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Eléments d'une philosophie de l'espace chez Ernest Cassirer

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par Marcellin Tibérius KALOMBO MBUYAMBA
Université catholique du Congo - Diplôme d'études approfondies  2012
  

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II.1.2. Rapport espace-temps : le concept d'ordre et le concept de relation

D'après Cassirer, la question de l'espace et du temps a occupé une place prépondérante dans la construction du monde de la connaissance. Ces deux concepts ont joué un rôle on ne peut plus fondamental sur le développement historique et systématique des questions de la connaissance. L'espace et le temps, constituent les deux piliers fondamentaux qui supportent l'ensemble de cette architectonique et en assurent la cohésion. L'espace et le temps occupent, une place particulière et remarquable dans « l'édifice architectonique de la connaissance »52(*).

En outre, bien que la question de l'espace et du temps occupait le coeur du problème de la connaissance, elle demeurait encore obscure et leur signification n'était pas compréhensive. Comme on peut le constater, l'épistémologie en tant science de la croissance de la connaissance, veut mesurer l'être dans toute sa globalité, dans toute son étendue. Elle veut aussi mesurer l'être ou l'objet du savoir selon son infinité spatiale et temporelle. Donc, toute connaissance s'oriente toujours à travers l'espace. D'où, notre orientation est conditionnée par rapport à l'espace.

C'est pourquoi, le problème de l'espace est abordé en premier lieu comme concept d'ordre. Dans ce sens, le concept d'ordre précède celui de l'être. Ne perdons pas de vue que, le point de départ de toute connaissance historique et scientifique était la métaphysique (science de l'être) : « le concept de l'être forme non seulement le commencement et le point de départ historique de la philosophie scientifique, mais il semble encore embrasser systématiquement la totalité de ses questions et réponses possibles ».53(*)

Cette priorité du concept d'être est due à la logique et surtout la logique ancienne d'Aristote. Dans le contexte de cette logique, le concept d'être établit le lien entre la logique et la métaphysique ; la logique était fondue à la métaphysique et vice versa. Pour Cassirer, cette problématique ne suffisait pas pour l'appliquer à la question de l'espace. Car, l'espace a un autre type d'être, les choses qu'il contient possèdent aussi un autre type d'espace, alors il y a un conflit.

Eu égard à ces antinomies, le problème de l'espace et du temps, bien qu'il avait gagné le domaine de la connaissance, mais a posé des difficultés énormes. Il fallait les séparer pour aboutir à une solution principielle. Pour résorber cette crise, Cassirer pense que, l'espace-temps devrait suivre les voies différentes et distinctes à la catégorie de la substance. C'est le concept d'ordre qui établit cette performance. Le premier philosophe de penser à cette idée était Leibniz, et que Cassirer avait beaucoup d'estime à son égard. Dans ses investigations, Leibniz place tout sous l'égide de la substance et un tel point de vue le caractérise comme un métaphysicien. Mais, en tant que mathématicien et logicien, le concept de substance ne collait presque pas à sa logique mathématique. Sa logique et sa mathesis universalis, sont une vaste « théorie de la relation »54(*). D'où c'est cette approche relationnelle que Cassirer récupère et l'applique dans sa conception de l'espace.

Il s'ensuit que, selon l'opinion de Cassirer, Leibniz réussit à intégrer l'espace-temps dans l'architectonique de la connaissance par le concept de relation et d'ordre. La question newtonienne de l'espace absolu est ici écartée par Leibniz, parce que Newton faisait les choses (substance) et Leibniz faisait les ordres (fonction). En plus, l'espace-temps, ne sont plus des substances, mais plutôt des relations réelles. Ils ont leur véritable objectivité dans la vérité de relations et non dans une quelconque effectivité absolue (substantielle). De là suit que, Cassirer défini le monde comme un ensemble de corps dans l'espace et non comme quelque chose qui arrive dans le temps. De ce point de vue, le monde est considéré comme un système d'évènements, d'évents, comme dit Whitehead. Voyons à présent comment se classifie les différents types d'espaces dans le contexte cassirerien.

* 52 E.CASSIRER, Espace mythique, espace esthétique et espace théorique, O.c., p.101.

* 53 E. CASSIRER, O.c., p.103.

* 54 E.CASSIRER, Espace mythique, espace esthétique et espace théorique, O.c., p.105.

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