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Les contes égyptiens anciens et les contes de l'Afrique subsaharienne: essai d'une analyse comparée


par David Elysée Magloire TESSOH
Université Yaoundé 1 - Master en littérature et civilisations africaines 2011
  

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III-2-2 Les personnages secondaires des contes Egyptiens

Conte n° 1 : Le personnage secondaire de ce récit c'est Anoup l'aîné de Bata, c'est un homme marié que Bata considère comme un père. Il vivra en paix, en amour et en harmonie avec son cadet jusqu'au jour où sa femme discréditera son petit en tenant des déclarations mensongères dans lesquelles elle affirmera que ce dernier lui fait des avances en insistant sur le fait que c'est lui qui méritait d'être son époux. Face à ces propos diaboliques, Anoup ne chercha pas à vérifier l'information, mais ;

"Se montra comme un guépard du midi, il affila son couteau et prit bien en main. Il se tint derrière la porte de son étable pour tuer son frère cadet, lorsque celui-ci ferait rentrer ses bêtes dans l'étable. "

La vérité finissant toujours par triompher, il finira par écouter la version originale des faits relatée par son petit frère, il sera très troublé et décidera de laver l'affront en tuant celle qui avait détruit l'amour fraternel qui existait entre lui et son frère cadet :

"Ainsi tandis qu'on m'accusait d'avoir dit une mauvaise parole, tu n'as pensé à aucune des choses que j'ai faites pour toi ! Ah ! Dire que tu es capable de te cacher, ton poignard à la main, pour me tuer en traître. Quelle trahison ! Quelle infamie (...) va t'en à la maison, la main sur la tête, le front souillé de deuil. Arrivé à la maison, il tua sa femme, la jeta aux chiens et demeura en deuil de son frère cadet"

Quelques années plus tard Anoup respectera les consignes que lui avait prescrit Bata avant sa mort, Bata ressuscitera et l'amour et l'harmonie qui existait entre les deux frères renaîtra : Bata deviendra roi et à sa mort Anoup lui succedera :

"Anoup saisit la tasse d'eau fraîche où était le coeur de son frère cadet ; celui-ci but ; et son coeur fut remis en place te Bata redevint comme autrefois. Chacun d'eux embrassa l'autre et ils parlèrent ensemble comme deux compagnons, (...). Bata fut vingt ans roi d'Egypte, puis il quitta la vie et son grand frère occupa sa place. "

Conte n° 2 : Dans ce récit, le personnage secondaire est un roi nommé Rhampsinite. Au début du conte il est pour le héros un véritable obstacle dans la mesure où il l'empêchera de voler le trésor en toute quiétude en plaçant un piège dans le caveau à trésor, le héros détestera d'avantage le roi lorsque le piège attrapera son frère et comme si cela ne suffisait pas, le roi mettra tous les moyens en jeu afin que le héros soit arrêté. Mais la hardiesse du héros amènera le roi à de meilleurs sentiments et ce dernier finira par lui donner sa fille en mariage.

"Quand la chose fut rapportée au roi, il s'étonna, émerveillé de l'astuce et de la hardiesse de cet homme (...). Il le jugea un oiseau rare, et lui donna sa fille en mariage. "

Conte n° 3 : Le personnage secondaire de ce conte c'est incontestablement le fils de Vérité. Il est à ce titre un adjuvant pour son père et un opposant pour Mensonge. En effet, lorsque le fils de Vérité apprend que c'est Mensonge qui a rendu son père aveugle, il décide de le venger. Pour ce faire, il va confier son taureau au berger de Mensonge, Mensonge mangera ce taureau et le fils de Vérité lui portera plainte à l'Ennéade divine et exigera que les yeux de Mensonge soient crevés :

"Je suis le fils de Vérité et je suis venu afin de le venger (...). Le jeune homme à son tour fit un serment pour le roi disant : « Aussi vrai que dure Amon, aussi vrai que dure le royal régent, puisse-t-on retrouver vérité en vie... ! On frappera Mensonge de cent coups, et cinq blessures lui seront infligées ; ses deux yeux seront crevés et il sera placé en qualité de portier dans la maison de Vérité. "

Conte n°5. La femme d'Oubaoner est le personnage secondaire de ce conte. Elle est visiblement une femme aux cuisses très légères qui n'hésitera pas à faire subir a son mari un préjudice moral énorme en se laissant séduire par un homme qu'elle connaissait à peine. Et c'est ainsi qu'elle va chaque fois que l'occasion se présentera demander à l'intendant du jardin de préparer le pavillon de plaisance où elle va à plusieurs reprises tromper son mari avec son séducteur :

"La femme d'Oubaoner dit à l'intendant chargé de l'entretien du jardin : « fais préparer le pavillon de plaisance qui est près de l'étang, car je vais venir m'y reposer ». Le pavillon fut alors pourvu de toutes belles et bonnes choses. Ils s'y rendirent et y passèrent un jour heureux. Ceci en compagnie de l'homme Vil. "

Malheureusement pour cette femme adultère, l'intendant trouvera cela très déshonorant et insultant pour son mari. C'est pourquoi il informera son maître de ces événements. Oubaoner fera part de cette histoire au roi ; ce dernier fera arrêter la femme d'Oubaoner afin qu'elle soit brûlée.

"Le roi fit saisir l'épouse d'Oubaoner (...) il la fit brûler et ses cendres furent jetées dans le fleuve. "

Conte n° 6. Les personnages secondaires de ce récit ce sont les rameuses. Elles peuvent être considérées à juste titre comme des adjuvants au roi Snefrou dans la mesure où ce sont elles qui parviennent à rendre le roi heureux alors que ce dernier était très malheureux parce qu'il ne parvenait pas à trouver une distraction capable de l'égarer, mais dès que les rameuses entamèrent leur partie de bateau, le roi retrouvera son sourire :

"Les voilà donc qui se mettent à ramer de ci, de là, et le coeur de sa majesté était heureux de les voir ainsi. "

Conte n° 7. Le pharaon Sésostris est le personnage secondaire de ce conte. Il se montre très aimable à l'endroit du paysan Khounaré, cet amour est palpable lorsqu'il libère le paysan de prison alors qu'il avait été injustement condamné par son intendant le méchant Marouitensi. Le pharaon ne s'arrêtera pas à cette libération, il va proposer au paysan de venir vivre au palais afin d'être le tisserand du palais :

"Pharaon lui rend justice, puis lui demande de quitter son figuier et ses clients paysans pour consacrer son art au tissage des parures royales"

Conte n° 8. Dans ce récit c'est la femme du jeune prince qui est le personnage secondaire. Elle est pour lui un adjuvant très indispensable qui sera prête à se faire hara kiri pour le sauver, nous pouvons dans cette logique relever trois cas. Le premier cas c'est lorsqu'elle décide de se suicider si son père n'accepte pas qu'elle soit l'épouse du jeune prince alors que ce dernier est le vainqueur de l'épreuve que son père avait proposé aux prétendants :

"Elle jura par Dieu disant : par la vie de Phrâ Harmakhis ! Si on me l'arrache, je ne mangerai plus, je ne boirai plus, je mourrai sur l'heure. "

Le second cas c'est lorsqu'elle réussit à tuer deux des destins auxquels le prince est soumis :

"Quand un serpent sortit de son trou pour mordre le prince, (...) La femme le mit en pièces avec des coups de sa hache. "

Le dernier cas que nous pouvons relever c'est quand elle parvient avec l'aide du géant à tuer le crocodile qui représentait le deuxième destin auquel était destiné le prince.

"Elle sortit des roseaux, et, voici, comme le crocodile ouvrait la gueule, elle le frappa de sa hache. "

Au terme de cette étude sur les personnages des contes négro-africains et Egyptiens anciens nous pouvons faire deux remarques.

La première remarque est que presque tous les règnes sont représentés. Il s'agit notamment : du règne humain plus nombreux qui comprend tous les hommes, les femmes et les enfants. Le règne animal tout aussi abondant qui rassemble entre autres le lièvre, la tortue, le lion, l'hyène, etc.

L'univers des idées, moins nombreuse, mais aucunement négligeable, qui comprend les deux ennemis de toujours que sont Vérité et Mensonge.

Outre ces êtres terrestres nous avons une quatrième famille qui regroupe les êtres surnaturels. Elle est représentée par les génies, le ciel et les dieux.

La deuxième remarque est que le portrait physique est le plus souvent l'objet d'une brève esquisse, tandis que le portrait moral est développé avec force détails. Un tel constat nous pousse à penser que c'est le portrait moral qui est d'une grande importance dans les contes dans la mesure où il est un tremplin facile qui permet de nous faire comprendre que les contes sont à travers les thèmes qu'ils développent des oeuvres pleines de significations.

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