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Stratégie de croissance économique et environnement de l'investissement au Nord Kivu-RDC, période post conflit

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par Bob Kambale Kighoma
Institut Superieur d'informatique et de Gestion - Licence 2009
  

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III.2. L'ADAPTATION DU DSCRP AU NIVEAU DE LA PROVINCE DU NORD KIVU COMME STRATEGIE DE CROISSANCE : PLAN D'ACTION PRIORITAIRE (PAP)

Le Nord Kivu a déjà mis en place une stratégie de croissance « plan d'action prioritaire (PAP) ».

Il contient des projets concrets prioritaires pour la province (sécurité, agriculture, pêche, infrastructures routières, commerce frontalier, infrastructures sociales, etc.) dont l'objectif est la réduction de la pauvreté à travers une stratégie de croissance et de développement social. Ce PAP permettra au gouverneur du Nord Kivu et les ministres concernés d'exécuter de manière sectorielle tous les projets retenues et d'orienter tous les partenaires du développement et investisseurs dans la relance de l'économie et lutter contre la pauvreté. Le PAP est donc le cadre unique de planification stratégique qui tire ses origines dans le DSCRP de la république du Congo et s'inscrit dans les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), il permet également une mise en place de politiques sectorielles appropriées qui cadrent avec les objectifs des programmes définies par la population et le renforcement des capacités en vue de contribuer à la réduction de la dette de la RDC envers les institutions de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale, BAD)32(*). A cet effet, le PAP insiste sur la mission fondamentale du gouvernement provincial de faire sortir la province du nord Kivu de la crise multiforme sociopolitique et de l'amener sur le chemin d'un développement durable et intégral.

III.3. LES BLOCAGES DANS LA MISE EN OEUVRE DE LA STRATEGIE DE CROISSANCE ECONOMIQUE DANS LA PROVINCE DU NORD KIVU

Les participants aux consultations ont relevé des contraintes internes et externes à la mise en oeuvre de la stratégie de la croissance et environnement de l'investissement au niveau de la Province. Il s'agit notamment de :

a) la gouvernance : politique, administrative, économique, judiciaire et budgétaire, particulièrement la corruption, le détournement pour les obstacles internes.

b) la corruption et qualité d'hommes 

La faiblesse des capacités humaines est un réel problème. Il faut également stigmatiser le manque de capacité de l'administration (lourdeur, lenteur et vieillissement de personnel, la pléthore) provinciale à élaborer des projets finançables et à maîtriser les procédures utilisées par les différents investisseurs et bailleurs. Le manque de motivation des agents de l'administration publique constitue également un risque réel. L'Etat crée irrationnellement des nombreux services budgétivores avec des listes éléphantesques de personnel y compris fictifs qu'il n'arrive pas à maîtriser, encadrer et payer. Dit le philosophe Thomas d'Aquin « le ventre creux n'a point de vertu »

L'ambassadrice Mme Ellen Berends-Vergunst des Pays-Bas à Kinshasa, avait évoquée une "corruption massive en République Démocratique du Congo. Au niveau des investissements privés, on observe une grande incertitude juridique, double vente de concessions, non-respect des contrats, extorsions. Il y a des fuites massives dans les recettes douanières fiscales et dans d'autres secteurs. Il est essentiel de miser sur le secteur privé pour une véritable croissance économique. Les agents rançonnent les investisseurs en monnayant leurs actes. Nous affirmons que la corruption est déjà institutionnalisée partout en RDC dans l'administration publique. Ceci coller bien avec le rapport 2006 de l'organisation anti-corruption Transparency International, la RDC était "classée 6e sur une liste de 163 pays perçus comme les plus corrompus". Selon la CELC, les institutions les plus corrompues c'est la magistrature (14%) et l'Office des douanes et les autres agents de fisc (10%), suivi des agents de sécurités, et autres.

Par analogie, c'est le système « LIFO et FIFO » c'est-à-dire le dernier demandeur de service d'un acte, d'un certificat d'autorisation, par exemple de créer un entreprise ayant donné un pot de vin est prioritairement bien reçu que le premier, et le premier demandeur de service d'un acte, document n'ayant pas bien libérée le pourboire sera évidement reçu à dernier lieu avec négligence. Ce qui confirmerait notre deuxième hypothèse.

Les auteurs comme J. Morisset et O. Lumenga Neso (2002) soutiennent que la corruption, la mauvaise gouvernance augmentent les coûts administratifs et par conséquent découragent l'entrée des investissements. Tandis que Stevens (2000), Stein et Daude (2001) confirment la robustesse des facteurs politiques et institutionnels comme des déterminants importants de la localisation des IDE à destination des pays en développement.

Les principales causes de la corruption :

- le bas niveau des salaires (parfois inexistants)" dans l'administration publique, où le revenu mensuel moyen est d'environ 40 dollars,

- l'impunité dont jouissent ses acteurs.

c) Les contraintes judiciaires et légales:

Il y a aussi certaines lois et procédures qui datent de l'époque coloniale voir même de la 1ere république qui sont désuètes, des textes pauvres en terme de font et forme, ne s'adaptant pas aux réalités actuelles des affaires. En outre, il n'y a pas une juridiction pour l'arbitrage des affaires.

- La rigidité du code d'investissement :

Par exemple en RDC pour créer une PMEI, il faut un capital minimum de 10000$ à 200000$, et pourtant ailleurs, ils ont revu à la baisse cela à 1000$ pour créer une entreprise. Cette exigence étouffe l'entreprenariat et l'émergence de la classe sociale moyenne,

- le cout du contrat de travail : la législation et code du travail congolais pèse lourdement sur les investisseurs, il est rigide sur les formalités administratives, les conditions d'embauche des employés nationaux et étrangers et de résiliation de contrat, la définition du contrat à durée indéterminée, les allocations sociales, etc. Par exemple, une résiliation sans motif valable donne lieu à un dédommagement fixé par le tribunal du travail. Ce dédommagement ne saurait être supérieur aux 36 mois de la dernière rémunération,

d) Contraintes liés à l'absence de culture de délégation du pouvoir : Malgré les multiples discours du gouvernement en rapport avec l'assainissement du climat d'affaires en RDC, l'exercice et la conservation du pouvoir en outrance demeure un mystère. Le haut responsable de l'administration publique n'accepte jamais de léger leur pouvoir en partie ou en totalité à leurs collaborateurs, ni subalternes, lors de leur empêchement, déplacement de service, congé, etc. Cela fait trainer certains dossiers des hommes d'affaire et investisseurs dans les cabinets politiques, aux ministères, divisions, pendant plus de 2 mois pour attendre la signature du chef hiérarchique

Le ministre de la justice monsieur Michel Lokola (33) reconnait cette faiblesse, qu'actuellement, les opérateurs économiques sont quelques fois obligés d'attendre plus d'un trimestre pour obtenir un numéro de registre de commerce. Il faut toute une éternité à un opérateur économique pour obtenir les autorisations nécessaires au lancement d'une activité économique en RDC. Certaines procédures s'étendent jusqu'au-delà d'une année, sans compter toutes les commissions, pourboires et prébendes à débourser à différents échelons de l'administration pour obtenir la signature d'un chef hiérarchique.

Le fiscaliste Mukandila Eric, lors de Congo forum « Investir en RDC », souligne que les investisseurs au Congo (Congolais ou étrangers), sont horrifiés par des difficultés administratives illimitées de l'administration congolaise". Par exemple au Canada, en Chine, pour enregistrer une compagnie au ministère, l'investisseur attend la notification entre 2 jours à 2 semaines. Alors qu'en RDC, même pour faire reconnaître un organisme à but non lucratif ou caritatif, le Ministre doit signer le certificat!!! Il y a des lenteurs administratives dans la gestion et le traitement des dossiers.

e) La loi de la décentralisation en souffrance : contradictoire avec la feuille de route d'assainissement du climat d'affaire et son applicabilité aux provinces :

La décentralisation est un mode de gestion des services publics consistant à confier une gestion à des organismes dépendant du pouvoir créateur, mais jouissant vis-à-vis du pouvoir central de l'autonomie de gestion33(*). L'article 3 de la constitution de la 3ème République stipule que les provinces et les entités territoriales de la République Démocratique du Congo jouissent de la libre administration et de l'autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques.

Ainsi, les entités administratives sont habilitées à retirer à la source 40% des recettes qu'elles vont produire, les 60 % restant devant être envoyer au gouvernement central.

En matière de bonne gestion des Finances publiques, l'action des institutions provinciales devra être axée sur la mobilisation des recettes c'est-à-dire les différentes sources de leurs moyens d'action et le respect des procédures imposées par les textes légaux et réglementaires régissant la gestion des finances publiques. Ces textes sont les mêmes aussi bien sur le plan national que sur le plan provincial ; à savoir : la Loi Budgétaire, la Loi Financière et le Règlement général sur la Comptabilité Publique. On observe une incompatibilité dans la décentralisation fiscale et recette domaniale :

D'une part l'origine des recettes des provinces telle qu'indiquée par l'article 175 de la Constitution, à savoir 40 % de la part des recettes suppose que le taux actuel de rétrocession des recettes de la Direction Générale des Impôts (DGI), de l'Office des Douanes et Accises (OFIDA) et de la Direction des Recettes Administratives et Domaniales (DGRAD) qui se situe à 15 % va passer à 40 %. Ce qui implique un renforcement des moyens d'action des entités. Il n'en sera ainsi que moyennant un élargissement de l'assiette sur laquelle s'appliquera le taux de rétrocession de fonds de péréquation prévu en son Article 181. La création de la Caisse nationale de Péréquation a pour mission de financer des projets et programmes d'investissement public au niveau des Provinces et Territoires. D'autre par le gouvernement Central fourni un effort pour assainir le climat d'affaires en éliminant certaines taxes. Nous rejoignons ici l'idée avancée par SCAILTEUR lorsqu'il parle du laxisme fiscal. Il y a donc là une contradiction entre « la recherche de la maximisation de recettes de l'Etat  et l'exonération fiscale généralisée par le code des investissements ». Mais dans la matérialisation, le gouvernement central maintient la forte centralisation du pouvoir de décision dans la capitale Kinshasa. L'absence des compétences Financières et budgétaires attribuées aux Provinces constituent aussi un blocage. Il n'y a pas la décentralisation de la fonction du Notaire dans les entités et provinces pour signer les actes et accords d'investissements. En outre, le pouvoir central de Kinshasa s'approprie les recettes sur les produits pétroliers ainsi que les prélèvements des taxes sur les grandes entreprises et investissements de grande importance recouvrées par la Direction des Grandes Entreprises (DGE), au détriment de la province.

A ce qui précède, il convient d'ajouter les conflits des compétences dans le trio des responsabilités entre les divisions, ministères provinciaux et gouvernement central. Jusqu'à présent, tout le pouvoir est centralisé au niveau du gouvernement central et les divisions servent des services techniques décentralisés. Alors que fait les ministres provinciaux ? Tout ceci c'est pour augmenter les charges et dépenses de la province et alourdir le processus administratif pour obtenir un acte.

f) La centralisation des pouvoirs : malgré la loi sur la décentralisation, les grandes décisions et le siège des institutions politiques - administratives sont concentrées à Kinshasa. Ce qui étouffe les provinces dans certaines initiatives et prise de décisions.

g) La politisation de l'administration publique et administrations parallèles : L'administration publique sert de vache laitière pour financer les partis politiques. Les postes et les taxes sont créés pour financer les partis politiques. Les agents engagés répondraient seulement aux ordres leur leader.

h) Contraintes liées à la diffusion : l'Insuffisance de d'information et formation

Il ya beaucoup de reformes qui se sont déjà opérées dans le code des investisseurs depuis 2009, qui ne sont pas vulgarisées au niveau de provinces. De ce fait, certains agents de l'administration publique continuent à voler les operateurs économiques non informés. Par exemple le frais d'acquisition du No de registre était fixé à 500$ et 1500$ respectivement pour la personne physique (congolais) et pour l'étranger, actuellement réduit mutatis mutandis à 40$ et 120$. Le contraire s'observe au greffe de la justice par manque d'information.

i) Contraintes liées au processus participatif ou collaboration passive entre les deux parties : passivité et/ou absence de collaboration et la coordination entre l'autorité et le patronat des entreprises au Congo (FEC). Le processus participatif gagnerait un dialogue plus efficace et une transparence dans le climat d'affaire.

j) Contraintes liées à l'insécurité et à la persistance des éléments incontrôlés

L'enclavement de certains territoires de la Province et la persistance des zones contrôlées par des FDLR, interahamwe, PARECO, Mayi Mayi, le Rasta et autres éléments inciviques constituent des contraintes majeures en semant l'insécurité à l'intérieur de la province. Ce qui confirmerait notre hypothse.

k) Convoitise de mines (minerais de sang) : une menace liée au développement de commerce de mines au détriment d'autres secteurs prioritaires pour le développement du Nord Kivu

La province du Nord Kivu n'est pas à proprement parler une région à économie minière, comme le sont le Kasaï et le Katanga. Le Nord Kivu était plutôt connu, jusqu'à un passé récent pour la fertilité de ses terres où prospéraient les activités agro-pastorales. L'économie minière était localisée, essentiellement dans des sites comme Lueshe où la société SOMIKIVU exploitait le pyrochlore et quelques rarissimes extractions et commercialisation de l'or dans le territoire de Lubero. Le boom interviendra en 2000, lorsqu'on a découvert les gisements de colombo tantalite (coltan) dans le territoire de Masisi, walikale, cassitérites, tourmalines, et autres pierres précieuses. Ces minerais de sang devenu stratégique à cause de l'évolution de la technologie (utilisation dans la micro-informatique et téléphonie). Ainsi l'agriculture a connu un cout dur en faveur du développent de centre de négoce, de mines (à la recherche de gain facile, les enfants ont déserté le chemin de l'école, les familles ses sont déchirées). Les différents mouvements rebelles qui pullulent à l'Est de la RDC, les forces armées régulières (FARDC), les bandes armées étrangères (FDLR, ADF-NALU) en bénéficient également, soit directement en procédant à tout le processus, de l'extraction à la commercialisation, soit indirectement en prélevant des taxes sur les flux dans les espaces sous leur contrôle, soit en alliant les deux procédés pour s'autofinancer. Ces minerais sont vendus en Belgique, Hong Kong, en Thaïlande ou en Malaisie, Rwanda, Ouganda, etc. Ce business, constitue un réseau bien entretenu par des groupes d'intérêts nationaux et internationaux qui appuient financièrement et militairement les groupes armés et rebellions a l'Est de la RDC,

m) Complicités des pays puissants et les enjeux politiques de la sous région des grands lacs.

L'ambition des pays de la Sous -Région des Grands Lacs de faire des provinces de l'ex-Kivu et l'Orientale, un réservoir des matières premières et un marché pour leurs produits manufacturiers est source d'incertitudes dans la Province. En outre, les menaces à répétitions du Rwanda, de l'Ouganda de revenir au Congo pour faire la guerre est un frein aux investissements dans les secteurs productifs; ce qui cantonne les populations dans les activités spéculatives de mines et du secteur informels.

n) la forte dépendance du pays de l'extérieur, la faible coordination des actions des politiques économiques, la balance de payement déficitaire de tendance à pouvoir tout importer, les poids de pays étrangers sur la politique nationale. A cela s'ajoute le budget du pays dépend plus de l'extérieur.

A ces éléments, d'autres qui ont des ramifications tant internes qu'externes et qui peuvent aussi être source de blocage de la mise en oeuvre de la stratégie sont :

o) Manque de confiance dans l'environnement macroéconomique et institutionnel de leur pays ou de la province du Nord Kivu :

A ce propos, l'instabilité macroéconomique connue en RDC tire ses origines dans les années antérieures. Elle est imputable à des mauvaises politiques économiques des décideurs politiques, les fluctuations importantes et inefficaces auxquelles on assiste suite aux chocs sur l'offre ou sur la demande et pourtant la politique macroéconomique doit aller contre le vent, stimulant l'économie lorsqu'elle est déprimée et la ralentissant lorsqu'elle menace la surchauffe.

Pour aller très loin dans l'analyse de l'évolution de l'économie congolaise, au cours de ces deux dernières décennies, nous avions constaté que, dans son histoire récente, la RDC a connu l'instabilité macroéconomique relevées les événements malheureux notamment :

la mise à sac et le pillage de l'outil de production du pays (entreprises publiques et privées...)

les guerres de libération (1996) et d'agression (1998), constituent des réels chocs exogènes qui ont affecté négativement à la fois l'« offre et la demande » des biens et des services dans l'ensemble du pays ; et qui, en toute logique, causant l'inflation, l'instabilité du taux de change, le chômage, le déficit de balance de payement...),environnement caractérisé par un profond et brusque recul de l'activité économique suite aux crises financières, il est tout à fait normal, dans le court terme, qu'en cas de constance de la demande agrégée, que les prix intérieurs subissent des pressions à la hausse. L'offre ayant baissé, elle a imprimé un mouvement à la hausse des prix intérieurs, la forte baisse de la pression fiscale constatée à partir de 1990, suite à l'effondrement des activités de la GECAMINES et autres compagnies minières via la réduction de l'assiette fiscale. Par conséquent, le volume des recettes publiques a baissé davantage.

Face à l'incapacité du Gouvernement congolais de faire recours aux financements d'origine extérieure comme effet de levier, et étant classé parmi le PPTE, le Gouvernement recourt systématiquement aux avances du système bancaire pour couvrir ses dépenses par le blanchissement des planches à billet. Ce manque de discipline monétaire et accroissement désordonné de ces dépenses publiques pendant toute les deux décennies 1990-2000, dans un contexte déjà hyper inflationniste, a contribué au renforcement de l'instabilité macroéconomique. Ce qui confirmerait notre première hypothèse.

P) Le manque de communication agissante et diplomatie : Depuis l'instabilité sociopolitique et la persistance des crises économiques en RDC, sur le plan diplomatique, on n'a pas gagné la crédibilité et l'opinion de la communauté nationale et internationale. Par conséquent, les provinces ne sont dans le même sac, étant donné que le régime politique est la centralisation du pouvoir.

q) L'absence d'infrastructures de base devant assurer le minimum acceptable aux investissements à réaliser leurs projets : manque d'électricité, eau, routes, etc.

En République démocratique du Congo (RDC), pays irrigué par une multitude de rivières, et par le deuxième fleuve le plus puissant au monde, et riche de nombreux lacs. Paradoxalement la population manque d'eau potable, le manque de courant électrique expliquent cette situation et les infrastructures désuètes ou inopérantes pour offrir les produits et services de qualité. Opérationnellement, pour produire, entreprises et engins lourds ont besoins de l'énergie puissante pour faire fonctionner les machines d'usine. Faute d'énergie efficace et disponibilité permanente dans la province, les investisseurs se réservent de prendre ce risque pour éviter de supporter des couts supplémentaires liées à la production. L'analyste David Katumba, une personne ressource de la FEC Nord Kivu et membre de la commission du cadrage macroéconomique en RDC, explique que l'eau potable est régulière dans les villes et les cités où l'électricité est régulière. « Comme l'électricité est rare au Congo, par conséquent, on passe facilement quinze jours sans voir couler une goutte d'eau dans les robinets ». Madame Thérèse de la FPI confirme également cet avis que les usines et industries de leurs clients partenaires sont bloquées et supportent de couts supplémentaires dans la production en utilisant les groupes électrogènes faute de l'énergie. Pour compenser cela, ils sont obligés de ventre à un prix élève, par conséquent éliminés par la concurrence. A défaut, ils préfèrent importer tous de l'extérieur. Ceci décourage le développement de l'industrie congolaise et les investisseurs étrangers.

Au sujet des infrastructures routières pour évacuation et distribution de la production, il ya des territoires et cités qui sont enclavés, pour y parvenir, il faut emprunter le vol, dont les transports de marchandises sembleraient aussi couter chers, il n'a pas la possibilité d'évacuer la production locale vers les grands centres de consommation. Cet obstacle se fait sentir à tous les niveaux dans le projet de production.

r) le manque de gout du risque : hélas quelques hommes d'affaires préfèrent se lancer dans le commerce général de vente-revente avec gain facile. Ils ne prennent pas le risque de se lancer dans l'industrie de transformation. Et pourtant le Fonds pour la promotion de l'industrie (FPI) leur donner une facilité d'accès aux crédits allant au delà de 50 milles dollars ou plus, remboursables dans l'échéance de 3 ans au taux de 15% l'an et un appui conseil pour appuyer les industries locales congolaise.

x) Les catastrophes naturels : Cette contrainte concerne spécialement la ville de Goma, qui semblerait être la zone à haut risque pour les investissements a cause de la présence du volcans actifs en éruption.

III.4. SECTEURS PRIORITAIRES POUR LA CROISSANCE ECONOMIQUE ET LE DEVELOPPEMENT DU NORD KIVU

Selon les avis des participants à la consultation, notamment la FEC, la division provinciale de l'économie et de plan, le gouvernorat, DGRAD, DGI et autres couches de la société civile, les principaux secteurs porteurs en termes d'investissements au Nord Kivu sont les suivants:

1. Projets agricoles et forestiers

Les conditions éco-climatiques sont très favorables avec des pluies alternées presque toute l'année, un sol fertile favorable aux cultures vivrières et industrielles.

Ainsi, les projets suivants peuvent bien être développés sous formes d'investissements:

- L'exploitation des palmiers à huile

- Les plantations de cultures vivrières

- La production de semences améliorées.

- L'agroalimentaire offre de nombreuses possibilités dans des domaines aussi variées que l'alimentation enfantine, la production de produits laitiers, la sucrerie, les plats cuisinées ou la distillerie,

- Fabrication des médicaments Quinquina,

- Transformation industrielle du bois,

- Exploitation de l'Hévéa, Production de la pâte à papier, la papaïne, le thé, café, etc.

L'agriculture (et la transformation de ses produits) peut offrir 21000 emplois salariés contre 3000 enregistrées actuellement par la division provinciale de l'agriculture.

2. Projets d'élevages, ses dérivés et pêches

Il ya plusieurs opportunités et le marché est solvable dans ce secteur :

- Elevage des bovins, Elevage de porcins, des caprins

- Ferme avicole consommé dans les grands centres urbains

- Production de la viande et ses dérivés laitiers, boeurs, fromageries.

- Elevage des porcins

- Réhabilitation du Domaine Agro-industriel,

- Activités de pêche lacustres au lac Edouard et lac Kivu,

- la transformation et mise boite de conserve de poissons, fumoir électrique des poissons

Aussitôt ce secteur est développée, il ya lieu de contourner les importations de lait Nido du pays Bas (Hollande), et le trop plein serait commercialisé et déversé dans d'autres provinces de la RDC et de la sous Région.

3. Projets des tourismes et hôtelleries

Ainsi les investisseurs peuvent saisir cette opportunité pour développer ce secteur dans :

- La Gestion des sites touristiques et Aménagement de nouveaux sites;

- Développement de l'hôtellerie dans plusieurs centres urbains et villages (Goma, Rutshuru, Vitshumbi, Rwindi, Beni, Lubero, Ishango, Masisi, Walikale, etc.)

- Créer des entreprises et tours operateurs pour les tourismes

Le sommet de Ruwenzori (5.119 m : 2ème d'Afrique), les chutes et rapides, les volcans éteints ou en activité, les lacs Kivu, le national de virunga, etc. sont des attraits touristiques. Par exemple pour visiter une famille de Gorille, un visiteur étranger paye entre 350 à 400$.

4. Projets d'électrification et fourniture d'eau potable

- Extension et renforcement de Ruzizi (Ruzizi I et Ruzizi II), pour passer de 120 à 1.200 mégawatts

- Réhabilitation du Barrage hydroélectrique Ruzizi I (pour augmenter sa capacité en voltage ou mégawatts)

- Construction de la Centrale Hydroélectrique de Kikyo ou sur la riviere Semuliki, Osso et Lowa, Mweso (Butembo, Butembo, walikale, et Masisi) et renforcement de la Centrale de Mondo Gusto (Rutshuru).

- Réhabilitation et construction des lignes électriques haute tension

- Exploitation de Gaz méthane du Lac Kivu

- Amélioration des réseaux de distribution d'eau potable à travers toute la province

- Fourniture des intrants, Construction des pipe-lines

5. Les projets d'ingéniorat et télécommunication

Les sociétés opérant dans ce secteur ont très vite récolté un grand succès et, du coup se sont déployées à étendre leurs activités pour couvrir pratiquement toute l'étendue du territoire national. Mais le secteur offre encore bien d'opportunités d'investissement :

- Installation d'une émetteur-récepteur onde courte couvrant l'ensemble de la province ou du pays,

- Réhabilitation du réseau câblé O.C.P.T.

- Déploiement du réseau câblé de téléphone fixe sur tout le territoire de la province,

- La connexion internet dans certains territoires de la province à partir fibre optique

6. Les projets de portefeuille et bancaire

Les opportunités d'investissement y restent aussi ouvertes.

- d'ouvrir des institutions bancaires avec des différents produits et services financiers.

- Créer des sociétés d'assurances,

- Crédits habitat, crédit agricole dans les centres urbains et milieux ruraux

7. Le projet initiative commerce frontalier

- Constriction d'un marché moderne pour le Commerce International

- Développement et Construction d'une foire agricole à Goma avec 50 pavillons (initiative FAGOP)

8. Les projets des infrastructures, travaux public et habitat

· Construction et/ou réfection des principaux axes routiers nationaux reliant les villes et les centres agricoles du Nord Kivu.

· interconnexion routière du Nord-Kivu avec les autres provinces (orientale, Sud Kivu,).

· Entretien des routes de desserte agricole.

· Construction des routes pour l'interconnexion des routes des sous-régions de l'Afrique des pays de grands lacs (CEPGL), Afrique Orientale (COMESA)

· Réhabilitation des ponts et bacs d'Ishango

· Travaux de dragage des caniveaux dans les centres urbains

· Les entreprises de génies civiles, construction et bâtiment

Dans le secteur des bâtiments et habitats : bien qu'il rentable a long terme, le secteur de l'habitat n'est pas développé dans la province du Nord Kivu, il offre une opportunité intéressante d'investissement. Les Anciens type des maisons à Goma de fonds indigènes étant complètement détruits par l'éruption du volcan Nyiragongo, des fonctionnaires de l'administration publique sont sans logement, les bureaux de l'administration sans bâtiment, des écoles, marchés, hôpitaux non construits ce qui nécessite un programme de construction et de réhabilitation immobilière des investissements publics.

Les opportunités d'investissements :

- Construction, réhabilitation et équipement des infrastructures de base (écoles, hôpitaux, immeubles d'habitation), des bâtiments administratifs et des immeubles commerciaux.

- Construction des maisons à loyer réduit dans différents centres urbains (Goma, Butembo, Beni)

Les projets industriels et de transformation : La province attend de nombreux investisseurs dans les branches industrielles entre autre :

- Fabrication des produits alimentaires, biscuiterie, fromagerie

- Industrie du cuir et tanneries

- Cimenterie.

- Industrie du tabac,

- Industrie chimique et fabrication de produits chimiques, de dérivés du gaz et du charbon, d'ouvrages en caoutchouc et matières plastiques,

- Industrie du bois et du papier,

- Fabrication des matériaux de construction,

- Fabrication d'appareils et fournitures électriques

- Fabrication d'ouvrages en métaux non ferreux

- Construction de véhicules automobiles.

- Vente de service et logistique

Les projets de transport

Vu l'immensité du territoire, l'intensité des activités économiques et le nombre important de la population, le secteur des transports est l'un des plus porteurs non seulement dans la province du Nord Kivu mais partout en R.D.C., Les opportunités suivantes s'offrent ainsi aux investisseurs :

- Réhabilitation des aéroports et aérodromes de Goma, Beni, Butembo, et Walikale.

- Création des entreprises de transport.

- Construction d'un port en eau profonde, Equipement et modernisation des ports sur le lac Kivu et lac Edouard

- Créer des entreprises, agences de transport et Messageries

Projets d'hydrocarbures et mines

Raffinerie et Exploitation des gisements du bassin côtier du Nil dans la plaine de Semuliki

Raffinerie de Nappe pétrolier dans le Virunga- flotte de Rutshuru

- Production de bitume routier

- Prospection et Recherches géologiques,

- Aménagement des infrastructures de transport et de distribution des produits pétroliers dans

les centres urbains.

* 32 Julien Kahongya.P, Gouverneur du Nord Kivu- Plan d'action prioritaire «PAP», décembre 2007

* 33 La constitution de la RDC

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