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Agriculture et croissance économique au Cameroun


par Hervé BELLA
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) - Ingénieur d'Application de la Statistique 2009
  

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1.1.2 Croissance économique

Lorsqu'on parle de croissance dans le sens courant, on entend par là un accroissement, une augmentation. La croissance traduit le fait d'apporter à ce qui existe une valeur supplémentaire.

En économie, la croissance désigne l'augmentation du stock de richesse nationale sur une longue période. Le lexique d'économie6(*) en fournit une définition plus quantitative. Il la définit comme une augmentation sur une longue période du Produit National Brut (PNB) par tête. L'idée de longue période permet de faire ressortir la caractéristique évolutive de la croissance, ce qui la distingue de l'expansion dans ce sens. La croissance est ainsi une notion quantitative qui se distingue du développement à résonance plus qualitative.

La question de la croissance économique est une préoccupation pour tous les gouvernements du monde moderne. Elle est nécessaire pour faire face à la croissance de la population ainsi qu'à la croissance des besoins de cette population. Elle est un préalable à tout développement économique, et les politiques économiques en font un de leurs objectifs précis.

B. GUERRIEN (2002) note que le problème de la croissance est clairement apparu dans la pensée économique chez les classiques, à commencer par A. SMITH. Jusqu'alors, l'économie se souciait plus de la survie de la population face aux fléaux (sécheresse, famine, épidémie, etc.). Il s'agissait d'une « reproduction simple » du système. Cette vision restrictive ne reflète pas exactement la réalité ; mais elle permet tout de même de comprendre que la croissance bien qu'étant en quelque sorte présente, n'était pas explicitement une préoccupation pour les économistes d'alors. Avec les classiques, l'idée de surplus se fait plus formelle. Il apparaît plus clairement qu'à chaque période, un excédent peut être dégagé et réinvesti pour accroître davantage la production grâce à la division du travail et le progrès technique.

Par la suite, de nombreuses théories économiques seront développées sur la croissance économique. L'économiste britannique R. HARROD et l'économiste américain E. DOMAR ont développé le célèbre modèle Harrod-Domar. Les deux principales notions sont le capital et l'épargne. Le capital est le déterminant principal de la croissance, l'épargne a pour rôle d'induire l'investissement. Dans les modèles de croissance endogène, en plus du capital physique, les auteurs de cette théorie reconnaîtront l'importance d'un capital immatériel dans la génération de la croissance économique.

La notion de croissance économique est ainsi devenue une préoccupation pour les économies car au-delà de la satisfaction des besoins de la population, l'objectif de l'économie est aussi de connaître la phase de croissance et de développement économique. Au Cameroun, un taux de croissance à deux chiffres reste une condition nécessaire à un développement économique.

L'agriculture, en tant que secteur d'activité de l'économie peut contribuer à la croissance de celle-ci. Dans la théorie économique, la contribution de l'agriculture à la croissance économique se fait selon plusieurs points de vue. Le caractère "primaire" des activités agricoles en fait souvent un secteur en amont des autres. Il est donc un secteur d'activité au service des autres secteurs dans le processus du développement. Mais au-delà de ce rôle de secteur en amont du développement, d'autres auteurs estiment que le développement du secteur agricole pour lui-même offre aussi des gages d'un véritable développement. Les sections suivantes ont pour objet d'exposer ces différentes approches.

* 6 Lexique d'économie, Édition Dalloz, Paris, 2006

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