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La politique étrangère américaine à l'épreuve des évènements du 11 septembre 2001: Le cas irakien

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par Mamadou DIA
Université de Toulouse I Sciences Sociales - Master de Relations Internationales 2005
  

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A. Faire prédominer l'économique sur le stratégique était logique : si l'affrontement bipolaire avait justifié quarante ans de mobilisation militaire, sa disparition ouvrait la voie à un renversement des priorités. Les formes d'intervention de l'Etat devaient changer pour accompagner et profiter de l'ouverture de la Chine, du développement fulgurant des économies émergentes d'Asie orientale et de la transition en Europe centrale et orientale. L'Etat de sécurité nationale devait en quelque sorte céder la place à l'« Etat globalisateur ».

B. En proposant ce renversement des priorités, M. Clinton « mettait en question la raison d'être du Pentagone et de la structure de sécurité nationale de guerre froide »78(*), souligne Steve Clemons, directeur du Japan Policy Research Institute. Favorable à une démobilisation militaire substantielle, Clemons affirme que les relations entre Clinton et les généraux étaient « dés le départ exécrables ». Il avait en effet annoncé en 1993, à travers son secrétaire à la Défense Les Aspin, son intention de revenir sur deux éléments clés de la politique de défense de ses prédécesseurs : la doctrine dite de la base force (forces de base) de Colin Powell - c'est-à-dire la capacité de mener deux grandes guerres régionales simultanément - et le programme de développement d'armes antibalistiques amorcé sous Reagan. Aspin avait même évoqué la « fin de l'ère de la guerre des étoiles ».

Ces initiatives n'ont pas abouti. Devant la résistance farouche du complexe militaro-industriel, qui lui était à priori très hostile, notamment à cause de son engagement contre la guerre du Vietnam lorsqu'il était étudiant à Londres, Bill Clinton allait plier quelques mois plus tard. Faiblesses politique et personnelle se sont conjuguées pour lui faire perdre les deux premiers bras de fer l'opposant au Pentagone : sa proposition d'ouvrir les forces armées aux homosexuels a été enterrée, et la doctrine de la base force a été conservée (ironiquement, les Républicains qui l'ont inventée la remettent en cause aujourd'hui). « C'est à partir de ce moment-là, explique Lawrence Korb, du Council on Foreign Relations (CFR), que Clinton a décidé de caresser le Pentagone dans le sens du poil. »

Le budget de la Défense a été maintenu en 1994 à 280 milliards de dollars, soit 88 % de la moyenne observée entre 1974 et 1989 au moment de la guerre froide. Il a augmenté de 112 milliards sur six ans en 1998 sous la pression des deux Chambres du Congrès, dominé après 1994 par les Républicains. De concession en concession, Bill Clinton a donné au pentagone à peu prés tout ce qu'il voulait. Ce qui n'a pas empêché certains républicains d'engager une polémique virulente contre sa politique de sécurité et de défense. Relayés après1994 par le Congrès, ce derniers ont mené une campagne hargneuse, accusant le président d'avoir mis en cause la « sécurité nationale » parmi eux, l'actuelle conseillère à la sécurité nationale du président Bush, Mme Condoleeza Rice, a pu dire de Clinton qu'il avait transformé les forces armées américaines en « travailleurs sociaux » et les avait ainsi réduites à un état d'impotence comparable à celui de 1940.79(*)

* 78 Cité par Philip Golub, « Rêves d'empires de l'administration américaine » Monde-diplomatique, Juillet 2001

* 79 Condoleeza Rice, « Promoting the National Interest », Foreign Affairs, Janvier-Février 2000

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