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Analyse perspective de la mise en place de la titrisation des créances et prêts bancaires en république démocratique du Congo.

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par Laurent Luaba
Université Pédagogique Nationale - Licence 2015
  

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1. Quelques avancées enregistrées (de 2003 à 2013)72(*)

Toutes ces réformes récentes, intervenues principalement entre 2003 et 2013, ont eu plusieurs retombées positives dont il convient d'épingler les plus évidentes (et les plus significatives). Pour autant que l'appareil statistique du pays ait suivi, on peut relever quelques points ci-après :

· Le nombre des établissements bancaires est passé d'une dizaine à 26 ; de nouvelles catégories d'établissements se sont ajoutées aux banques, élargissant l'éventail institutionnel du système financier congolais ;

· Le total des dépôts est passé de quelque 700 millions de $ US à environ 2.500 millions : en effet, la stabilité (péniblement conquise, économiquement coûteuse et socialement peu supportable) du franc congolais sur le marché de change a permis d'endiguer l'érosion des revenus épargnés ;

· Le volume du crédit a été multiplié par le facteur 3,5. Il est passé d'environ 400 millions de $ US à près de 1.400 millions ;

· La compétition s'est accrue entre les différents secteurs du système financier (tontines traditionnelles, institutions de microfinance, institutions financières et banques, en attendant le retour en force des COOPEC) ;

· Le rapport tend à changer entre les institutions d'épargne et de crédit d'une part, et leur clientèle d'autre part. Il évolue dans un sens favorable à plus d'attention, d'écoute, de souplesse et même, çà et là, de courtoisie entre les deux catégories de partenaires ;

· La plage des activités économiques financées s'est élargie principalement « vers le bas », c'est-à-dire en direction et en faveur des activités plus modestes, de survie et de proximité, jadis maintenues hors des circuits financiers et bancaires formels ;

Il convient de retenir que ces avancées et bien d'autres encore sont dues aux efforts d'assainissement du secteur depuis la décennie 1990, par les autorités monétaires et les instances de contrôle et de régulation. Elles sont également dues aux efforts soutenus des pouvoirs publics portant stabilisation du cadre macroéconomique et facilitation de création et d'établissement dans le pays des banques et autres institutions financières.

Toutefois, ces avancées ont eu un coût. En effet, ce coût de restructuration qu'aucune instance ne s'est occupée d'évaluer, semble avoir été trop élevé pour oser reprendre de sitôt la même expérience de réforme. Tout s'est fait dans la douleur, dans une douleur inégalement répartie entre les protagonistes nationaux et étrangers du système financier du pays. Du côté congolais, il y a eu des faillites subites et des liquidations opaques, des pertes définitives de revenus épargnés, des mises au chômage massives sans grand souci des avantages sociaux, des mises à la retraite anticipées, des fuites de capitaux sous divers mécanismes et prétextes, des liquidations hâtives et opaques des patrimoines (immeubles, matériels et portefeuilles), des fonds de commerce et des réseaux d'affaires etc.

S'il est difficile de tourner définitivement la page de cette expérience de réforme difficile, douloureuse et menée le dos au mur il ne serait nullement justifié de ne pas compter avec les avancées que la réforme a value au pays. Et une des façons de compter avec celles-ci, c'est d'en identifier les insuffisances et les limites à ce jour, aux fins d'identifier les efforts qu'il reste à développer : l'objectif demeure, en effet, de doter le pays d'un système financier et bancaire efficace et performant, à la hauteur de ses défis spécifiques en matière de développement économique et de bien-être social.

En guise de conclusion partielle : il sied de noter del'analyse qui précède, qu'il convient de relever deux constats : (i) depuis l'époque coloniale, le pays possède un système financier étroit, d'un autre âge, et d'une remarquable inefficacité : ce système est en deçà et en retrait par rapport aux immenses besoins de financement de l'économie ; (ii) au cours des dix dernières années suivant l'Accord Global et Inclusif signé à Sun City, ce système financier a continué sa cure d'assainissement entamée au milieu des années 1990, pour déboucher sur une multiplication/diversification des établissements financiers et banquiers, ainsi que sur une extension de sa surface financière ; toutefois, il est demeuré un phénomène quasi-exclusivement urbain et sans grand enracinement dans le pays profond. Le système financier congolais doit être étendu, révolutionné et modernisé. Le besoin est douloureusement ressenti, notamment face à la dépendance financière extérieure qui n'en finit pas de croître, d'essorer l'économie du pays et d'hypothéquer toute dynamique interne de développement autonome.

* 72Evoqué par le professeur KABEYA, T, Op.cit, p, 8

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