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Usages et publics des discothèques : la spécificité du réseau parisien

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par Alexis Plékan
Université du Havre - DUT Métiers du livre 2004
  

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2. Enquête sur le public de la MMP 

C'est dans ce contexte quelque peu pessimiste que m'a été confiée la mission d'effectuer une enquête sur les publics des Archives sonores et du Centre de documentation musicale. Cette enquête avait pour objectif d'obtenir des informations concernant la composition des publics de ces services qu'aucune donnée existante ne mesurait, si ce n'est en terme de documents consultés, les fiches de communication des documents étant conservées pour être ensuite transcrites en statistiques. L'enquête, qui ne devait initialement porter que sur les publics des Archives sonores, ne visait pas tant à définir une typologie très précise des publics (qui aurait été faussée de toute façons du fait de la période de réalisation de l'enquête, en pleines vacances d'été), mais surtout de tenter de définir les usages transversaux des publics, à l'intérieur de la MMP et au niveau des autres établissements musicaux de Paris.

Compte tenu de la pluralité des problèmes soulevés par la mise au point de cette enquête, il ne paraît pas inutile de détailler la mise en oeuvre de cette entreprise point par point. Pour répondre à la question « qui sont les publics des Archives sonores et du Centre de documentation et quelles sont leurs pratiques ? », il importait au préalable de collecter un maximum d'information documentaire sur la MMP, ses départements et ses publics. Ici la bibliothèque professionnelle de la MMP (revues, ouvrages de référence, mémoires de l'ENSSIB, rapports de missions...) et les ouvrages personnels de Gilles Pierret m'ont donné une solide connaissance de la problématique de la musique en bibliothèque et de la question des publics. Les entretiens réalisés auprès d'Alfred Caron et de Gilbert Morrison, responsables respectifs des Archives sonores et du Centre de documentation ont apporté à ma réflexion une dimension plus pratique et plus actualisée. En outre, les discussions informelles avec les différents agents rattachés à ces deux services ont également été riches d'enseignements. La consultation des statistiques des Archives sonores m'a donné quelques indications chiffrées, encore difficilement exploitables à ce stade de l'enquête. Enfin, la synthèse d'une enquête de 1997 réalisée auprès du public de la Médiathèque de prêt m'a permis de m'immerger un peu plus dans cette problématique et de cerner des aspects à approfondir dans l'enquête que j'allais réaliser. Cette phase préliminaire a duré plusieurs semaines, le temps nécessaire pour m'intégrer dans l'établissement et en percevoir les subtilités.

L'élaboration matérielle de l'enquête a véritablement commencée avec une séance de travail avec Gilles Pierret, Conservateur Général durant laquelle nous avons formalisé ses desiderata en la matière. Plus qu'une investigation sur le profil des publics et sa composition sociologique (CSP, niveau d'étude, pratiques culturelles...) l'interrogation principale portait sur la fréquentation et/ou la multifréquentation des services au sein de la MMP et des autres établissements musicaux de Paris. Il s'agissait en fait de vérifier le constat pessimiste que Gilles Pierret effectuait en 2002 :

« spécialistes et `grand public' se sont ignorés, chacun restant dans son univers. Combien d'usagers de la médiathèque de prêt n'ont même jamais eu conscience qu'il pouvait exister, au même endroit, des archives sonores ou un centre de documentation musicale, pourtant tout aussi accessibles ? Inversement, bien rares sont les spécialistes fréquentant ces départements qui utilisent aussi les ressources des collections de prêt. »36(*)

Sur le plan de la méthodologie, l'option d'une étude quantitative sous forme de sondage a été préférée aux entretiens individuels et ce pour plusieurs raisons : premièrement du fait d'un manque de connaissances de ma part des techniques d'entretien guidés, lesquels sont risqués à entreprendre sans un minimum de pratique. Deuxièmement, en raison de la disponibilité et disposition d'esprit de ce public particulier, très concentré sur ses recherches et dont il est difficile de détourner l'attention sans le contrarier ou l'irriter. Enfin, l'objectif de quantification de la multifréquentation de nos publics que nous nous étions fixé seyait plus au mode opératoire du sondage.

Il a été relativement aisé de définir la population mère de notre enquête : toutes les personnes étant physiquement présentes aux Archives sonores et au Centre de documentation musicale. Aussi un échantillonnage n'a pas été nécessaire au vu de la faible fréquentation de ces services, et ce plus particulièrement en période d'été, traditionnel-
lement plus calme. L'enquête a donc été proposée au public de manière exhaustive.

Concernant le mode d'administration, l'option d'un questionnaire auto-administré d'une durée de 2 ou 3 minutes a été retenue pour les raisons invoquées plus haut. Afin d'obtenir un maximum de réponses, il convenait que le public soit le plus libre possible de répondre à l'enquête, quitte à l'emporter chez lui et la ramener plus tard. Par ailleurs, les questions ont été rédigées de telle manière qu'elles ne nécessitaient pas l'aide de l'enquêteur pour y répondre. Sur le plan de l'organisation de la diffusion du questionnaire, une réunion du personnel a été convoquée le 17 juillet 2004 au cours de laquelle j'ai pu exposer les objectifs et le modus operendi de l'enquête, sollicitant au passage l'indispensable collaboration des agents, dont la tâche consistait à inviter le public à remplir le questionnaire au moment de la communication des documents en salle d'Archives, et en le distribuant systématiquement aux personnes présentes en salle de lecture pour la partie Documentation. Ces consignes ont ensuite été intégrées dans le compte-rendu37(*) de la réunion et distribuées sur le bureau de chaque membre du personnel, y compris ceux n'ayant pas assisté à la réunion. Notons que cette communication interne s'est révélée indispensable à l'aboutissement de l'enquête, la circulation de l'information dans une structure de 33 personnes se faisant relativement mal.

Le questionnaire a été élaboré avec la participation de Gilles Pierret et d'Alfred Caron. Il leur importait premièrement de quantifier la perméabilité entre les départements spécialisés et la médiathèque de prêt, puis de savoir la proportion de leur public qui fréquentait les autres établissement offrant des ressources musicales, cela afin d'appréhender statistiquement les pratiques combinatoires des publics. Dans un souci d'évaluation de visibilité extérieure des départements spécialisés, il convenait également de savoir comment les personnes interrogées avaient connu les Archives sonores et le Centre de documentation. Ces questions liminaires constituaient le socle de l'enquête auquel allaient s'ajouter des questions de profil sur chaque service : type de documents consultés, fréquence et durée des visites, satisfaction en échelle de Lickert, et améliorations souhaitées. Deux questions sur la section Médiathèque de prêt permettent de vérifier si les publics des départements spécialisés utilisent ou non les ressources des collections de prêt, et si oui sur quel type de document. Enfin, des questions d'identification, volontairement peu nombreuses, visent à connaître la relation que les publics de ces départements spécialisés entretiennent avec la musique.

L'enquête a d'abord été testée, puis corrigée et ensuite entrée sur le logiciel Sphinx. Le choix de la mise en page s'est porté sur la simplicité et la clarté, optant pour un format A4 recto-verso, aisément photocopiable. Il a d'abord été tiré une cinquantaine de formulaires et cinquante de plus au cours de la phase d'administration qui s'est étendue sur 1 semaine et demi, du 17 au 29 juillet 2004. (Comprenant 2 samedi, journées où l'activité est la plus intense dans les deux services)

La période de réalisation de l'enquête constitue d'entrée un biais qu'il faut avoir à l'esprit dans l'analyse des résultats. Déjà faible pendant l'année scolaire / universitaire (18 personnes par jour sur 246 jours)38(*), le taux de fréquentation chute sensiblement pendant la période d'été, étudiants, enseignants et chercheurs étant alors en vacances. Même si -de l'avis des agents- des habitués viennent presque tous les jours toute l'année, on peut supposer que le public d'été n'est pas le même et par conséquent que la représentativité de l'échantillon interrogé est légèrement faussée. Ce phénomène est moins sensible au Centre de documentation où la fréquentation est plus massive et ne semble pas diminuer outre mesure pendant l'été.

De même, le nombre total de questionnaires remplis étant de 88 (57 à la Documentation et 31 aux Archives), le taux de représentativité demeure faible et les données obtenues doivent être considérées avec mesure.

* 36 Gilles Pierret in La Médiathèque musicale de Paris quinze ans après : expérience sans lendemain ou concept d'avenir in Bulletin des Bibliothèques de France, n°2, 2002

* 37 Voir le compte-rendu en annexe 9, page 51.

* 38 Source : Archives Bilan 2003, document interne

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