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Eléments d'une philosophie de l'espace chez Ernest Cassirer

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par Marcellin Tibérius KALOMBO MBUYAMBA
Université catholique du Congo - Diplôme d'études approfondies  2012
  

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INTRODUCTION GENERALE

De plus en plus, la notion de l'espace préoccupe l'épistémologie en tant que secteur de validité et des conditions de possibilités d'émergence des sciences. La question de l'espace à cet effet, devient récurrente, parce qu'elle est problématique. L'espace fait parti des problèmes qui ont caractérisé l'histoire des sciences et l'histoire de la philosophie depuis les temps anciens, jusqu'à nos jours. Quant on parle de l'espace, l'idée première qui vient à l'esprit est d'évoquer la géométrie considérée comme la science de l'espace.

Par ailleurs, la notion de l'espace n'est pas seulement utilisée dans la géométrie, il y a aussi la physique, l'astronomie, la psychologie (la perception). Ces secteurs du savoir, exploitent dans leur configuration épistémologique, la notion de l'espace. Le philosophe qui a pensé à une telle pluralité d'espace est de notre avis, Ernst Cassirer. Il est de la tradition judéo-allemande, dernière figure de l'idéalisme allemand.

Depuis toujours, les hommes ont cru que la notion de l'espace était seulement d'obédience cosmologique, physique et mathématique. Cassirer amène le débat ailleurs, dans un terrain tout à fait nouveau, celui de la culture. L'on serait peut être étonné de constater, que notre auteur bien qu'il soit kantienne, élabore sa théorie de l'espace loin des présuppositions de l'espace apriorique de Kant. Le fait que Cassirer avait adopté une orientation pluraliste de la question de l'espace, il ne lui conviendrait plus d'adopter la méthode de Kant. Il s'est intéressé plus aux conceptions de Leibniz et de Félix Klein. Chez Leibniz, il prend l'idée de la nature de l'espace considérée comme une condition de possibilité et une catégorie logique invariante des relations. L'espace devient dans ce sens, « un ordre des coexistences, comme le temps un ordre des successions »1(*)

L'espace dans le contexte cassirerien n'est pas une substance, il est relatif au sens logique. A la conception substantielle issue de la métaphysique traditionnelle (Aristote), il substitue la conception fonctionnelle issue des ordres relationnels (Leibniz). Il appert que, pour Cassirer, l'espace est une pure forme, c'est un schéma d'organisation et une théorie des relations. A Félix Klein, Cassirer récupère la théorie des groupes de transformations, en étudiant essentiellement les propriétés d'invariance des différentes figures. De son point de vue, Cassirer pense que la théorie de l'espace peut quitter sa structure des sciences de la nature, pour s'appliquer aux sciences de la culture. Raison pour laquelle, nous affirmons que le savant de l'école de Marbourg, a innové à partir de son point de vue que nous trouvons pluraliste et unitaire. Pour éviter le malentendu, Cassirer a proposé de classifier chaque orientation spatiale à un domaine particulier. Dans ce sens, l'espace mythique correspond aux représentations spontanées ou primitives, l'espace esthétique prévaut dans le domaine des figures artistiques et l'espace théorique correspond aux nécessités scientifiques, c'est-à-dire le secteur physico-mathématique.

Alors, pouvons-nous, poser la question de savoir : dans quelle mesure le problème de l'espace cassirerien se rapporte-t-il au problème général de la connaissance ? En plus, l'espace dans lequel se trouvent les choses est-il considéré simplement comme une donnée intuitive ou bien, n'est-il pas un simple produit et le résultat d'une formation symbolique ? qu'est-ce qui fait l'unité des espaces dans le contexte cassirerien ?

Eu égard à ces interrogations, Cassirer insère la question de l'espace dans son vaste champ d'investigation des formes symboliques. La structure spatiale, correspond à la structure d'une fonction symbolique Cassirerienne. C'est ainsi que, pour mieux appréhender l'essence de l'espace, nous devons la situer dans le cadre général d'une «  phénoménologie de l'esprit »2(*). D'où, l'espace devient une loi constante de l'esprit, un schéma de connexion au moyen du quel tout ce qui relève de la perception sensible entre dans des « relations déterminées de coexistence »3(*).

Au reste, ce qui relie tous les espaces, qui ont un caractère différent et une provenance différent du sens, c'est une détermination purement formelle qui trouve son expression la plus précise et la plus prégnante dans la définition leibnizienne de l'espace considéré comme une possibilité de la coexistence et comme un ordre des coexistences possibles. Cette possibilité, est vécue différemment dans les modes de formation spatiale.

C'est la raison pour laquelle, nous tenterons de montrer et d'expliquer comment l'approche Cassirerienne de l'espace est plurielle à travers les classifications purement formelles qu'il établit des différents espaces. Nous constatons que, la notion de l'espace demeure difficile et problématique et cette difficulté, ne permet pas aux chercheurs d'émerger dans ce domaine.

Pour mener à bon port cette dissertation, nous avons opté pour texture bipartite. Le premier chapitre offre un aperçu historique sur la question de l'espace. Nous aurons à aborder cette notion dans la première partie, comme espace absolu et dans une deuxième partie, nous l'abordons dans la tradition empirique. Le second chapitre insère la notion de l'espace dans la structure des formes symboliques dans laquelle, Cassirer nous livre son innovation de la théorie spatiale en classifiant les différents types d'espaces en rapport avec les fonctions symboliques. A la fin du chapitre, nous établissons le rapport entre l'espace théorique et la physique, ensuite entre l'espace théorique et la perception. Une ouverture de recherche ressort de ces divers points de vue, qui sera étudiée et approfondie lors de nos futures investigations. Au reste, une conclusion générale bouclera la boucle.

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* 1 E.CASSIRER, Espace mythique, espace esthétique et espace théorique, dans Ecrits sur l'art, Paris, Cerf,

1995, p.101.

* 2 E. CASSIRER, Philosophie des formes symboliques t3, Paris, Minuit, 1972, p.167.

* 3 E. CASSIRER, La théorie de la relativité d'Einstein, Paris, Cerf, p.61.

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