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L'intégration des valeurs traditionnelles congolaises dans l'amélioration du système éducatif moderne en RDC. Cas de l'initiation traditionnelle Lega de 1905 à  2008

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par Spartacus KABALA MUNYEMO
Université pédagogique nationale - Diplôme d'études approfondies 2012
  

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7. Nouveau programme de l'organisation de l'enseignement libre au Congo, élaboré en 1938 :

Avec le concours des Sociétés de Missions nationales, L. FRANK mit sur pied un nouveau programme de l'organisation de l'enseignement au Congo ayant pour but de renforcer le programme des disciplines de formation générale (langues indigènes et française); mathématiques (arithmétique et système métrique) ; l'agriculture et les métiers artisanaux.

La grande innovation apportée par cette réforme fut la création, dans l'enseignement libre subsidié, d'une 6è année primaire destinée à préparer les élèves à recevoir la formation spécialisée des cours d'enseignement secondaire qu'ils sont appelés à fréquenter ; l'approfondissement du programme de l'école primaire et l'enseignement de tous les cours en français, exceptées les leçons de la langue indigène, la religion et les causeries générales.

Aux Ecoles spéciales où la formation se donnait pendant trois ans, les matières suivantes étaient dispensées :

Français : exercices de grammaire, de lecture, de rédaction, et de conversation ; arithmétique : règle de trois, calcul de l'intérêt, établissement de compte et d'Etats, tenue du livre... ;

Histoire : histoire de la mission de colonisation ;

Géographie : Tracé du plan.

Le programme des sections professionnelles comprenait : Les travaux pratiques ; les cours dits d'éducation générale (religion et morale, lecture, entretien et rédaction sur l'hygiène, les travaux et les produits, les phénomènes naturels, les questions d'ordre morale...).

8. La réforme de 1948 :

Dix ans après la réforme de 1938, L'aspiration des masses congolaises à un niveau d'instruction plus élevé se rapprochant davantage de l'enseignement pour blancs, se fit sentir avec pression. En plus, la réalisation du plan décennal obligea le gouvernement du Congo-Belge à concevoir un programme d'enseignement qui devrait s'adapter au projet de modernisation, à la mécanisation des installations minières, au démarrage de l'industrialisation et à la politique du paysannat après la 2è guerre mondiale. D'où, la présente réforme poursuivit trois buts : primo, assurer aux indigènes une formation de qualité et un niveau d'instruction plus élevé ; secundo, répondre aux exigences du plan décennal ; tertio, former une élite correspondante à l'expansion industrielle.

Cette réforme a comme innovations à l'école primaire: l'uniformisation du programme et de l'organisation de l'enseignement au premier degré qui dure deux ans ; le dédoublement du 2è degré en enseignement soit ordinaire soit sélectionné (c.à.d. il y a 2 catégories d'enseignement de 2è degré : le 2è degré ordinaire (3ans) et le 2è degré sélectionné (4 ans); la sélection des élèves à la fin du premier degré permettant leur orientation ; le deuxième degré ordinaire d'une durée de trois ans est réservé aux élèves qui auront été écartés par la sélection. Ici, le français est obligatoirement enseigné comme une seconde langue, l'agriculture et les métiers constituent les disciplines principales du programme, elles occupent les 2/5 du temps d'enseignement.

Au 2è degré ordinaire, les matières suivantes y furent dispensées : les leçons de moralisation (la religion et les causeries éducatives), l'éducation physique et le chant ; français : conversations élémentaires ; vocabulaires usuels (noms, adjectifs, verbes) concernant l'entourage des élèves ; phraséologie simple ; Lecture, écriture, prononciation, étude de mémoire de quelques textes dialogués.

L'on prévit au 2è degré sélectionné, certaines leçons communes au 2è degré ordinaire, telles que l'éducation physique et les leçons de moralisation. Cependant, l'enseignement du français fut plus développé ici et prévit quatre chapitres importants : vocabulaire, élocution, lecture, orthographe, grammaire et rédaction.

Par cette réforme, la structure de l'enseignement post-primaire est double : l'école pour la masse et l'école pour l'élite.

L'école pour la masse était destinée à accueillir les élèves ayant terminé avec succès tout ou une partie du degré ordinaire, ces établissements sont  destinés « à valoriser les connaissances de certains éléments qui, bien restant dans leur milieu, sont appelés à rendre des services à la masse paysanne dans les domaines artisanal, administratif et pédagogique »70(*). 

Restant dans les limites de notre recherche, nous nous limitons à présenter les finalités de chaque type des écoles de la masse.

1. L'école d'auxiliaires : d'une durée de deux ans, prépare des jeunes garçons à exercer des emplois administratifs dans les circonscriptions indigènes ou d'occuper des postes de petits commis de l'industrie et du commerce.

2. L'école ou cours d'apprentissage pédagogique  (E.A.P.) d'une durée de deux ans: est organisée aussi bien pour les garçons que pour les filles. Elle prépare des moniteurs et monitrices destinés à desservir le premier degré des écoles rurales. La condition exigée est que le candidat soit assez âgé pour pouvoir être mis en charge d'une classe à l'issue de sa formation. Le programme comprend deux volets : d'une part, la formation générale et manuelle comprenant les branches suivantes : langues indigènes et française, arithmétique et système métrique, dessin, gymnastique, géographie, causeries éducatives, leçons d'observation.

Un accent particulier est mis sur l'agriculture et les métiers chez les garçons, sur les pratiques ménagères chez les filles.

D'autre part, la formation pédagogique, strictement pratique.

3. L'école d'aides-accoucheuses et l'école ménagère : sont, par définition, réservées aux jeunes filles. La première dure deux ans ; sa méthode de formation est plutôt une sorte d'apprentissage pratique dans des maternités et hôpitaux. Cependant, la seconde dure 3 ans. Elle est l'aboutissement normal de l'enseignement primaire féminin.

4. L'enseignement professionnel : comprend trois genres d'écoles : les écoles artisanales (durent 2 ans et forment des ouvriers non qualifiés dans les métiers du bois, du fer et du bâtiment) ; les fermes-écoles (durent 2 ans et sont dans le domaine agricole l'équivalent des écoles d'apprentissage et artisanales) et les écoles professionnelles agricoles (durent 2 à 3 ans. Elles ont pour but de former des moniteurs agricoles, des capitas de cultures pour sociétés et Colons, des fermiers).

L'école pour l'Elite : La réforme de 1948 distingue pour l'élite, l'enseignement post-primaire de cycle court (3 à 4 ans) de l'enseignement secondaire proprement dit du cycle long (6 ans). Les programmes de celui-ci se rapprochent de ceux de l'enseignement de secondaire belge ; on y a simplement ajouté des cours de langues indigènes et des travaux manuels pour une adaptation au milieu.

Eu égard aux instructions officielles, l'enseignement secondaire congolais se fixa les objectifs suivants : « a. Assurer aux élèves une bonne formation générale ; b. donner à la majorité des élèves une bonne formation telle qu'elle permette d'occuper des emplois intellectuels intéressants à l'issue de leurs six années d'études moyennes ; c. préparer un choix d'élèves aptes à s'assimiler avec fruit, après leurs études moyennes un enseignement supérieur de développement modeste tel que la situation actuelle permet déjà de le concevoir ; d. Préparer un choix d'élèves à l'enseignement universitaire qui devra se créer au Congo dès que les circonstances le permettront »71(*).

Avec cette réforme, il eut une importante évolution dans la politique des subsides scolaires. « Après la seconde guerre mondiale, les Missionnaires protestants ont réussi à faire subsidier leurs écoles. En outre, le ministère des Colonies a été occupé, durant la période 1946-1947 par le socialiste Golding qui a trouvé une occasion favorable de briser le monopole catholique dans le domaine des subsides scolaires au Congo »72(*).

Trois buts généraux de l'enseignement à l'école primaire furent donc définis : dispenser l'instruction et l'éducation à la généralité de la jeunesse indigène ; dispenser un enseignement qui prépare tous les indigènes à vivre selon leur génie propre, soit dans le milieu ancestral, soit en dehors de ce milieu ; dispenser un enseignement qui prépare l'Elite.

En effet, la réalisation de ces trois buts n'était possible qu'en tenant compte de la nécessité d'adapter l'action scolaire aux conditions du milieu et aux exigences de la colonisation, comme aussi aux possibilités et aux aspirations légitime de l'indigène.

* 70 Plan Décennal pour le développement économique et social du Congo Belge, Bruxelles, 1949, p. 68

* 71 Congo-Belge, Science et enseignement,1948,PP 19-20

* 72 KITA KIANKENGE MASANDI, Op.Cit., p. 195

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