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Le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du Nàézi (Dimbokro).


par BAH ISAAC KOUAKOU
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY DE COCODY - DOCTORAT UNIQUE 2014
  

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II.1.2- Méthode stratégique

Afin de mieux appréhender notre thème de recherche, nous l'avons aussi analysé dans la perspective actionnaliste et précisément avec la méthode stratégique de Michel CROZIER.

Dans leur ouvrage, l'Acteur et le système (1977), Michel CROZIER et Erghard FRIEDBERG centrent leur conception sur le jeu entre l'organisation et ses membres, leurs relations interindividuelles et leurs stratégies.

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Ce jeu est défini comme «un système d'action» grâce auquel les acteurs structurent leur relation de pouvoir tout en se laissant la liberté.

La participation comme mode d'action collective serait donc une solution toujours contingente au problème de la coopération et de la coordination, en vue de l'accomplissement d'objectifs communs.

En effet, l'analyse stratégique de Michel CROZIER a été utilisée pour faire ressortir les positions stratégiques occupées par chaque acteur dans l'arène du développement. Cette théorie postule que l'acteur est détenteur d'une marge de manoeuvre importante vis-à-vis des règles de l'entreprise.

La maîtrise d'une zone d'incertitude lui confère un certain pouvoir et ce pouvoir sera d'autant plus important que s'accroîtra la maîtrise de zones d'incertitude.

Dans le cas de notre travail, beaucoup d'acteurs interviennent dans le cadre du développement à Dimbokro et chaque acteur concerné essaie d'accroître ses potentialités vis-à-vis des autres pour contrôler un minimum de pouvoir possible. En ce sens, la mise en évidence des différentes positions occupées par les acteurs locaux peut nous aider à étudier leurs stratégies qui définissent leur motivation faible ou forte par rapport à la participation au projet et saisir les représentations qui les sous-tendent; et par voie de conséquence, saisir les effets de cette conflictualité plus ou moins diffuse.

Chez CROZIER, en effet, l'individu est rationnel et cherche à accroître « sa marge de manoeuvre ». Il met ainsi en scène des individus que l'on peut assimiler à des « homo strategicus » dont l'objectif est d'accroître leur propre pouvoir et de restreindre celui des autres.

Par ailleurs, le jeu des acteurs en situation de développement met en exergue une zone d'incertitude qu'il faut considérer.

Une zone d'incertitude est, un espace de pouvoir que maitrise un acteur stratégique, et qui fait l'objet d'enjeux, ou donne naissance aux stratégies des jeux d'acteurs.

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Ce concept met l'accent sur l'autonomie et le pouvoir, deux notions liées. Par exemple, le supérieur hiérarchique n'a pas 100 % de certitude que ses consignes seront suivies. Il y a des incertitudes que les subalternes vont interpréter ses consignes. Chaque acteur dispose donc, quelque soit l'endroit où il se trouve, d'une zone au sein de laquelle il rend son comportement incertain, imprévisible pour les autres acteurs.

C'est ce que CROZIER et FRIEDBERG (1977) nomment une « zone d'incertitude ».

Ainsi, accroître son pouvoir, c'est accroître la zone au sein de laquelle on peut avoir un comportement imprévisible, indéterminé.

Du point de vue d'une organisation dans sa totalité, vouloir faire disparaître de telles zones, rechercher la prévisibilité totale, serait non seulement impossible mais aussi inefficace.

Quand bien même on y parviendrait, on aboutirait à un système rigide, aux réactions stéréotypées, incapable de générer les réponses nouvelles adaptées aux changements de l'environnement.

Dans l'analyse stratégique, l'incertitude est définie par rapport au renforcement du jeu de l'acteur, c'est-à-dire comme une autonomie. L'incertitude est au coeur de toute situation organisationnelle en s'appuyant sur l'autonomie de l'acteur et la possibilité pour lui de faire des choix.

Il est clair que l'incertitude ne réside pas seulement dans le fonctionnement interne de l'entreprise, mais tout autant, et peut être beaucoup plus, dans les contraintes de l'environnement.

Ces contraintes peuvent être d'ordre économique, social, politique, etc. La zone d'incertitude dans le cadre de ce travail est perceptible au niveau de la population par sa dotation dans certains capitaux, à savoir le capital symbolique et le capital culturel.

La population doit pouvoir les utiliser pour le développement local.

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En somme, l'imprévisibilité de sa réaction représente ici une zone d'incertitude qu'il faut analyser et orienter pour l'atteinte des objectifs du développement local.

Nous venons de présenter brièvement les différentes méthodes d'approches indispensables à l'étude.

Mais, pour que cette démarche intellectuelle ait une portée scientifique, elle doit être soutenue par une démarche pratique, c'est-à-dire des techniques. Autrement dit, la méthode constitue une dimension de la recherche à laquelle les techniques servent d'appui.

Ceci nécessite une délimitation du champ d'étude.

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