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Motivation et réussite des apprentissages scolaires

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par Jean Baptiste NDAGIJIMANA
Université de Bouaké/ENS - Côte d'Ivoire - DEA 2008
  

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CHAPITRE 2 

Motivation dans la littérature

Le deuxième chapitre vise à faire l'état de la motivation dans la littérature. Pour ce faire, nous commencerons par une approche définitionnelle dans laquelle se trouvent des différentes définitions du concept de motivation et celui de la motivation en apprentissage scolaire; nous développerons les principales théories de la motivation et de la motivation scolaire en particulier. Enfin, nous présenterons la théorie d'explication de la motivation scolaire et des modèles de motivation scolaire utilisés dans les communautés d'apprentissage avant de proposer une définition opératoire du concept.

2.1. Approche définitionnelle

2.1.1. Notions générales sur la motivation.

Les théories sur la motivation sont abondantes et la multitude de définition du concept «motivation» est loin d'être épuisée. La littérature montre que les fondateurs et premiers utilisateurs du concept ont eu des difficultés de synthétiser et définir la motivation. Il y a eu aussi de vifs désaccords sur certains aspects du concept, désaccords qui continuent aujourd'hui comme nous le verrons plus loin. Cependant, dans le langage courant, la motivation correspond à la force qui nous pousse à faire ou à réaliser quelque chose, au fait c'est ce que nous voulons faire, conditionné par une récompense ou une sanction.

Pour C. Prévost, « la motivation s'inscrit dans la fonction de relation du comportement : grâce à elle, les besoins se transforment en but, plans et projets » (cité dans le Dictionnaire de psychologie, 1991, p467). Il continue en disant que pour que la motivation se développe, il faut impliquer quatre éléments suivants du processus :

1. la canalisation des besoins (apprentissages)

2. l'élaboration cognitive (buts et projets)

3. la motivation instrumentale (moyens et fins)

4. la personnalisation (autonomie fonctionnelle)

La motivation a été perçue longtemps comme l'ensemble de forces qui impulsent notre activité : besoins, instinct, envie, passion, désir, intérêt, curiosité, volonté, projet, but, etc.... Ce sont des conceptions qui partaient de l'instinct déterminé génétiquement à la volonté où l'homme garde son libre arbitre. Le courant Béhavioriste a tenté le premier de synthétiser et de définir la motivation comme : l'ensemble des mécanismes biologiques et psychologiques qui permettent le déclenchement de l'action dans son orientation, intensité et persistance. (LIEURY, A. & FENOUILLET, F. 1997)5(*).

A travers les différentes définitions que nous allons passer en revue selon les auteurs, bien qu'ils ne s'accordent pas sur certains aspects, nous pouvons constater qu'ils ont des points communs qui nous permettront d'avoir une définition opérationnelle dans le domaine d'apprentissage.

Pour Spencer A. Rathus(1991, p 236-237), les motivations sont définies comme « des états hypothétiques au sein de l'organisme qui activent le comportement et poussent l'organisme vers un but ». Ce sont des états hypothétiques parce que « les motivations ne sont pas perçues et mesurées directement, comme de nombreux autres concepts psychologiques, elles sont déduites du comportement. Les psychologues présument que le comportement ne se produit pas au hasard et qu'il est provoqué; le comportement des organismes est censé être en grande partie engendré par des motivations. Les besoins, les tendances et les incitateurs sont des concepts étroitement liés ». Ainsi, la motivation peut être provoquée par un besoin physiologique (oxygène, nourriture, eau, ..) ou un besoin psychologique (accomplissement, pouvoir, estime de soi, approbation sociale et appartenance). Ces besoins donnent lieu aux tendances. Exemples: épanouissement de nourriture provoque une tendance de la faim. Être poussé à gravir les échelons professionnels. Par ailleurs, l'incitateur est un objet, une personne ou une situation en soi. Exemples: l'argent, la nourriture, une personne sexuellement séduisante, l'approbation sociale et l'attention peuvent tous servir les incitateurs que motive le comportement.

Norbert SILLAMY considère la motivation comme un « ensemble  des facteurs dynamiques qui déterminent la conduite d'un individu ». En d'autres termes, il affirme que « la motivation est le premier élément chronologique de la conduite ; c'est celle qui met en mouvement l'organisme, mais elle persiste jusqu'à la réduction de la tension »(Dictionnaire de psychologie 1999, p173).

Quant à Joseph Nuttin (1996), spécialiste de la motivation, « la motivation c'est l'aspect dynamique et directionnel du comportement. » Elle désigne « l'ensemble des mécanismes biologiques et psychologiques qui permettent le déclenchement de l'action, l'orientation, l'intensité et la persistance. » Sa définition est semblable à celle du courant béhavioriste. Joseph Nuttin cité dans « Pédagogie : dictionnaire des concepts clés » affirme aussi que « la motivation prend naissance lorsque l'individu est en situation de tension. Il perçoit la situation actuelle comme non satisfaisante et peut imaginer une situation future dans laquelle serait devenue satisfaisante » (1997, p238).

Nuttin comme d'autres auteurs psychologues d'ailleurs, distingue deux grands types de motivation :

- La motivation dite intrinsèque « dépend de l'individu lui-même. L'individu se fixe ses propres objectifs, construit des attentes, et le renforcement est obtenu par l'atteinte des objectifs qu'il s'est lui-même fixé. »

- La motivation dite extrinsèque est « provoquée par une force extérieure à l'apprenant, c'est-à-dire lorsqu'elle est obtenue par la promesse de récompenses, ou par la crainte de sanctions venant de l'extérieur. »

L'apprentissage devrait favoriser la motivation intrinsèque pour pouvoir donner une formation qui rendra les apprenants adultes, autonomes et responsables. Cela fait partie de l'ensemble des finalités de l'éducation. Nuttin continue en disant : pour qu'une personne apprenne à :

Ø Se créer des systèmes de motivation et de renforcement ;

Ø Définir ses propres objectifs ; 

Ø Construire des stratégies pour les atteindre ; 

Ø Etre satisfaisant lorsqu'il a atteint ses objectifs ;

Ø A ne pas renoncer à cas d'échec.

Il faut d'abord qu'il fasse impérativement de multiples expériences de succès soutenues par des motivations extrinsèques et des renforcements externes.

Pour Gabriel Racle cité par Cécile Delannoy et al dans l'ouvrage intitulé : la motivation (1997: p10), « la motivation n'est sans doute pas autre chose qu'une stimulation limbique qui fait aller vers [...] un apprentissage parce qu'il est perçu comme bon, désirable, agréable, de nature à satisfaire des besoins de l'individu. La motivation n'est donc pas un état inné du récepteur... elle n'est pas non plus une réaction volontaire, abstraite, au commandement « motivez-vous ! ». [...] La communication émotion/raison est à sens unique. Les émotions déclenchées par des stimuli agissant sur le système limbique ne sont pas sous le contrôle direct des zones tertiaires du cortex. La peur, la frayeur, ne disparaissent pas par voie de raisonnement. [...] Il est donc évident que l'implication positive et nécessaire du cerveau limbique dans un processus ne s'obtient pas par des voies rationnelles. On ne saurait motiver un apprenant en lui fournissant un large éventail d'arguments logiques destinés à lui faire comprendre l'importance pour lui de la discipline enseignée, par exemple. [...]. La motivation est un mécanisme du type action/rétroaction qu'il faut entretenir, voire déclencher de l'extérieur. » Cette définition invite les motivateurs à donner essentiellement le sens à l'apprentissage aux apprenants. L'apprenant a besoin de savoir pourquoi doit-il être motivé. Le rôle de l'enseignant comme médiateur entre l'apprenant et le savoir est très important quand il s'agit de la motivation dans le contexte scolaire.

Vu les différentes définitions données au concept de motivation, avec tout le débat sur la motivation selon les approches, Perrenoud, P (1993) préfère le sens que la motivation. Il trouve le terme de motivation trop chargé de malentendus. Pour lui, la motivation est « un concept qui s'enracine avant tout en psychologie. Or les besoins, les désirs, les envies, les intérêts relèvent tout autant d'une approche anthropologique et sociologique, en termes d'appartenance à une communauté, à une culture, à une classe sociale, à une organisation, en termes aussi de stratégies d'acteurs, de rapports de pouvoir, de conformisme »6(*). Il propose de parler « du sens du travail, des savoirs, des situations et des apprentissages scolaires, en esquissant trois thèses :

1. Le sens se construit ; il n'est pas donné d'avance

2. Il se construit à partir d'une culture, d'un ensemble de valeurs et de représentations

3. il se construit en situation, dans une interaction et une relation »

* 5 http://www.chambery.grenoble.iufm.fr/home/SHS/CAPSAIS/Fichenligne/BiblioAIS-Motiv-GrM.htm#LIEUR

* 6 http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_1996/1996_18.html#Heading1#Heading1 consulté le 12/01/2008

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