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Quels sont les obstacles à la professionnalisation d'un club de basket-ball amateur ?

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par Nicolas MATHIEU
Université Paris XII - Licence STAPS Management du Sport 2008
  

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3.4. Les obstacles spécifiques aux associations sportives franciliennes

3.4.1. Les recettes guichets en Ile-de-France

Les recettes guichets sont pour le basket-ball un revenu complémentaire, jamais vraiment un revenu principal. Même au sein des clubs pros (voir annexe 2). Là où la tâche se complique pour les clubs franciliens c'est que les spectateurs se font encore plus rares.

Comme déjà annoncé par BOURG J-F70(*) dans la partie 2.4.3. évoquant la dimension économique de la professionnalisation, il est plus difficile pour les clubs amateurs franciliens de mobiliser des spectateurs. Les dirigeants franciliens savent qu'ils doivent faire face à plus de concurrence dans le domaine du « spectacle » sportif mais aussi faire face à une dispersion des individus susceptibles d'être des spectateurs. Il est moins évident de concerner un public à Le Mée sur Seine qui offre la possibilité de voir évoluer aussi un club de football et de handball au plus haut niveau régional, une équipe de gymnastique qualifiée pour les Championnats de France et qui offre régulièrement via sa salle de spectacle la venue d'artistes célèbres. Le Mée est limitrophe avec Melun et permet donc aussi l'accès aux salles de cinéma, de nombreux restaurants et spectacles les week-ends.

Cette thèse est validée via une étude de l'INSEE71(*) qui démontrent que les franciliens sont plus nombreux à fréquenter les équipements culturels. Ils déclarent plus souvent sortir et, quel que soit le type de spectacle. Au cours des 12 derniers mois, 64% des Franciliens se sont rendus dans une salle de cinéma contre 49% des provinciaux, 27% sont allés au théâtre contre 13% et 54% ont assisté à un spectacle vivant, contre 47%. Ils sont relativement plus nombreux que les provinciaux à avoir visité un monument historique, une exposition ou un musée. Ils ont aussi davantage fréquenté les bibliothèques (21% contre 15%).

Toujours selon l'INSEE, c'est essentiellement le profil sociodémographique des franciliens qui explique leur plus forte utilisation des équipements culturels et leur cumul plus fréquent d'activités culturelles et sportives. En effet, ils sont en moyenne, plus diplômés, issus de catégories sociales plus favorisées, disposent d'un niveau de vie plus élevé et sont plus nombreux parmi les jeunes actifs, caractéristiques qui vont de paire avec l'intensité de ces pratiques. En annexe 2, vous pouvez voir les facteurs explicatifs de la pratique culturelle et sportive en Ile-de-France.

Les clubs parisiens amateurs évoluent souvent dans des gymnases vides ou presque, avec l'exception du Stade de Vanves en Nationale 1 qui avait su, grâce au niveau sportif atteint, attirés un potentiel public de connaisseurs, des spectateurs plus que des supporters. Après avoir connu deux ans en Nationale 2 et trois ans en Nationale 3, cette différence dans le nombre des spectateurs est clairement validée. Les gymnases de province des villes de moyenne ou de petite taille sont les plus fréquentés et généralement les endroits ou les populations locales sont les plus animées.

Les clubs parisiens doivent faire face à un déficit de recettes guichets par rapport à la province, des recettes guichets qui sont nulles ou quasi. Etant donné le peu d'attractivité des spectacles (il n'y a pas ici remise en cause du niveau et du talent des joueurs et donc du spectacle, mais son potentiel d'attractivité comparé aux nombreux équipements culturels de la région), les clubs évoluant en Nationale 2 ou 3 chez les hommes ou chez les femmes font « portes ouvertes » et ne font pas payer l'entrée72(*). Alors que durant mes déplacements en province (Nord Pas de Calais, Alsace, Vosges, Jura, Normandie, Rhône, Saône et Loire...), la très grande majorité des clubs recevant pratiquent une politique de prix d'entrée qui ne les empêchent pas de remplir leur gymnase.

De plus, les clubs provinciaux profitent souvent de ces rencontres pour organiser des événements péri sportifs comme des tombolas, des repas à thème, des lotos ou des fêtes. Ce fut par exemple le cas il y a quatre ans lors d'un de nos déplacements en Alsace à Gries, où le club local qui est le fruit d'une fusion entre Gries et la petite commune d'Oberhoffen a organisé une grande tombola où le gagnant se voyait réserver les clés d'une Renault Twingo. Une rencontre qui permit aux organisateurs de faire salle comble (900 spectateurs) et de dégager des recettes supplémentaires. Ces événements ne revêtent pas le même caractère d'importance en Ile-de-France, ou alors de manière sporadique. Ce que confirme une nouvelle fois Jean-François BOURG73(*) en validant l'existence de deux types de clubs amateurs :

- ceux qui peuvent organiser des manifestations sportives ou extra-sportives (bals, fêtes, kermesses et lotos). Ceux là réussissent généralement à équilibrer leur budget et à dégager un excèdent.

- ceux qui ne peuvent pas organiser ces manifestations et qui de ce fait se retrouvent face à des difficultés de trésorerie. Dans cette catégorie en général figurent les clubs de grande ville ou de la région parisienne qui réussissent moins facilement que les petites communes à mobiliser des spectateurs, aussi bien pour leurs matchs que pour leurs fêtes.

Il existe donc bel et bien une particularité liée aux clubs franciliens et qui peut être partagée par les clubs des grandes villes ou dans la très proche banlieue de celle-ci. Une particularité qui offre moins de débouchés financiers à ces clubs concernant les recettes guichets.

* 70 BOURG Jean-François, Financement des clubs sportifs et stratégies des collectivités, Voiron, Edition de « La Lettre du cadre territorial », 1999.

* 71 INSEE, Ile-de-France à la page : Les franciliens sont aussi sportifs que les provinciaux et fréquentent davantage les équipements culturels, Ile-de-France, INSEE, 2004davantage les équipements culturels ». Juin 2005.

* 72 Sources : CS Meaux, Coulommiers BB, Le Mée SMVS, Marne la Vallée, Tremblay AC, CS Montereau, Alerte Juvisy, Palaiseau BB, SCC Charenton et US Alfortville. Aucun club francilien n'évoluant en NM2, NM3, NF2, NF3 ne fait payer l'entrée aux spectateurs.

* 73 BOURG Jean-François, Financement des clubs sportifs et stratégies des collectivités, p37, Voiron, Edition de « La Lettre du cadre territorial », 1999.

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