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Le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du Nàézi (Dimbokro).

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par BAH ISAAC KOUAKOU
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY DE COCODY - DOCTORAT UNIQUE 2014
  

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VI.3.2.2-Au niveau sanitaire

Tableau n°18 : Répartition des enquêtés selon les besoins sanitaires exprimés

Sexes

Besoins exprimés

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VA

VA

VA

VA

VR

Construction et équipement
des centres de santé

45

23,68

67

35,27

112

58, 95

Augmentation du personnel
soignant et du plateau
technique

33

17,37

45

23,68

78

41,05

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

196

Les données du tableau n°18 ci-dessus ont mis en exergue un aperçu

197

des besoins sanitaires exprimés par les enquêtés. La construction et équipement des centres de santé est le besoin exprimé par 58,95% des enquêtés.

Pour 41,05% des enquêtés, il faut augmenter le personnel soignant et le plateau technique.

« On dit souvent que la santé avant toute chose, nos besoins en santé restent énormes. En plus du fait que certains villages sont encore éloignés des centres de santé, il y a l'insuffisance du personnel soignant. Raison pour laquelle, il faut une augmentation à tous les niveaux » (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

Ces différents besoins exprimés mettent en exergue le souhait de la population de bénéficier d'un mieux-être en ayant recours aux centres de santé les plus proches et donc de l'importance de la santé dans le développement.

Au regard des ratios du District sanitaire du département de Dimbokro et surtout de la couverture sanitaire dudit département, beaucoup reste à faire dans ce domaine.

De plus en plus, le milieu du développement considère la santé comme une partie intégrante du développement humain. La santé est une condition essentielle de l'épanouissement d'une population et un des facteurs clés du développement d'un pays.

La déclaration de Rio sur l'environnement et le développement affirmait en 1992 en son premier principe que "les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature".

Dans cette optique, le programme d'actions Agenda 21 qui a suivi la conférence de Rio s'est fixé cinq objectifs prioritaires en matière de santé publique, tels que la satisfaction des besoins en matière de soins de santé primaires et la lutte contre les maladies transmissibles.

198

Ces dispositions prennent en compte la protection des groupes vulnérables, la santé des populations urbaines et la réduction des risques pour la santé occasionnés par la pollution et les menaces écologiques.

Ces mesures mettent ainsi en lumière le rôle important que joue la santé dans le développement aussi bien international, national que local.

Dans le cadre du développement durable, la santé est un objectif, mais également un préalable indispensable.

Il s'agit de procurer aux populations un bien-être physique et moral satisfaisant, ainsi que de leur garantir des conditions sanitaires qui leur permettent de contribuer aux activités productives et au développement de leur société.

A contrario, tout manquement à l'état sanitaire d'une population a des conséquences sur celle-ci, et donc, sur le processus de développement.

Il se traduit par un écart important entre une demande non satisfaite de services sanitaires et une offre de santé encore faible. La demande de services sanitaires, peut être appréciée à travers le nombre d'habitants et l'importance du budget affecté à la santé.

On distingue ainsi une demande notionnelle, estimée directement par une correspondance entre la taille de la population et ses besoins sanitaires d'une part, entre une demande effective et la capacité des populations à en supporter les implications financières d'autre part.

L'écart entre les demandes notionnelle et effective explique la précarité de l'état de santé des populations; cette précarité se reflète, dans le département de Dimbokro, à travers le niveau de l'offre de services sanitaires, l'impact des problèmes de santé et l'accessibilité aux services de santé.

La demande des ménages en infrastructures et services sanitaires dépend de leurs revenus, du niveau de tarification de ces services, ainsi que d'autres déterminants clés des décisions des ménages, à savoir: le coût total à supporter ainsi que la qualité des soins médicaux.

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La politique gouvernementale en matière de santé aura un impact d'autant plus significatif lorsqu'elle mettra l'accent sur l'accessibilité de ces services et infrastructures.

L'impact des problèmes de santé sur la productivité du travail, sur la pauvreté en particulier, et sur le développement humain en général, est une donnée importante dans la mesure de la performance d'une économie.

En effet, les absences au travail pour cause de maladie peuvent être plus ou moins longues et affecter sérieusement la production et les revenus des ménages.

D'une manière générale, la maladie peut contribuer à appauvrir le ménage par l'imputation de ses revenus (journée sans travail donc sans gain) mais aussi de son patrimoine (vente de biens par nécessité pour soigner un malade) ou s'opposer au développement humain.

L'accessibilité des services de santé qui permet d'évaluer l'efficacité du système de santé renvoie à la notion de proximité géographique et aux moyens financiers des usagers pour faire face au coût du traitement qui inclut le paiement des soins et du transport pour se rendre à la structure souhaitée. Elle est appréhendée à travers la distance parcourue ou le temps mis pour accéder à un service, éléments déterminants de la fréquence des visites.

Ainsi, la meilleure santé conditionne les actions de développement.

En effet, avoir accès au centre de santé est un pas vers la réduction de la pauvreté car être en bonne santé permet de dégager l'énergie pour le travail qu'il soit bureaucrate, domestique ou champêtre.

C'est pour cela que le Conseil Général de Dimbokro doit de plus en plus intégrer la santé dans sa politique de développement en continuant de construire et d'équiper des centres de santé plus proches des populations.

Il s'agit de développer les programmes de santé existants et entreprendre de nouveaux investissements dans la santé publique, le renforcement des systèmes de santé et des ressources humaines pour la santé.

200

Par ailleurs, il faut inscrire les stratégies sanitaires au coeur des stratégies nationales de réduction de la pauvreté et de développement.

L'investissement dans la santé est essentiel à la productivité économique et au développement humain.

Amartya SEN (1999), économiste lauréat du prix Nobel de 1998, propose une analyse plus précise reconnaissant que la santé est essentielle au développement.

Il soutient que les pays à faible revenu devraient recourir à des procédés pilotés par le soutien et axés stratégiquement sur l'amélioration des soins de santé, de l'éducation et d'autres programmes sociaux (SEN, 1999 ).

La santé ne peut être considérée de manière isolée. Elle est étroitement liée à la qualité de l'environnement dans lequel les gens évoluent : pour vivre en bonne santé, les êtres humains ont besoin d'environnements sains.

Si le développement régional est défini en termes d'emploi et d'augmentation de la qualité de vie, les services de santé peuvent constituer un maillon de ce développement. Ils devraient être considérés comme un investissement et non un coût. Ainsi, en améliorant l'offre de soins, particulièrement dans les régions, on peut améliorer les conditions économiques de ces régions.

Le thème " services" de santé englobe un ensemble d'activités susceptibles de favoriser le développement économique non seulement en zone urbaine mais aussi dans les zones rurales. Leur répartition est en effet différente de celle des autres services de consommation.

Si certains services de santé doivent répondre à la contrainte de proximité par rapport à leur clientèle, d'autres services, spécialisés, ne sont pas obligés de suivre la distribution de la population; des régions moins peuplées ou périphériques mais bénéficiant d'avantages climatiques ou d'un environnement rural peuvent développer des services de santé spécialisés.

201

On peut donc parler d'une fonction créatrice d'emplois et entraînant un apport financier dans l'économie locale, ce qui stimule la croissance économique grâce aux multiplicateurs économiques.

A cet effet, nous considérons les services de santé (des services hospitaliers aux activités pharmaceutiques) comme des activités économiques « de base », car elles sont non seulement exportables mais elles constituent aussi une réponse à une demande extérieure.

Les services de santé ont ainsi un rôle à jouer dans l'investissement local, dans la qualité de vie et ils contribuent au processus de développement économique. Certains services de santé influencent le niveau de développement économique de régions où ils sont souvent le plus grand employeur.

Ainsi, dans la définition du développement régional en termes de création d'emplois et d'accroissement de la qualité de vie, les services de santé sont une activité de base qui contribue aux revenus locaux.

De là découle l'idée que les dépenses, destinées à améliorer la qualité des services de santé dans les régions, attireront d'autres activités et augmenteront le niveau de développement économique.

Au total, les politiques régionales de développement doivent investir dans les services de santé dans la mesure où ils se présentent comme des multiplicateurs économiques.

Au delà des attentes de la population de Dimbokro en matière de développement, comment participe-t-elle à son développement.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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