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Le sud-ouest français dans l'espace européen : vers une collaboration interrrégionale en matière de relations culturelles extérieures ?

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par Thomas Perrin
Université Paris III - Sorbonne Nouvelle - DESS de Relations interculturelles 2001
  

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III. Articulation de la politique culturelle en région

et des relations internationales

1. LA DIALECTIQUE CONTEMPORAINE

ENTRE COSMOPOLITISME ET LOCALISME

Cette dialectique ne renvoie pas au débat limité entre jacobins et girondins, entre tenants du pouvoir central et défenseurs de la décentralisation ; elle intéresse l'évolution globale des sociétés contemporaines, particulièrement dans les domaines socio-politique, économique et technologique ; elle exprime "l'ambivalence de l'entre deux siècles [...,] dialectique du temps présent qui commute immédiatement des parties du monde ou de la société toujours plus interdépendantes mais tendant par ailleurs à s'éloigner les unes des autres, qui relie et oppose à une échelle inédite l'un et le multiple, l'homogène et le différent, l'uni et le séparé" (Saez, 1995, 16). Dans le même ordre d'idée on pourrait citer aussi Hanna Arendt, quand on se sent pris entre "attachement" et "arrachement" (Saez, 1995, 140).

Parallèlement à la montée en puissance des régions en Europe, le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) et l'avènement du libre-échange permettent de lier le local au global de plus en plus rapidement et facilement. Un peu comme les îles de la Méditerranée, les régions européennes sont soumises à cette "tension entre, d'un côté le circonscrit, le local et le petit et, de l'autre côté, le rayonnement à longue distance" (Chadziiossif, 1997, 62). C'est ainsi qu'on a pu constater de manière progressive, en France comme en Europe, un développement des échanges culturels internationaux fondé explicitement sur l'affirmation de politiques culturelles locales.

2 CADRE DES RELATIONS INTERNATIONALES DES RÉGIONS

Le développement des relations culturelles internationales des régions est dû en grande partie à la conjoncture de la décentralisation et de l'intégration européenne. Par exemple le cadre législatif - titre IV de la loi du 6 février 1992 relative à l'administration territoriale de la république, titre consacré à la coopération décentralisée - offre la possibilité d'utiliser comme outils de la coopération décentralisée, outre les conventions et autres instruments contractuels, deux formules juridiques : la Société d'économie mixte locale (SEML) et le Groupement d'intérêt public (GIP). De plus une Commission nationale de la coopération décentralisée a pour mission de tenir à jour un état de ces actions et de formuler toute proposition tendant à les renforcer. Même si l'Etat garde un droit de regard important sur les relations extérieures des collectivités, lesquelles s'effectuent dans la limite de leurs compétences et sous réserve de transmission à la Préfecture qui vérifie qu'elles soient bien conformes aux engagements internationaux de la France, il doit pouvoir s'adapter à l'interaction entre son rôle traditionnel en matière d'affaires étrangères, l'émergence du niveau d'intervention communautaire et l'accroissement du poids des régions.

"Les Etats [...], et d'abord la France, dont ce n'était pas, en matière de relations culturelles internationales, la tradition, doivent apprendre à trouver leur place dans ces réseaux complexes d'échanges où le local s'insère [...]. Les nouvelles logiques, multipolaires, décentrées, doivent pouvoir, et c'est l'enjeu, croiser les stratégies du service public."

(Alliès, Négrier et alii, 1994, Conclusion)

Les relations culturelles extérieures des régions françaises se développent selon deux directions :

- la direction intra-communautaire, encouragée par le contexte de construction européenne et qui se traduit le plus clairement par les relations transfrontalières.

- La direction extra-communautaire, qui relève à la fois de la "coopération décentralisée stricto sensu, c'est-à-dire avec des partenaires du Sud ou du tiers-monde" (Moulinier, 1995, 266), et des relations extérieures de l'Union européenne.

On peut qualifier ces deux directions de "croisées" : les relations culturelles ne peuvent rentrer dans des cadres rigides, ce serait leur imposer des limites.

Cette "double ouverture" fait apparaître :

- Le principe d'union (sans jeu de mots) et de rassemblement qui sous-tend la construction européenne, qu'il s'agisse des relations entre les pays membres ou de leur solidarité sur la scène internationale - bien qu'on soit encore loin d'une diplomatie communautaire opérationnelle5(*). Peut-être le caractère assez informel des relations culturelles représente-t-il une chance de précéder des évolutions qui peinent à s'accomplir.

- Le caractère complexe et multipolaire de ces relations comprises entre traditionnelles relations bilatérales et relations extérieures de l'Union européenne, situation qu'il faut pouvoir appréhender et maîtriser à l'échelle régionale et interrégionale. D'après un agent délégué par la Commission européenne au Maroc, il existe [encore] des obstacles, au sens propre, pour rapprocher les coopérations bilatérales et la coopération de l'Union européenne, malgré les déclarations de bonnes intentions qui ne sont pas forcément récentes : "L'Europe [....], loin de se substituer aux traditionnelles relations bilatérales de ses Etats membres, peut donner à celles-ci un élan sans précédent" (M. Juppé in Maroc-Europe, quel partenariat? Actes du colloque., 1996, 19), ou encore "les actions bilatérales et communautaires seront donc complémentaires" (M. Prat in Maroc-Europe[...], 1996, 104).

Après une présentation du cadre général des relations culturelles extérieures des régions, il convient d'aborder les différents enjeux qui leur sont liés.

* 5 Cf. "L'Union, Goliath diplomatique ? ", L. Zecchini in Le Monde du 12 septembre 2000.

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