WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'enfant vu par la chanson. Approche sémantiquo-linguistique de la chanson congolaise

( Télécharger le fichier original )
par Fidèle AWAZI
Université Catholique du Congo - Graduat 2009
  

précédent sommaire suivant

5. Education.

a. Titre : « éducation », est un titre écrit en français pour une chanson lingala. C'est un titre qui dit aussi beaucoup sur son contenu. Peut être qu'on se pose la question de savoir de quelle éducation s'agit-il. Il s'agit tout simplement d'un message moralisateur.

b. cadre : l'auteur de cette chanson est J.B Mpiana, de son vrai nom Jean-Bedel Mpiana wa Tshituka fils de Mpiana et d'Agnès Lusambo, né le 2 juin 1967 à Kananga (jadis Luluabourg) ; il est un artiste musicien, chanteur et auteur-compositeur congolais (RDC). Il est l'un de deux musiciens phare de la fameuse 4e génération de la musique de ce pays qui est le Congo-Kinshasa.

Il est, avec Werrason, Alain Makaba, Didier Masela, etc...., l'un des fondateurs du groupe Wenge Musica en 1981 dont il était la figure emblématique. C'est par lui en majeure partie que cet orchestre eu à se gagner une place dans l'histoire de la musique du Congo-Kinshasa, et cela grâce à son savoir faire. Il est le premier artiste musicien de sa génération à obtenir une récompense en or au titre personnel à savoir : auteur de la Meilleur chanson de 1988 Mulolo, meilleur chanteur du Zaïre en 1991.

c. con texte d'énonciation : la société congolaise l'environnement dans lequel est produit ce discours. Ce discours est un véritable miroir de la société car il met à découvert les difficultés et les réalités vécues en société plus particulièrement en milieu familial. Cette chanson contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre ne cherche pas à éduquer les parents tout comme les enfants, mais par contre critique le modèle d'éducation qu'utilise certains parents pour éveiller la conscience de leurs enfants à l'âge de comprendre, et propose un modèle d'éducation que l'auteur trouve juste et meilleur. Cette chanson peut donc constituer pour toutes les familles une véritable source pleine d'enseignements et de leçon pratiques.

d. destinataire : cette chanson s'adresse tout particulièrement aux familles congolaises considérées comme les premiers lieux d'accueil et d'éducation de l'enfant.

6. Lopango ya bana na ngai.

a. Titre : « lopango ya bana na ngai » (la parcelle de mes enfants), est un titre long, une façon pour l'auteur d'emphatiser son message. A lire le titre l'on peut déjà s'imaginer sur le reste de la chanson. Cependant ce titre laisse le lecteur en suspens car il se pose la question qu'est ce que la parcelle des enfants a fait ? est ce l'auteur veut nous présenter la parcelle de ses enfants ? Et si tel est le cas est ce important ?. D'où l'idéal serait de lire attentivement le discours.

b. cadre : l'auteur de cette chanson est guitariste, compositeur, interprète Lwambo Makiadi, alias Franco.27(*) Il est lui-même le maître fondateur de l'orchestre « tout puissant Ok-jazz. », ce groupe musical, qui est resté immuable de technique comme de personnalité, est pratiquement le seul qui ait échappé aux multiples perturbations qui constituent l'une des caractéristiques des groupes musicaux congolais. Franco est considéré pour nombreux de congolais comme le monument de la chanson congolaise moderne. Décédé le 12 octobre 1989, Franco était un chanteur compositeur de première force. Il avait le « verbe facile » et une façon sans gêne de s'exprimer. Il avait un mode d'expression capturant et est auteur de plusieurs expressions qui sont dans le langage courant. C'était un homme à sang chaud et plein de vitalité, avec un parlé direct et parfois choquant. Cette chanson que nous analysons nous fera bien découvrir cet homme.

c. contexte d'énonciation : le toile de fond de cette chanson demeure la société congolaise de la ville de Kinshasa, une société caractérisée par un problème d'héritage après la mort des parents. L'auteur de la chanson étant d'abord un parent et puis un membre de la société, connaît bien ce phénomène et pour épargner ses « enfants », avertit déjà ses frères et soeurs à ne pas toucher à ses biens ni à persécuter ses enfants pour les biens qu'il va leur léguer, car les enfants restent bien sûr les bénéficiaires attitrés de l'héritage des parents. Voilà un message qui peut être, vient couper cour à toutes les discussions que jaillissent toujours au sujet de l'héritage.

d. Destinataire : cette chanson s'adresse aux membres des familles qui s'accaparent de bien des défunts au détriment des héritiers directes que sont les enfants. La chanson s'adresse aussi au législateur du code de la famille à pouvoir bien appliquer les mesures concernant l'héritage. Et bien sûr elle s'adresse à Monsieur tout le monde et à madame trouble.

En gros modo, avant de passer à l'analyse de nos discours, nous pouvons dire que tous les titres de ces six chansons sont les fruits d'une longue réflexion, les auteurs de ces chansons sont des hommes avertis, doués et sages, et le contexte dans lequel ils énoncent leurs messages est fort significatif et s'adresse à chaque couche de la société. Signalons par ailleurs que toutes ces chansons en dehors de celle de Lwambo, ont été diffusées dans la période allant de 1998 à 2005, période dans laquelle la R.D. Congo était divisée par des guerres qui ont occasionné la violation des droits de l'enfant.

* 27 On peut bien lire sur Franco, GINZANZA, op cit. p 194-195

précédent sommaire suivant