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Analyse communicationnelle de l'émergence des pratiques environnementales et d'éducation à  l'écocitoyenneté


par Nfally COLY
Université de Provence Aix-Marseille1 - Master 1 2007
  

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11. Analyse des résultats

Les résultats obtenus à travers ces questionnaires ont unanimement décrit un état déplorable de l'environnement au Sénégal. En effet, les remarques qui reviennent sont souvent celles de la pollution maritime et aérienne, la désertification et la déforestation, l'insalubrité liée au mauvais traitement des eaux usées, des ordures ménagères et aux canaux à ciel ouvert. Pour préserver l'environnement, Institutions et Associatifs ont souvent des visées différentes. Là où les Institutions développent une politique sectorielle (service assainissement, service forestier,...) les Associatifs optent pour une politique globale à savoir une intervention axée sur toutes les composantes de l'environnement. Cela pour deux bonnes raisons :

- la première c'est que les Institutions sénégalaises ont beaucoup tardé à prendre en considération la question de l'environnement comme étant centrale pour le développement durable,

- la deuxième c'est que, selon les Associatifs, le développement durable ne peut être possible et efficace que lorsque la question de l'environnement est traitée dans sa globalité.

D'une manière générale, la démarche utilisée par les acteurs politiques et associatifs est celle de la communication classique basée sur l'information et la sensibilisation. Cependant, les stratégies divergent. Celle des Institutions est centrée sur la communication de masse à travers la télévision, la radio, les campagnes d'affichages et les ouvrages destinés aux scolaires.

Les Associatifs adoptent une stratégie de communication de proximité voire de communication participative. En effet, dans la démarche des Associatifs, les populations sont beaucoup plus impliquées. Car leur processus consiste à cibler et responsabiliser l'ensemble des acteurs à travers des projections de films, des animations, des sketchs, des séances de palabre, des assemblées villageoises, etc.

Les appréciations concernant l'engagement des citoyens sont mitigées. Du point de vue des Institutions, il y'a un réel engagement de la population évalué à travers des enquêtes de satisfaction, des sondages, etc. Cependant, le corpus citoyen affirme le contraire. Selon eux, il n'y a pas d'engagement ou du moins « l'engagement existe à condition qu'il y ait un gain ». Cela nous amène à revoir la position du gouvernement. Ne faut-il voir, à travers ce positionnement, une stratégie de voiler les échecs de la politique environnementale, dont l'une des cases principales est l'absence d'inclusion des populations dans la prise de décision des projets gouvernementaux ?

Quant aux associatifs, l'engagement existe surtout dans les milieux ruraux. Car ces populations ont beaucoup plus conscience de leur environnement naturel que les citadins. Néanmoins, les associatifs reconnaissent que cet engagement est loin d'être suffisant.

Concernant la politique d'éducation à l'écocitoyenneté, les avis diffèrent surtout entre Institution et Associatif. Le premier affirme l'existence d'une éducation à l'écocitoyenneté à travers l'élaboration de manuel sur l'environnement, des discussions avec les usagers. Le second, quant à lui, pense le contraire. La réponse des Citoyens tranche en faveur des Institutions. Selon eux, cette politique d'éducation à l'écocitoyenneté s'effectue à travers des modules d'enseignement dans les écoles, des campagnes de sensibilisation, etc. En résumé cette politique peut-être qualifiée de « pédagogie environnementale » car elle est typiquement axée sur l'enseignement de l'environnement dans ses composantes naturelles et humaines, sur la prise de conscience du danger inhérent à l'activité humaine...Seulement, cette  pédagogie n'est qu'une composante de l'éducation environnementale, plus précisément un outil au service d'une finalité : l'action. Sans l'action, l'éducation à l'environnement devient inefficace. Car à quoi cela sert de connaître si on n'agit pas. Ainsi, comme le notent Institutions, Associatifs et une bonne partie des Citoyens, il est impératif d'impliquer tous les acteurs pour préserver l'environnement au Sénégal.

Pour optimiser l'effet de la prise de conscience et du respect à l'environnement, on retrouve les deux composantes de l'éducation environnementale : pédagogie et action. En effet, selon les Institutions, la tendance forte est de sensibiliser davantage et d'accentuer la communication de masse. Tandis que les Associatifs optent une synergie des actions, une responsabilisation de la population.

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