WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Péricardites : prise en charge et pronostic au service de chirurgie thoracique de l?hôpital national donka. etude de 19 cas

( Télécharger le fichier original )
par Aboubakar Sidki SIDKI MAGASSOUBA
Université Gamal El Nasser - Doctorat 2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

I-3-5. TRAITEMENT :

A. Traitement médical : [17 ,6 ,3 ,16].

Le traitement est celui de la cause, quand une étiologie estretrouvée.

Pour les péricardites aigues dites «idiopathiques», le but du traitement est la prise en charge de la douleur et l'inflammation .Ce traitement fait appel essentiellement aux AINS, qui sont efficaces sur la douleur thoracique dans 85 à 90% des cas. Les différentes molécules auraient une efficacitésimilaire. Les plus souvent utilises sont : l'indométacine (75 à 225 mg/jour), l'ibuprofène (1600 à 3200 mg/Jour), et surtout l'aspirine (2 à 4g/jour). L'ibuprofène serait le traitement à privilégier en raison d'effets secondaires moindres, l'indométacine est à éviter chez les patients coronaires car il entraine une réduction du flux coronaire. La durée du traitement n'est pas codifiée, de 10 jours à 3 semaines.

La colchicine (0,6mg 2 fois/jour) serait efficace dans la péricardite aigue en association au traitement conventionnel, sans preuve méthodologiquement satisfaisante. Enrevanche, la colchicine constitue le traitement de choix dans les formes récurrentes (0,5 à 1 mg/jour). Ses effets secondaires,essentiellementgastro-intestinaux, peuvent limiter l'observance et seraient réduitsgrâce à une diminution des doses.

L'utilisation des corticoïdes en première intention est déconseillée en raison d'un risque théoriqueaccruede récurrence. Ils sont à réserver spécifiquement à certaines étiologies et aux formes récurrentes et résistantes.

Enfin, l'utilisation des antagonistes des récepteurs de l'interleukine 1â (Anakinra®) entraineraient une évolution favorable dans certains cas de péricardites aigues récidivantes idiopathiques ; après échec d'une corticothérapie à forte dose associée à la colchicine .Ce traitement ne fait l'objet d'aucunerecommandation, et doit êtreréservé en cas d'intolérance ou d'inefficacité des traitements conventionnels.

B. Traitement chirurgical :

But :


·Décompresser le coeur en présence de symptômesou d'un résultat échocardiographique positif(tamponnade);


·Prélever du liquide et/ou du tissu péricardiquespour une analyse chimique, microbiologique, cytologique ou histopathologique.

Moyens :

Remplissage volémique

Support adrénergique

Ponction péricardique

-Drainage chirurgical du péricarde

1. Ponction péricardique :

De façon idéale, la ponction devrait être réalisée dans une salle decathétérisme après l'échographie, après administration de vasopresseurs etremplissage par des solutés macromoléculaires, grâce à une voie veineusecentrale, avec un équipement qui permette une surveillance continuepressionnelle et ECG. La voie sous-xiphoïdienne classique (malade demi assis,ponctionné un peu à gauche de la ligne médiane à 2 cm sous la xiphoïde,en visant l'épaule gauche avec une longue aiguille fine à ponction lombairen° 21 à biseau court) permet de percevoir la résistance du diaphragme puiscelle du péricarde où l'on pénètre avec un « ressaut ». On retire quelquescentimètres cubes de liquide (presque toujours très hémorragique) que l'on vide sur une compresse : le sang (si on a ponctionné le VD)coagule vite, alors que le liquide péricardique s'étale en « halo » sur le tissu.

La pratique d'un hématocrite demande plus de temps. L'utilisation del'échographie 2D de contraste apporte une sécurité complémentaire enpermettant d'identifier la cavité où se situe la pointe de l'aiguille grâce à uneépreuve de contraste : apparition de micro cavitations opacifiantes aprèsinjection d'une petite quantité de sérum glucosé brassé avec 1 mld'air.

Cette « ponction échoguidée » autorise aussi l'introduction seconde d'uncathéter souple susceptible de permettre une aspiration continue prolongée :peut-être cette technique diminuera-t-elle, si elle confirme les espoirs qu'elleporte, le recours aux méthodes chirurgicales. Si l'on touche la paroi cardiaqueavec l'aiguille, il apparaît une modification de l'ECG : sus-décalage de ST(VD) ou sous-décalage de PQ (OD) et le doigt ressentune sensation de grattage. L'injection d'air après la vidange liquidiennepermettait d'apprécier l'épaisseur du péricarde pariétal, paramètre que l'onpeut obtenir aujourd'hui avec l'imagerie. Certains préconisent aussi de choisirle point de ponction en fonction du lieu indiqué par l'échographie où le liquideest le plus superficiel. Un contrôle échographique sera effectué après laponction, qui amène une amélioration de la fonction cardiaque dès l'issue despremiers millilitres du liquide péricardique (la dysfonction cardiaqueaugmente en effet de façon exponentielle avec la quantité de liquide).

En pratique, autant que possible, la ponction sera rejetée au profit desméthodes chirurgicales de drainage péricardique.

a) Indication

- Son indication majeure est la tamponnade cardiaque. Elle devient alorsimpérative et urgente, elle est également pratiquée dans un butdiagnostique essentiellement dans les péricardites liquidiennes.

- Une indication importante reste le diagnostic étiologique ; làl'indication est moins discutable en cas de péricardite purulente.

Enfin la ponction péricardique est faite dans un but thérapeutique: lèvela tamponnade, permet l'administration in situ des médicaments(Antibiotique et corticoïde).

b) Incidents de la ponction péricardique:

- Une ponction peut être blanche; mais elle n'exclut pas la présence d'unépanchement difficilement accessible du fait d'un liquide purulent trèsépais ou visqueux ou d'un liquide cloisonné.

- La blessure d'un ventricule est généralement bien tolérée, celle d'uneOD dilatée peut être plus dangereuse.

- Par contre, il convient de mettre un accent particulier sur les accidentslétaux des blessures des artères coronaires avec hémopéricarde mortel.

- A l'occasion d'injection intra péricardique, on a pu enregistrer desaccidents par embolie gazeuse avec hémiplégie ou convulsion.

Enfin, une infection secondaire du liquide péricardique reste toujourspossible, c'est dire la prudence que nécessite ce geste.

2. Drainage chirurgical du péricarde

Au fil du temps, plusieurs méthodes de drainage durable du péricarde se sontsuccédé : elles permettent aussi plus ou moins l'exploration visuelle etbiopsique, dirigée ou non, voire une péricardectomie partielle. Leursindications respectives doivent tenir compte du but recherché (plutôtdiagnostique ou purement de décompression urgente) et donc de l'état dumalade : soit en équilibre cardiorespiratoire stable, soit en décompensationgrave ne permettant pas d'envisager une anesthésie générale habituelle, uneexclusion pulmonaire unilatérale ou même une position autre que demiassise(en particulier pas de décubitus latéral gauche).

a- Voies d'abords :

La thoracotomie antérolatérale « classique » dans le quatrième, cinquième ousixième espace intercostal gauche, a été depuis longtemps utilisée par leschirurgiens cardiaques qui en avaient bien l'habitude. Elle permetl'exploration visuelle d'une partie de la cavité péricardique après vidange del'épanchement et la constitution d'une « fenêtre pleuropéricardique »permanente par où se drainera le futur liquide péricardique dans la plèvre, etaussi la biopsie (soit systématique du lambeau excisé pour la fenêtre, soit delésions repérées par le chirurgien). Les inconvénients sont représentés par lesdouleurs postopératoires au niveau de la cicatrice, la longueur del'hospitalisation et les complications inhérentes à toute thoracotomie (fortminimisées si l'intervention est faite par un chirurgien rompu à ces pratiques).

La voie sous-xiphoïdienne est d'une grande utilité en cas d'urgence chez unmalade d'état précaire où l'on redoute l'induction anesthésique générale :l'anesthésie locale, en position demi-assise, permet l'abord antérieur du sacpéricardique distendu et son ouverture au bistouri par une « boutonnière »salvatrice. Bien entendu, la visibilité dans la cavité péricardique est nulle, labiopsie possible mais limitée à une pastille antérieure et les rechutes del'épanchement possibles, même si on laisse un drain.

La péricardotomie transcutanée « au ballon gonflable » d'Inoué estintermédiaire entre ponction et drainage chirurgical, à n'utiliser aussi quepour des gestes de sauvetage et lors de tamponnades néoplasiques où le mauvais pronostic à court terme invite aux solutions les plus simples et les moins pénibles pour le malade. La biopsie est ici impossible.

La dérivation péricardopéritonéale à la pince automatique par voie transxiphoïdienne, introduction intra péritonéale de la pince après ouverture du péricarde, puis transfixion du diaphragme de bas en haut, vissage par la cavité péricardique d'un mandrin emporte-pièce, permet d'établir un orifice péricardopéritonéal de 2,5 cm de diamètre, entouré d'agrafes laissées par l'appareil. Possible sous anesthésie locale, brève, cette intervention donne une biopsie de taille réduite et serait suivie de récidives de l'épanchement (malgré la grande surface péritonéale théorique de résorption).

La péricardoscopie par voie rétroxiphoïdienne utilisant une médiastinoscopie rigide, sous anesthésie générale, permet une bonne vision de la cavité, la biopsie dirigée et celle de la pastille péricardique réséquée pour introduire l'appareil. Un drain avec aspiration continue est laissé en place. Cetteméthode semble détrônée par la suivante.

La vidéochirurgie thoracoscopique apparaît comme la technique d'avenir puisqu'elle conjugue confort du malade (anesthésie générale, peu de douleurs séquellaires), excellente vision sur la cavité péricardique, possibilité de biopsie dirigée, de création d'une fenêtre pleuropéricardique de 5 x 2 cmou même d'une exérèse plus étendue ; l'exploration peut intéresser aussi le poumon (susceptible d'être biopsié), voire les ganglions médiastinaux.

L'écueil est représenté par la nécessité d'un bon état cardiorespiratoire (décubitus latéral, anesthésie générale, exclusion du poumon du côté intéressé pour certains sont nécessaires). La méthode mixte, « thoracoscopie plus mini thoracotomievidéo assistée », permet d'étendre la technique à des malades précaires.

Chacune de ces méthodes impose des précautions anesthésiques, techniques (utilisation de ciseaux ou bistouri à ultrasons), que seuls peuvent résoudre au coup par coup des praticiens entraînés. Signalons le scepticisme de certains pour l'efficacité de la fenêtre pleuropéricardique de drainage : l'absence de réapparition de l'épanchement serait plutôt due à l'apparition d'une péricardite adhésive, consécutive aux manipulations chirurgicales et à l'irritation des drains laissés en place quelques jours, et qui ne se formerait que si la vidange de l'épanchement avait été complète lors de l'intervention.

b- Indications :

- Echec de la ponction péricardique

- Tamponnade cardiaque

- Dissection aortique

- Epanchement urémique

- Epanchement péricardique purulent ou néoplasique

- Epanchement péricardique non compressif ; ne tarissant pas au bout de 6semaines de traitement non spécifique.

c- Complications :

?Infection.

?Luxation du coeur par une incision trop large

?Fibrillation ventriculaire

?Lésion du nerf pneumogastrique

?Lésion du nerf phrénique

d- Surveillance :

Les éléments utiles au diagnostic font la surveillance : la clinique, les signes biologiques, radiologiques, électrocardiographiques et échocardiographiques. Le repos prolongé au lit est indiqué car une asthénie persistante est fréquente. La disparition des signes électrocardiographiques est plus tardive. L'épanchementrégressed'autant plus vite qu'il s'est constitué rapidement et abondamment. La guérison définitive est tardive ; un décollement persistant signe une séquelle.

Le traitement par l'aspirine dure un mois au total en diminuant progressivement la posologie quotidienne de 500mg/semaine.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore