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Intégration des adolescents adoptés d'origine étrangère au Québec

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par Delphine MOYTIER
Université de Caen - Master IUP Management Social Santé 2006
  

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· Les adoptés ne sont pas des migrants ordinaires46(*)

Les individus adoptés sont en effet des « migrants », des personnes venues d'ailleurs. Si l'on devait définir ce qu'est un « migrant ordinaire », on pourrait par exemple parler des réfugiés politiques, des réfugiés économiques, des travailleurs installés dans un autre pays, à cause de leur profession, etc. Ce qui est important de dire, c'est qu'un migrant ordinaire ne remet pas en cause se filiation, ni les relations qu'il a avec sa famille, ou ses amis. Pour lui, il n'y a pas de rupture du sentiment d'appartenance avec son pays d'origine. Le migrant ordinaire vit sa culture d'origine dans le pays d'accueil, il n'y a pas de rupture, il y a conciliation des deux cultures. Il faut souvent au moins trois générations avant qu'un descendant de migrants soit totalement assimilé à la culture du pays d'accueil.

L'enfant adopté lui est très différent du migrant ordinaire. Car bien souvent, il y a une rupture assez vive avec sa famille biologique, avec sa culture d'origine. Une personne adoptée ne reconnaît plus sa famille biologique comme sa famille proprement dite. On peut dire qu'un enfant adopté ressent l'abandon, même de façon imperceptible. Une adolescente que j'ai rencontré lors de mes entretiens m'avait confié avoir été adoptée à quatorze jours, et l'a ressenti. Car elle a des difficultés à aimer, à se laisser aller dans une relation, amicale ou même amoureuse...La cassure créée par l'abandon de la mère peut engendrer un sentiment perpétuel d'insécurité affective quand l'enfant adopté grandit ; ainsi qu'un sentiment de culpabilité. Car dans son inconscient, l'enfant abandonné pense qu'il a été abandonné parce qu'il a fait une bêtise.

Mais revenons à la notion de migrant qu'est l'adopté. Comme nous l'avons dit, la rupture de l'adopté avec le pays d'origine est souvent totale, surtout dans une adoption plénière (les plus rependues). Cette rupture peut être voulue par le pays d'origine lui-même. L'enfant adopté peut donc ressentir deux types d'abandon, de sa mère biologique d'abord, puis de son pays d'origine ensuite.

L'enfant adopté n'a, bien souvent, jamais parlé sa langue d'origine. Sauf dans les cas d'adoptions tardives, mais il se produit un phénomène d'oubli de la langue souvent. L'enfant adopté n'a pas été immergé dans sa culture d'origine. Même si il fait des recherches à l'adolescence sur son pays, il manque cette immersion culturelle que l'enfant adopté n'a pas eue dans son pays. La plupart du temps, l'enfant n'a pas de personnes dans son entourage lui permettant de lui faire connaître sa culture d'origine.47(*)

* 46 MAURY Françoise, L'adoption interraciale, éditions L'Harmattan, collection Psychologies, Paris, 1999, 330 pages.

* 47 MAURY Françoise, L'adoption interraciale, éditions L'Harmattan, collection Psychologies, Paris, 1999, 330 pages.

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