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Transmission des variations du taux de change sur les prix à la consommation: le cas de la tunisi

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par Refk Selmi
Jendouba - DEA 2007
  

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Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

Introduction 

Le premier chapitre constitue une analyse descriptive de la politique de change adoptée en Tunisie et la dynamique d'inflation.

A partir de ce chapitre, nous essayons dans un premier temps de montrer que la Tunisie est en phase de pleine transition d'un régime de flottement administré à un régime de flottement libre en faisant la part d'une description des fluctuations de devises majeures du panier de dinar ainsi que leurs incidences majeures.

Dans un second temps, nous menons une analyse du comportement et de dynamique d'inflation en mettant en oeuvre leurs principales causes, mesures et leurs sources potentielles.

Enfin, nous élaborons une description de leurs mouvements pendant la période [1998-2007].

Section I. Régime adopté : régime de flottement administré « convertibilité partielle »

Une politique de change est l'ensemble des règles qui déterminent l'intervention des autorités monétaires sur le marché de change et donc le comportement du taux de change.

Ces règles déterminent les conditions de l'insertion internationale des économies. Pour cette raison, le choix d'un régime de change revêt une grande importance.

Il dépend de manière cruciale des spécificités et des caractéristiques de l'économie tunisienne.

Ainsi, le régime de change adopté en Tunisie est flexible. Cette flexibilité traduit plusieurs avantages, tels que:

§ L'incertitude sur le taux de change ne décourage pas le commerce International.

§ Evite les pertes financières associées à une défense infructueuse de la parité fixe.

§ Accroît la flexibilité macroéconomique et l'indépendance de la politique monétaire.

Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

Mais, cette flexibilité est limitée.

Actuellement, il s'agit d'un flottement dirigé sans annonce préalable de la trajectoire du taux de change.

Ce régime se base sur un contrôle des changes qui est le seul moyen de présenter le régime de change, car il limite les mouvements d'achat et de vente de la devise concernée. Il s'agit d'une restriction sur la convertibilité de la monnaie, qui apparaît comme un substitut a une restriction de l'offre de monnaie.

Plus précisément, et d'après la classification habituelle des différentes réglementations officielles du taux de change (IMF, 1998), la Tunisie adopte un régime de flottement administré avec interventions ad hoc de la banque centrale qui dispose de la possibilité d'une gestion active et discrétionnaire de la politique de change, autrement dit, la banque centrale intervient à chaque fois qu'elle le jure nécessaire2(*). En plus, pour un régime de change flottant administré, les autorités monétaires peuvent à l'occasion intervenir sur le marché des changes en fixant temporairement la valeur du taux de change afin d'éviter une dépréciation considérée comme excessive de la monnaie nationale ou son appréciation excessive suite à des variations de l'offre ou de la demande de devises.

De ce point de vue, le régime de flottement administré n'est pas différent de l'ancrage sur un panier dont la composition est gardée secrète par les autorités monétaires. Pour ce régime, l'administration domine plutôt que le flottement, l'idée est de maintenir la stabilité du taux de change.

Cette politique s'appuie sur le maintien de contrôles des capitaux, c'est-à-dire sur «une convertibilité partielle » de la monnaie. Aujourd'hui, la Tunisie conserve des contrôles de capitaux qui ont contribué à la stabilité de sa politique de change et de sa politique macroéconomique. Certaines opérations sur les mouvements de capitaux avec l'extérieur restant soumises à des restrictions. Cela permet à la banque centrale de conserver une certaine marge de manoeuvre sur sa politique intérieure. Elle s'appuie aussi sur la disponibilité de réserves de change suffisantes pour permettre la défense du taux de change en cas de choc.

Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

Cette politique a permis à la Tunisie d'éviter les problèmes de fluctuations excessives des taux de change tout en maintenant une certaine stabilité macroéconomique.

La mobilité des capitaux est une force à laquelle il est de plus en plus difficile de résister. Aujourd'hui, la Tunisie conserve des contrôles de capitaux qui ont contribué à la stabilité de sa politique de change et de sa politique macroéconomique. Ce choix d'une convertibilité partielle a été essentiellement dicté par le double objectif assigné à la politique de change de promouvoir la compétitivité de commerce extérieur et de financer le déficit courant.

Ce double objectif consiste à contrôler et garantir la stabilité du taux de change effectif réel du dinar par rapport à un panier de monnaies dont les composantes et les pondérations ne sont pas rendues publiques. Ainsi, les pays en voie de développement ont tendance à adopter des taux flexibles dirigés plutôt qu'un régime de flottement pur.

Le fait est que la plupart de ces pays ne sont pas en mesure de laisser leur monnaie flotter librement comme le font les principales devises. Dans nombre d'entre eux, les marchés financiers restent peu développés et les marchés des changes sont souvent étroits, de sorte qu'un régime de flottement indépendant risque d'être très instable, quelques transactions pouvant suffire à provoquer des fluctuations très importantes du taux de change à court terme.

Même les pays qui acceptent une grande flexibilité du taux de change doivent suivre de près l'évolution du marché des changes, tout en ajustant la politique qu'ils mènent et en procédant à des interventions officielles afin d'éviter une volatilité excessive.

Mais, la Tunisie se développe rapidement, et ce développement devra progressivement s'appuyer sur une modération et un développement du secteur financier, qui joue un rôle crucial. Il faudra alors libéraliser le système financier et ouvrir de plus en plus l'économie aux mouvements de capitaux. Il faut donc se préparer à la convertibilité totale de la monnaie.

Par conséquent, cette politique de change suivie aujourd'hui est incompatible avec la libéralisation du compte financier et sur recommandation du FMI, la Tunisie s'oriente progressivement vers un flottement libre. Cependant, elle ne respecte pas toutes les conditions de son adoption.

Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

Section II. Transition vers un régime de flottement libre et perspectives d'instauration d'une convertibilité totale

La convertibilité totale est un régime de flexibilité de change ou de flottement libre de monnaies, lorsque les variations du taux de change résultent du libre jeu des offres et des demandes de devises sans aucune interférence des autorités officielles3(*).

Généralement, pour un régime de change flexible, aucun engagement n'est pris au sujet du taux de change, qui flotte librement, en fonction de l'offre et de la demande sur le marché de change.

Lorsqu'une monnaie est pleinement convertible, n'importe qui a le droit de l'emprunter massivement pour la vendre aussitôt.

La politique monétaire alors retrouve son autonomie, mais la banque centrale abandonne le contrôle du taux de change nominal, qui est déterminé sur le marché de change.

Le flottement s'applique donc, en principe, à un marché des changes libéralisé, même si l'on peut imaginer un régime de flottement impur encadré par un contrôle de change.

Généralement, et comme choix du régime de change, la flexibilité semble une bonne solution car elle diminue l'incertitude associée aux fluctuations dans les cours de principales devises. Le fait de se déclarer avoir un régime de change flexible permet aux autorités de tirer profits des fluctuations de principales devises pour camoufler une dépréciation effective de leur taux de change.

Mais, et dans un contexte de forte mobilité de capitaux, les pays en voie de développement sont exposés à « la peur du flottement »4(*) qui est un phénomène fortement répondu et dû à une peur des fluctuations des taux de change puisqu'une appréciation peut entamer la compétitivité-prix, à une peur de l'inflation justifiée par la transmission des effets des fluctuations des taux de change aux prix nationaux, à une instabilité de la monnaie nationale par rapport aux monnaies internationales étant coûteuse et car le flottement généralisé est étroitement lié à des problèmes de crédibilité (quand les circonstances sont propices, c'est-à-dire en présence d'entrées de capitaux et de variation favorables en termes de l'échange, la Tunisie hésite bien souvent à laisser leur taux de change nominal (et réel) s'apprécier.

C'est probablement qu'elle craigne une perte de compétitivité et un recul marqué dans la diversification de leurs exportations (quand les circonstances sont favorables, les arguments qui militent contre une forte dépréciation sont encore plus puissants).

Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

Ainsi, la monnaie nationale n'est pas encore totalement libéralisée ou totalement convertible.

La convertibilité totale du dinar et la libéralisation des comptes externes doivent être précédées d'une instauration progressive de plus grande flexibilité du régime de change afin de préserver un certain degré d'indépendance monétaire et d'éviter de donner des garanties de taux de change implicites aux investisseurs étrangers.

Cette politique de change nécessite une forte puissance nationale, une convertibilité sous les comptes du capital et un système monétaire et financier stable.

En outre, la flexibilité du dinar et la libéralisation du compte de capital sont tributaires de la poursuite de la mise en oeuvre d'une politique monétaire susceptible de préserver la stabilité des prix.

Dans ce cadre, les autorités tunisiennes ont mis au point, et en collaboration avec les services du FMI un cadre stratégique d'objectifs monétaires qui consiste à adopter un plan de libéralisation des flux de capitaux en trois phases5(*) :

§ La première phase consiste à libéraliser les flux à moyen et long terme et libéraliser les mesures visant à renforcer l'efficacité globale de l'intermédiation financière et à diversifier les sources de financement de la balance de paiements.

§ La deuxième phase prévoit à l'étranger de libéraliser les investissements directs des tunisiens résidents. Cette phase constitue un approfondissement du marché des changes et un système bancaire suffisamment robuste pour soutenir la concurrence internationale et amender la transition vers un taux de change flottant.

§ Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

La troisième phase prévoit la convertibilité totale de dinar. Elle nécessite de libéraliser les investissements de portefeuille à l'étranger par des résidents et des non résidents. Pour passer à cette phase, il faudrait que le secteur financier soit robuste et que la position de la balance des paiements soit solide.

La première phase est presque achevée. Les restrictions sur l'investissement direct étranger en Tunisie ont été levées. Ainsi, les étrangers peuvent investir librement dans la plupart des secteurs économiques.

Pour passer à la deuxième et la troisième phase, il faudra également :

§ Renforcer la politique monétaire pour donner plus de poids aux forces du marché et renforcer l'efficacité de l'intermédiation financière.

§ Diversifier les sources de financement de la balance de paiements et développer le marché des titres d'état afin d'accroître la liquidité.

§ Rassurer et permettre une grande fiabilité du système bancaire et financier et préserver la praticabilité de la balance de paiements.

La libéralisation du secteur financier doit s'accompagner d'une application efficace des règles prudentielles car l'existence d'un marché plus actif et la diversification des portefeuilles des institutions financières peuvent aider à réduire autant qu'il est possible les conséquences de spéculation.

Il faut aussi élargir l'assiette de l'impôt et prendre des mesures pour que les dépenses ne soient plus indexées de façon rigide sur l'inflation afin que la politique budgétaire soit assez flexible pour répondre aux chocs éventuels et aider efficacement la politique monétaire à gérer un régime de change plus flexible.

Dans nombre des pays, les marchés financiers restent peu développés et les marchés des changes sont souvent étroits, de sorte qu'un peu de transactions peuvent suffire à provoquer des fluctuations très importantes du taux de change.

En fait, si une ouverture intégrale du compte de capital devrait être à l'origine d'importants flux de capitaux, la manque de préparation des participants au marché monétaire et au marché de changes qui seraient amenés à assurer l'intermédiation de ces flux, pourraient aggraver les vulnérabilités du système financier en cas de renversement soudain de ces flux.

Chapitre I. Politique de change et dynamique d'inflation en Tunisie

Et si ces flux de capitaux venaient à être intégralement libéralisés, le montant de devises nécessaires pour assurer le service de la dette extérieure pourrait exercer de fortes pressions sur le marché des changes et nuire à la crédibilité du régime de change actuellement en vigueur.

Par conséquent, la transition vers des régimes de changes plus flexibles est en grande partie déterminée par le degré d'ouverture économique et financière du pays.

Un consensus largement admis est que la transition vers un régime de flottement libre doit se faire lorsque les conditions sont favorables.

* 2Voir Mouley.S (2000): «Les déterminants et le choix optimal du régime de change en Tunisie dans la perspective d'une intégration dans la zone euro», annales d'économie et de gestion n°11.

* 3 Mouley.S (2000): «Les determinants et le choix optimal du régime de change en Tunisie dans la perspective d'une intégration dans la zone euro», annals d'économie et de gestion n°11

* 4 Voir Fanizza. O, N.Laframboise, E.Martion, R. Sab et I.Karpowicz (2002): «Tunisia's experience with real exchange rate targeting and transmission to a flexible exchange rate regime», document de travail n°2/190 ainsi que

Kang, S et Y Wang (2003): «Fear of inflation: exchange rate pass-through in East Asia», document de travail n° 03-06 (Seoul: institut internationale de l'économie de Corée).

* 5Se référer à : Jacques Bouhga-Hagbe et Ludvig S. (2006): «Tunisie: effets potentiels sur la croissance de la poursuite de la liberalization du compte de capital et des réformes d'accompagnement», rapport de FMI n° 06/208, p.3 - 19.

Pour un examen approfondi: Laurens.B et Sarr .A(2002): «liberalization of the capital accounts in Tunisia - progress archived and prospects forfull convertibility», rapport de FMI n° 02/155.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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