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L'intégration des valeurs traditionnelles congolaises dans l'amélioration du système éducatif moderne en RDC. Cas de l'initiation traditionnelle Lega de 1905 à  2008

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par Spartacus KABALA MUNYEMO
Université pédagogique nationale - Diplôme d'études approfondies 2012
  

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III.3. ANALYSE CRITIQUE DES REFORMES PEDAGOGIQUES

Pour nous, toute réforme de l'enseignement ne doit pas s'arrêter à s'interroger seulement sur des aspects pédagogiques ; il faut également, et surtout, approfondir les enjeux organisationnels et sociopolitiques pour son efficacité. A cet effet, avant d'envisager les voies de sortie pour la conception d'une réforme efficiente et adaptée aux besoins de l'heure, cette partie porte un oeil critique sur les différentes réformes pédagogiques ci haut présentées. Nous y dégageons d'abord les points forts avant de relever des faiblesses, par la suite.

III.3.1. Aspects positifs:

Le concordat de 1906 a le mérite d'avoir accordé aux missions plus de terrains et, en conséquence, plus de facilité de multiplier des chapelles ayant servi subsidiairement d'embryons scolaires.

La systématisation de l'enseignement en 1908 dévoile le caractère utilitaire que le colonisateur ne cessait de donner à l'enseignement. Les programmes d'étude étaient conçus et adaptés aux besoins et impératifs du moment.

La qualité louable du plan d'extension de l'enseignement en 1909 est d'avoir créé dans chaque district, au moins une école agréée et subsidiée par l'Etat. Ajoutons à cela l'intérêt particulier donné par exemple à la leçon de Géographie dans laquelle on apprend aux noirs l'étude du Congo profond tels que le village, la région, les richesses du milieu, ... ; à la leçon d'Histoire on insiste sur les événements qui s'étaient déroulés dans la région, les étapes de la colonisation... ; à la leçon de la langue lingala où l'on apprend la notion de grammaire, de conjugaison élémentaire, etc.

L'élargissement de programme d'enseignement en 1912 poursuivit le but de remplacer le personnel subalterne blanc par des indigènes instruits et dotés d'une culture générale. C'est pourquoi l'enseignement connut une évolution en gardant une orientation professionnelle. Avouons que certaines disciplines furent approfondies telles que le français, le calcul, la géographie, l'histoire. On nota également l'apparition des sciences et d'hygiène dans le programme.

Les résultats de la grande enquête sur l'enseignement menée de 1916 à 1918 conduisirent à l'élaboration d'un nouveau programme d'enseignement à la satisfaction du patronat et de l'administration. Ajoutons le fait que cette enquête soit adressée aussi aux entreprises privées et l'Administration montre que le Gouvernement entend bien organiser l'enseignement en fonction de leurs besoins.

Les résultats des travaux de la commission L. FRANK, en 1922, ont le mérite d'avoir mis sur pied des principes de base à l'organisation de l'enseignement et d'avoir réalisé le programme de la scolarisation massive.

En organisant un enseignement de masse, le colonisateur a touché un grand nombre d'enfants possible ; il a formé un important corps d'enseignants ; il a créé de nombreuses écoles normales, et multiplié des écoles primaires pour garçons et pour filles.

Un autre point fort de cette réforme consiste aux subsides donnés par le Gouvernement aux seules écoles des missions nationales Belges, car l'enseignement et l'évangélisation tendent au même but et marchent de pair. La subvention du réseau scolaire missionnaire permit un considérable développement quantitatif de celui-ci.

Faisons remarquer qu'au-delà d'un simple problème pédagogique, la question de langues, soit comme matière, soit comme véhicule de l'enseignement, n'a cessé de préoccuper le colonisateur. L'enseignement se donna, généralement, en langues indigènes en vue de favoriser la compréhension.

Le projet d'orientation de l'Enseignement libre au Congo Belge en 1924 rechercha à organiser un enseignement adapté davantage au milieu indigène.

Avec le concours des Sociétés de Missions nationales, le Ministre de colonie, L. Frank constata qu'il était vain de transporter en Afrique l'organisation scolaire de Belgique. Le Congo appela une organisation scolaire spéciale, judicieusement adaptée au milieu qui prévit trois types d'écoles : école primaire du premier degré, école primaire du deuxième degré (prépare les élèves à la fois à un enseignement plus avancé, à la vie paysanne et à entrer à l'école spéciale) et écoles spéciales.

Ainsi, cette politique a hissé le Congo-Belge aux premiers rangs des pays colonisés à propos du taux de scolarisation ou d'alphabétisation.

Le nouveau programme de l'Organisation de l'enseignement libre au Congo mis sur pied en 1938, apporte une grande innovation en créant, dans l'enseignement libre subsidié, une 6è année primaire destinée à préparer les élèves à recevoir la formation spécialisée des cours d'enseignement secondaire qu'ils sont appelés à fréquenter. Ce programme accorde beaucoup d'importance à un enseignement plus poussé de français, mathématique, géographie et histoire. Cette reforme renforce aussi le programme de deuxième degré de l'enseignement primaire. Par exemple, l'étude des langues indigènes et du français s'enrichit dès la 3è année primaire des cours de rédaction, élocution, orthographe, vocabulaire, grammaire, etc. En 5è primaire, certains cours tels que l'arithmétique et la géographie peuvent se donner en français.

La réforme de 1948 est la plus déterminante de l'époque coloniale, car elle a concouru à assurer aux indigènes une formation de qualité et un niveau d'instruction plus élevé en vue de répondre au plan décennal, et de former une élite correspondante à l'expansion industrielle. Ses structures et programmes sont restés en application même après l'indépendance, malgré des retouches partielles qui sont intervenues.

Les aspects positifs de cette réforme sont entre autres le fait que le programme de l'école primaire soit uniformisé et l'enseignement au premier degré soit donné désormais pendant deux ans. On note également le dédoublement du 2è degré en enseignement soit ordinaire soit sélectionné; la sélection des élèves à la fin du premier degré permettant leur orientation ; le deuxième degré ordinaire d'une durée de trois ans est réservé aux élèves qui auront été écartés par la sélection. Ici, le français est obligatoirement enseigné comme une seconde langue.

En fait, pour le colonisateur, rien ne servait à encourager un grand nombre de jeunes à conquérir un diplôme dont ils ne pourront se servir. D'où le nombre d'élèves à admettre au deuxième degré sélectionné, était déterminé en fonction des possibilités de placements des élites formés.

En outre, cette réforme a le mérite d'avoir jeté les bases d'un enseignement secondaire, dit des humanités, qui ne s'inscrit plus dans l'utilitarisme étroit de l'école coloniale. L'école primaire sélectionnée préparait les élèves à cet enseignement.

En analysant cette réforme, nous nous sommes aperçu qu'elle dessine une nouvelle orientation de l'adaptation de l'enseignement. Elle accorde une importance à ce que les élèves conservent un contact étroit avec gens et choses de leur milieu.

Les programmes accentuent l'apprentissage des langues indigènes à tous les niveaux d'enseignement. Une attention particulière est portée à la formation de « l'élite de la société indigène » : « un enseignement uniquement orienté dans le sens européen créerait une caste bien instruite mais ignorante des réalités et des possibilités culturelles et sociales de sa propre race. L'élite que nous formons doit se qualifier du point de vue indigène comme sous l'angle de la civilisation européenne. Cette observation de principe justifie l'inscription, dans le programme de l'école secondaire, d'un cours spéculatif des langues indigènes, complété dans les classes supérieures, d'un cours systématique traitant de la culture indigène, littérature, musique, art plastique, histoire, manifestation folklorique, conception sociales diverses.75(*) »

En 1952, sous l'impulsion du Ministre de colonie, BUISSERET, l'on rédigea un addendum à la réforme de 1948. Les aspects louables de cet addendum sont l'organisation d'une formation générale de plus en plus étendue ; la prévision d'un système d'enseignement qui serait couronné dans un avenir proche par un niveau universitaire qui était inconcevable quelques années auparavant. A cela s'ajoute la souplesse accordée à la sélection des élèves dans le passage du degré ordinaire au degré sélectionné ; l'abandon progressif de l'enseignement dit de la masse au profit de l'enseignement dit de l'élite ; la création des « groupes scolaires laïques » pour Noirs dans les quatre grandes villes du pays : Léopoldville, Luluabourg, Stanleyville et Elisabethville ainsi qu'en1955, la création d'autres groupes scolaires à Lodja, Bukavu, Coquilhatville et Jadoville.

La réforme de 1961 a pour ponts forts : la création du cycle d'orientation qui dure deux ans et permet aux experts de l'éducation de guider les élèves par des conseils dans les différents domaines de leur formation ; la création des sections de formations spécialisées ; l'ouverture du contenu de l'enseignement aux réalités culturelles africaines ; la prolongation de la scolarité au niveau secondaire ; l'alignement de l'enseignement des filles sur celui des garçons  et l'ouverture des Instituts Supérieurs Pédagogiques (ISP) destinés à former des enseignants qualifiés pour les classes du cycle d'orientation.

Depuis l'indépendance de la RDC jusqu'en 1971, l'enseignement en général et l'enseignement supérieur en particulier fonctionnait moyennant des réformes conçues par les colonisateurs. En effet, la réforme de 1971 consista essentiellement en l'unification de l'enseignement supérieur dans une seule université (Université Nationale du Zaïre) supervisée par un seul recteur. Cette unification s'est accompagnée de l'élaboration des nouveaux programmes d'études et de l'organisation des études en trois cycles d'enseignement (le graduat en trois ans, la licence en deux ans et le doctorat). Cette réforme entraîna l'augmentation sensible des effectifs des étudiants.

Les revers de l'unification de l'enseignement supérieur dans une seule université incitèrent les autorités congolaises à procéder aux nouveaux changements dans la gestion des établissements d'enseignement supérieur. Ainsi, la particularité et le point fort de la réforme de 1981 fut la gestion autonome de chaque établissement d'enseignement supérieur et universitaire.

En 1996, l'Etat congolais organisa les états généraux de l'éducation, consécutifs aux résolutions prises à la conférence nationale souveraine afin de pallier à l'inefficacité des réformes précédentes. C'est pourquoi, les états généraux de l'éducation optèrent pour un système de gestion participatif au sein du système éducatif national.

En examinant la réforme de 2003, nous avons relevé les aspects positifs ci après : la prise en compte par l'Etat des revendications de tous les acteurs de l'enseignement supérieur et universitaire, notamment les étudiants, les enseignants, les administratifs et les parents. En élaborant les nouveaux programmes, l'on avait pris en compte les avancées dans le domaine des sciences et technologie, la nécessité de produire des cadres épris de l'éthique. En effet, l'introduction dans le programme des cours de l'informatique et de l'éducation à la citoyenneté constitue une illustration éloquente.

L'étude approfondie du PADEM nous a permis de dégager les points forts suivants : l'unification du calendrier académique, le lancement de nouveaux programmes et leur mise en oeuvre, l'amélioration des conditions salariales des enseignants, l'assainissement du secteur privé de l'ESU par la fermeture d'établissements non viables et la relance de la coopération bilatérale et multilatérale.

Le point positif que nous avons retenu à la réforme de 2007 est la correction informatisée des examens d'Etat, permettant de publier les résultats dans un temps record.

Pour la réforme de 2008, nous avons retenu les éléments louables suivants : la gestion numérisée des informations en installant un réseau de communication ; la création d'un site web permettant d'accéder facilement aux informations du Ministère de l'EPSP ; la création des comités des élèves au sein des établissements scolaires favorisant l'implication active des élèves à la prise des certaines décisions qui concernent leur formation.

* 75 Congo Belge, Service de l'enseignement, Organisation de l'enseignement libre, cité par KITA

KIANKENGE.,Op. Cit, p.220

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