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Le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du Nàézi (Dimbokro).

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par BAH ISAAC KOUAKOU
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY DE COCODY - DOCTORAT UNIQUE 2014
  

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IX.2- PARTENARIAT ET DEVELOPPEMENT LOCAL

« Il ne faut pas occulter le fait que le manque ou l'insuffisance des moyens financiers freine la réalisation des actions de développement à l'endroit de la population. A ce niveau, la voie du partenariat est à emprunter pour atteindre les objectifs de développement ». (Entretien individuel, directeur de cabinet du Président du Conseil Général de Dimbokro).

Le développement local prône certes l'utilisation des ressources localement disponibles mais cela ne suppose pas une option d'autarcie.

Il est question de collaborer avec tous les acteurs de la localité et partant avec d'autres partenaires pour le développement.

« Il faut dire que le Conseil Général de Dimbokro fait son effort afin d'aider la population pour l'amélioration de ses conditions de vie.

Les besoins en développement des populations sont nombreux et cela

99 Nations Unies (1976), Rapport de la conférence mondiale de la femme, Mexico, 19 Juin au 02 Juillet 1975, Doc. E/CONF., 66/34.

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nécessite assez de moyens financiers. La seule subvention de l'Etat, qui d'ailleurs nous parvient parfois tard, ne peut cerner les investissements en développement. Nous en sommes conscients, c'est pour cela que le Président multiplie ses contacts à la recherche de partenariat » (Entretien individuel, directeur de cabinet du Conseil Général de Dimbokro).

IX.2.1-Au plan local et/ou national

Le développement local s'inscrit dans un vaste champ qu'il est

nécessaire d'opter pour des partenariats au niveau local ou national avec des structures ou organismes ayant des expériences dans le domaine du développement local.

Ceci est d'ailleurs relevé par la population enquêtée qui souhaite qu'il puisse exister entre elle et les structures décentralisées un partenariat (73,16%) et une franche collaboration (26,84%).

« Les structures de développement qui exercent à Dimbokro poursuivent certes des objectifs bien définis. Mais, pour atteindre les objectifs du développement local et surtout avec l'insuffisance des moyens financiers pour la réalisation de grands projets de développement, il faut mettre l'accent de plus en plus sur le partenariat, la franche collaboration avec les structures locales.

Il n'est plus question de s'asseoir et dire que les moyens sont insuffisants. On demande aux élus locaux d'entreprendre des actions au-delà de leur territoire, et d'être imaginatifs.

Il poursuit en affirmant « qu'il faut faire des ouvertures vers les pays asiatiques: Inde, Iran, Chine, qui sont prêts à aider les pays du tiers monde, et en particulier les pays africains » (Entretien individuel, Directeur des services financiers et comptables du Conseil Général de Dimbokro).

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La prise en compte des besoins et attentes des populations est, tout comme leur implication, une modalité indispensable de l'application du principe de la participation pour la mise en oeuvre des initiatives de développement.

Après la prise de conscience de la nécessité de l'approche participative dans la mise en oeuvre des projets de développement, prise de conscience consécutive à l'échec des précédentes politiques de développement, l'implication des bénéficiaires des actions de développement est apparue comme le gage de la prise en compte de leurs besoins et attentes dans la réalisation des projets de développement .

C'est pour cela qu'il est nécessaire de donner l'opportunité aux populations de définir leur priorité en matière de développement, sans toutefois négliger la révision de ces besoins.

Sans nul doute, c'est souvent au niveau local que l'approche du développement durable centrée sur les besoins humains se précise, car c'est à ce niveau là que des décisions sont prises au jour le jour par des particuliers et des groupes de personnes, décisions qui touchent leurs moyens d'existence, leur santé, voire leur survie. Dans un contexte local, les particuliers et les communautés sont mieux placés pour identifier les principaux tendances, défis, problèmes et besoins, d'arrêter leurs propres priorités et préférences, de déterminer les compétences et les capacités qui font défaut.

En effet, pour qu'un projet puisse avoir un impact direct sur l'amélioration des conditions de vie des populations, il faut que le projet en question soit défini en fonction des priorités de celles-ci.

Il ne s'agit pas d'une définition de priorité à partir de constats qui pourrait avoir des limites dans l'avenir mais les populations concernées doivent elles-mêmes définir leurs priorités à travers une organisation locale.

La définition des priorités doit constituer le premier volet de l'identification des projets de développement à réaliser au sein d'une communauté, mais il faut, lorsque toutes les conditions seront réunies pour la mise sur pied de ces

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projets, procéder à un réexamen des besoins des populations.

Il s'agit de réapprécier ces priorités avec les populations afin de faire les éventuels réaménagements.

C'est une manière d'être plus proche de celles-ci et de les impliquer à leur propre développement dans la mesure où les besoins sociaux ou les priorités des populations peuvent connaître des changements en fonction de la situation du moment. Cela veut dire que les projets privilégiant les aspects techniques, doivent être nécessairement conçus en fonction des conditions locales du milieu tout en prenant en compte des besoins des populations et les modes traditionnels d'exploitation.

Pour ce faire, l'expertise des structures locales de développement telles le BNETD, AGEPE, AGEFOP, FNS, FDFP et les ONG, doit être convoquée lorsque le besoin se ferait sentir.

Puisqu'aucun développement durable ne peut se faire en dehors de la population, le Conseil Général de Dimbokro doit poursuivre la sensibilisation aux fins d'amener celle-ci à considérer la participation à son développement comme un impératif et lui donner l'opportunité de le faire.

A cet effet, les populations (jeunes et vieillards, hommes et femmes) doivent savoir que vouloir se développer, nécessite un certain nombre de sacrifices dont le regroupement en associations ou mutuelles de développement.

Il faut se constituer en associations pour bénéficier du soutien des organismes internationaux.

Favoriser l'organisation des populations pauvres en associations ou en communauté est un aspect essentiel de la nouvelle conception de l'Etat.

En dehors du secteur public, de nombreux acteurs, groupes de proximité, syndicats, universités, associations d'usagers, ONG et associations de quartier influent sur la gestion des affaires publiques. Ces groupes peuvent, entre autres, obliger les élus locaux à être comptables de leurs actes.

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Constituant ce qu'on appelle la « société civile », ils peuvent aussi rechercher, parallèlement à l'administration, un mode de gouvernement plus à l'écoute de la population et plus efficace100.

Le PNUD fait également de cette mesure un axe fondamental de la nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté.

Ainsi, la gouvernance est-elle considérée comme le " maillon manquant et l'organisation des pauvres est perçue comme le "fondement de la réussite". En effet, la fonction primordiale de la société civile est de promouvoir les intérêts des pauvres.

Selon le PNUD, « ce dont les pauvres ont besoin, c'est une capacité organisationnelle accrue, plus de pouvoir pour influencer l'orientation de leur vie. L'assistance extérieure doit tendre à mettre en place cette capacité et ne doit pas se limiter à fournir des biens et services101.

Il s'agit donc de faciliter la croissance des organisations des pauvres en levant les obstacles juridiques ou autres qui empêchent la formation d'associations, et en fournissant un cadre administratif et judiciaire qui les soutienne.

La finalité est d'instaurer des partenariats entre les divers segments de la population, entre les structures décentralisées et la population, et d'engager un débat public sur les questions de développement économique et social.

Il est question de mettre en valeur la perception d'intérêts communs entre les pauvres et les non-pauvres.

L'objectif est d'introduire, au sein du débat public, l'idée que la réduction de la pauvreté est un bien public et qu'elle peut favoriser le mieux-être des non-pauvres. L'essor de la société civile doit permettre, à terme, de tisser une alliance stratégique avec l'Etat102.

Les organisations de la société civile et de l'Etat doivent poser les bases institutionnelles de la coopération pour le bien commun.

100 Banque Mondiale (1999), Rapport sur le développement dans le monde : le développement au seuil du XXème siècle, BM, Paris, Page 129

101 PNUD (2000a), Vaincre la pauvreté humaine, Paris, Economica, Page 87.

102 PNUD (2000a), Op.cit., Page 74.

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Les institutions doivent être participatives, crédibles, comptables, afin que les populations puissent voir les avantages de la coopération.

Cet appel doit être saisi par tous les associations et mutuelles de développement, ONG et tout autre groupement de la population agissant sur le territoire départemental de Dimbokro.

C'est donc le lieu de mieux structurer les différents groupements de la population autour d'un objectif commun qui est celui de l'amélioration des conditions de vie. Ainsi, les associations de la population de Dimbokro telles TABITHA, BEKANSSI, BEKANTI, les soeurs unies de Belleville et le groupement des apiculteurs de Soungassou, qui oeuvrent pour le mieux-être de leurs membres et donc de la population, doivent agencer leurs différentes actions sur la base du partenariat.

C'est à juste titre que la Présidente de l'Association BEKANSSI, parlant de l'importance des groupements, souligne que « les bailleurs de fonds font plus confiance aux groupements qu'à l'individu ; j'encourage donc mes soeurs à nous rejoindre ».

Dans cette perspective, l'on doit savoir que le développement n'a pas de bord politique. Il faut pouvoir donc faire fi de son appartenance politique et accepter de s'unir avec d'autres personnes pour réaliser des activités génératrices de revenus.

Par ailleurs, l'état traditionnel des associations n'est plus à l'ordre du jour. Il s'agit d'évoluer et quitter cet état qui consistait à faire des cotisations pour juste s'entraider en cas de malheur (décès) et d'évènements heureux (mariage, naissance) et atteindre un regroupement avec des projets de développement bien définis à réaliser.

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A cet effet, les cadres du département de Dimbokro doivent s'investir dans son développement à travers les mutuelles de développement, qui bien structurées et des objectifs définis, pourront faire intervenir les organismes internationaux à relever le défi du redémarrage socio-économique de la région jadis prospère.

Ces cadres, qui dans l'exercice de leur tâche professionnelle, ont acquis des expériences de gestion, de management des hommes et des projets, et ont eu l'occasion de connaître d'autres pays, d'autres modes de développement, doivent se mettre au service de leur localité.

Ceux-ci ont donc la capacité d'analyser la situation de développement, de comprendre, de proposer des solutions, de mettre en oeuvre et d'encadrer les autres. Il leur suffit de prendre leur responsabilité et d'avoir le souci du développement économique et social de leur région.

« Seules la sensibilisation, la culture de l'écoute et de la formation peuvent permettre d'atteindre cet état de fait. Car nous sommes en face d'une population désespérée, qui pense que rien ne peut la faire sortir de la situation qu'elle vit; elle qui, jadis était prospère » (Entretien individuel, responsable du développement humain du Conseil Général de Dimbokro).

Or, comme l'a si bien souligné l'agent de l'ANADER de Dimbokro, « l'espoir est permis à travers la production de l'anacarde, des produits vivriers et maraîchers » (Entretien individuel, agent de l'ANADER, zone de Dimbokro).

Il appartient donc à la population de saisir cette nouvelle opportunité et avoir des idées positives.

Par ailleurs, le partenariat doit s'étendre au-delà du local pour atteindre l'international non pas en terme de transposition de modèle de développement mais dans le sens des acteurs de développement échangeant des expertises.

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