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L'univers techno de la teuf : entre marginalité et post-modernité

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par Noémie Lequet
Université Victor Segalen Bordeaux 2 - Maîtrise de sociologie 2010
  

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IV- Polarisation française

S'ensuit alors une polarisation de la scène techno française. D'un côté, on voit apparaître un versant du phénomène tendant vers la reconnaissance. Ainsi sont organisées, dans le sillon des expériences européennes de la Love Parade de Berlin par exemple, les premières Techno Parades françaises. En effet, les membres de Technopole, avec le soutien d'acteurs politiques, notamment Jack Lang, lancent en 1998 la première Techno Parade dans les rues de Paris. Ils seront 130 000 à affluer cette année là, de plus en plus les années suivantes. Les partisans de l'institutionnalisation du mouvement vivent cet événement comme une libération, une reconnaissance tant attendue du phénomène techno.

De l'autre côté, la scène rave continue d'exister et est, du fait de l'apparition d'une mouvance se cantonnant dans des pratiques festives ayant des formes officielles et tolérées, de plus en plus stigmatisée. « Il existe donc une rupture "idéologique" entre les amateurs de boîtes de nuit, "victimes de la société de consommation", et les adeptes des free-parties, défenseurs d'un mode de vie alternatif par rapport à cette société marchande. » (Tessier, 2003).

En 1999, une nouvelle circulaire ministérielle parait : « Instruction sur les manifestations rave et techno ». Les objectifs des ministères cosignataires (l'Intérieur, la Défense et la Culture) sont clairement de promouvoir les événements légaux d'un côté, et d'avoir les moyens d'engager des poursuites à l'encontre des organisateurs d'événements illégaux de l'autre.

La distinction entre rave-party et free-party est alors très claire. Il y a ceux qui accèdent aux injonctions gouvernementales de légalité en mettant en place des services d'ordres et de sécurité et ceux qui choisissent de ne pas demander d'autorisation. Ils peuvent alors se permettre de ne pas payer de service d'ordre, de proposer une soirée gratuite ou à prix libre, de ne pas s'encombrer de demande de licence de débit de boisson ou de déclaration à la SACEM.

Mais c'est en mai 2001 que le lien entre techno et politique franchit une nouvelle étape. Le député RPR Thierry Mariani dépose alors un amendement à la loi sur la sécurité quotidienne. Ainsi, une clause visant spécifiquement les free-parties se retrouve à côtoyer dans une même loi des textes sur la délinquance des mineurs, sur la vente d'armes, ou même sur la lutte contre le terrorisme. L'article relatif aux rave-parties stipule que les organisateurs

doivent déclarer l'événement auprès du préfet du département et obtenir l'autorisation du propriétaire du terrain. Alors, « si le rassemblement se tient sans déclaration préalable ou en dépit d'une interdiction prononcée par le préfet, les officiers de police judiciaire [...] peuvent saisir le matériel utilisé, pour une durée maximale de 6 mois, en vue de sa confiscation par le tribunal ».

Après une période estivale où l'actualité médiatique est ponctuée de discours sur les événements techno, survient la catastrophe du 11 septembre 2001. L'heure est alors à la coalition. Le projet de loi est finalement voté le 31 octobre 2001. Des décrets d'application de la loi préciseront qu'au dessous d'un seuil de 250 personnes, puis de 500, la loi n'a pas à être appliquée. Des free-parties de petite taille, non autorisées mais non illégales, peuvent alors se développer à nouveau.

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