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Analyse communicationnelle de l'émergence des pratiques environnementales et d'éducation à  l'écocitoyenneté


par Nfally COLY
Université de Provence Aix-Marseille1 - Master 1 2007
  

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8. Le Cas du Sénégal

Traditionnellement les populations africaines ont un rapport de proximité avec l'environnement. Par proximité on entend respect, protection et adoration. À l'image des peuples Bushmen, en Afrique du Sud, l'exploitation de l'environnement ne se fait que selon les besoins quotidiens. En effet, seule la quantité nécessaire est prise. On peut remarquer, dès lors, que ces peuples ont toujours eu le souci de protéger l'environnement. De plus, l'environnement est considéré comme quelque chose de vivant, possédant une âme ou encore comme une divinité. C'est la raison la plupart des peuples africains, développent un certain nombre de rites avant, pendant et après l'exploitation de l'environnement. Les Bushmen, par exemple, se penchent pour demander pardon à leur gibier.

Cependant, modernité oblige, ce privilège de l'environnement disparaît aussi vite que la modernité gagne du terrain en Afrique. Aujourd'hui, le cumul des catastrophes naturelles et celles occasionnées par l'homme, font de l'environnement africain l'un des milieux les plus alarmants.

8.1. Politique environnementale: un héritage colonial

Jusqu'à une date récente, les législations environnementales du Sénégal sont issues du décret colonial de 1935. Celles-ci reposaient sur une conception étatique et centralisée de l'environnement et de sa gestion dont les principales caractéristiques sont :

-l'environnement est un patrimoine d'intérêt public appartenant de ce fait à l'Etat car il est bien vaquant sans maîtres.

-une partie de ce domaine a fait l'objet d'un classement comme donnée environnementale permanent de l'Etat ; il s'y applique une règlementation de protection par les services des eaux et forêts.11.

On remarque dès lors l'exclusion de la population dans la gestion de l'environnement. Ces législations vigoureuses protectionnistes ne tenaient pas en compte les besoins et les aspirations des usagers. Alors la population avait le sentiment que c'était contre elle que l'environnement était protégé. Cette politique ne tardera pas à échouer car les campagnes de reboisement effectuées sous la direction de l'Etat n'avaient pas connu les résultats attendus malgré les importants moyens financiers utilisés.

Par ailleurs, des réformes ont été établies modifiant petit à petit le comportement de l'Etat vis-à-vis de la population, notamment la réforme de 1964 et de 1993.

Cependant, le véritable changement interviendra dans les années 1990 avec la mise place de projets environnementaux communicants impliquant la participation de la population.

11. I. Diallo, Le droit de l'environnement au Sénégal, Mémoire de D.E.A, Juin 1998

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