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L'écomobilité, vers un développement durable de l'activité touristique

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par Mari Jaouen
Ecole Supérieure Européenne de Poisy - Diplôme Universitaire en Ingénierie de l'Espace Rural 2005
  

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3.2 Freins politiques

La remise en cause de certaines formes touristiques ou de certains modes de transport peut prendre du temps en raison de blocages décisionnels et de la crise politique.

La lourdeur et les incohérences de notre système administratif sont en grande partie responsables du déficit public. On créer en permanence de nouvelles structures, sans supprimer les précédentes qui avaient des missions souvent assez proches des nouvelles créées. Prenons l'exemple de la France, alors qu'il n'existait à l'origine que 3 échelons administratifs (commune, département et Etat), il existe aujourd'hui, en plus, des structures intercommunales multiples, sans oublier les régions. La répartition des responsabilités entre ces différents niveaux est tout sauf claire. En effet, chaque instance essaie de justifier son existence en dépensant et l'imbrication des responsabilités conduit à multiplier le temps de concertation et de décision : voilà de quoi décourager bon nombre de citoyens et d'élus.

Pour les élus, la prise d'initiative est rendue de plus en plus difficile par les responsabilités qui y seront liées. La prise d'initiative est donc synonyme de risque. Les grands problèmes de sociétés sont donc bien souvent non abordés et les élus adoptent une attitude de gestionnaire à court terme, celui des échéances électorales. Il s'agit d'un véritable désengagement des collectivités publiques.

Les élus locaux sont, de plus, non formés, non informés et non accompagnés dans leur fonction. Ils font donc des choix qui ont souvent des conséquences désastreuses. Ils n'ont aucune vision globale de leur territoire, de leurs citoyens. Leur vision sectorielle les amène à mettre en place des projets ponctuels, sans penser aux conséquences de ces projets sur les autres secteurs. Des conflits d'usages apparaissent donc, et les élus doivent les gérer. Lorsqu'il s'agit de traiter de thèmes ciblés comme le tourisme et les transports par exemple, ils choisissent souvent de traiter des deux thèmes séparément, de fractionner. Une démarche d'ensemble est pourtant nécessaire puisque les deux domaines sont intimement liés. Il est essentiel de changer les problématiques traditionnelles, les conceptions fonctionnalistes ou rationalistes d'un domaine, d'un problème, d'un projet, par une vision globale. Ainsi une vue d'ensemble permettra d'inscrire une cohérence dans les actions. Cette approche doit être adaptée au territoire et non sectorielle, si l'on ne veut pas passer à côté de données essentielles.

L'Europe manque de débats publics de fond. Il est rare que les citoyens soient appelés à donner leur avis sur des thèmes d'importance, sinon par l'affirmative ou la négative. Ils peuvent se prononcer lors d'enquêtes publiques liées à un projet ou un autre mais pas sur leur vision du futur, sur ce qu'ils veulent pour l'avenir. On propose au citoyen et il accepte ou non. Ne serait-il pas intéressant que le citoyen propose lui aussi ? La démarche à mettre en place serait certainement longue et difficile, mais face à la crise politique, ne faut-il pas changer de processus ? Bien évidemment tous les citoyens ne souhaitent pas donner leur avis, mais cela est peut être dû au fait qu'on ne le leur a jamais demandé.

Comme nous l'avons vu en première partie, la législation concernant le développement de certains modes de transports ne prend pas en compte la réduction de leurs impacts. On remarque en général, une absence de cadre législatif strict et de politiques pionnières en matière d'écomobilité (différents niveaux selon les pays d'Europe). Ce problème est lié au désengagement des collectivités publiques et à l'absence de prise d'initiative. Les élus et décideurs gèrent les différents problèmes au coup par coup, sans prendre de risque et toujours sur du court terme.

Le domaine du tourisme traîne une lacune qui n'est pas des moindres, l'absence de travail en amont qui pourrait permettre d'anticiper les changements prévisibles ou en cours. De plus, il n'existe pas ou peu de vision du futur en matière de tourisme. Les décideurs (collectivités publiques) devraient à travers un projet territorial définir leur propre vision du futur, se projeter, et ce dans tous les domaines. Malheureusement, les actions sont souvent réalisées sur du court terme, sans être mises en place en fonction d'objectifs prédéfinis. Des multitudes de projets voient le jour mais sans aucune coordination, on se retrouve par exemple, face à une désorganisation totale du secteur touristique dans certaines collectivités. Il est donc nécessaire que des objectifs soient fixés. En effet, sans objectifs à atteindre, il n'y a pas de changement, d'évolution dans la manière d'aborder les sujets, c'est l'immobilisme. Les élus se retrouvent alors dans une attitude passive où ils réagissent quand un problème survient. Si un comportement actif est adopté, l'anticipation est possible, on peut alors mettre en place en quelques années, de véritables projets qui répondront aux objectifs fixés. L'anticipation permettra de voir juste quant au futur et d'adapter les projets aux évolutions prévues. Grâce à l'utilisation d'indicateurs dans de nombreux domaines, on peut voir évoluer les comportements, voir le changement s'amorcer et agir en conséquence avant que les problèmes que vont causer ces changements n'éclatent. La mise en place d'une veille technologique fait cruellement défaut aux collectivités publiques qui ne se projettent pas et végètent dans le cours terme.

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