WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La politique étrangère américaine à l'épreuve des évènements du 11 septembre 2001: Le cas irakien

( Télécharger le fichier original )
par Mamadou DIA
Université de Toulouse I Sciences Sociales - Master de Relations Internationales 2005
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

SECTION II - Evolution politique de la National Missile Defense

A - La réticence de l'Administration Clinton au projet NMD

Le programme NMD provient à l'origine d'une loi votée en novembre 1991 par le Congrès alors à majorité démocrate : le NMD Act. Ce texte exige l'accélération des études sur des programmes capables de répondre à la menace que représenterait, dans le cadre d'opérations extérieures, des engins de type Scud (programme Theater Missile Defense ou TMD). Lorsqu'il accède à la présidence en janvier 1993, Bill Clinton se montre favorable à ce projet mais réticent, voire hostile à un système de défense antimissile destiné à protéger l'ensemble du territoire américain en interceptant en vol tout missile se dirigeant vers les Etats-Unis. Il considère en effet que la défense du territoire repose avant tout sur la dissuasion nucléaire et la réduction du risque de prolifération par la voie diplomatique, et donc que cette « défense antimissile nationale » n'y a pas sa place.

La victoire électorale des Républicains en novembre 1994 va changer la donne car, face à la nouvelle majorité républicaine du Congrès, plus sensible à l'idée d'un protection à tout prix du territoire, l'Administration Clinton adopte une politique du compromis. Adoptée en 1996, celle-ci consiste à financer, à hauteur de 1,6 milliard de dollars par an, la réalisation et la préparation d'essai d'un système d'interception pour la fin de l'année 1999, de façon à pouvoir prendre une décision de déploiement en 2003 si l'évolution de la menace confirme la nécessité d'une telle mesure. Le projet NMD est alors entamé et confié à une division du Département de la Défense, la Ballistic Missile Defense Organization (BMDO).77(*)

Malgré cette décision, l'Administration Clinton annonce, le 20 janvier 1999, le report du programme NMD : la date d'un éventuel déploiement est repoussée de 2003 à 2005, au nom même de l'efficacité du futur système. Un rapport commandé par la présidence, le rapport Welch, a en effet conclu au risque de produire un système technologiquement peu efficace à trop vouloir le concevoir rapidement. De plus, il a mis en avant le coût exorbitant du programme pour un résultat au final incertain : il estime que les coûts engendrés par cette technique d'ici à 2015 s'élèveront à plus de 29,5 milliards de dollars (contre 20,9 initialement annoncé) et que les simples opérations de mise en route du programme nécessiteront 8,8 milliards de dollars, soit 3,7 milliards de dollars de plus que prévu. Cette annonce par la présidence d'un ralentissement de la NMD ne sera cependant pas suivie d'effets puisqu'en juillet 1999, le président Clinton annonce que le système NMD sera déployé « dés qu'il sera technologiquement réalisable ».

Si tous les chefs d'Etat américains après 1945, de Harry Truman à Georges Bush (père), ont été, selon l'expression de l'historien Ronald Steel, « des présidents de guerre », Bill Clinton, lui avait la possibilité de faire autrement. Sous sa présidence, le centre de gravité du pouvoir s'est effectivement quelque déplacé de l'appareil de sécurité nationale vers le ministère des finances et le nouveau Conseil de sécurité économique à la Maison-Blanche. De grands argentiers comme M. Robert Rubin se sont imposés dans la conduite de la politique mondiale, orchestrant la globalisation et gérant ses crises. Le président avait d'ailleurs annoncé en 1992, avant même son investiture, que la libéralisation économique et les échanges commerciaux seraient désormais les instruments privilégiés de la diplomatie américaine. Les accords de libre-échange avec le Mexique et le Canada en 1993, la ratification de l'OMC en 1994, la libéralisation financière en Asie orientale et la politique d'engagement avec la Chine et la Russie ont concrétisé ce choix.

* 77 Nicolas Descours, « Choix stratégiques de défense et intérêts économiques américains » Polytechnique, 1999

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net