamment le recours aux contrats
pétroliers, l'intervention de l'État dans l'octroi des titres
d'exploration et d'exploitation ainsi que l'existence de mécanismes de
contrôle administratif et technique des opérateurs. Toutefois, des
divergences subsistent quant aux modalités d'attribution des blocs
pétroliers, au degré de transparence des procédures,
à l'efficacité des mécanismes de suivi et à la
maturité des institutions chargées de la régulation du
secteur.
En matière de protection de l'environnement, les deux
législations consacrent des principedes principaux axes de cette
recherche. Les résultats démontrent que les législations
nationales des deux États contiennent peu de dispositions
spécifiques destinées à encadrer l'exploitation commune
des gisements transfrontaliers. Malgré l'existence d'un espace
géologique partagé au sein du Rift Albertin, aucun instrument
juridique bilatéral complet ne régit actuellement l'exploration,
l'exploitation, la protection de l'environnement, le partage des revenus ou le
règlement des différends relatifs aux hydrocarbures du lac
Édouard. Cette absence de cadre spécifique constitue l'une des
principales faiblesses juridiques identifiées par la présente
étude.
Ces résultats ci-dessus confirment l'hypothèse
principale.
Les résultats obtenus permettent ainsi de
répondre aux préoccupations ayant guidé cette recherche.
Ils démontrent que les régimes juridiques pétroliers
congolais et ougandais comportent plusieurs éléments de
compatibilité susceptibles de servir de fondement à une
coopération transfrontalière. Toutefois, ces convergences
demeurent insuffisantes pour garantir à elles seules une exploitation
commune, efficiente et durable des hydrocarbures du lac Édouard. Les
divergences institutionnelles, opérationnelles et réglementaires
observées nécessitent soit une harmonisation progressive des
législations nationales, soit l'adoption d'un mécanisme juridique
spécifique de coopération bilatérale. Ces
éléments confirment l'hypothèse spécifique.
Les hypothèses formulées au début de la
recherche se trouvent ainsi globalement confirmées. D'une part, les
régimes juridiques des deux États présentent des bases
communes pouvant favoriser une exploitation concertée des hydrocarbures.
D'autre part, les différences observées dans l'organisation
institutionnelle, les mécanismes de contrôle, la protection
environnementale et la gestion des ressources transfrontalières
démontrent la nécessité d'un cadre de coopération
adapté aux spécificités du lac Édouard.
Les objectifs assignés à cette étude ont
également été atteints. L'objectif principal relatif
à l'évaluation de la compatibilité des régimes
juridiques pétroliers de la République Démocratique du
Congo et de l'Ouganda a été réalisé grâce
à l'analyse comparative des principaux mécanismes juridiques
applicables dans les deux États. L'objectif spécifique visant
à identifier les convergences et les divergences entre les cadres
législatifs étudiés a également été
atteint à travers l'examen détaillé du cadre
institutionnel, du régime d'attribution et de contrôle des droits
pétroliers, des mécanismes de protection environnementale et des
règles relatives à la gestion des ressources
transfrontalières.
La réalisation de cette recherche n'a toutefois pas
été exempte de difficultés. La collecte des données
a été rendue complexe par la sensibilité
géostratégique de la région du lac Édouard,
marquée par l'insécurité persistante dans certaines zones
riveraines, l'accès limité à certaines informations
techniques et administratives ainsi que l'éloignement
géographique du terrain d'étude par rapport à notre milieu
académique. Ces contraintes ont réduit les possibilités
d'investigations directes et de consultations approfondies auprès de
certains acteurs institutionnels concernés.
Sur le plan épistémologique, l'étude
demeure essentiellement fondée sur l'analyse des textes juridiques, des
documents institutionnels et des sources doctrinales. Elle n'a pas permis
d'évaluer de manière exhaustive l'effectivité pratique des
mécanismes juridiques étudiés ni d'approfondir certaines
dimensions économiques, techniques et géopolitiques de
l'exploitation pétrolière transfrontalière. Ces limites
ouvrent des perspectives pour de futures recherches portant notamment
sur :
- De l'étude économique détaillée
de la rentabilité des projets pétroliers transfrontaliers du lac
Édouard ;
- De l'analyse approfondie des mécanismes
internationaux de règlement des différends pétroliers
entre États ;
- De l'étude des impacts sociaux de l'exploitation
pétrolière sur les communautés riveraines du lac
Édouard ;
- De l'évaluation des risques écologiques
liés aux activités pétrolières dans les
écosystèmes protégés du parc national des Virunga
et des zones voisines ;
- De l'analyse comparative avec d'autres expériences
internationales de gestion commune des ressources pétrolières
transfrontalières ;
- De l'étude des mécanismes financiers de
partage des revenus entre États riverains,
- L'évaluation de l'effectivité des
systèmes de gouvernance pétrolière,
- Les impacts socio-économiques de l'exploitation
pétrolière sur les communautés riveraines ainsi que les
expériences comparées de gestion conjointe des ressources
naturelles dans d'autres régions du monde.
Au regard des résultats obtenus, plusieurs
recommandations peuvent être formulées afin d'améliorer
l'effectivité de l'exploitation pétrolière
transfrontalière sur le lac Édouard.
a) Pour la République Démocratique du
Congo
- Renforcer les capacités institutionnelles des organes
chargés de la gestion des hydrocarbures
- Améliorer les mécanismes de contrôle et de
transparence dans l'attribution des droits pétroliers ;
- Développer davantage les capacités techniques
nationales dans le secteur pétrolier ;
- Renforcer les mécanismes de protection environnementale
applicables aux activités pétrolières ;
- Élaborer des dispositions spécifiques relatives
à la gestion des ressources pétrolières
transfrontalières.
b) Pour l'Ouganda
- Poursuivre la consolidation du système institutionnel
pétrolier déjà mis en place ;
- Renforcer davantage les mécanismes de
coopération avec les États voisins du bassin Albertin ;
- Favoriser le transfert d'expertise et de bonnes pratiques en
matière de gouvernance pétrolière ;
- Maintenir un niveau élevé de contrôle
environnemental dans les zones d'exploitation pétrolière.
c) Recommandations communes
- Mettre en place un cadre juridique bilatéral
spécifique pour l'exploitation des hydrocarbures du lac Édouard
;
- Harmoniser progressivement les législations
pétrolières des deux États ;
- Créer une commission mixte permanente chargée
de la gouvernance des ressources pétrolières
transfrontalières ;
- Développer des mécanismes communs de
protection de l'environnement ;
- Établir des procédures conjointes de
règlement des différends ;
- Adopter un mécanisme équitable de partage des
bénéfices issus de l'exploitation pétrolière ;
- Promouvoir une gouvernance fondée sur les principes
de coopération, de transparence, de développement durable et de
gestion pacifique des ressources naturelles communes.
En définitive, l'exploitation des hydrocarbures du lac
Édouard ne peut être envisagée sous le seul prisme de la
souveraineté nationale. Elle requiert l'émergence d'une
gouvernance commune fondée sur la coopération, la confiance
mutuelle, la protection de l'environnement et le partage équitable des
bénéfices. C'est à cette condition que les ressources
pétrolières transfrontalières du lac Édouard
pourront constituer un véritable levier de développement durable,
de stabilité régionale et d'intégration économique
au bénéfice de la République Démocratique du Congo
et de l'Ouganda.
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18/02/2006, J.O de la RDC, n° spécial, 2011 du 05
février 2011
- Loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier,
telle que modifiée et complétée par la Loi n°18/001
du 09 mars 2018.
- Loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes
fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement.
- Loi n°15/012 du 1er août 2015 portant
régime général des hydrocarbures.
2. Ordonnances, décrets et actes
réglementaires
- Ordonnance n°10/045 du 18 juin 2010 portant approbation
de l'avenant n°1 au contrat de partage de production du bloc V du Graben
Albertine.
- Ordonnance n°25/293 du 15 décembre 2025 fixant
les attributions des ministères.
- Décret-loi n°245 du 09 août 1999 portant
création de la Congolaise des Hydrocarbures (COHYDRO).
- Décret n°25/01 du 15 janvier 2025 portant
création de l'aire protégée à vocation de
réserve communautaire « Couloir Vert Kivu-Kinshasa ».
- Arrêté ministériel
n°M-HYD/009/DBN/CAB/MIN.HYD/2023 du 17 juillet 2023 portant nomination des
membres de la commission ad hoc chargée de l'organisation des appels
d'offres des blocs pétroliers.
- AMI n°001/AMI/BC/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/Bassin
côtier.
- AMI n°002/AMI/CC/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/Cuvette
centrale.
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Tanganyika.
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- Communiqué n°M-HYD/ASM/001/CAB/MIN/2024 du 11
octobre 2024 relatif à l'annulation du processus d'appel d'offres des 27
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- Virassamy (G.), Droit de l'énergie, Paris,
LGDJ, 2012.
- Wälde (T.W.), International Petroleum
Transactions, Rocky Mountain Mineral Law Foundation, 1995.
- YavKatshung (S.), Droit de l'environnement en
République Démocratique du Congo, Bruxelles, Bruylant,
2017.
IV. TRAVAUX ACADEMIQUES INEDITS
- Baruka Grace, Analyse des financements des aires
protégées en République Démocratique du Congo,
Mémoire de Master en Développement, Université Senghor,
2015.
- Davanture (Sandrine), Les limites de l'application du
droit sur les ressources naturelles : cas des territoires palestiniens et du
Sahara occidental, Mémoire de maîtrise, Université du
Québec à Montréal, 2006.
- MomboMivy-Grady et Desse Michel, Le Golfe de
Guinée, espace du renouveau africain ?, Mémoire de Master,
Université Omar Bongo, Libreville, 2019.
- Ndong (Saturnin), La souveraineté
environnementale et les enjeux de conservation autour des aires
protégées entre l'État et les acteurs non gouvernementaux
: cas des parcs nationaux Lopé et Pongara au Gabon, Thèse de
doctorat, Université de Pau et des Pays de l'Adour, 2021.
- Pape Amadou F., La régulation de l'industrie
pétrolière du Sénégal face au défi du
paradoxe de l'abondance, Mémoire de Master 2, Université
Paris-Descartes, 2018.
- Sylva Ilunga Munyungu, Protection du Patrimoine Mondial,
Exploitation du Pétrole et Droits Fonciers et Pétroliers du Parc
National des Virunga, Thèse de doctorat, Université de
Kisangani, 2020.
V. RAPPORTS
- Agence internationale de l'énergie (AIE),
AfricaEnergy Outlook, 2022.
- Banque africaine de développement (BAD),
Perspectives économiques africaines, 2022.
- Banquemondiale, Commodity Markets Outlook, 2023.
- Banque mondiale, ManagingOilResources in Fragile
States, 2021.
- East African Community, Regional Petroleum Cooperation
Framework, 2024.
- ITIE-RDC, Rapport annuel, 2022.
- ITIE-RDC, Rapport de conciliation, 2023.
- Ministère des Hydrocarbures de la RDC, Rapport
sur les blocs pétroliers du Rift Albertin, 2021.
- Ministère des Hydrocarbures de la RDC,
Statistiques des productions du pétrole brut onshore et offshore
(janvier-septembre 2025).
- OIT, Oil and Gas Industry Employment, 2021.
- OPEP, Rapport sur la production pétrolière
en Afrique, 2024.
- Petroleum Authority of Uganda, Annual Report.
- PNUE, Environmental and Social Impacts of Oil
Development in East Africa, 2022.
- Uganda Parliament, Report of the Committee on Natural
Resources on Petroleum Governance.
- UNESCO World Heritage Centre, State of Conservation
Report: Virunga National Park, 2018.
- World Bank, Extractive Industries Sourcebook, 2023.
- WWF, Environmental Risks of Oil Exploration in the
Albertine Rift, 2020.
- WWF, Valeur économique du Parc National des
Virunga (Dalberg Report), 2013.
VI. WEBOGRAPHIE
-
https://www.lapresse.ca/affaires/2024-12-12/selon-l-agence-internationale-de-l-energie/la-production-de-petrole-va-augmenter-plus-vite-que-la-consommation-en-2025.php.
Consulter le 20 janvier 2026.
- Bill Hinchberger « Preserving Precious Peat in the
Congo Basin: How the Democratic Republic of Congo (DRC) could bring a
recently-discovered peatland into its REDD process» Interview du 16 Mai
2017 disponible sur
https://forestsnews.cifor.org/49742/preserving-precious-peat-in-the-congo-basin?fnl=en#:~:text=Scientists%20recently%20discovered%20what%20they%20call%20%E2%80%98the%20world%E2%80%99s,equivalent%20of%20three%20years%E2%80%99%20worth%20of%20global%20emissions.
(consulté le 30 juin 2025).
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Gestion des Aires Protégées en RDC, Bilan et Perspectives
d'Avenir. Etude menée dans le cadre de la Conférence
internationale CIBES 2018, Faculté des Sciences Agronomiques,
Université de Kindu, p1, 5. Ce document est disponible sur
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pétroliers » disponible sur
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20241014-rdc-le-gouvernement-annule-l-appel-d-offres-annulation-appel-d-offre-blocs-p%C3%A9troliers,
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- WWF France « SOCO International PLC démarre
l'exploration pétrolière au sein du Parc National des
Virunga » 24 avril 2014 disponible sur
https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/soco-international-plc-demarre-lexploration-petroliere-au-sein-du-parc-national-des-virunga
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- Agence Ecofin « RD Congo : SOCO International
fait marche arrière sur le pétrole du Parc National des
Virunga » 11 juin 2014 disponible sur
https://www.agenceecofin.com/hydrocarbures/1106-20694-rd-congo-soco-international-fait-marche-arriere-sur-le-petrole-du-parc-national-des-virunga,
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- Agence Ecofin « L'Unesco demande l'annulation des
permis pétroliers dans le Parc Virunga » 20 juin 2013
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- Justice et Paix « L'exploitation du pétole
dans le parc des Virunga : menace ou opportunité de
développement ? Les enjeux du déclassement » 19
décembre 2018 disponible sur
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met un terme à l'exploration pétrolière des Virunga, le
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- African Network of Young Leaders for Peace and
SustainableDevelopment, L'exploitation du pétrole dans le Parc National
des Virunga : une bataille gagnée ou une trêve stratégique
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https://www.anyl4psd.org/fr/lexploitation-du-petrole-dans-le-parc-national-des-virunga-une-bataille-gagnee-ou-une-treve-strategique-pour-les-tenants-de-lexploitation-petroliere/index.html
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développement durable. Parcours Et Initiatives, in Revue
Interdisciplinaire Du Graben (PIRIG), 2021, 229-250. Consulté le 18
Février 2025.
-
https://systemproject.fr/approche-systemique-definition/?utm :
Didier Tracol, Approche systémique - Définition, principes et
enjeux, Conseil en Management et Organisation, 2025, Consulté le 20
Février 2026.
-
https://www.aquaportail.com/dictionnaire/definition/935/hydrocarbure.
Consulter le 31 Mars 2026.
-
https://www.bing.com/search?q=Laherr%C3%A8re%2C+J.%2C+Hydrocarbons+and+their+geological+accumulation%2C+2001,
Consulter le 1er avril 2026 à 21h
-
https://www.sciencegate.app/document. : Paul Stevens, Le
rôle du pétrole et du gaz dans le développement
économique de l'économie mondiale, 2018 ? Consulter le 31 Mars
2026.
- Connaissance des Énergies, L'exploration
pétrolière, 2023, disponible sur :
www.connaissancedesenergies.org.
Consulter le 06 Avril 2026 à 11h37.
- Connaissance des Énergies, Production
pétrolière, 2023, disponible sur :
www.connaissancedesenergies.org. Consulter le 06 Avril 2026 à 12h.
https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/transport-du-petrole.
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sécurité et de santé au travail : Le raffinage du
pétrole, 3e édition, 2023.
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https://www.planete-energies.com/fr/media/dossier/transport-stockage-petrole.
Consulter le 15 mars 2026.
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l'exploitation pétrolière. Connaissance des Énergies sur
https://www.connaissancedesenergies.org.
- Directorate of Petroleum - Ministry of
Energy and Mineral Development consulté le 20 mai 2026
- The Independent
Gov't
unveils new petroleum policy as industry shifts to production phase
consulté le 20 mai 2026
-
BENHAMDI, Soumia et
BELMEKKI,
Fatima-Zohra «Dimensionnement d'une nouvelle ligne de
récupération des gaz torchés au niveau du complexe
GL1/ Z » disponible sur
http://e-biblio.univ-mosta.dz/handle/123456789/11856,
consulté le 20 mai 2026.
- Projet Écolo : Ressources naturelles renouvelables -
Définition et exemples, 2025, sur
https://www.projetecolo.com/energie-renouvelable-et-non-renouvelable-definition-et-exemples-113.html.
- Énergie Planète : Ressources renouvelables :
définition, types et avantages, 2024 sur
https://www.bing.com/search?q=%C3%89nergie+Plan%C3%A8te%2C+Ressources+renouvelables+%3A+d%C3%A9finition%2C+types+et+avantages.
- Cédric Botela « RDC et Ouganda signent 6
accords : vers la paix durable au Nord-Kivu ? »
RDC
et Ouganda signent 6 accords : vers la paix durable au Nord-Kivu ?
consulté le 20 mai 2026.
Six
nouveaux accords signés entre RDC et Ouganda lors de la visite de
Félix Tshisekedi à Kampala - RFI consulté le 20
mai 2026.
- KileleMuzaliwa «Inter-Regional and Intra-Regional Trade
on African Development», DSP Seminar Series Yokohama Law Association,
Research Group Results Report, 27 octobre 2022, Yokohama, disponible sur
https://www.iblaw.ynu.ac.jp/group/research/join/study/2024/report2.html.
- MalassiMongunza Joseph et Michel Koyakpa « RDC,
Pays Solution au Changement Climatique » (2021) ; RDC, Pays
Solution, Gérer, valoriser et protéger les ressources naturelles
https://drcprecop27.medd.gouv.cd/fr/yangambi.php
consulté le 8 juin 2026.
- https://www.nema.go.ug/en/
consulté le 08 juin 2026
- RFI « Six nouveaux accords signés entre RDC
et Ouganda lors d'une visite de Félix Tshisekedi à
Kampala »
Six
nouveaux accords signés entre RDC et Ouganda lors de la visite de
Félix Tshisekedi à Kampala - RFI consulté le 20
mai 2026
- EACOP - East African Crude Oil Pipeline -
Unlocking East Africa's Potential.
TABLE DES
MATIERESS
DEDICACE
REMERCIEMENTS
SIGLES ET ABREVIATIONS
LISTE DES FIGURES
INTRODUCTION
1
0.1. CONTEXTE DE L'ETUDE
1
0.2. ETAT DE LA QUESTION
5
0.2.1. Etat de la question
théorique
5
1. Branches de droit
mobilisées
5
2. Cadre théorique
7
3. Principes
généraux de droit
8
0.2.2. Etat de la question
bibliographique
10
0.3. POSITION DU PROBLEME
18
0.4. HYPOTHESES
20
0.5. CADRE OPERATOIRE DES HYPOTHESES
21
0.6. OBJECTIFS ET INTERETS
21
0.6.1. Objectifs de l'étude
21
0.6.2. Intérêts de l'étude
22
0.7. CADRE METHODOLOGIQUE
22
a) La méthode juridique
22
b) Approche Comparée
24
c) Approche systémique
29
0.8. DELIMITATION DE L'ETUDE
35
0.9. STRUCTURATION DE L'ETUDE
36
CHAPITRE PREMIER : CADRE THEORIQUE ET
CONCETUEL DE L'ETUDE
37
Section 1 : Cadre conceptuel de l'étude
37
§1. Notion de ressources en hydrocarbures
37
§2. Notion d'exploitation
pétrolière
45
§3. Notions relatives aux ressources
naturelles
49
Section 2 : Cadre théorique de
l'étude : la théorie de la souveraineté permanente des
États sur leurs ressources naturelles
51
§1. Origine et fondements de la
théorie
51
§3. Pertinence de la théorie pour
l'étude de l'exploitation pétrolière du lac
Édouard
59
Section 3 : Présentation du cadre
d'étude
61
§1. Localisation du lac Édouard
62
§2. La contiguïté du lac entre la
RDC et l'Ouganda
64
CHAPITRE DEUXIEME : ANALYSE DU CADRE JURIDIQUE DES
HYDROCARBURES DE L'OUGANDA ET DE LA RD CONGO
69
Section 1 : Cadre juridique des hydrocarbures en
Ouganda
69
§1. Fondement normatif du droit
pétrolier ougandais
69
§2. Régimed'attribution des droits en
Ouganda
70
2.1. Attribution des droits en amont en
Ouganda
70
2.1.1. Procédure d'appel d'offre
70
2.1.1.1. Transparence et
publicité
73
2.1.1.2. Participation de la
société nationale
73
2.1.1.3. Nature et conclusion des
contrats
74
2.1.1.4. Registre et
traçabilité
75
2.1.1.5. Primauté de la loi
75
2.2. Attributions des droits en aval
75
§3. Analyse du cadre Institutionnel de la RD
Congo et de l'Ouganda
76
1.1. Institution
principale
76
1.2. Les attributions du
Ministre des Hydrocarbures
77
1.3. Institutions de
gouvernance des hydrocarbures en Ouganda et en RD Congo
79
Section 2 : Cadre juridique des hydrocarbures en RD
Congo
81
§1. Sources normatives du droit
pétrolier congolais
81
§2. Régime d'attribution des droits
pétroliers en RD Congo
82
2.1. Attribution des droits en amont en
RDC
82
2.1.1. Procédure d'appels d'offre
82
2.1.1.1. Transparence et
publicité
83
2.1.1.2. Participation de la
société nationale
84
2.1.1.3. Nature et conclusion des
contrats
84
2.1.1.4. Registre et
traçabilité
84
2.1.1.5. Primauté de la
loi
85
§3. Protection de l'environnement et gestion
transfrontalière des hydrocarbures entre la RD Congo et l'Ouganda.
86
3.1. Protection de l'environnement
86
3.2. Gestion transfrontalière des
hydrocarbures
89
Section 3 : Appréciation critique des cadres
juridiques
95
§2. Atouts et limites des régimes
juridiques
95
§2. Contraintes juridiques
transfrontalières
95
§3. Enjeux transversaux
96
CHAPITRE TROIS : CONVERGENCES OU DIVERGENCES DES
LEGISLATIONS PETROLIERES DE L'OUGANDA ET DE LA RD CONGO
99
Section 1 : Convergences entre les
législations ougandaise et congolaise
99
§1. Reconnaissance de la souveraineté
étatique sur les ressources naturelles
99
§2. Cadre juridique et institutionnel
encadrant l'exploitation des hydrocarbures
100
§3. Obligation de prendre en compte les
impératifs de développement durable dans les régimes
d'exploitation pétrolière
102
Section 2 : Divergences entre les
législations ougandaise et congolaise
104
§1. Différences législatives
dans l'octroi des droits pétroliers en RD Congo et en Ouganda
104
§2.Divergences dans l'organisation
institutionnelle et la régulation du secteur pétrolier
109
§3. Disparités dans les
mécanismes de gestion et de redistribution des revenus
pétroliers.
112
§4. Perspectives d'harmonisation et de
coopération législative entre la RD Congo et l'Ouganda
113
1. Promotion d'une gouvernance
durable, inclusive et équitable des hydrocarbures du lac
Édouard
114
2. Nécessité
d'une harmonisation juridique pour la gestion des ressources
transfrontalières
115
3. Mise en place de
mécanismes de coopération bilatérale et
régionale
117
Section 3. Discussion des résultats
118
CONCLUSION
124
BIBLIOGRAPHIE
130
TABLE DES MATIERESS
139

* 1
https://www.lapresse.ca/affaires/2024-12-12/selon-l-agence-internationale-de-l-energie/la-production-de-petrole-va-augmenter-plus-vite-que-la-consommation-en-2025.php.
Consulter le 20 janvier 2026.
* 2 Jean-Marie Favennec et
Philippe Copinschi, Le pétrole et le gaz : un enjeu mondial,
Éditions Technip, Paris, 2003. p. 128.
* 3Rapport de l'OPEP sur
la production pétrolière en Afrique, 2024.
* 4 RDC :
Ministère des Hydrocarbures : statistiques des productions du
pétrole brut onshore et offshore Janvier à septembre 2025.
* 5 Benjamin Augé,
Conséquences économiques et politiques de la chute de la
production pétrolière en Afrique subsaharienne à l'horizon
2030, Institut français des relations internationales (Ifri), 2021,
p 8.
* 6 Albert KALAU, Gabriel
MAKABU, Divin TSHIMANGA, Elie Tshinguli et Guy MAKENDA, Hydrocarbures et Gaz en
République Démocratique du Congo, in JETIR December 2024, Volume
11, Issue 12, p 2
* 7 Camille NgomaKhuabi,
Le Régime Juridique de Navigation dans le Bassin du Fleuve
Congo : entre Centralisation, Application et Rejet d'un Cadre
Conventionnel Régional Mal Négocié en République
Démocratique du Congo, KAS Librairie Africaine d'Etudes Juridiques
1 (2014), p.362.
* 8 Bill Hinchberger «
Preserving Precious Peat in the Congo Basin: How the Democratic Republic
of Congo (DRC) could bring a recently-discovered peatland into its REDD
process» Interview du 16 Mai 2017 disponible sur
https://forestsnews.cifor.org/49742/preserving-precious-peat-in-the-congo-basin?fnl=en#:~:text=Scientists%20recently%20discovered%20what%20they%20call%20%E2%80%98the%20world%E2%80%99s,equivalent%20of%20three%20years%E2%80%99%20worth%20of%20global%20emissios.
Consulté le 30 juin 2025.
* 9 Augustin YakayengoToko,
Question Approfondie de la Gestion des Aires Protégées en
RDC, Bilan et Perspectives d'Avenir. Etude menée dans le cadre de la
Conférence internationale CIBES 2018, Faculté des Sciences
Agronomiques, Université de Kindu, p1, 5. Ce
document est disponible sur
https://www.univ-kindu.ac.cd/wp-content/uploads/2018/07/QUESTIONS-APPROFONDIES.pdf,
consulté le 30 juin 2025.
* 10 Décret
n°25/01 du 15 janvier 2025 portant création de l'aire
protégée à vocation de réserve communautaire
« Couloir vert Kivu-Kinshasa »
* 11Ibid.
* 12 Lire le Décret
n°25/01 du 15 janvier 2025 portant création de l'aire
protégée à vocation de réserve communautaire
« Couloir vert Kivu-Kinshasa »
* 13Arrêter
Ministériel n°001/AMI/BC/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/bassin
côtier ; AMI n°002/AMI/CC/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/cuvette
centrale; AMI n°003/AMI/GT/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/graben Tanganyika;
AMI n°004/AMI/GA/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/graben Albertine. La
commission ad hoc chargée d'élaborer les appels à
manifestation d'intérêt pour les blocs pétroliers et
gaziers a été instituée par l'arrêté
ministériel n°M-HYD/009/DBN/CAB/MIN.HYD/2023 du 17 juillet 2023.
* 14 Ministère des
Hydrocarbures, Communiqué N°M-HYD/ASM/001/CAB/MIN/2024 du 11
octobre 2024 « Avis annulation processus appel d'offres des 27 blocs
pétroliers », para 3-4.
* 15 Sylva Ilunga Munyungu,
Protection du Patrimoine Mondial, Exploitation du Pétrole et Droits
Fonciers et Pétroliers du Parc National des Virunga, Université
de Kisangani, Faculté de Droit, thèse doctorale, 2020. p39-42.
* 16 Rfi « Kinshasa
annule l'appel d'offres de 27 blocs pétroliers » disponible
sur
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20241014-rdc-le-gouvernement-annule-l-appel-d-offres-annulation-appel-d-offre-blocs-p%C3%A9troliers,
consulté le 30 juin 2025.
* 17 La Congolaise des
Hydrocarbures (COHYDRO) a été créée par le
décret-loi n°245 du 09 août 1999. Elle est une
société d'Etat spécialisée dans
l'exploration-production, la commercialisation et la transformation
industrielle des hydrocarbures et leurs dérivés. A ce jour, elle
est connue sous la dénomination SONAHYDROC SA (Société
Nationale des Hydrocarbures du Congo), une société anonyme
unipersonnelle avec Conseil d'administration.
* 18 A la suite de
l'ordonnance n° 10/045 du 18 juin 2010 portant approbation de l'avenant
n°1 au contrat de partage de production conclu le 5 décembre 2007
entre la République Démocratique du Congo et l'Association
Dominion Petroleum Congo, SOCO Exploration production RDC et La Congolaise des
Hydrocarbures sur le bloc V du Graben Albertine de la République
Démocratique du Congo, la société SOCO a
bénéficié de l'autorisation de mener des activités
pétrolières dans le périmètre du PNVI.
* 19 Justice et Paix
« L'exploitation du pétrole dans le parc des Virunga :
menace ou opportunité de développement ? Les enjeux du
déclassement » 19 décembre 2018 disponible sur
https://www.justicepaix.be/L-exploitation-du-petrole-dans-le-Parc-des-Virunga-menace-ou-opportunite-de/
(consulté le 30 juin 2025) ; Ramsar La Convention sur les zones
humides « SOCO met un terme à l'exploration
pétrolière des Virunga, le plus ancien parc national
d'Afrique » 20 juin 2014 disponible sur
https://www.ramsar.org/fr/news/soco-met-un-terme-lexploration-petroliere-des-virunga-le-plus-ancien-parc-national-dafrique,
consulté le 30 juin 2025.
* 20 WWF, Valeur Economique
du Parc National des Virunga (Dalberg, Rapport 2013) p.18.
* 21 Voire African Network
of Young Leaders for Peace and SustainableDevelopment, L'exploitation du
pétrole dans le Parc National des Virunga : une bataille gagnée
ou une trêve stratégique pour les tenants de l'exploitation du
pétrole, 2021,
https://www.anyl4psd.org/fr/lexploitation-du-petrole-dans-le-parc-national-des-virunga-une-bataille-gagnee-ou-une-treve-strategique-pour-les-tenants-de-lexploitation-petroliere/index.html
(consulté le 28 juin 2025) ; Jean MbuyuLuyongola, Benjamin Makamba
et juvinAkiakBuma Epande, Exploitation pétrolière dans les aires
protégées : cas des parcs nationaux de Virunga et de la
Salonga en République Démocratique du Congo. Analyse des enjeux
environnementaux, socio-économiques et juridiques, Ziglobitha RA2LC
n°09, mars 2024, pp613-632 ; René Ngongo, la
vulnérabilité des aires protégées de la RDC :
cas du parc national des Virunga, Pole institute, 2015.
* 22 Certains droits
d'hydrocarbures expirent déjà. C'est le cas des Permis
d'exploration n°PEX.GA/006/MIN-HYD/SG/02/2011 et
n°PEX.GA/007/MIN-HYD/SG/02/2011 du 10 août 2011 dont l'expiration a
occasionné la fin du contrat de partage de production du 05 mai 2010
entre la République Démocratique du Congo et l'association
Caprikat Ltd et Foxwhelp Ltd concernant les blocs 1 et 2 du graben
Albertine.
* 23 Frangier J.P.,
Comment réussir un mémoire, Dunod, Paris, 1986, p.
17.
* 24 Musubaho Kivuyirwa, K.,
Exploitation des ressources du lac Édouard et développement
durable. Parcours Et Initiatives, in Revue Interdisciplinaire Du
Graben (PIRIG), 2021, 229-250. Disponible sur
https://doi.org/10.57988/crig-2458.
2011. Consulté le 18 Février 2025.
* 25 Célestin Kadima,
Marcellin Lukongo et Jacques Wakilongo., Écotourisme et Perspectives
de l'exploitation pétrolière : Impasse dans le Lac Édouard
au Parc National de Virunga de la période coloniale à nos
jours, Éd. Universitaires Européennes, 2018.
* 26KihangiBindu Kennedy,
L'exploitation du pétrole du lac Edouard et la loi environnementale
en RD Congo, Center for International SustainableDevelopment Law (CISDL),
www.cisdl.org, 2021.
* 27MukendiMukendi N.,
La réglementation du secteur des hydrocarbures en RD Congo : Guide
de lecture à l'usage du décideur public, de l'entrepreneur et du
citoyen, Collection « Études africaines », L'Harmattan,
2022.
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général des hydrocarbures en République
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* 146 Article 3 de la loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures en République
Démocratique du Congo.
* 147 Articles 33 et
suivants de la loi n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures en RD Congo.
* 148 Articles 155 à
165 de la loi n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
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* 187Lors de l'annonce du
Document de Politiquenationale des hydrocarbures en Ouganda, le ministre de
l'énergieavaitindiquéce qui suit « the policy is
built around nine pillars, including expanded exploration, stronger downstream
development, and greater promotion of local
content »188. Ces exigences renforcent la
nécessité d'un contrôle parlementaire qui se
concrétise par l'obligation d'information le Parlement sur le processus
d'appels d'offres. VoireEcofin Agency « Uganda Updates Oil Policy
ahead of First Production» disponible sur
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Updates Oil Policy Ahead of First Production - Ecofin Agency
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(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013.
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(Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 193 Section 9,
Idem, Act, 2013
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Ibidem, Act, 2013
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* 196Section 53,
Idem.VoireaussiEcofin Agency « Uganda Updates Oil Policy
ahead of First Production» disponible sur
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Updates Oil Policy Ahead of First Production - Ecofin Agency
Consulté le 20 Mai 2026
* 197 Le Ministre doit
confirmer par écrit, dans les soixante jours suivant la
réception, que la demande est complète. Si elle est
incomplète : en cas d'appel d'offres, la demande est rejetée ; en
l'absence d'appel d'offres, le demandeur peut la réintroduire. Le
Ministre peut exiger du demandeur la constitution d'une garantie ou autre
sûreté pour assurer le respect des conditions de la licence ; ou
la souscription des assurances nécessaires pour couvrir les
responsabilités liées aux activités d'exploration.
* 198 Section 56, Petroleum
(Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 199 Section 53, Idem,
Act, 2013
* 200 Section 54(1),
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 201 Section 54(2),
Idem, Act, 2013
* 202 Section 49(2),
Ibidem, Act, 2013
* 203 Section 53(2)c,
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 204 Section 52(2)
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013
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* 211 Section 10, Petroleum
(Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 212 Section 5 et 6, 4,
Petroleum (Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013
* 213 Article 41, Loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures
* 214 Section 92, section
183(3)v, Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 215 Article 41, Loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures
* 216 Section 1, Petroleum
(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013
* 217 Section 9, Petroleum
(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013
* 218 Section 11, Petroleum
(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013
* 219 Section 9, Petroleum
(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013
* 220 Cette Autorité
dispose des pouvoirs de régulation immenses. Il lui revient ;
dès qu'elle estime qu'un titulaire d'une licence ne se conformerait pas
à une des conditions de sa licence ou à une obligation
prévue dans le cadre de la législation sur les hydrocarbures ou
une norme ou standard élaboré dans le cadre de cette
législation ; d'ordonner à l'opérateur
concerné de conformer. Voire section 99(2).
* 221 Article
1er A, Ordonnance N°25/293 du 15 décembre 2025 fixant
les attributions des ministères
* 222 Article
1er B13, Ordonnance N°25/293 du 15 décembre 2025 fixant
les attributions des ministères
* 223 Article
1er B13, Ordonnance N°25/293 du 15 décembre 2025 fixant
les attributions des ministères
* 224 Richard MugisaLirigo,
Sylva Ilunga Munyungu et Lucien MusambayRamazani « Essai Critique de
la Loi n°15/012 du 1er août 2015 portant Régime
Général des Hydrocarbures » (Novembre 2024) Global
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18 de la loi de 2015 relative aux hydrocarbures.
* 225
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Energy and MineralDevelopment consulté le 20 mai 2026
* 226 National Petroleum
Policy 2025. Ce document de politique nationale pétrolière
d'Ouganda a remplacé le cadre général qui était en
vigueur et qui a été adopté en 2008
* 227 The Independent
Gov't
unveils new petroleum policy as industry shifts to production phase
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* 228 Petroleum Authority
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* 229 ITIE-RDC, Rapport de
conciliation 2023.
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récupération des gaz torchés au niveau du complexe
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nouveaux accords signés entre RDC et Ouganda lors de la visite de
Félix Tshisekedi à Kampala - RFI consulté le 20
mai 2026.
* 232 Article 20, Loi
N°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures
* 233 Article 33, Loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures
* 234 Cet article
prévoit que la société nationale participe aux
activités d'hydrocarbures en amont et en aval soit directement, soit
indirectement en association avec une personne morale de droit congolais ou de
droit étranger.
La société nationale peut développer une
activité commerciale propre.
* 235 Article 36, Loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures
* 236 Article 37, Loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures
* 237 Richard MugisaLirigo,
Sylva Ilunga Munyungu et Lucien MusambayRamazani « Essai Critique de
la Loi n°15/012 du 1er août 2015 portant Régime
Général des Hydrocarbures » (Novembre 2024) Global
ScientificJournals : Volume 12, Issue 11, p10.
* 238
Rapports ITIE - Itie
RDC, consulté le 20 mai 2026 à 13h56.
* 239 Loi n° 007/2002
du 15 juillet 2002 portant Code minier telle que modifiée et
complétée par la Loi n°18/001 du 09 mars 2018. Il est
clairement souligné que, contrairement à l'ancien Code qui
organisait deux régimes miniers, à savoir : le régime de
droit commun et le régime conventionnel, le nouveau Code minier, en
raison du déséquilibre et de la discrimination engendrée
par le régime minier conventionnel, a retenu un seul régime de
droit commun excluant de ce fait le régime minier conventionnel,
Appendice, p198.
* 240 Article 41, Loi
n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures
* 241 Section 52(2)
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013
*
242KileleMuzaliwa«Inter-Regional and Intra-Regional Trade
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* 243MalassiMongunza Joseph et
Michel Koyakpa « RDC, Pays Solution au Changement
Climatique » (2021) ; RDC, Pays Solution, Gérer,
valoriser et protéger les ressources naturelles
https://drcprecop27.medd.gouv.cd/fr/yangambi.php
consulté le 8 juin 2026.
* 244 Si l'exigence est la
même pour tous les pays du monde, ce paragraphe évoque la
différence en termes d'exigence d'équilibre entre exploitation
des ressources naturelles et préservation de l'environnement les deux
pays.
* 245 Camille NgomaKhuabi,
Le Régime Juridique de Navigation dans le Bassin du Fleuve
Congo : entre Centralisation, Application et Rejet d'un Cadre
Conventionnel Régional Mal Négocié en République
Démocratique du Congo, KAS Librairie Africaine d'Etudes Juridiques
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* 246 Bill Hinchberger «
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conservation de la biodiversité et des services
écosystémiques, juillet 2018, Faculté des Sciences
Agronomiques, Université de Kindu, p1, 5. Ce document est disponible
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* 248 Décret
n°25/01 du 15 janvier 2025 portant création de l'aire
protégée à vocation de réserve communautaire
« Couloir vert Kivu-Kinshasa »
* 249 Décret
n°25/01 du 15 janvier 2025 portant création de l'aire
protégée à vocation de réserve communautaire
« Couloir vert Kivu-Kinshasa »
* 250 Voire Décret
n°25/01 du 15 janvier 2025 portant création de l'aire
protégée à vocation de réserve communautaire
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* 252Ministère des
Hydrocarbures, AMI
n°001/AMI/BC/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/bassincôtier ; AMI
n°002/AMI/CC/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/cuvette centrale ; AMI
n°003/AMI/GT/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/graben Tanganyika; AMI
n°004/AMI/GA/COM-ADHOC/DBN/MIN-HYDRO/2022/grabenAlbertine. La commission
ad hoc chargée d'élaborer les appels à manifestation
d'intérêt pour les blocs pétroliers et gaziers a
été instituée par l'arrêté ministériel
n°M-HYD/009/DBN/CAB/MIN.HYD/2023 du 17 juillet 2023 portant nomination des
membres de la commission ad hoc chargée de l'organisation d'appel
d'offres sur l'attribution des droits d'hydrocarbures en République
Démocratique du Congo.
* 253 Ce processus fut
annulé au mois d'octobre 2024 faute de candidatures sérieuses et
devrait être relancé ultérieurement. Voire
Ministère des Hydrocarbures, Communiqué
N°M-HYD/ASM/001/CAB/MIN/2024 du 11 octobre 2024 « Avis
annulation processus appel d'offres des 27 blocs pétroliers »,
para 3-4.
* 254 Voire article 101,
Loi n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures ; Section 3
« compliancewithenvironmental principales », Petroleum
(Exploration, Development and Production) Act, 2013.
* 255 Section 1(a),
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 256 Section 1(a),
Petroleum (Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act,
2013
* 257
ACE - MEDD-NEC consulté
le 02 juin 2026
* 258 Section 3, Petroleum
(Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act, 2013
* 259 Section 3(1),
Petroleum (Refining, Conversion, Transmission and Midstream Storage) Act,
2013
* 260 Section 3 (6),
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013
* 261 Article 41, Loi
n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier telle que
modifiée et complétée par la Loi n°18/001 du 09 mars
2018.
* 262 Article 41, Loi
n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier telle que
modifiée et complétée par la Loi n°18/001 du 09 mars
2018.
* 263
https://www.nema.go.ug/en/
consulté le 08 juin 2026
* 264 Article 21 al.3, Loi
n°11/0009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs
à la protection de l'environnement. Cet article prévoit qu'un
décret détermine les différentes catégories de
projets ou d'activités soumis à cette étude, son contenu,
les modalités de son approbation ainsi que la procédure de
consultation du public.
* 265 Exemple, Articles 3,
21, 33, 35, Loi °15/012 du 1er août 2015 portant
régime général des hydrocarbures.
* 266 Cédric Botela
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Nord-Kivu ? »
RDC
et Ouganda signent 6 accords : vers la paix durable au Nord-Kivu
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RFI « Six nouveaux accords signés entre RDC
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Kampala »
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* 267
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* 268 Ministère des
Hydrocarbures, Communiqué N°M-HYD/ASM/001/CAB/MIN/2024 du 11
octobre 2024 « Avis annulation processus appel d'offres des 27 blocs
pétroliers », para 3-4.
* 269 Sylva Ilunga
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Droits Fonciers et Pétroliers du Parc National des Virunga
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doctorale, 2020) p39-42.
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* 271 Décret-loi
n°245 du 09 août 1999.
* 272 L'ordonnance n°
10/045 du 18 juin 2010 portant approbation de l'avenant n°1 au contrat de
partage de production conclu le 5 décembre 2007 entre la
République Démocratique du Congo et l'Association Dominion
Petroleum Congo, SOCO Exploration production RDC et La Congolaise des
Hydrocarbures sur le bloc V du Graben Albertine de la République
Démocratique du Congo, la société SOCO a
bénéficié de l'autorisation de mener des activités
pétrolières dans le périmètre du PNVI.
* 273
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pp613-632 ; René Ngongo, la vulnérabilité des aires
protégées de la RDC : cas du parc national des Virunga, Pole
Institute, 2015.
* 276 Permis d'exploration
n°PEX.GA/006/MIN-HYD/SG/02/2011 et n°PEX.GA/007/MIN-HYD/SG/02/2011 du
10 août 2011 dont l'expiration a occasionné la fin du contrat de
partage de production du 05 mai 2010 entre la République
Démocratique du Congo et l'association Caprikat Ltd et Foxwhelp Ltd
concernant les blocs 1 et 2 du graben Albertine.
* 277 Ce parc a
été inscrit sur la liste du patrimoine mondial selon les
critères N(ii)(iii) et (iv) en raison de ses habitats variés et
de son exceptionnelle diversité biologique. SadikiSikivahwa Isaac,
Aires protégées et Exploitation pétrolière en
RDC : Cas du Parc National des Virunga (mémoire de Licence,
Université de Kisangani sous la direction du professeur
MwayilaTshiyembe), p2.
* 278KileleMuzaliwa
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la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972 ;
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* 293 Résolution
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14 décembre 1962 relative à la souveraineté permanente sur
les ressources naturelles.
* 294 Articles 14 à
17 de la Loi n°15/012 du 1er août 2015 portant régime
général des hydrocarbures.
* 295 Article 56 du
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act 2013.
* 296 Idem, Article 9.
* 297 Ibidem, Article
10.
* 298 Ibidem, Article
42.
* 299 Article 43 du
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act 2013.
* 300 Article 155 à
158 de la loi n°15/012 du 1 aout 2015 portant régime
général sur les hydrocarbures.
* 301 Loi n°11/009 du
09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection
de l'environnement en République Démocratique du Congo.
* 302 Article 129 du
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act 2013.
* 303 Article 27 al. 2 de
la loi n°15/012 du 1er aout 2015 portant régime
général sur les hydrocarbures.
* 304 Idem, Article 31.
* 305 Article 33 al.2 de la
loi n°15/012 du 1er aout 2015 portant régime
général sur les hydrocarbures.
* 306 Idem, Article 2 point
11.
* 307Ibid, Article 2 point
28 de la loi portant régime général sur les
hydrocarbures.
* 308 Article 17 de la loi
n°15/012 du 1er aout 2015 portant régime
général sur les hydrocarbures.
* 309 Article 49 du Act 3
Petroleum (Exploration, Development and Production) Act 2013.
* 310 Idem, Article 50.
* 311Petroleum
(Exploration, Development and Production) Act 2013. Article 52 point 2.1.
* 312 Idem, Article 52.
* 313 République
d'Ouganda, Petroleum (Exploration, Development and Production) Act, 2013.
Article 8.
* 314 Ibid., Articles 42
à 46
* 315
https://acp.cd/economie/hydrocarbures-annulation-du-processus-dappel-doffres-des-27-blocs-petroliers-en-rdc.
Consulter le 30 mai 2026 à 15h32.
* 316Petroleum
(Exploration, Development and Production) Act, 2013, articles 42 à
46.
* 317 Loi n° 15/012 du
1er août 2015 portant régime général des
hydrocarbures, Articles 14 à 18.
* 318 Loi n° 15/012 du
1er août 2015 portant régime général des
hydrocarbures, Article 19.
* 319 Uganda : Public
Finance Management Act of 2015, Article 56.
* 320 Idem, Article
58-59.
* 321 Ibidem, Articles
62-64.
* 322 Convention sur la
gestion durable du lac Tanganyika de 1999.
* 323 Accord de
création de l'Autorité du Bassin du Lac Kivu et de la
rivière Ruzizi (ABAKIR), 2014.
* 324 Accord de
coopération entre la Guinée équatoriale et le Cameroun sur
l'exploitation conjointe des hydrocarbures en zone frontalière, Malabo,
2026.
* 325 Accord entre RD Congo
et l'Angola sur la création d'une Zone d'Intérêt Commun
(ZIC), 2007.
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2021.
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