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Le pronom personnel de la troisième personne: Place et référence en français classique et en français moderne

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par Rose SENE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Master 2006
  

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CONCLUSION  :

Lorsqu'on compare l'état de langue du français classique à celui du français moderne, on se rend compte que les écarts ne proviennent pas de la norme mais de l'usage. En effet ces deux périodes partagent le même système grammatical et les mêmes principes car le français moderne a hérité des règles du français classique. Ces écarts sont dus au fait que la plupart des écrivains du XVIIe siècle avaient maintenu certaines règles héritées de l'ancien ou du moyen français en dépit des nouvelles exigences de leur époque. Cela pourrait s'expliquer ou par des raisons liées au style ou par une certaine incapacité de se défaire spontanément d'un état de langue jusque là utilisé avec beaucoup de liberté pour se plier à une nouvelle exigence : celles des grammairiens et théoriciens du XVIIe siècle. Ces derniers ont établi des règles plus rigoureuses en ce qui concerne la clarté du style et la netteté dans l'expression comme on le constate dans la norme qui exige la proximité de l'antécédent et du pronom. En effet ce procédé permet le repérage facile du référent dans le cas de l'approche textuelle de l'anaphore.

Cependant, comme le révèle notre étude, les emplois anaphoriques dans les textes classiques n'ont pas toujours été fidèles à cette règle de proximité. Et dans ce cas, trouver l'antécédent du pronom personnel anaphorique nécessite un autre moyen qui fait appel à la pensée du lecteur. Cette méthode, c'est « l'approche mémorielle » dont parle le Professeur Sarré, et qui, sur le plan syntaxique, n'exige pas la même rigueur que la première. Elle convient à l'étude de la référence pronominale dans les textes classiques qui manquaient souvent de concision. Ce qui n'est pas le cas dans les textes du français moderne où la syntaxe indique clairement le mot auquel rapporte le pronom anaphorique.

Dans la langue actuelle, l'approche mémorielle pourrait servir dans l'usage du pronom il déictique qui n'est pas souvent pris en compte, mais qui néanmoins existe et s'emploie souvent dans les conversations. Pour trouver le référent du pronom personnel de la troisième personne en emploi déictique il faudrait faire appel à la méthode de « l'approche mémorielle » qui convient lorsque le référent du pronom représentant n'est pas mis en évidence. Dans le cas de l'anaphore, cette approche définit comme référent du pronom le terme le plus saillant du texte. Mais lorsqu'il s'agit de la référence déictique, le référent serait alors celui à qui on pense ou ce à quoi on pense (sans le nommer) au moment de la communication ou de l'énonciation. Avec ces deux approches, la référence pronominale est sans équivoques pour le lecteur, comme l'ont toujours voulu les grammairiens du XVIIe siècle.

Les remarqueurs de la langue classique se sont plus intéressés à l'étude de la référence des pronoms personnels qu'à celui de leur place dans la phrase. En effet, l'essentiel des lois d'emplacement du pronom personnel a été fixé bien avant la période classique, ce qui fait que l'usage n'a pas eu du mal à s'y conformer. Et les cas auxquels ils se sont intéressés sont ceux qui ont été révisés après le XVIe siècle comme par exemple :

* la place du pronom personnel, complément de l'infinitif régi par un autre verbe ou de deux verbes successifs.

* la place du pronom personnel devant un impératif coordonné.

* l'omission du pronom personnel.

Ces emplois ont été revus à l'époque classique, ce qui explique les écarts qu'ils engendrent dans l'usage entre la langue du XVIIe siècle et celle d'aujourd'hui. En effet, tout comme les règles de la représentation pronominale qui sont instaurées en français classique, les lois concernant la place des pronoms personnels, dans ces cas précités, n'ont pas toujours été respectées dans l'usage de la langue au XVIIe siècle. Les écrivains n'avaient pas encore, à cette période, maîtrisé ces règles récentes qui ont été appliquées avec plus de rigueur en français moderne.

Nous remarquons ainsi qu'au XVIIe les tournures inusitées ne disparaissent pas définitivement ou automatiquement de l'usage de la langue comme le voudrait la norme établie par les grammairiens. Elles apparaissent parfois dans la langue écrite comme de simples faits de style ou bien elles surgissent de temps en temps dans la langue populaire comme une habitude langagière. Brunot explique en effet, à propos des règles instaurées pour l'usage de la langue au XVIIe siècle, que : « dans la pratique, naturellement, la langue est loin de se conformer à une réglementation aussi restrictive, soit tradition, soit nécessité de style. »76

(76) Brunot (F.), Histoire de la langue française, Tome VI (2e partie), Paris, Armand Colin, 1966. p.1627

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