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Eléments d'une philosophie de l'espace chez Ernest Cassirer

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par Marcellin Tibérius KALOMBO MBUYAMBA
Université catholique du Congo - Diplôme d'études approfondies  2012
  

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CONCLUSION GENERALE

Au terme de notre parcours d'étude qui a porté sur la philosophie de l'espace chez Ernst Cassirer, le moment vient pour nous de jeter un regard panoramique et rétrospectif voire synthétique, sur l'ensemble de notre travail. Pour l'essentiel, notre préoccupation principale était de montrer comment la question de l'espace constitue le problème de la croissance de la connaissance aujourd'hui à partir de la théorie d'Ernst Cassirer.

Nous sommes partis d'un constat selon lequel, parmi les questions qui préoccupent l'épistémologie de manière générale, celle de l'espace demeure problématique et énigmatique. Du point de vue cosmologico-physique, l'espace est le lieu qui nous abrite et où est fixé la sphère terrestre et d'autres planètes. Du point de vue psychologique ou phénoménologique, l'espace est crée par l'esprit du sujet connaissant à partir des modèles et des matériaux qu'il observe dans la nature. C'est de cette opinion que Poincaré soutenait l'idée d'un espace géométrique, qui est crée à partir des idées d'imperfections des objets constatés dans la nature : d'où l'espace géométrique est conventionnel. Ainsi, la question de l'espace est très vaste et multisectorielle. Raison pour laquelle, nous avions abordé l'aspect cosmologique et l'aspect mathématique. Pour y arriver, nous avions adopté une structure bipartite.

Le premier chapitre offre l'aperçu historique sur la question de l'espace cosmologique et physique. Il s'agissait d'aborder la problématique de l'espace absolu, qui a commencé depuis les grecs anciens jusqu'au temps modernes. Chez les atomistes, l'univers est constitué de particules très petites qu'ils appelaient atomes. Du point de vue de la problématique de l'espace, ils ont eu du mal à définir le caractère logique de l'espace abstrait. C'est pourquoi par exemple Démocrite pensait que l'espace est un non-être et ce non-être est une réalité vraie, qu'il soit illimité ou insaisissable.

C'est de cette idée, qu'est née la conception de l'espace absolu. Cette conception était récupérée par Newton au temps moderne qui affirmait aussi l'existence de l'espace absolu. Avant lui, Platon s'était beaucoup des atomistes pour concevoir sa théorie des formes géométriques, en les identifiants aux atomes qui constituent l'univers : l'eau, l'air, le feu et la terre. Chacune de ces atomes une forme géométrique qu'il identifie. Aristote quant à lui, associe l'espace à sa théorie du mouvement et du lieu. Selon le stagirite, les choses sont immobiles et son en mouvement continu dans un espace donné. Ce mouvement n'est que le passage de la puissance à l'acte.

Newton de son coté, à travers son expérience du seau, atteste l'existence non seulement de l'espace absolu mais aussi du mouvement absolu. C'est cette conception qui lui mettra en débat avec Leibniz qui ne croyait pas à l'existence d'un espace absolu.

Descartes pense que, le problème de l'espace doit être résolu dans la tradition rationaliste. N'oublions pas qu'il est le père de cette tradition. Contre les empiristes, il affirmait que les organes de sens ne peuvent rien nous offrir des représentations sensibles. Toutes les représentations spatiales que nous avons, nous sont venues des idées claires et distinctes que nous possédons de ces représentations.

Il appert que, la problématique de l'espace comme traité dans l'histoire de la philosophie a suscité le débat. D'une part, il y a eu le débat sur l'étendue de l'espace entre Descartes et Spinoza, et d'autre part le débat sur l'espace absolu entre Newton et Leibniz. C'est Kant qui était l'arbitre de ce dernier débat. Il donna ses objections contre la doctrine de Leibniz et de newton et proposa enfin sa propre théorie, celle de considérer l'espace comme forme apriori de la sensibilité.

Au delà de la conception absolue, il y avait un autre courant, celui des empiristes,  soutenu par Georges Berkeley et d'autres. Berkeley a critiqué avec véhémence les conceptions absolues et rationalistes de l'espace. Pour cet empiriste, l'espace absolu n'était qu'un espace imaginaire, une fiction de l'esprit. Par ailleurs, la conception nativiste conduite par Hering affirmait que les présuppositions spatiales ne sont pas acquises à partir des expériences sensibles comme l'ont prédit les empiristes, mais l'homme naît avec. Pour éviter ce malentendu épistémologique, Cassirer distingua les niveaux de chaque représentation de l'espace. C'est ce qui fait son innovation. C'était l'objet du deuxième chapitre.

En effet, depuis toujours, dans l'histoire de la philosophie, l'on a cru que la question de l'espace n'était que l'apanage de la cosmologie ou des sciences physico-mathématiques. Cassirer amène le débat ailleurs, c'est-à-dire dans un terrain nouveau, celui de la culture. C'est pourquoi, il classifie les différents types d'espaces : l'espace mythique, l'espace esthétique, l'espace anthropologique etc. En plus, la philosophie de l'espace de Cassirer est inscrite dans la structure générale de sa philosophie des formes symboliques. De là suit que, le problème de l'espace dans le contexte cassirerien est pluriel et unitaire.

Ainsi, l'espace mythique correspond aux représentations spontanées ou primitives, l'espace esthétique prévaut bien dans le domaine des figures artistiques et l'espace théorique correspond aux nécessités scientifiques, c'est-à-dire dans le domaine physico-mathématique. C'est l'espace théorique qui nous intéresse plus, et où il y a eu révolution dans le cadre du passage de la géométrie euclidienne aux géométries non-euclidiennes. Lors de nos recherches futures, nous allons montrer la continuité entre ces deux types de géométrie à partir de la théorie de groupe de transformation, en établissant la théorie relationnelle et fonctionnelle des théories spatiales, dans la perspective d'une pensée complexe.

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