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Usages et publics des discothèques : la spécificité du réseau parisien

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par Alexis Plékan
Université du Havre - DUT Métiers du livre 2004
  

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3. La centralisation

Pourtant dépourvu d'un établissement central et constitué d'un maillage de petits équipements de proximité, le réseau des bibliothèques de Paris n'en étonne pas moins par son fort caractère centralisateur, et ce à plusieurs niveaux.

Instance supérieure du réseau, le Bureau des bibliothèques, de la lecture publique et du multimédia assure la mise en oeuvre de la politique municipale de lecture publique à Paris. Il est composé, à l'échelon central, d'un Service administratif, d'une Inspection des bibliothèques, d'un Service scientifique et d'un Service technique que nous allons maintenant passer en revue.

§ Le Service administratif  se compose principalement de la Section administrative et financière qui prépare et assure l'exécution du budget de fonctionnement (recrutement, création de postes, rémunération du personnel etc.) ainsi que le suivi des marchés publics. La Section des travaux et investissements gère les bâtiments, (mise aux normes, hygiène, sécurité etc.) elle recense les besoins mobiliers et immobiliers de chaque établissement. Elle participe étroitement à la programmation et au suivi de l'ensemble des travaux de construction, d'aménagement, de rénovation et d'entretien pour tout le réseau.

§ L'Inspection des bibliothèques assure le contrôle des établissements dans tous leurs aspects (gestion interne et fonctionnement, ressources humaines, mise en valeur des collections, accueil du public et services rendus) afin d'évaluer le niveau et la qualité de l'activité des bibliothèques. Elle a également un rôle de conseil auprès des responsables des bibliothèques.

§ Le Service scientifique des bibliothèques, comme nous l'avons évoqué précédemment, a pour mission d'effectuer des recherches et études destinées à éclairer, orienter et préparer l'action de la Direction des Affaires Culturelles sur les bibliothèques. Son expertise est sollicitée dans l'aide à la décision dans le domaine de la structuration du réseau des bibliothèques, afin d'assurer à tous les Parisiens, quel que soit leur quartier de résidence, un service de qualité (implantation de nouveaux équipements, extensions etc.). Le SSB contribue à la création ou à la mise au point d'instruments de travail communs et de groupes de travail articulé en 6 missions : Mission bibliothèques jeunesse, Mission communication, Mission évaluations et prospectives qui assure la collecte, le traitement, la synthèse et l'archivage des données statistiques des bibliothèques et fournit les statistiques de prêt, réservations et inscriptions dans un rapport annuel d'activité pour le réseau17(*), Mission patrimoine, Mission politique documentaire, qui suit l'évolution des acquisitions en portant un regard d'ensemble sur le catalogue collectif des établissements et aide ces derniers à formaliser leur politique documentaire, et enfin la Mission utilisateur informatique.

Il n'est finalement guère étonnant que Paris se soit doté de services centraux en ce qui concerne l'administration, l'inspection ou l'expertise scientifique pour son réseau de bibliothèques, transposant ainsi au niveau municipal ce qui existait déjà au niveau national au sein de la Direction du Livre et de la Lecture du Ministère de la Culture. Ce qui est plus original en revanche et n'existe dans aucune autre ville française18(*), c'est l'existence d'un service central à vocation de prestataire de services documentaires, logistiques et informatiques : le Service technique des bibliothèques.

Créé en 1971, le ST -comme il est communément dénommé par les professionnels du réseau- est situé dans le 11ème arrondissement, au 46 bis rue Saint-Maur. D'une surface de 6000 m2 et composé de 120 agents, cette impressionnante machine est la véritable plaque tournante du réseau. Aline Girard-Billon, Conservatrice en Chef au ST résume le rôle de ce service : « (il) assure la sélection, la commande, le catalogage et ensuite le traitement physique des documents achetés pour les bibliothèque de prêt, qu'il s'agisse des livres pour adultes et enfants, des ouvrages en langues étrangères, des disques compacts, des DVD et des cédéroms, des partitions ou encore des livres en gros caractères. »19(*)

Il convient de s'attarder sur ces différentes fonctions tant elle reflètent un mode de fonctionnement spécifique à la Ville de Paris. Même si le processus est le même pour tous les types de documents, nous focaliserons notre attention sur le traitement des phonogrammes et plus particulièrement sur la sélection de ces derniers grâce aux commissions d'écoutes, comités d'analyse composés d'agents des bibliothèques de la Ville de Paris, choisis quel que soit leur grade en fonction de l'intérêt qu'ils expriment dans tel ou tel genre musical. Les membres de ces commissions ont pour mission d'examiner la production musicale dans leur domaine, ce qu'ils font en `dépouillant' la presse spécialisée. A l'issue de réunions bimensuelles coordonnées dans les locaux du ST, chacun rédige pour les disques qu'il ou elle a sélectionné une note d'information qui sera ensuite communiquée à l'ensemble des responsables de bibliothèques du réseau sous forme de listes d'acquisitions20(*) au sein desquelles les établissements effectuent leurs choix en fonction du budget dont ils disposent et de leurs options documentaires. Ce système permet de grouper les achats garantissant les meilleurs délais de livraisons ainsi que des conditions tarifaires avantageuses. Par ailleurs, les disques commandés de cette façon sont ensuite équipés (antivol, code à barre, étiquette de cote...) par le ST, ce qui présente un gain de temps considérable pour les bibliothécaires. Enfin, c'est le ST qui assure le catalogage de ces disques, fournissant de la sorte les notices informatisées directement sur le catalogue collectif. Les disques achetés `sur listes' arrivent donc `clef en main' dans les bibliothèques qui n'ont plus qu'à les exemplariser et les mettre en rayon. Gain de temps évident qui permet de coller au plus près à l'actualité musicale.

Evidemment, les établissements sont également libres d'acheter directement auprès des fournisseurs (GAM, CDmail) pour leur réassort ou leurs spécialité thématiques, les listes étant un outil discographique en aucun obligatoire.

Il va de soi que les commissions d'écoute fonctionnent sur la base du volontariat et que le travail de dépouillement s'effectue sur les heures passées dans l'établissement d'origine, ce qui nécessite naturellement l'accord du conservateur puisque l'agent en question est détaché plusieurs heures par semaines pour ses recherches et hors de la bibliothèque pendant une journée complète toutes les deux semaines. Notons à cet égard que la MMP est de loin le premier fournisseur d'agents pour les commissions d'écoutes.

J'ai eu la chance participer à une de ces commissions (Jazz) et il m'est apparu évident que le travail collectif et réparti de dépouillement des revues spécialisées constituait l'unique moyen de réaliser une discographie générale, qui à contrario d'une bibliographie générale hebdomadaire comme Les Livres de la Semaine qui paraît dans Livres Hebdo, n'existe pas pour la production musicale. Cet outil précieux pour la sélection des nouveautés est difficilement réalisable par une ou deux personnes et j'ai été heureux d'apprendre qu'une diffusion des listes sur Internet était à l'étude pour l'année prochaine.

Mais le ST ne se contente pas d'approvisionner les bibliothèques, il peut aussi les décharger des documents qu'elles ne peuvent plus conserver, le plus souvent par manque de place. C'est le rôle de la Réserve centrale qui stocke 191 700 documents (dont 24 000 phonogrammes et plus de 3000 partitions), soit la plus importante collection des bibliothèques de prêt de Paris. Ces documents figurent dans le catalogue collectif et peuvent être empruntés par les usagers sur réservation depuis n'importe quelle bibliothèque d'arrondissement.

Enfin le ST assure les prestations logistiques (transport, reprographie, matériel d'animation et exposition itinérante) et informatiques, c'est en effet au ST qu'incombe la lourde tâche de gérer les aspects fonctionnels du logiciel LIBS 100 PLUS, d'installer le matériel bureautique et en assurer la maintenance.

Le réseau des bibliothèques municipales de Paris est donc unique, de par sa structure centralisée `invisible' : catalogue collectif, carte unique, services centraux et par son maillage satellitaire du territoire qui induit une utilisation particulière des ressources par les usagers. La musique est -comme on a pu le voir- complètement inscrite dans ce dispositif, notamment à la MMP, `tête de réseau' des discothèques de la Ville de Paris, en particulier pour la réflexion qu'elle conduit depuis 20 ans sur les publics.

* 17 Les annexes 2, 3, 4, 5, 7 et 8 sont issues du rapport annuel de la Mission évaluation et prospectives.

* 18 Selon Catherine Soubras, Responsable du secteur Musique et Audiovisuel du Service Technique des Bibliothèques, rencontrée pour un entretien le 30 juin 2004.

* 19 Aline Girard-Billon, in Mission Capitale : Journal d'information et d'échanges des personnels de la ville de Paris. N°7, Juin 2004. Article La bibliothèque des bibliothèques de la Ville.

* 20 Compte-tenu du volume qu'elles représentent, (150 pages) les listes ne figurent pas en annexe, elles peuvent néanmoins vous être communiquées sur demande.

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