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Violences en milieux urbains au Togo: cas de Lomé

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par Pihèwa KAROUE
Université de Lomé - Maà®trise 2011
  

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II.2. Démarche méthodologique et difficultés de la recherche

Selon Kakplan A., «  le propre de la méthodologie est d'aider à comprendre au sens le plus large non les résultats de la recherche scientifique, mais le processus de recherche lui-même » (Grawitz, 2001 : 15). En sciences sociales, toutes les investigations ont pour outils des méthodes de recherche qui balaient soit l'aspect qualitatif soit l'aspect quantitatif. Il y a de ces recherches qui nécessitent les deux approches pour des buts bien déterminés et c'est le cas de notre étude portant sur les violences urbaines et dont l'approfondissement nécessite l'usage des outils tant quantitatifs que qualitatifs. Il est donc ici question de présenter les techniques utilisées pour la recherche et d'en montrer l'importance pour l'aboutissement de l'étude. Dans le cadre de notre étude, nous avons deux principales sources de données :

-La recherche documentaire et

-Les enquêtes de terrain

II.2.1. Les techniques d'échantillonnage

II.2.1.1. L'univers de l'enquête 

Une enquête étant « la quête d'informations réalisée par interrogation systématique de sujets d'une population déterminée » (Nda, 2006 : 81) l'univers est l'espace dans le lequel est choisi les enquêtés. Notre recherche, compte tenu du libellé de notre thème, se fera dans la population carcérale de la prison civile de Lomé. La prison civile de Lomé a vu le jour depuis les années 60 et était au préalable mis sous tutelle du ministère de l'intérieur pour servir de lieu de détention des auteurs des délits. Actuellement sous direction de la DAPR qui à son tour est sous tutelle du ministère de la justice accueille les prisonniers déférés des commissariats de police de toute la région Maritime. Cette prison est directement dirigée par un régisseur assisté par des militaires assurant la sécurité des lieux et des services tels que le service social, un petit dispensaire, la restauration et un secrétariat.

Le cadre de vie de ces détenus est un ensemble compartimenté en 49 cellules, un centre artisanal situé à l'extérieur du lieu de détention, le tout dans une grande Clôture construite sur une superficie d'environs 1 hectare. L'univers est constitué d'hommes et de femmes de diverses caractéristiques socio culturelles détenus séparément par genre et qui ont une organisation interne tout comme les sociétés dans lesquelles nous vivons avec une différence qu'est le manque de liberté de va et vient dont nous disposons. Par ailleurs, ils constituent des réseaux qui leur permettent de défendre les intérêts de l'ensemble du réseau ou de l'un des membres du réseau quand ils sont menacés par d'autres détenus. Les principales nationalités représentées dans cette population carcérale sont : Nigériane, Béninoise, Ghanéenne Burkinabé et Togolaise.

Avec une population carcérale de 1853 prisonniers répartis dans 49 cellules, elle est dirigée au premier niveau par une administration ayant à sa tête un régisseur. Notre univers contient de ce fait toutes les représentations tant ethniques, sociopolitiques, économique que culturelles. Nous aurons dès lors une population à même d'être représentative d'une plus grande.

II.2.1.2. La population cible 

Aucun citadin ne peut être écarté quand on parle de la violence urbaine. Cependant, la population cible de notre étude est issu de l'ensemble des détenus de Lomé c'est-à-dire ceux qui ont déjà eu à poser des actes criminels tels que les braquages, les homicides, les vols à mains armées ou kidnapping. Nous recherchons dans leurs interventions les raisons fondamentales qui seraient à la base de ces attitudes de leur part. Nous basant sur les estimations de 201117(*), nous pourrons évaluer la population cible à 1 853 personnes de sexe et de catégories confondues dont 614 prévenus18(*), 389 condamnés19(*), 488 inculpés20(*). Faute de moyens, notre questionnaire ne sera adressé qu'à certains individus déjà ciblés. Sera interrogé, tout individu homme ou femme ayant vécu à Lomé, détenu à la prison civile de Lomé pour les délits précités, et acceptant donner son opinion sur les violences urbaines dans notre capitale. Sont exclus de notre population cible les détenus déférés des commissariats extérieurs à Lomé ou n'ayant pas vécu à Lomé.

II.2.1.3. Échantillonnage

L'échantillonnage est la méthode par laquelle on extrait de la population mère une plus petite et plus représentative en vue d'y sortir des informations à généraliser ; ceci à cause des coûts exorbitants que pourra occasionner une enquête exhaustive. Comme le diraient Ghiglione et Matalon (1995) « il est très rare qu'on puisse étudier exhaustivement une population, ce serait si long et si coûteux que c'est pratiquement impossible ». Partant de la technique d'observation extensive, Notre échantillonnage sera probabiliste et prendra donc en compte toutes les catégories de prisonniers détenus pour violence urbaine dans la ville de Lomé déjà identifiés dans la prison civile afin que les informations à recueillir soient fiables et puissent être généralisées .10% soit 6 questionnaires seront adressés aux femmes et 90% soit 56 aux hommes. Cette différence à cause de la passivité manifeste des femmes.

Echantillon = population mère x échelles

Population mère = 1853

Echelle = 1/30

Echantillon = 1853 /30

Echantillon = 62 individus

Cependant, en raison de l'intervalle de temps qui nous a été accordé et les difficultés liées à la sortie des prisonniers d'une part et, d'autres parts, de la non correspondance de certains détenus à nos critères, nous n'avons pu valider que 58 questionnaires. C'est sur la base de ces 58 que nous baserons toutes nos interprétations.

II.2.2. Les techniques de collecte de données

II.2.2.1. Recherche documentaire

C'est un travail incontournable et perpétuel dans le processus de recherches en sciences sociales. La recherche documentaire comble les manquements de l'enquête par interview ou par questionnaire en donnant des informations de toutes formes que les autres techniques ne peuvent aborder. A la quête des informations tant sur le contexte socio-économique et spatial que sur les violences urbaines proprement dites de Lomé, il s'est avéré impérieux de parcourir les ouvrages d'ordres généraux, les rapports des institutions impliquées dans un aspect du phénomène étudié, les revues et périodiques, de même que les oeuvres traitant proprement du thème dont nous voulons approfondir les implications sociales. Que ce soit les informations sur les estimations sur les formes de violence, leur manifestations, les contextes de perpétration, les indicateurs démographiques, les populations vulnérables ou encore sur les approches théoriques et méthodologiques, ces documents sont d'une très grande importance.

Nous avons pu, dans le cadre de notre recherche, visiter  bien de bibliothèques tant publiques que privées ; ce qui nous a été d'un grand avantage.

Cependant, cette documentation se trouve être limitée à cause du manque d'intérêt pour des sujets controversés comme celui de la violence pour les chercheurs africains. Ceci dit, les écrits sur la violence urbaine sont plus ceux relatifs aux sociétés occidentales ou que des chercheurs occidentaux réalisent dans nos sociétés. Étant donné que les réalités sociales sont très diverses d'une société à une autre, on ne peut s'approprier les cadres justificatifs, par exemple, de la violence en France, de peur de s'engager dans des replaçassions contradictoires de contextes méconnus dans nos société. Toutefois, utiliserions-nous les techniques d'approches, les théories qui sont moins d'une ampleur locale, et les exemples concrets de cas pour élucider nos propos sans ignorer l'analyse des contenus de ces ouvrages qui nous ont été très bénéfiques.

D'autres parts, nous avons eu à consulter les documents fondamentaux des procès verbaux de certains commissariats de police de même que les comptes rendu des plénières à la cours d'assise et les autres compartiments qui lui sont liés. Les périodiques et les presses donnent le fil des événements au fuir et à mesure qu'ils se produisent et pallient, un tant soit peu le manque de documents scientifiques sur les violences urbaines à Lomé. Ainsi donc, leur exploitation nous a permis de nous diriger vers les cibles les plus idoines dans la recherche des réponses au mal que nous voulons étudier.

Les mémoires traitant de notre sujet, très infimes qu'ils soient ont permis de pallier, un tant soit peu le manque d'oeuvres scientifiques digne de ce nom traitant spécifiquement des violences urbaines.

II.2.2.2. La pré-enquête 

Elle était en quelque sorte une prospection sur les contours de la question à partir des affirmations et même des témoignages des uns et des autres. Cette pré-enquête était dirigée vers tous ceux que nous avons croisé, surtout les forces de sécurité, et c'est ce qui nous à conduit à choisir le monde carcéral comme étant la population cible de nos enquêtes. Elle nous a permis, d'autre part, de concevoir les outils de recherche comme les guides d'entretien, les questionnaires et d'identifier les points sensibles de notre thème.

Le second volet de cette pré-enquête était le test du questionnaire que nous avons conçu. En effet, nous avons pu avoir accès à la prison un Dimanche pour la messe à la fin de laquelle nous avons pu nous entretenir avec certains détenus responsables de la communauté religieuse, ce qui nous a permis de corriger les défaillances du questionnaire brut.

II.2.2.3. L'enquête proprement dite

L'enquête dans les sciences sociale est un outil incontestable tant d'acquisition de nouvelles connaissances que de découverte de nouvelles réalités en vue de leur élucidation et leur explication. Elle permet du coup de pouvoir arriver aux sources explicatives d'un phénomène qu'on choisi d'étudier. Elle procède par questionnement à l'aide des questionnaires ou des guides d'entretien selon la méthode adoptée (qualitative ou quantitative). Dans notre travail nous avons utilisé les deux méthodes à cause de leur complémentarité : le questionnaire qui était destiné aux prisonniers et le guide d'entretien pour les juges d'instruction et les commissaires.

Avant de pouvoir avoir accès à notre univers d'enquête, à cause de la particularité de ce dernier, il nous a fallu attendre des autorisations qui devraient successivement passer du ministère de la justice à la DAPR pour enfin arriver au régisseur qui est le premier référent à la prison civile de Lomé. L'enquête s'est faite dans la prison civile de Lomé et les détenus qui devraient répondre à nos questions étaient ceux qui avaient commis des délits. Ces prisonniers étaient identifiés par leurs confrères proches de l'administration de la prison et qui nous les faisaient parvenir à la salle d'entretien.

II.2.3. Techniques de collecte de données

II.2.3.1. Approches qualitatives

Elles ont la caractéristique principale d'aider à aller dans les détails de la question traitée afin d'en cerner les contours. Elles permettent de ce fait d'avoir beaucoup de données avec la possibilité de poser des questions quand des réponses sont floues ou de relancer autrement des questions quand celles-ci sont évitées. Nous avons opté pour les entretiens dirigés à cause de la précision du thème sur lequel nous faisons les investigations. Nous utiliserons dès lors un guide d'entretien.

II.2.3.1.1.Le guide d'entretien et son administration

Dans notre étude nous avons eu des entretiens avec des commissaires de polices et certains juges ; ce qui nous a permis de cerner un peu plus à fond la problématique des causes des violences urbaines dans la ville de Lomé. Nous avons choisi ce type d'entretien à cause de l'insuffisance du questionnaire adressé aux prisonniers qui ne sont pas les seuls directement concernés par les questions que soulèvent la problématique des violences urbaines. L'angoisse, la gêne ou le bégaiement sont autant d'indicateurs qui nous ont aidé dans l'interprétation des résultats. Comme dit plus haut, ils s'avéraient insuffisant et nécessitait une adoption des approches quantitatives afin d'évaluer les points de vue. D'où l'usage du questionnaire.

* 17 Direction Générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion

* 18 Prisonniers devant répondre devant la cour d'appel et en attente d'être jugés

* 19 Prisonniers déjà jugés et déclarés coupables des faits reprochés

* 20 Prisonniers dont les enquêtes sont en cours

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