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Contribution à  l'étude sociologique de la pratique démocratique dans le contexte malgache

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par Alain Ranindrianoro
Université d'Antananarivo - Maitrise sociologie 2012
  

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CHAPITRE VI : ELARGISSEMENT DE LA REFLEXION

La démocratie exige la participation de la population dans le processus de décision collective. En effet, le culte de participation se sera pas réductible au moment du vote électoral, mais engage une grande part du temps de la population pour afin de rendre effectif ses implications dans la pratique. Toutefois nous avons expliqué que cette participation est handicapée par plusieurs facteurs. Le présent chapitre va essayer de compléter les autres problèmes que rencontre la pratique démocratique dans le contexte malgache.

VI.1. A l'heure du bilan

VI.1.1. Une démocratie de façade

La tentative de la mise en place de la démocratie structurelle dans le pays n'a pas obtenu le résultat escompté. Si on regarde la structure du pouvoir dans le pays, nous dirions que Madagascar est un pays démocratique. La séparation du pouvoir est installée, le multipartisme gagne du terrain, la société civile se développe, la presse commence à s'épanouir, la décentralisation est une préoccupation de chaque homme qui arrive au pouvoir, l'élection n'est pas absente. Mais lorsqu'il s'agit de voir le fonctionnement de l'une de ses institutions, nous sommes loin du processus.

L'échec de tentative de démocratisation du pays revient aux bailleurs de fonds car il ne s'agit pas d'une véritable démocratie mais l'ouverture du pays dans l'économie de marché et surtout le maintien de la dépendance du pays à l'égard des bailleurs. La conditionnalité économique avait imposé un réalisme politique. L'illusion est de faire croire que l'engagement du pays vers la démocratisation peut mener vers le développement. Il s'agit tout simplement d'une démocratie formelle pour espérer avoir le salut économique des bailleurs. L'idée de Touraine mérite d'être signalée sur ce point ou le mot démocratie est souvent employé comme synonyme d'économie de marché ou de civilisation occidentale amis il est vide de sens38. Le système mondial prône le développement de la démocratie alors que dans la pratique il s'auto érige en frein à celle-ci. Les mesures prises de développement et de démocratisation sont à visage unique sans prises en compte du contexte historique et des aspirations des pays. Le système mondial ne donne pas de place aux pauvres dans laquelle, ils auront un mot à dire concernant les mesures de redressement mondial. Ce système n'accepte pas un véritable débat démocratique.

38 Touraine (A.), Qu'est ce que la démocratie, éd. Fayard. 1994.

Le rétrécissement de l'Etat exigé par le programme d'ajustement structurel n'a fait qu'aggraver la situation. L'Etat n'arrive plus à exécuter normalement sa fonction régalienne. La logique de la liberté d'entreprendre a laissé le champ libre aux entreprises privées étrangères et de l'enrichissement illicite des hommes au pouvoir qui sont la base de l'inégalité sociale. Les programmes de développement pour la nouvelle construction de la société se soldent en échec du fait que ce sont des programmes qui ne s'adaptent pas à la réalité malgache et ne répondent pas aux besoins de la population malgache. La conditionnalité démocratique du XXe siècle n'a fait qu'instaurer une pauvreté durable et de renforcer l'emprise de l'occident sur le pays. Actuellement, la dépendance s'accentue qui se reflète par la dépendance à l'égard des idées en provenance de l'Occident.

La tentative de la démocratisation dans le pays est l'oeuvre du mouvement de foule. Ces mouvements de contestataire ont exprimé un désir de changement, une recherche de la démocratie. C'est par l'intermédiaire de l'action des foules que le pays a changé de régime, l'alternance au pouvoir se fait toujours de façon musclée. Pourtant, ce ne sont que des mouvements qui ont légitimé l'exclusion sociale des protestataires. La conséquence est facile à envisager, à chaque action de foule du pays, la préoccupation première de l'homme providentiel lorsqu'il arrive au pouvoir est d'élaborer un texte à sa mesure et le renforcement de sa bureaucratisation afin de pouvoir régner. Les problèmes de fond des hommes qui l'ont poussé sur ce pouvoir ne sont jamais débattus et ne font l'objet d'une discussion quelconque. Le débat démocratique se réduit à la question doctrinale au lieu de s'attaquer à la recherche de solutions viables aux problèmes de la vie quotidienne et la manière dont on gère l'Etat pour mieux préserver et pérenniser les intérêts. L'homme qui arrive au pouvoir devient conservatisme et n'admet plus une autre mode de production comme solution aux contradictions que sa domination produit selon Marx. Les hommes mobilisés pour la réalisation de la démocratie éprouvent de déception parce que la démocratie telle qu'ils l'avaient inculquée et sublimée ne correspond pas à l'idée qu'ils s'en faisaient.

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