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Quels sont les obstacles à la professionnalisation d'un club de basket-ball amateur ?

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par Nicolas MATHIEU
Université Paris XII - Licence STAPS Management du Sport 2008
  

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3.2. L'amateurisme « marron »

L'amateurisme « marron » c'est le système de rémunération hors de tout contrôle de l'Etat des sportifs « travailleurs ». L'amateurisme « marron » selon STUMPP & GASPARINI63(*) est une forme inavouée de professionnalisme qui se caractérise par le versement aux sportifs experts de sommes d'argent hors de tout contrôle juridique et institutionnel. C'est ce qui se passe dans la majorité des clubs de NM2, NF1 et dans la très grande majorité des cas en NM3 et NF264(*).

C'est un phénomène qui n'est pas nouveau, qui existait au sommet de la hiérarchie sportive avant la professionnalisation et qui a petit à petit descendu les niveaux pour descendre jusque dans les niveaux régionaux.65(*) Un marché officieux qui peut permettre aux individus descendant des structures professionnelles de se voir verser des allocations chômage et des versements non déclarés par le club amateur qui les « emploie ». Ce phénomène accroît fortement l'activité économique associative et se voit verser aux titres de remboursement de frais de déplacement. Cela peut être une première étape vers une professionnalisation de la structure sportive et cela permet surtout de pouvoir attirer des éléments de qualité au sein de son effectif.

Si ces faits sont discutables d'un point de vue juridique, il est difficilement concevable qu'un joueur devant s'astreindre à une dizaine d'heures par semaine minimum ne reçoivent pas en contrepartie une certaine somme. Le problème vient des abus et notamment de la présence d'américains qui peuvent être rémunérés jusqu'à 4.000€66(*) de manière totalement frauduleuse afin de faire profiter leur équipe de leur talent. Cette première étape vers la professionnalisation peut être une marche en avant pour le club dans sa dimension sportive mais amène des bouleversements organisationnels comme l'apparition du managérat et surtout il implique une rationalisation des finances du club. Il devient donc un obstacle lorsque le club doit se priver d'un encadrement technique autour des joueurs pour pouvoir financer l'investissement sur les joueurs et quand il ne permet plus de financer le fonctionnement des autres secteurs du club. Il bloque la professionnalisation complète du club en empêchant une salarisation de l'aspect secrétariat, comptabilité et autres domaines administratifs.

3,3 Le rôle majeur des subventions et des collectivités territoriales

Le sport représente 28% des dépenses des communes en 200067(*). Des dépenses qui sont réparties sur les quatre types d'actions des communes envers le sport qui sont : loisir (surtout à l'attention des seniors), insertion (pour les jeunes et les personnes en difficulté), éducation (via le développement des activités péri-scolaires) et compétition (soutien des équipes de haut niveau), c'est le seul qui nous intéresse dans le cas d'une professionnalisation.

Qu'est ce qui peut pousser une collectivité territoriale à soutenir le sport de haut niveau ? Le soutien au sport de haut niveau c'est la possibilité pour la ville d'une publicité et d'une image dynamique. L'image d'une ville qui parvient à insérer ses jeunes dans une politique sportive. Même si, dans la grande majorité des cas, les équipes soutenues ne possèdent pas ou peu d'éléments provenant de la commune. Le soutien au haut niveau c'est aussi la possibilité pour le club de pouvoir créer des emplois. Pour Jean-Claude AUGUSTIN, le soutien au sport de haut niveau c'est aussi pour les collectivités territoriales la construction d'une action publique territoriale68(*), notamment autour des aménagements sportifs, du soutien associatif et des formations diversifiées, qui est à la source du développement des activités et des emplois.

Mais mis à part l'encouragement des collectivités territoriales à professionnaliser les encadrements techniques, et donc à créer de nouveaux emplois, quel peut bien être la contrepartie recherchée par les collectivités ? Il pourrait y avoir une recherche de dynamisation d'un espace local dans le cas d'un milieu rural. Cela pourrait être l'occasion via le « sport performance » de développer le « sport insertion » dans un milieu urbain en proie au chômage de la population des 18-25 ans. Pour Jean-François BOURG69(*) « Dans le cas des clubs amateurs, les contreparties monétaires pour les collectivités territoriales n'existent pratiquement pas. Les compétitions amateurs ne sont pas soumises à la taxe sur les spectacles, ni à la taxe professionnelle. Le club local ne déplace pas les foules, seuls les bars et les restaurants sont susceptibles de connaître un surcroît d'activité.»

La contrepartie pourrait aussi avoir des fins plus personnelles et les élus locaux pourraient vouloir identifier leur période de contrôle des collectivités à une réussite sportive. C'est en cela que les collectivités territoriales pourraient devenir un obstacle à la professionnalisation. Déjà, l'omniprésence des subventions dans le budget des clubs de basket-ball le met à la portée d'un changement politique. Dans le cas de l'élection d'une nouvelle équipe, la redéfinition de la politique sportive de la ville, de l'agglomération ou du département peut ruiner tout l'univers économique d'une organisation. La professionnalisation passant par la salarisation, une baisse des recettes entraînerait forcement des répercussions sportives et organisationnelles. De plus, pour conclure sur le rôle des subventions des collectivités territoriales, les élus peuvent devenir les pilotes de la politique sportive du club. Dépositaire de la plus grande partie des recettes, il peut donc dicter ses ambitions et ses volontés au sein d'un club. On peut prendre le cas, une nouvelle fois du club d'Orchies qui malgré une montée en Nationale 2 et une saison se terminant par une seule défaite en 27 matchs s'est séparée de son entraîneur Hervé DENISOT, remplacé par un entraîneur qui officiait au niveau professionnel afin de satisfaire la volonté d'un meilleur encadrement technique du maire de la ville.

* 63 STUMPP Sébastien et GASPARINI William, Les conditions sociales d'émergence du volley-ball professionnel. De l'espace nation au club local (1970-1987), STAPS n°63, pages 123-138, 2003.

* 64 NM pour Nationale Masculine, NF pour Nationale Féminine.

* 65 Le cas de Patrice THILL et Emmanuel MOUAHA, anciens méens évoluant à Perpignan et à Gap dans des équipes évoluant au plus haut niveau régional confirme ces propos.

* 66 NESMITH Troy qui arriva en France à St Vallier (NM2), Le Mée (NM2), ADA Blois (NM1) et Lille MBC (NM1) fut rémunère de manière officielle ou officieuse selon les clubs de 1.500 à 4.000€ par mois.

* 67 BOURG Jean-François, Financement des clubs sportifs et stratégies des collectivités, Voiron, Edition de « La Lettre du cadre territorial », 1999.

* 68 AUGUSTIN Jean-Pierre, Le sport et ses métiers : nouvelles pratiques et enjeux d'une professionnalisation, Paris, la Découverte, 2003.

* 69 Ibidem (1)

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