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Situation de la production de café en côte d'ivoire: cas du département d'Aboisso, état des lieux et perspectives

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par André Hughes Georges KOUA
Ecole Supérieure d'Agronomie (ESA) - Ingénieur Agronome, option agroéconomie 2007
  

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4. Hypothèses de recherche

H 1 : La vieillesse du verger caféier est une cause de la faible production des plantations.

H 2 : les prix bas payés aux producteurs sont la principale cause de l'abandon de parcelles de café.

H 3 : la majorité des plantations de café abandonnées ont été reconverties en d'autres cultures pérennes.

H 4 : l'inaccessibilité de la main d'oeuvre influence négativement les investissements dans les caféières.

H 5 : la pratique des cultures telles que l'hévéa et le palmier à huile (cultures concurrentes) influence négativement les investissements en caféiculture.

CHAPITRE 1 : REVUE DE LITTERATURE

1. CONTEXTE ECONOMIQUE ET SOCIAL DE LA PRODUCTION DE CAFE EN CÔTE D'IVOIRE

1.1. Zones de production

La culture du caféier se retrouve sur l'ensemble de la zone forestière de la cote d'Ivoire qui présente des conditions pédoclimatiques favorables à son développement (Annexe 1). Les régions de production de café sont regroupées en 5 grandes zones :

· l'OUEST (régions du Moyen Cavally et des Montagnes) : c'était la région de production la plus importante avec une production de 72 980 tonnes en 2001. Elle regroupait 26,2% des ménages agricoles produisant du café en côte d'ivoire (RNA, 2001). Toutefois, depuis l'éclatement de la crise politico militaire en 2002, l'on ne dispose pas de données statistiques officielles récentes sur la production et la commercialisation du café dans cette zone.

· le CENTRE-OUEST (régions de la Marahoué, du Fromager et du Haut Sassandra)  : c'est la deuxième zone de production de café avec une production d'environ 50 900 tonnes en 2006, soit 42% de la production nationale (Source : Base de données Observatoire café-cacao). Elle regroupe près de 23,2% ménages produisant le café. La production de cette zone dépend en grande partie de la production dans le département de Daloa.

· le SUD-OUEST (région du Bas Sassandra) : cette zone, qui a produit 17056 tonne de café en 2006 (14% de la production nationale), connaît depuis quelques années de fortes reconversions des caféières en cultures d'hévéa et de palmier à huile.

· Le SUD (régions des Lagunes, de l'Agneby et du Sud Bandama). Cette zone a regroupe en 2001, 20,5% des ménages produisant du café en côte d'ivoire. Cette zone est dominée par le département de Divo qui a constitue 56% de sa production en 2006.

· l'EST (régions du Sud Comoé, du N'zi Comoé et du moyen Comoé) : c'est la plus ancienne zone de production de café du pays. Même si la production de café dans cette zone est en régression depuis plusieurs années, elle représente une part importante de la production nationale (environ 16 % de la production nationale).

1.2. Facteurs de production

1.2.1. Terre

Le développement agricole ivoirien, basé sur les cultures d'exportation a été fortement influencé par le libre accès à la terre, voulu et encouragé par le premier régime au pouvoir après l'indépendance. Cela a accéléré des mouvements migratoires des zones de savane ivoirienne et des pays voisins (Mali, Burkina Faso) vers les zones forestières en vue de l'acquisition de terres cultivables.

Il s'en est suivi une accélération du « modèle front pionnier », par la création de centaines de milliers d'hectares de nouvelles plantations de café et de cacao par les migrants (surtout), après abattage de la forêt primaire (Colin, 1987). Selon l'Ex-DCGTX, de 1955 à 1990, la population rurale a été multipliée par quatre (4) et l'espace forestier divisé par quatre (4). Aussi, les superficies plantées sont passées de 1 347 000 ha en 1984 à plus de 2 500 000 ha en 1997 (MINAEF, 1984 et MINEOF, 1997 cités par AGPKO, 2000). Pendant de temps les réserves forestières sont passées de 8,5 à 0,5 ha par habitant. Cette situation a été à la base de la hausse du coût d'acquisition de la terre, la baisse de la fertilité des sols et de nombreux litiges fonciers.

La raréfaction des réserves forestières tant au niveau global qu'au niveau de chaque exploitation, engendre de nombreux problèmes et bouleverse l'équilibre des systèmes productifs.

1.2.2. Travail

La quantité de travail dans une exploitation agricole dépend, outre la taille de l'exploitation, du système de production utilisé. En effet, la conduite d'une exploitation peut impliquer un besoin supplémentaire de travail (entretien, traitements phytosanitaires, soins aux plantations) et cela tant que de nouveaux facteurs ne transforment pas les techniques culturales. L'utilisation de la main-d'oeuvre et le type de manoeuvres diffèrent selon les groupes ethniques selon qu'on soit autochtone, allochtone ou étranger.

Les autochtones sont détenteurs de terre. Ils sont caractérisés par la disponibilité en terre et les possibilités de « vendre » cette terre contre rémunération de différente nature. Ils peuvent aussi « l'échanger » dans le cadre d'un contrat terre / travail en vue de satisfaire les contraintes de liquidité financière auxquelles ils sont soumis.

La main-d'oeuvre autochtone, moins abondante que la main-d'oeuvre allochtone ou allogène, s'emploie surtout dans les exploitations familiales et quelque fois dans des exploitations appartenant à un autre autochtone (non membre de la famille). Généralement, les exploitants autochtones, pour faire face à la raréfaction et aux coûts souvent élevés de la main-d'oeuvre, s'organisent en groupe d'entraide. Dans ce système, tous les membres du groupe se retrouvent, chaque un ou deux jour, dans l'exploitation d'un des leurs pour la réalisation des travaux champêtres.

Les allochtones Baoulé, une fois en possession de la terre, constituent des agrégats de campements relativement importants. La force de travail dont ils disposent y est concentrée et s'emploie rarement à l'extérieur. Ils utilisent lorsque c'est possible, la main-d'oeuvre occasionnelle comme permanente (Mossi), mais ils profitent également de l'apport de main-d'oeuvre que représente la force de travail des jeunes Baoulé ayant de près ou de loin des liens de parenté avec eux.

Les Burkinabés : parmi ces migrants, on peut distinguer les planteurs dernièrement arrivés et ceux installés depuis de longues dates (avant 1980).

Les burkinabés installés depuis de longues dates ont bénéficié d'une plus grande disponibilité en terre compte tenu du besoin croissant des autochtones en force de travail. Par la suite, ils ont pu, par leur statut privilégié de pionniers, bénéficier d'une partie de la force de travail des migrants arrivés après eux.

Les jeunes burkinabés qui arrivent, peuvent espérer accéder à la terre, s'ils s'emploient comme salariés permanents chez un autochtone. Ils doivent en outre consacrer une partie de leurs forces de travail aux planteurs qui les accueillent et les protègent. Sur leur temps de travail résiduel, ils peuvent cultiver des vivriers sur des terres prêtées.

1.2.3. Capital d'exploitation

Dans le cadre de notre étude, les investissements auxquels nous nous sommes intéressé, porteront sur l'utilisation des produits agro chimiques et les créations de nouvelles parcelles et l'adoption de matériel végétal sélectionné.

Ø Le matériel végétal

Pour la plantation de leurs parcelles, les paysans utilisent soit du matériel végétal sélectionné issu de centres de recherche agronomique, soit du matériel provenant directement d'anciens vergers.

Selon MOSSU (1990), la sélection de matériel végétal repose sur des critères de vigueur, de précocité, de productivité, de grosseur, de qualité des cerises et de comportement vis à vis des maladies et d'attaques d'insectes. Ils sont généralement appropriés aux conditions climatiques et aux techniques culturales.

La plupart des caféiculteurs en Côte-d'Ivoire exploitent leurs parcelles de façon traditionnelle, utilisant très peu d'intrants notamment en ce qui concerne le matériel végétal sélectionné. Ce qui accentue la faible productivité des exploitations (HAÏDARA, 2001). C'est généralement suite à des campagnes de soutien de la part de l'Etat, que ces derniers utilisent du matériel sélectionné.

Ø Les Engrais

L'objectif de la fertilisation est double : assurer les besoins nutritifs des arbres et conserver les équilibres minéraux et organiques du sol pour le maintien de sa structure et de sa fertilité. Selon CAMBRONY (1979), l'emploi des engrais minéraux et organiques en caféiculture est l'ultime et décisif élément technique à mettre en jeu pour l'amélioration de la productivité des caféiers. Mais il doit être rentabilisé par un choix judicieux et une application à des plantations bien conduites et bien entretenues.

Ø Les produits phytosanitaires

C'est la catégorie d'intrants la plus utilisée en caféiculture en Côte d'Ivoire. Sur les jeunes plantations, une surveillance phytosanitaire doit être régulièrement effectuée car des dégâts d'insectes qui, sur des arbres adultes, seraient sans grand danger, peuvent s'ils se multiplient sur de jeunes arbustes, compromettre gravement leur développement (MOSSU, 1990). Le maintien d'une plantation en bon état de production nécessite donc des traitements phytosanitaires réguliers.

Le café connaît peu de problèmes phytosanitaires. Le traitement des scolytes des grains se fait avec l'Endosulfan. Mais la recherche estime que 2% des paysans seulement font le traitement car les attaques sont imperceptibles. Les perspectives de lutte intégrée sont intéressantes à ce niveau parce qu'ils existent des ennemis naturels qui limitent leur expansion. La lutte intégrée fait place à la lutte biologique naturelle qui est relayée, quand les taux de dégâts évoluent au-delà de certains seuils économiques, par l'emploi de pesticides appropriés (HAÏDARA, 2001).

1.3. Encadrement

Depuis la restructuration des services agricoles en Côte d'Ivoire en 1993, les pouvoirs publics ont créé une société unique de vulgarisation agricole, ANADER, reprenant les activités de trois structures dissoutes : Ex-SATMACI (encadrement café/cacao), Ex-CIDV (encadrement vivrier), Ex-SODEPRA (encadrement des productions animales). Les structures dissoutes avaient une approche de vulgarisation sectorielle et intégrée bâtie autour des cultures de rente. Le conseil individuel était privilégié. Ces structures se chargeaient de la distribution des intrants (semences, engrais) et du crédit agricole.

L'ANADER intervient dans la filière café au niveau de la production et la diffusion de matériel végétal à partir de ses CBC. Elle intervient également dans la vulgarisation d'innovation, notamment du matériel végétal plus performant, des pratiques culturales plus intensives.

Depuis sa privatisation 1999, les prestations de l'ANADER sont devenues payantes de sorte qu'il est difficile pour les producteurs de café de la solliciter son aide. Les producteurs n'ont en général recourt à cette structure que pour l'achat de matériel végétal.

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