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Le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du Nàézi (Dimbokro).

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par BAH ISAAC KOUAKOU
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY DE COCODY - DOCTORAT UNIQUE 2014
  

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I.3.2.3-Théorie du développement local participatif

Le concept de développement local est apparu dans un contexte où la vision centralisée de l'Etat était critiquée par certains acteurs locaux.

Ces derniers considéraient que le développement d'un territoire devait prendre en compte les besoins et les aspirations des habitants.

Une nouvelle logique d'autonomie est alors revendiquée vis-à-vis des centres décisionnels, politiques ou économiques. Le développement local se rapporte ainsi à des actions partenariales entre des acteurs intéressés à l'amélioration des conditions de vie dans leur environnement immédiat.

C'est vers la fin des années 1950 que prend forme la théorie du développement endogène avec les chercheurs comme John FRIEDMAN et Walter STÖHR.

Une approche volontariste, qui conçoit le développement comme une démarche partant du bas et privilégiant les ressources endogènes.

Celle-ci fait appel aux traditions industrielles locales et insiste particulièrement sur la prise en compte des valeurs culturelles et sur le recours à des modalités coopératives (Katalyn KOLOSY, 1997).

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L'approche participative du développement local insiste sur l'importance de la participation et de la responsabilisation des populations dans toutes les actions de développement.

Cette théorie va au-delà du sens strict des approches participatives telles que the Participatory Action Research (PAR), the Participatory Rural Appraisal (PRA), et les Méthodes Actives de Recherche et de Planification Participative (MARPP)).Celle-ci est maintenant à la base de la plupart des méthodes et des outils mis au point ces dernières décennies pour l'appui au développement (recherche-développement, développement local, gestion des ressources naturelles...) qu'ils s'en réclament explicitement ou pas.

D'abord, simples méthodes de recueil des informations auprès des populations locales, les premières expériences participatives ont progressivement intégré une participation de plus en plus active des acteurs locaux, dans des méthodes toujours plus formalisées de diagnostic participatif par la construction de la concertation avec les populations rurales.

L'approche participative a dépassé le simple diagnostic pour s'instituer en méthode de concertation pour l'intervention et a abouti à des outils de planification locale de développement (Mohammed Sidi SECK et Patrick D'AQUINO, 2001).

L'approche participative, est une approche de concertation, d'ajustement continu et de compromis contractuels qui accompagne une action de développement rural depuis la conception de l'idée de base.

C'est une succession de pratiques dictées par des impératifs temporels spécifiques et définies à travers un vécu réel sur le terrain (Mohammed BAJEDDI, 2002).

TREMBLAY, cité par (CHERIF, 2008), estime que l'approche participative du développement local repose sur une démarche volontaire d'acteurs se réunissant sur un territoire pour envisager l'avenir de leur territoire.

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Il s'agit donc d'une vision du local dans le global, qui voit le territoire comme un système de relations avec d'autres systèmes et d'autres acteurs.

Pour cet auteur, les acteurs oeuvrent à l'amélioration des conditions de vie de leurs populations. Ce qui passe par le développement des activités de production, de la santé, de l'éducation et l'approfondissement de la démocratie et la gouvernance locale.

Du point de vue juridique, l'Organisation des Nations Unies (ONU), dans son article 1 de la déclaration sur le droit au développement lors de son l'Assemblée Générale du 04 Décembre 1986, stipule que:

« le droit au développement est un droit inaliénable de l'homme en vertu duquel toute personne humaine et tous les peuples ont le droit de participer et de contribuer à un développement économique, social, culturel et politique dans lequel tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales puissent être pleinement réalisés et bénéficier de ce développement ».

Cette déclaration trace les sillons du développement participatif.

Ainsi, selon la BANQUE MONDIALE (1992), le développement participatif est à la fois une fin et un moyen de développement.

En avançant l'idée que le développement participatif est une fin, elle entend le référer à une sorte d'objectif idéal selon lequel le développement durable résulterait de l'action responsable de citoyens politiquement mûrs et qui agiraient à travers des institutions électives, d'associations ou d'organismes, dans le cadre d'une société démocratique et libre.

Toutefois, un tel objectif devrait être compris comme un processus continu et de longue haleine, qui tendrait à améliorer la capacité des communautés à s'autogérer.

La seconde idée est celle du développement participatif conçu comme un moyen de développement. Cette idée est beaucoup plus familière car c'est sous cette forme qu'elle est apparue, il y a deux décennies, dans les politiques de développement.

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Cependant, cette idée contiendrait une nouveauté; celle de replacer les approches dans le contexte d'une responsabilisation politique des communautés concernées. Alors que précédemment, la responsabilisation politique ne concernait que la gestion d'une activité et n'avait donc qu'un sens opérationnel (CHERIF, 2008).

Malgré ses avancées considérables, la démarche participative soulève plusieurs critiques.

La première interrogation, évoquée par Mohammed Sidi SECK et Patrick D'AQUINO, se situe dans la pratique de cette démarche sur le champ du développement.

En effet, la méthode " participative" telle qu'employée sur le terrain se limite à de simples dialogues "participatifs", "échanges ritualisés" où les acteurs locaux ne font que valider, au mieux alimenter les analyses et les choix faits par les agents extérieurs.

En réalité, une partie de ces problèmes est due à l'ambiguïté constitutive du concept de la "participation". Par définition, celui-ci spécifie la présence obligatoire et centrale d'une intervention exogène, à laquelle participent les acteurs locaux. Cette situation est peu adaptée à l'émergence d'une dynamique endogène de décision et de planification. L'autonomie des acteurs locaux est en fait loin d'être totale, que ce soit dans la formulation des problèmes et dans le choix des priorités ou dans la prise de décisions.

La participation est par essence différente de l'autonomie : c'est toujours la formule d'un agent extérieur qui fait participer aux diagnostics et aux politiques les acteurs locaux.

Par ailleurs, comme solution à ce problème, un nouveau principe participatif est soutenu par Mohammed Sidi SECK et Patrick D'AQUINO, qui est le principe d'endogénéité.

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Ce principe consiste à transformer l'acteur local en décideur local dont la règle est que l'accompagnement technique ne fixe aucun objectif préalable à sa démarche d'appui. Sa sollicitation est d'être disponible pour une dynamique endogène de prise de décision concertée sur le territoire.

Ici, ce sont les acteurs locaux qui fixent ce qu'ils considèrent comme une priorité dans cette nouvelle prise ou reprise de pouvoir sur leur espace et leurs ressources que la démarche leur propose.

La seconde règle est que la planification territoriale est avant tout une oeuvre politique et non technique, ce qui implique que devant l'incertitude de l'avenir, la responsabilité de choix, avant tout, politique et éthique doit être laissée aux décideurs politiques légitimes.

La réussite de ces évolutions est dans la reconnaissance de la participation des populations aux actions les concernant, c'est-à-dire la volonté de remplacer la relation d'assistance entre l'encadrement et les populations par une relation de partenariat, basé sur une reconnaissance des savoirs, des perceptions et de la légitimité des acteurs locaux. Seule une dynamique réellement endogène pourra se pérenniser et se démultiplier à une échelle raisonnable sans appui extérieur permanent. Ceci vise à l'installation d'un processus local et collectif de prise de décision. Elle permet aux populations d'installer en amont un cadre stratégique de développement local axé sur leurs propres aspirations.

La prise en compte des valeurs des populations bénéficiaires dans les initiatives de développement est une modalité essentielle du principe de la participation.

En effet, la démarche promue par la politique de lutte contre la pauvreté intègre la prise en compte des besoins exprimés par les bénéficiaires dans les initiatives de développement. Cette démarche consiste à partir non des modèles et théories de développement importés mais des pratiques quotidiennes concrètes des populations bénéficiaires.

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Elle exige la création au sein des communautés d'accueil, des conditions pour une appropriation des initiatives de développement qui leur sont destinées.

La démarche de la politique de lutte contre la pauvreté s'affranchit de la tutelle exclusive des bureaucrates et investit le terrain.

La participation en matière de lutte contre la pauvreté vise à donner la parole aux populations bénéficiaires, car celles-ci connaissent mieux que quiconque leurs problèmes, leurs besoins.

A travers l'approche participative, le peuple devient un véritable agent ou acteur de son développement par une définition de ses besoins prioritaires et des actions appropriées pour les satisfaire.

Le passage d'une conception du développement privilégiant presque exclusivement les infrastructures matérielles à une autre qui réserverait une place aux structures sociales, de même que l'abandon progressif des modèles occidentaux ethnocentriques de développement au profit du respect des cultures locales, fait de la politique de lutte contre la pauvreté une politique de développement orientée vers des projets de développement tournés vers les acteurs locaux.

La participation des différents acteurs de la société est également une modalité indispensable du principe de la participation.

Elle ouvre de nouvelles perspectives quant à la façon dont les initiatives de développement et les affaires nationales en général devront être conduites.

En favorisant le respect du droit à l'information et à l'expression, la participation atteint un premier objectif de la politique de lutte contre la pauvreté, celui de s'attaquer à une des dimensions de la pauvreté, celle de l'exclusion et de la marginalisation.

La participation est supposée remédier aux dysfonctionnements de la démocratie dans les pays pauvres.

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Elle devrait ainsi renforcer les capacités et le pouvoir des corps intermédiaires (médias, syndicats, associations, etc.) dans l'élaboration, le suivi, le contrôle, l'évaluation et la réorientation des politiques. L'information, suivant cette optique, rend explicite les choix publics et accroît la transparence dans la gestion des affaires de l'Etat.

L'enjeu de la participation est d'assurer le principe de responsabilité démocratique (accountability), rendant l'Etat responsable de ses actions devant les citoyens.

La théorie du développement local participatif évolue actuellement vers une approche d'éco-développement participatif (Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB, 2002 : 32 à 33).

Le concept d'éco-développement participatif est une approche visant à un développement raisonné dans le contexte d'une conservation de la biosphère et qui, sans contester l'économie de marché met en question le laisser faire sans régulation.

Cette notion de caractère holistique, souligne bien que des progrès dans un domaine sont étroitement dépendants de ceux réalisés dans d'autres domaines43.

La notion de participation apporte à l'éco-développement sa dimension sociale et politique : elle introduit une idée de liberté et de maîtrise des décisions, et donc une finalité en termes de « développement humain ».

Elle introduit aussi l'idée de sauvegarde de l'environnement qui constitue une des conditions essentielles du développement durable, qui doit être directement assumée par les populations concernées44.

Les approches d'éco-développement participatif se proposent d'associer les actions de développement directement productives ou les actions à caractère social à des activités de restauration de l'environnement.

43Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), Développement local et communautés rurales: approches et instruments pour une dynamique de concertation, Paris, Karthala, page 32.

44Idid.

L'éco-développement participatif pose ainsi le principe d'une sorte d'échange entre d'une part, des engagements des populations à long terme de l'environnement et, d'autre part, des avantages offrant une réponse plus immédiatement à certains de leurs besoins sociaux et économiques.45

De tels avantages peuvent par exemple inclure des incitations individuelles et développer des actions productives pour obtenir du crédit ou des incitations collectives pour bénéficier d'équipements sociaux ou d'infrastructures de service comme des chemins de desserte ou un approvisionnement en eau potable.

Cette dernière théorie met en lumière un développement du bas vers le haut et faisant appel aux ressources localement disponibles. Elle insiste sur la participation des populations à leur développement comme condition d'un développement qui contribue à l'amélioration des conditions de vie.

En somme, ce cadre théorique regroupant les théories du changement social, de la décentralisation et du développement local participatif met en exergue la société humaine en évolution dynamique.

Cette évolution est le fruit des rapports des populations dans des rôles divers et diversifiés d'acteurs de développement.

Ce cadre théorique donne place au volet méthodologique du travail qui met en exergue les méthodes d'analyse et les techniques d'investigation.

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45 Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), op.cit., page 33.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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