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L'écomobilité, vers un développement durable de l'activité touristique

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par Mari Jaouen
Ecole Supérieure Européenne de Poisy - Diplôme Universitaire en Ingénierie de l'Espace Rural 2005
  

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3.4 Le terrorisme, régulateur du développement des transports aériens ?

Le terrorisme dont est victime le secteur aérien depuis les attentats du 11 septembre 2001 changera peut être les habitudes des voyageurs. Le 11 août dernier (2006), un nouveau projet d'attentats terroristes a été déjoué au Royaume Uni. Le lendemain, le plan Vigipirate était poussé à son maximum et les passagers étaient convoqués à se présenter 2 heures plutôt que prévu dans les aéroports londoniens pour être fouillés plus scrupuleusement. Les bagages à main, que les passagers pouvaient jusqu'alors emmener avec eux dans l'avion, étaient enregistrés en soute. Si ces mesures de sécurité draconiennes devaient se prolonger, il est certain qu'elles décourageraient bon nombre de passagers aériens. En effet, le cumul du temps d'attente et de contrôle avant le départ, du temps de vol, du temps d'attente de récupération des bagages après le vol et le temps de contrôle une fois arrivé à destination est source de stress pour le voyageur qui, découragé par ces attentes interminables, préférera certainement prendre le train que l'avion sur des distances courtes.

3.5 Le tourisme et les transports face à la déplétion pétrolière

Le pétrole et sa chimie sont omniprésents et les lobbies pétroliers sont très puissants. Notre économie repose, toujours plus, sur un excès énergétique, sur l'enthousiasme irrationnel de transporter biens et personnes aux quatre coins du monde.

Aujourd'hui, toute anticipation trop crédible de la fin de l'ère pétrolière est ressentie comme un réelle menace pour l'économie mondialisée dont les énergies fossiles sont la base. Nous refusons d'admettre qu'il y aura forcément une fin. La chose est pourtant inévitable car les ressources de la Terre sont limitées et tout le monde le sait.

Nous repoussons donc l'échéance en refusant de voir ce qui arrivera. On se demande ce qui empêche la mise en place, dès aujourd'hui, de transitions douces, sur une ou plusieurs décennies. Est-ce la peur qui paralyse les pouvoirs politiques ? Il ne manque plus désormais d'experts pour affirmer que nous sommes bien plus près de la fin qu'on veut nous le dire.

En admettant que nous avons moins de 30 ans pour nous adapter à un grand bouleversement de notre économie actuelle, on constate que nous avons beaucoup plus de questions que de réponses. Le transport et le tourisme comme beaucoup d'autres activités dépendent directement et indirectement du pétrole. Si nous ne réduisons pas radicalement nos transports et ne repensons pas notre manière de faire du tourisme, l'échéance fatidique qui se rapproche sera insurmontable.

Au vu de la réaction des différents gouvernements vis-à-vis de ce problème, nous pouvons nous demander s'il s'agit d'un mauvais canular. Si la déplétion du pétrole est réelle, pourquoi aucune décision n'est prise ? Faisons le point sur les réserves pétrolières, la production, notre consommation d'énergie fossile. Qu'elles sont les prévisions et qu'elles en seraient les conséquences, le futur, si la déplétion du pétrole survient rapidement comme le prédisent de nombreux experts ?

3.5.1 Les réserves

La question des réserves est le problème le plus épineux de la déplétion du pétrole.

Tout d'abord, il existe différents types de réserves. Les réserves initiales sont celles estimées disponibles dans un gisement lors de sa découverte. C'est sur ces réserves que sont basés les calculs de prix de vente des gisements, d'investissements faits pour son exploitation et de valeur des entreprises. Les réserves sont souvent peu fiables en raison des enjeux financiers qu'elles représentent. A partir des réserves initiales des gisements, on calcule les réserves prouvées, probables et possibles. La quantité de pétrole qui sera exploitée avec les moyens actuels avec une probabilité de 95% représente les « réserves prouvées ». La quantité de pétrole qui sera produite avec une probabilité de 50% est désignée « réserves possibles ». Et la quantité de pétrole supposée produite, si le prix de vente augmente de manière à couvrir des frais d'extractions très élevés, avec une probabilité de 5% se nomme réserves possibles. Les gouvernements et les banques utilisent généralement la valeur médiane des trois quantités qui a moins d'une chance sur deux d'être finalement découverte.

Les différentes estimations sont justifiées dans les rapports par les différents types de pétrole : conventionnels et non conventionnels (schistes bitumeux, sables pétrolifères et pétrole inexploitable avec les technologies actuelles). Pourtant les experts expliquent que l'exploitation des gisements de pétrole non conventionnels restera lente, difficile et coûteuse et que la production nette d'énergie est très limitée. En effet, l'exploitation de ces gisements nécessite souvent la consommation d'une part de leur énergie, autrement dit, il faut utiliser de l'énergie pour exploiter ces gisements d'énergie, ils sont donc peu rentables.

Enfin les estimations officielles sont souvent remises en cause. Elles sont d'une part définies de manière différente selon les pays, et d'autre part gonflées dans certains pays pour augmenter leurs quotas de production. En effet, les six principaux pays de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) ont augmenté significativement leurs réserves vers la fin des années 1980, quand les autres ont continué sans changements importants. Les quotas de production pour chaque pays membre de l'OPEP sont proportionnels à leurs réserves prouvées. Plus les quotas sont élevés, plus ils peuvent gagner d'argent, cela leur a donc donné de bonnes raisons d'ajuster leurs chiffres. En admettant qu'il n'y ait pas d'ajustement, les chiffres sont tout de même suspects puisqu'ils sont identiques d'une année sur l'autre et quelle que soit la quantité de pétrole extraite.

Le schéma suivant a été réalisé par Jean Laherrère, qui a travaillé 37 ans chez Total, où il a fini comme chef des techniques d'exploration, puis a participé aux travaux du Commissariat Général du Plan sur l'énergie. Il est membre de l'ASPO (Association for the Study of Peak Oil and Gas), un réseau presque informel d'ingénieurs, de géologues, de scientifiques de disciplines diverses et d'économistes, qui cherche à déterminer le moment où le pic pétrolier va survenir, et ses conséquences sur l'économie.

Réserves mondiales prouvées (Jean Laherrère)


Comme le montre ce schéma, les réserves s'amenuisent depuis le début des années 1980. En effet, depuis cette période, on consomme plus de pétrole que l'on en découvre, les réserves diminuent donc.

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