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Les contes égyptiens anciens et les contes de l'Afrique subsaharienne: essai d'une analyse comparée


par David Elysée Magloire TESSOH
Université Yaoundé 1 - Master en littérature et civilisations africaines 2011
  

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CHAPITRE I : LA MANIFESTATION ET LES PROCEDES STYLISTIQUES

I-1 La manifestation

Notre souci dans ce chapitre inaugural est d'examiner comparativement les contes Egyptiens anciens et les contes de l'Afrique Subsaharienne sur le plan de la manifestation et des procédés stylistiques. Etudier la manifestation dans un texte narratif c'est procéder à l'étude des structures superficielles qui jonchent le récit. Il s'agira des formules, des chants et des répétitions. Les figures de styles qu'affectionnent les conteurs négro-africains sont plurielles, nous nous limiterons aux plus fréquents à savoir : l'usage des proverbes, le discours indirect, l'anthropomorphisation.

Le but escompté dans ce chapitre est de ressortir sur ce double plan les convergences et les divergences qui existeraient dans ces contes respectifs. Toutefois, avant d'entreprendre l'analyse de la manifestation proprement dit, il serait judicieux que nous nous attardions sur les titres.

La structure tripartite du conte est légèrement modifiée lors de son passage de l'oralité à l'écriture. A l'écrit les contes ont en plus des trois parties reconnues, une quatrième partie appelée titre.

I-1-1 Les titres

Le mot titre est plurivoque, il peut être un mot, une expression, une phrase, etc....servant à désigner un écrit, une de ses parties, une oeuvre littéraire ou artistique, une émission, etc ; à en donner le sujet. Il peut désigner la subdivision du livre employée dans les recueils de lois, les ouvrages juridiques. Dans la presse il renvoie à un texte en gros caractères qui coiffe un article et en annonce le sujet. Il peut aussi être la dénomination d'une dignité, d'une charge, d'une fonction souvent élevée ou la qualité de vainqueur ou de champion dans une compétition sportive. Des définitions qui précèdent, seule la première nous est avantageuse parce qu'elle convient à notre étude.

Les titres de contes négro-africains sont pour la plupart des phrases non verbales ou nominales dans lesquelles on note l'absence de verbes conjugués. Elles sont généralement construites autour d'un nom qui, en l'absence du verbe, devient le socle de la phrase.

Des contes de l'Afrique subsaharienne de notre corpus, 16 obéissent à cette logique. Ce sont les contes :

n°9 "Le prince"

n°10 "Le cultivateur, sa femme et les génies"

n°11 "Les coépouses "

n°12 " La jeune fille et le lion"

n°13 "Le lièvre et l'hyène

n°14 "L'ingratitude"

n° 15 "La femme de Mesha'atshang "

n° 16 "Le fils de Nkan"

n° 17 "Les épouses de Kalak"

n°20 "La destitution de Memvü- le chien.

n° 21 "La dette de kimanga- la tortue"

n° 22 "L'origine du divorce"

n° 26 "Les trois antilopes"

n°28 " Le prince de la pluie"

n° 29 "Les trois soeurs et Itrimoubé"

n° 30 L'histoire de Raboutity

A l'instar des titres qui précèdent tous les titres de contes Egyptiens de notre corpus sont des phrases simples ou nominales.

Conte n° 1 "La légende des deux frères"

Conte n° 2 " Le conte de Rhampsinité"

Conte n° 3 "Le duel de vérité et de mensonge"

Conte n° 4 " L'amitié des deux chacals"

Conte n° 5 "La femme adultère"

Conte n° 6 "La boucle de la rameuse"

Conte n° 7 " Le pharaon et le tisserand"

Conte n° 8 "Le prince prédestiné"

Un coup d'oeil global sur les 30 contes qui constituent notre corpus nous permet de constater que certains titres sont des titres introductifs. Ils dévoilent de manière flagrante le contenu du conte. Appartiennent à cette catégorie les contes n° 5 "la femme adultère",

n° 14 "l'ingratitude" , n ° 23 "Et le ciel recula" , n° 24 "Pourquoi y'a-t-il tant d'idiots dans le monde ?. n° 27 "Comment le tambour est arrivé sur terre ". Ces titres lèvent un pan de voile sur le contenu des contes. Tous donnent un aperçu de l'objet du récit. A titre d'illustration, le n°5 préfigure l'histoire d'une femme qui a eu des rapports sexuels avec au moins un homme autre que son mari. Le n°14 sera sans doute un récit où un ou plusieurs personnages méconnaîtrons les bienfaits reçus et n'exprimeront pas leur gratitude à l'endroit de leur bienfaiteur. Le n°23 tentera de nous expliquer pourquoi le ciel est reculé de la terre et le n°27 dévoile les causes de l'idiotie dans le monde.

Au rebours de ces titres introductifs, les autres titres ne nous plongent aucunement dans le contenu du conte. Il faut par conséquence s'armer de patience et avoir véritablement un pied dans le récit pour comprendre la connexité qui existe entre le titre et le contenu du conte. Les conteurs négro-africains entament généralement leur récit par des formules.

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