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Rôle des langues dans la construction de l'identité des immigrés italiens et de leurs descendants

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par Sylvie ROBERT
Université Stendhal Grenoble 3 - Master 1 Français Langue Etrangère 2009
  

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III.2. Le désir de la 3ème génération d'un retour aux sources.

A- Une génération « préservée »

La plupart des jeunes qui ont répondu au troisième questionnaire sont des adolescents âgés de 13 à 18 ans. Ils sont souvent issus d'un mariage exogamique, leurs parents sont généralement nés en France et les ont éduqués "à la française ". Rien ne les distingue de leurs camarades de classe, si ce n'est parfois un patronyme à consonance italienne. On peut donc parler de génération "préservée" dans le sens où elle n'a pas connu les difficultés auxquelles se sont confrontés leurs grands- parents (souffrance de l'exil, difficultés financières, rejet, discriminations...) puis de leurs parents, marqués de l'étiquette « fils / fille d'immigré ».

Nombreux sont ceux qui disent avoir été victimes de moqueries (45 %) et d'insultes (34 %), la plupart du temps à l'école.

Bien qu'ils n'aient pas connu le climat italophobe dans lequel ont dû vivre leurs parents, certains ont subi des discriminations :

"Il lui fallait choisir une orientation. Il essaya de glaner quelques informations sur les différentes filières, peine perdue, les quelques bribes qu'il récolta ne lui servaient à rien. Il voulait devenir architecte. Comment y arriver ? Il s'adressa à son professeur principal. Il s'entendit répondre qu'il était dommage qu'il ne fût pas de nationalité française, il l'aurait bien vu à l'École Normale. La réponse ne l'étonna qu'à moitié, ne l'avait-il pas félicité devant ses camarades, quelque temps auparavant, en leur disant de prendre exemple sur lui parce qu'il n'était pas intelligent mais sérieux et travailleur ? Ce faux compliment l'avait profondément blessé."96

Sous le poids de la pression familiale, ils se devaient de réussir, pour l'honneur de la famille et pour sortir de la précarité et de la pauvreté. La plupart d'entre eux a réussi :

96 Salvatore MAGGIORE, Logotomie, Paroles d'immigré, deuxième partie, [en ligne], http://ulysse51.over-blog.com/article-29278494.html

bien qu'ils exercent généralement des professions modestes, ils se sont effectivement élevés sur l'échelle sociale, par rapport à leurs parents, et ont pu offrir une meilleure qualité de vie à leurs enfants. Ils sont souvent français, parce qu'ils sont nés après la naturalisation de leurs parents ou parce qu'ils ont choisi la nationalité française à leur majorité.

Les représentants de la troisième génération ont donc profité de la réussite de leurs parents et n'ont rien à prouver : ils sont français à part entière.

Et pourtant, à l'adolescence, ils redécouvrent leurs origines italiennes et revendiquent leur différence alors que leurs parents avaient tout fait pour l'effacer et paraître "comme tout le monde".

Il ne faut pas oublier qu'ils n'ont pas grandi dans un climat hostile, voire italophobe, comme leurs aînés.

Les relations entre la France et l'Italie sont devenues très amicales, au point que l'on parle souvent des "soeurs latines". D'indésirables, les Italiens sont passés au statut de "bon immigré" par opposition aux représentants de la nouvelle immigration, en provenance du Maghreb, sur lesquels s'est concentrée la xénophobie française. Les épisodes parfois violents qui ont marqué l'histoire de l'immigration italienne sont tombés dans l'oubli, on préfère retenir que les Italiens se sont bien intégrés à la société française.

Pourtant les jeunes de la 3e génération déclarent souvent avoir subi des insultes et des discriminations ; il s'agit selon toute vraisemblance de moqueries, plus ou moins méchantes mais difficilement comparables aux injures, aux marques de mépris voire de haine qu'ont enduré les générations précédentes. Ils manquent de recul et méconnaissent souvent l'histoire de leur famille, c'est pourquoi ils n'ont pas conscience d'évoluer dans un milieu non hostile.

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