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Le Front Farabundo Marti de Libération Nationale au Salvador: 1980- 2009

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par Kacou Elom Jean-Michel ADOBOE
Université de Lomé Togo - Maà®trise en histoire contemporaine 2010
  

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2. l'unification du mouvement révolutionnaire

La guerre civile salvadorienne de 1980 à 1992 résulte d'une situation déjà défavorable dans les années 70. Le contexte marqué par la répression à toute forme de réforme sociale, les tortures, les assassinats, l'autoritarisme militaire engendraient un climat de violence, accentuaient la situation dans laquelle se trouvaient des millions de salvadoriens en proie à la pauvreté.

Cependant, la situation d'inégalités sociales et économiques qui prévalaient et perdurèrent, a fait prendre conscience les Salvadoriens, les poussant à adopter de nouvelles mesures : le déclenchement de la lutte armée.

En outre, par rapport à la mission qui les incombaient et les attendaient, les différentes formations révolutionnaires devaient par tous les moyens dépasser leurs différends sur le plan idéologique, afin de s'unir pour lutter contre l'adversaire. C'est dans cette perspective que l'unification de toutes les formations furent prônées et aboutiront à la formation du FMLN et du Front démocratique révolutionnaire (FDR), qui s'allieront pour mener ensemble la lutte.

2.1. La coordination de la révolution

Face à cette mosaïque d'organisations à caractère révolutionnaire (mouvements de masse, parti politique, mouvement de guérilla etc.) le plus souvent divergent sur le plan idéologique, il fallait comme nous l'avions souligné précédemment une action coordonnée de la lutte révolutionnaire de la part de ces organisations. Cela serait une condition sine qua non pourtant de leur succès. C'est dans cette perspective que l'unification de toutes les formations révolutionnaires fut prônée et aboutit à la formation du FMLN et du Front démocratique révolutionnaire (FDR). Alain Rouquié nous dépeint dans son article sur El Salvador, les conditions voire le processus de constitution des organes de coordination révolutionnaire : « Le 11 janvier 1980, un pas fut franchi, le plus facile, puisqu'il ne concernait que les mouvements de masse : BPR, FAPU, LP-28 et UDN, rejoints plus tard par le MLP, formèrent la coordination révolutionnaire de masses (CRM). Le 22 mai 1980, ce fut le tour des organisations de guérilla, malgré les réticences de l'ERP et les doutes du Parti communiste, nouveau venu dans la lutte armée, pour ne rien dire des réticences de la Resistencia Nacional à côtoyer l'ERP et du ralliement tardif du PRTC. La Direction révolutionnaire unifiée (DRU) fut néanmoins créée, d'abord à trois, comme une première étape sur le chemin de l'unité révolutionnaire. » Rouquié (1991 : 98). Ces pas enregistrés pour la formation révolutionnaire furent selon certaines sources52(*), le fruit des médiations de Cuba à travers la personne de Fidel Castro. Cela n'est pas un fait étonnant. Comme nous l'avions pu le souligner dans nos pages précédentes, en vertu de la portée historique de sa révolution réussie, il est vrai que Cuba a toujours selon A. Rouquié - le précédent sandiniste en atteste- subordonné son aide politique et organisationnelle à l'unité des mouvements révolutionnaires.

Les coordinations révolutionnaires ne concernaient pas uniquement les mouvements de guérilla. Même les mouvements de masse et les partis politiques furent touchés par cette donne. Ainsi les mouvements de masse formèrent la coordination de masses (CRM), et puis plus tard avec la gauche démocratique s'unifia le Front démocratique révolutionnaire (FDR). Le 18 avril 1980, dans un climat de guerre civile qui semble laisser présager la victoire proche, est fondé le Front démocratique révolutionnaire, qui comprend les sociaux-démocrates du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR), les dissidents de gauche du Parti démocrate chrétien (Mouvement populaire social-chrétien), l'Association des entrepreneurs de transport en commun (AEAS, propriétaires d'auto-bus), l'Université nationale qui va payer très cher par sa présence dans un cartel politique, l'Association générale des Etudiants (AGEUS), le Mouvement indépendant des techniciens et membres des professions libérales (MIPTES), le comité d'unité syndicale où l'on retrouve cinq centrales syndicales influencées par des groupes politico-militaires et même quelques autres organisations politiques et professionnelles. Ces institutions politico-syndicales disparates sont supposées former un front commun avec la Coordinadora Revolucionaria de Masas (CRM) qui chapeaute les milliers d'adhérents des Fronts de masse de la guérilla (Rouquié 1991 : 99). 

Le FDR a connu aussi ses hauts et ses bas. Très vite sa composition initiale se réduit. Il n'en reste que trois partis qui en feront partie à savoir : le MNR, le MPSC et MIPTES. Ceci est dû sans doute aux difficultés que traversent les composantes du FDR et sans doute tout comme le pense A. Rouquié à l'assassinat de six dirigeants du FDR par la police en novembre 198053(*). Nous partageons cette pensée de l'auteur car sans doute l'assassinat des principaux dirigeants aurait conduit au découragement, à l'abandon de la lutte révolutionnaire par certaines organisations politiques et donc aurait contribué à réduire la composition du FDR.

Par ailleurs il faut souligner que mis à part la réduction du nombre de groupes affiliés au FDR dû à l'assassinat déjà évoqué, il faut noter ce même assassinat a aussi contribué à un revirement de stratégie politique et à conforter le choix des armes par les révolutionnaires. Selon ce même auteur, le rôle du FDR serait d' « obtenir la compréhension des peuples et des gouvernements du monde, de canaliser les appuis à la lutte populaire. ».

Néanmoins malgré les difficultés les différentes organisations politiques et révolutionnaires conscientes que le succès de leur lutte pour la justice sociale quelle soit dans la lutte armée ou pas, nécessitait une véritable alliance de toutes les forces révolutionnaires du pays.

* 52 Elle aurait été selon certaines sources fortement encouragée par Cuba pour obliger le Parti communiste à brûler ses vaisseaux et « casser la junte » réformiste de militaires Rouquié (1991 : 98).

* 53 C'est ainsi que parmi les six dirigeants du FDR assassinés figuraient Juan Chacón, secrétaire général du BPR et Manuel Franco, dirigeant de l'UDN, un représentant du FAPU et des LP-28 (Rouquié 1991 : 100).

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