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La politique étrangère américaine à l'épreuve des évènements du 11 septembre 2001: Le cas irakien

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par Mamadou DIA
Université de Toulouse I Sciences Sociales - Master de Relations Internationales 2005
  

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CHAPITRE II : L'administration Bush : une équipe cosmopolite

SECTION I : Un gouvernement de guerre froide sans guerre

Si Bill Clinton n'a pas su ou voulu le Pentagone au pas, on assiste avec George W Bush à un retour en force de l'Etat de sécurité nationale. Contrairement à l'administration Clinton, ce sont maintenant des guerriers et des stratèges civils et militaires qui occupent les postes décisifs. MM. Dick Cheney, Colin Powell, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Richard Armitage, James Kelly, Lewis Libby, John Negroponte124(*), parmi d'autres, ont tous eu des fonctions sécuritaires de premier plan dans la défense ou le renseignement pendant la guerre froide et/ou au moment de la transition soviétique et de la guerre contre l'Irak. John Negroponte, par exemple, a été un des hommes-clés dans la guerre « secrète » menée contre les sandinistes, au Nicaragua alors que James Kelly était dans la Navy. De son côté, Richard Armitage, un ancien du Vietnam est au secrétariat à la défense. Paul Wolfowitz et Lewis Libby ont théorisé l'unipolarité sous la présidence de Bush père. Donald Rumsfeld, qui a présidé à la « deuxième guerre froide » (1975-1989) a fait disparaître le mot « détente » du vocabulaire officiel et passé les années 1980 et 1990 à promouvoir la « guerre des étoiles » et à dénoncer la politique des démocrates. Subtil mélange de centristes proches de son père (Henry Kissinger, Brent Scrowcroft, George Shultz, Condoleeza Rice, l'avocat international Robert Zoellick) et de néo conservateurs purs et durs issus de la puissante organisation Project for a New American Century (Paul Wolfowitz, Dick Cheney, Richard Perle, John Bolton, Lewis Libby, William J. Bennett, Zalmay Khalilzad et James Woolsey), et l'équipe de conseillers diplomatiques rassemblée par le gouverneur Bush dés 1998 navigue entre réalisme et « souverainisme ».

Bref c'est un gouvernement de guerre froide sans guerre froide. Ses actes et sa composition reflètent une vision et un choix : la vision d'un système mondial structuré par le seul jeu des rapports de forces, et le choix de poursuivre des objectifs de richesse et de puissance déterminés par une définition très étroite de l'intérêt national.

Le choix de Dick Cheney par exemple comme numéro deux sur son « ticket » n'est pas un hasard. George W Bush apprécie Cheney pour son expérience (il fut secrétaire général de la Maison-Blanche, membre du Congrès et secrétaire à la Défense) mais aussi pour ses immenses réseaux de contacts dans les milieux politiques, économiques et universitaires républicains. Il a pour fonction de transformer les « instincts idéologiques » de George W Bush en grille de lecture du monde. Puisant dans son impressionnant carnet d'adresses, il réunit une équipe se quatorze experts en matière de politique étrangère : surnommés « les Vulcains », ceux-ci forment un mini-conseil de sécurité nationale coordonné par Condoleeza Rice125(*). Par delà la doctrine, le parcours de ces hommes est en général assez homogène. Souvent formés à l'école démocrate du début des années 1960 (celui de John Kennedy et du missile gap), les néo conservateurs ont profité de l'ostracisme politique, universitaire et social dont ils ont fait l'objet en raison de la guerre du Vietnam pour se rallier à la droite religieuse. Dés le début des années 1970, ils trouvent refuge dans les organisations (l'American Entreprise Institute, la Heritage Foundation ou le Committee on the Present Danger) ou les médias (National Review) qui forment désormais l'essentiel de la base politique du conservatisme. C'est à eux que l'on doit le ralliement à la fois tactique (ils cherchent à se constituer une base électorale dans des Etats clés comme la Floride, New York ou la Californie) et idéologique (par inclination religieuse personnelle) de cette droite conservatrice à Israël. Ils voient, en effet, dans l'Etat juif une autre « nation assiégée », alter ego de l'Amérique du XVIIIe siècle et « poste avancé » de la démocratie dans une région qui ne connaît - Liban excepté - que la tyrannie.

A - Une mouvance très proche d'Israël

Cette prégnance des enjeux de sécurité au Moyen-Orient se reflète dans deux de leurs bastions intellectuels les plus influents : le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et le Center for Security Policy (CSP), organisations jumelles dont la composition est en tous points identique à celle du Committee on the Present Danger, et dont les conseils d'administration constituent une sorte de Who's Who du néo-conservatisme américain contemporain.

Fondée en 1976 dans le sillage de la guerre du Kippour par un groupe d'intellectuels et d'hommes d'affaires, le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) est devenu, en vingt cinq ans, une véritable « machine de guerre » de lobbying et de relations publiques, dotée d'un budget de 1,5 million de dollars par an. Jusqu'en janvier 2001, le conseil d'administration du JINSA rassemblait Dick Cheney, John Bolton (aujourd'hui Undersecretary of State for Arms Control), Douglas Feith (Undersecretary of Defense Policy), Richard Perle (ancien président du Defense Policy Board et toujours membre du conseil du JINSA). L'organisation se vante également de compter parmi ses membres plus de 200 anciens officiers supérieurs de l'armée américaine. Sa fonction consiste, selon son site web, à  sensibiliser l'opinion américaine à la nécessité de doter les Etats-Unis d'une de capacité de défense efficace pour que ses intérêts vitaux puissent être protégés, ainsi qu'à « informer la communauté de défense et des affaires étrangères du rôle fondamental d'Israël dans la propagation des valeurs démocratiques en Méditerranée et au Moyen-Orient ».

Cette « proximité » entre les Etats-Unis et Israël, la conviction des faucons selon laquelle l'équilibre des forces entre Israël et le monde arabe changerait de façon décisive en faveur d'Israël si l'Irak était d'abord « libéré » ajoutées à ce que Hoffmann appelle « l'antipathie de Bush pour Arafat et son horreur du terrorisme par les attentats suicides »126(*), tout cela a entraîné la suspension du processus de paix.

* 124 Respectivement vice-président, secrétaire d'Etat, secrétaire à la Défense, secrétaire adjoint à la Défense,secrétaire d'Etat adjoint chargé de l'Asie du Sud-Est et de la zone Pacifique, conseiller de sécurité de M. Dick Cheney, ambassadeur non encore confirmé à l'ONU.

* 125 Voir Annexe

* 126 Stanley Hoffmann, « Régression américaine » opcit

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