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Situation de la production de café en côte d'ivoire: cas du département d'Aboisso, état des lieux et perspectives

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par André Hughes Georges KOUA
Ecole Supérieure d'Agronomie (ESA) - Ingénieur Agronome, option agroéconomie 2007
  

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INTRODUCTION GENERALE

1. Contexte de l'étude

Durant les vingt ans qui ont suivi son indépendance, la Côte d'Ivoire a pu se hisser parmi les pays en voie de développement à revenu intermédiaire. Le PIB a ainsi connu une augmentation en terme réel de 7% par an durant les années 60 et 70 (GLOUNAHO, 2000).

Cette croissance économique a été essentiellement le fait du secteur agricole, qui a représenté plus de 30% du PIB et employé plus de 50% de la population active (LMC, 1997.). Pendant cette période de croissance (1960 à 1980), la performance de l'agriculture a été due principalement au café et au cacao qui ont représenté jusqu'à la fin des années 1980, 60% des exportations totales et 90% des exportations agricoles en Côte d'Ivoire (CIRAD, 1996).

Les exportations du café en particulier occupent la troisième place en valeur des exportations ivoiriennes de produits agricoles derrière le cacao et le coton fibre. Ces exportations se chiffrent à environ 100 milliards de FCFA par an (BNETD, 2005). De plus, la culture du café emploie environ 380 000 planteurs qui gèrent environ 1 200 000 ha de plantations dont 600 000 ha en production (RNA, 2001).

Le développement de la caféiculture a été possible grâce à l'intervention de l'Etat qui, dès les premières années de l'indépendance, a mis en place de nombreuses structures et sociétés d'appui au secteur agricole.

Au niveau de la recherche, l'Institut de Recherche sur le Café et le Cacao (IRCC) était chargé de mettre au point le matériel végétal amélioré. L'IRCC a ensuite été absorbé par l'Institut des Forêts (IDEFOR) puis, en 1998 l'IDEFOR a été absorbé par le Centre Nation de Recherche Agronomique (CNRA).

Au niveau de l'encadrement, la Société d'Assistance Technique pour la Modernisation Agricole en Côte d'Ivoire (SATMACI) était chargée de la vulgarisation de variétés sélectionnées. La SATMACI a été remplacée en 1993 par l'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER).

Au niveau de la commercialisation, la Caisse de Stabilisation et de Soutien des Prix des Productions Agricoles (CSSPPA ou CAISTAB) était chargée de la supervision des opérations de commercialisation et du soutien des prix du café et du cacao. Au niveau du financement de l'agriculture, la Banque Nationale pour le Développement de l'Agriculture (BNDA) était chargé d'apporter un appui financier au milieu rural. En 1991, elle a par la suite été liquidée en 1991.

Au début des années 80, la caféiculture en Côte d'Ivoire a connu, une situation difficile du fait de la baisse continue des cours sur le marché international. Cette baisse des cours du café a entraîné une forte réduction des revenus des producteurs, mais aussi des recettes du pays.

Face à cette situation, l'Etat Ivoirien, avec le soutien des bailleurs de fonds, a entrepris au début des années 90, des réformes visant à libéraliser les différents secteurs de son économie et en particulier les filières café et cacao. Ces reformes ont abouti en janvier 1998 à la libéralisation totale de la filière café. Le but de la libéralisation était le désengagement de l'Etat de la gestion de la filière et d'en améliorer la compétitivité afin de permettre aux paysans de percevoir une plus grande part du prix de vente de leurs produits. Après la libéralisation, la gestion de la filière café ( ainsi que celle du cacao) a été confiée à un ensemble de structures. Ce sont : la Bourse du Café et du Cacao (BCC), l'Autorité de Régulation du café et du cacao (ARCC), le Fond de régulation et de Contrôle (FRC), le Fonds de Développement et de Promotion des Activités des Producteurs de Café et de Cacao (FDPCC), le Fonds de Garantie des Coopératives Café Cacao (FGCCC).

2. Problématique

La Côte d'Ivoire produit principalement le café Robusta et en est le troisième exportateur africain. La production de café a évolué de façon erratique depuis les années 50 jusqu'aujourd'hui. En effet, entre les années 50 et le début des années 60, la production de café a connu une hausse de plus de 10% par an. Elle a atteint une moyenne de 260 000 tonnes durant les années 70 et au début des années 80, elle a commencé à chuter (LMC, 1997). L'offre annuelle, qui était de 239 000 tonnes en 1980, est passée au-dessous de 180 000 tonnes au début des années 90, soit une baisse de 25%.

En effet, face à la baisse continuelle du prix du café, la réaction des paysans dans un premier temps, a consisté à accroître les superficies afin de réduire les pertes de leurs revenus. Cela s'est fait par la création de nouvelles plantations au détriment de la forêt primaire (NYEMECK et al. ,2001). La chute du prix persistant, de nombreux paysans ont dans un deuxième temps ont substitué leurs plantations de café au profit d'autres cultures jugées plus rentables et plus sûres (cacao, palmier à huile, hévéa). Par ailleurs, ceux qui ont continué à produire ont réduit l'entretien des plantations et suspendu les investissement nouveaux, avec pour conséquence la chute des rendements et donc de la production de café.

Durant la seconde moitié des années 90, à la faveur d'une remontée des cours du café, le volume global de la production ivoirienne a connu une légère baisse pour se situer autour de 150 000 tonnes. Pendant la campagne 1999/2000, elle a atteint le niveau record de 365 000 tonnes, soit son niveau le plus élevé depuis 20 ans. Cette forte production a coïncidé sur le plan international, avec l'entrée en production des plantations indonésiennes et vietnamiennes. Le marché international a enregistré un excédent de l'offre de café par rapport à la demande avec pour conséquence la chute des cours mondiaux. Cet effondrement des prix est venu redoubler les difficultés de la filière café dont les producteurs étaient en crise depuis plusieurs années. Cette situation a été accentuée par la crise politico militaire que connaît la Côte d'Ivoire depuis l'année 2002 et qui a entraîné l'abandon de nombreuses plantations suite au déplacement de nombreuses populations.

Le département d'Aboisso, situé dans la région du Sud Comoé qui est l'une des plus anciennes zones de production de café du pays est actuellement l'une des plus touchée par la baisse de la production de café. Sa production est passée de 29 428 tonnes à 8715 tonnes entre 1998 et 2006 ; soit une baisse de 70 % (Source : Base de donnée Observatoire café cacao). D'autre part, la culture du café y subit la concurrence d'autres cultures pérennes, notamment le palmier à huile, l'hévéa. La crise que traverse la filière café aujourd'hui affecte gravement les revenus des paysans du département d'Aboisso, ainsi que l'économie toute entière. Il apparaît dès lors nécessaire de se demander comment relancer cette culture. La présente étude tente d'apporter des pistes de solution à travers un diagnostic de la production caféière dans le département d'Aboisso.

3. Objectifs de l'étude

L'objectif général de l'étude est de poser un diagnostic de la situation de la production caféière en Côte d'Ivoire en vue de proposer une stratégie pour sa relance.

De façon spécifique, il s'agit de :

-établir un état des lieux de la production caféière en Côte d'Ivoire ;

-identifier et analyser les facteurs pouvant favoriser la relance de la caféiculture

-proposer un plan de relance de la production caféière.

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