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Identification des fonctions de réaction de la Banque Centrale

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par Roi Carlos ETINZOH EKAMBA
Université de Douala - Diplôme d'études approfondies 2011
  

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B. Significativité non satisfaisante de « ë » pour la BEAC

Après avoir obtenu les résultats des tests, il est important d'en apporter quelques interprétations. Car se sont ces dernières qui nous permettent de retenir le meilleur modèle ainsi que ses implications. Ainsi, nous présentons dans un premier temps les implications des différentes valeurs du coefficient estimé et nous retenons le meilleur modèle. Dans un second temps nous tablons sur les limites de cette règle dans l'explication du comportement de la BEAC en termes de conduite de politique monétaire.

1. Implications des différentes valeurs de « ë » pour la BEAC

Quelque soit la période d'estimation et selon que l'estimation est faite avec M1 ou M2, tous les coefficients obtenus sont significatifs. Tout de même, les valeurs des coefficients sont identiques à chaque période d'estimations quelque soit la mesure de la masse monétaire utilisée. Ainsi, pour la période 1993 :1 - 2008 :4 (ë = 0,12) et pour la demi période 1999 :1-

2008 :4 (ë =0,18). La suite de l'analyse des résultats nous montre des critères d'Aikaike et de Schwartz identiques à chaque période pour les estimations faites avec M1 ou M2. Cependant, les estimations faites à l'aide de la base monétaire (M1), maximisent la valeur de R2 quelque soit la période choisie. En conclusion, le meilleure modèle s'obtient avec l'utilisation de la base monétaire (M1) comme instrument de la politique monétaire. Ainsi, le coefficient de réaction de la BEAC est de ë = 0,12 pour la période 1993 :1- 2008 :4 et de ë =0,18 pour la demi-période 1999 :1- 2008 :4.

Ces coefficients qui sont proches de celui trouvé par McCallum en 1987 aux USA (ë =0,25) ne viennent que confirmer le fait que la BEAC dans la conduite de sa politique monétaire poursuit un objectif intermédiaire de contrôle de la masse monétaire. Aussi, le fait qu'elle réagisse à l'écart de production est une preuve que la BEAC accompagne les politiques économiques générales élaborées dans l'union comme le disent ses statuts.

En outre, la valeur du coefficient sur la demi-période 1999 :1 - 2008 :4 est plus forte que celle obtenue sur la période entière. Ceci peut s'expliquer par la mise sur pied de l'euro et sa mise en circulation en 1999. En fait, la BCE qui est l'institution d'émission de cette monnaie est née d'un accord entre plusieurs pays d'Europe d'harmoniser leurs politiques monétaires. Parmi ces pays nous avons la France et l'Allemagne. La France par le passé gérait le FCFA à travers le compte d'opérations ouvert au trésor français. Ce qui a conduit à une parité fixe entre le FF et le FCFA. Et donc à un ralliement du CFA au FF. Cependant, avec son adhésion à la zone euro, la France doit abandonner sa monnaie qui est le FF au profit de la monnaie commune ici l'Euro. Ce qui ne sera pas sans effet sur le FCFA. D'autant plus que les accords (de garantie du trésor français au CFA et de centralisation des réserves de change de la BEAC dans le compte d'opérations ouvert auprès du Trésor français) entre la France et la Sous région CEMAC sont restés inchangés. C'est ainsi qu'à travers la parité entre le FF et l'Euro, l'on aboutit à un arrimage du CFA à l'Euro avec une parité fixe de 1 Euro = 955,657 FCFA. Ce qui montre donc que la politique monétaire de la BEAC sera désormais influencée par celle de la BCE. Entre autre, la politique monétaire de la BCE est calquée sur celle de la Banque Centrale du leader de l'union monétaire à savoir la Bundesbank, Huchet (2003). Or nous avons montré précédemment que l'Allemagne est l'un des rares pays de l'Europe qui a longtemps poursuivi un objectif monétaire dans la conduite de sa politique monétaire. Ainsi, la BCE tout comme la Banque Centrale de la République Fédérale d'Allemagne, va accorder dans sa gestion monétaire un poids important à l'objectif monétaire. Ce qui va donc amené la BEAC, du fait de l'encrage du CFA à l'Euro, à accroître le poids qu'elle accorde à l'objectif de croissance de la masse monétaire.

Une simulation de la croissance réelle de la masse monétaire (M1) à son estimation à travers la Règle de McCallum nous donne les graphiques suivants selon les périodes d'estimations.

0.2 0.1 0.0 -0.1 -0.2 -0.3

 

94 96 98 00 02 04 06 08

LNM11 LNM11F

Figure n°4 : évolution de M1 observée et de M1 simulée par la règle de McCallum

sur la période 1993 :1 - 2008 :1

0.2 0.1 0.0 -0.1 -0.2

 

99 00 01 02 03 04 05 06 07 08

LNM11 LNM11F

Figure n°5 : évolution de M1 observée et de M1 simulée par la règle de McCallum

sur la période 1999 :1 - 2008 :1

LNM11 représente l'évolution de la masse monétaire de la BEAC

LNM11F est l'évolution de la masse monétaire de la BEAC estimée par la règle de

McCallum

Ces deux schémas nous montrent que la politique monétaire de la BEAC en termes d'objectif de taux de croissance de la masse monétaire s'ajuste très bien au taux de croissance de la masse monétaire calculée à l'aide de la règle de McCallum exception faite de la période allant du quatrième trimestre 1998 à Décembre 2001 où ces deux taux s'ajustent moins bien. Nous pouvons expliquer cet écart par les différents évènements qui ont eu lieu dans la zone à cette époque. En fait, au 31 Décembre 1998, la parité entre l'Euro et le FCFA est connue suite au taux de conversion du FF à l'Euro arrêté par les Ministres des Finances des quinze pays membres de l'union européenne. En outre, le Conseil d'Administration de la BEAC arrête les modalités pratiques de mise en oeuvre des réserves obligatoires (rémunérées ou non). Cependant, ce n'est qu'au 23 novembre 2000 que le Conseil d'Administration arrêtera les différents coefficients des réserves obligatoires applicables à l'ensemble des banques de la zone d'émission BEAC. Ainsi, ce taux est fixé à 1% sur les dépôts à vue et à 0,5% sur les

dépôts à terme avec un taux de rémunération de ces réserves fixé à 1,20%. Pour terminer, au 14 Décembre 1999, il est décidé du gel des plafonds d'avances de la BEAC aux Trésors nationaux à leur niveau constaté au 31 Décembre 2001. En plus du fait que ces plafonds seront réduits par dixième chaque année à partir du 1er Janvier 2002, la BEAC opte pour le remplacement, à compter de cette dernière date, de ses avances directes aux Etats par un mécanisme d'émission de titres publics (bons et obligations du Trésor) à souscription libre et dont une fraction sera garantie à titre transitoire par l'institut d'émission. Les mesures sur les réserves obligatoires sont confirmées avec la décision du 22 Août 2001 du Gouverneur de l'institution, de soumettre les banques de la zone d'émission à la constitution des réserves obligatoires à compter du 1er Janvier 2001. Ainsi, la pertinence de tous ces évènements dans l'explication de cet écart entre le taux observé et le taux de croissance de M1 estimé, se trouve dans le fait qu'il s'agit d'un ensemble d'évènements qui ont une influence directe ou indirecte sur la quantité de monnaie en circulation. Pour ne prendre que cet exemple, la théorie économique à montré que les réserves obligatoires17 sont un instrument de contrôle de la quantité de monnaie en circulation. Donc leur instauration a du probablement entrainer des perturbations dans le contrôle de la masse monétaire. Surtout qu'il fallait s'adapter à la nouvelle règlementation. Nous pouvons donc conclure en disant que cette période peut être vue comme un temps d'adaptation aux changements opérés dans la conduite de la politique monétaire de la zone.

Malgré le fait que la règle de McCallum permet de comprendre la politique monétaire de la BEAC sur un angle bien précis, elle n'est pas suffisante pour apporter une explication tout à fait conforme à la réalité monétaire dans cette zone. Ceci en raison de quelques limites qu'elle présente et que nous présentons dans les lignes qui suivent.

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"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle