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L'intégration des valeurs traditionnelles congolaises dans l'amélioration du système éducatif moderne en RDC. Cas de l'initiation traditionnelle Lega de 1905 à  2008

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par Spartacus KABALA MUNYEMO
Université pédagogique nationale - Diplôme d'études approfondies 2012
  

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B. La justice et l'égalité sociale:

La justice traditionnelle Lega se traduit par une lutte passionnée de l'équilibre social. Au village, un juge partial est banni de la société. Tout enrichissement non justifié est comparable à la sorcellerie et est combattu violemment. Il faut avoir une profession sûre justifiant l'accumulation des richesses telle que : chasseur professionnel, pêcheur talentueux, agriculteur avéré, etc. Au village, la différence entre les « riches » et les « démunis » n'est pas assez forte contrairement aux milieux urbains. Le chef du village n'est pas le plus riche non plus. Le principe d'équité selon lequel chaque membre de la communauté Lega a droit à la même chose appartenant à la communauté, pourvue qu'il remplisse les conditions20(*) exigées, est d'observance. Le cas de Bwami est une illustration éloquente, car tout homme Lega remplissant les conditions peut y accéder. Même le fils d'un Mwami wa Kindi (degré le plus élevé de Bwami) doit commencer au premier grade (Kongabulumbu) et faire son ascension comme tout le monde.

C. La responsabilité et la lutte contre l'oisiveté:

Par responsabilité, la société Lega entend le fait qu'une personne remplit correctement ses devoirs en tant qu'individu et membre de la communauté et respecte les droits des autres. A titre illustratif, dès le jeune âge (à quatorze ans), on apprend aux enfants à construire leurs habitations. A cet âge donc, l'enfant (garçon) ne peut plus partager la même case que ses parents. Il doit avoir son petit champ à côté de celui de ses parents ; il doit tendre des pièges pour attraper de petits gibiers sous l'orientation de son père; il doit faire la pêche pour nourrir sa famille et les vieillards du village. Il s'agit donc de la lutte progressive contre l'inoccupation, la fainéantise et le manque de travail.

D. La parité et la démocratie:

Les femmes Lega jouissent d'une considération presque égale à celle des hommes. Elles sont admises à certaines réunions et assemblées ; elles ont voix délibérative et obtiennent des grades, analogues à celles des hommes, dans la hiérarchie du Bwami. « En aucune région d'Afrique, écrit le commandant DELHAISE, je n'ai vu la femme jouir d'une considération aussi grande que chez les Warega. Elle est presque aussi respectée que l'homme et peut obtenir les grades de la hiérarchie sociale ».21(*)

Pour concrétiser le constat de Delhaise, voici en résumé la correspondance entre les grades du Bwami (à gauche) et les grades des femmes (à droite) qui interviennent dans la cérémonie :

Mwami wa Kongabulumbu .......................................... Kigogo

Mwami wa Kansilembo .......................................... Bombwa

Mwami wa Ngandu .... ..........................................Kalonda

Mwami wa Yananio ......................................... Nyamalembo

Mwami wa Kindi ............................................Kanyamwa

La tradition Lega encourage un traitement égalitaire envers tous. Il existe donc une égalité proportionnelle entre homme et femme. Ainsi, tout homme remplissant les conditions requises peut atteindre, de droit, le plus haut degré de Bwami. De même, toute femme remplissant les conditions requises peut atteindre, de droit, le degré analogue de Bwami. Nous constatons que le genre et la parité existaient déjà chez le Lega.

Le pouvoir n'est pas le monopole d'une personne ou d'une famille. La solution des problèmes est obtenue à l'issue d'une délibération faite sans passion, par les concernés.

* 20 Pour devenir Mwami, il faut remplir les conditions majeures suivantes : Etre Lega initié, âgé d'au moins trente ans ; jouir d'une bonne santé physique et mentale ; être marié à défaut avoir une représentante de l'épouse appelée « Kigogo » ; payer les droits d'intronisation (chèvres, nourriture et argent) et réussir à toutes les épreuves de force et de sagesse.

* 21 FRANÇOIS DELHAISE, cité par CHARLES BILEMBO, Le Mulega, l'homme de la tradition, texte inédit, Bukavu,R.D.C.,1990, P. 60

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