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La politique étrangère américaine à l'épreuve des évènements du 11 septembre 2001: Le cas irakien

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par Mamadou DIA
Université de Toulouse I Sciences Sociales - Master de Relations Internationales 2005
  

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PROBLEMATIQUE

Dans ce travail, il ne s'agit pas de raconter les péripéties de la journée du 11 septembre ou de revenir sur le déroulement des opérations militaires en Irak. Notre ambition est de montrer que le 11 septembre, avec le terrible choc qu'il a causé dans l'esprit des Américains, a permis à l'administration de Georges W Bush de conduire une politique agressive à l'encontre de l'Irak en jouant sur la peur des armes de destruction massive, en somme montrer que le 11 septembre est un « accélérateur » dans la volonté des « faucons » de terminer le travail commencé en 1991 avec la guerre du Golfe. Selon plusieurs observateurs9(*), quelque soient les décisions prises par les autorités irakiennes en vue d'autoriser les inspections de l'ONU afin d'éviter une éventuelle guerre contre leurs pays, rien n'y échapperait : la guerre aura lieu. Selon Eric Maurice, la guerre contre le terrorisme constitue le soubassement de ce conflit : 

« Après le 11 septembre 2001, la guerre en Afghanistan et le démantèlement des bases d'Al Qaïda ont constitué l'objectif principal des Etats-Unis. Mais, en janvier dernier, une fois les talibans chassés de Kaboul et Ben Laden disparu quelque part entre l'Afghanistan et le Pakistan, Saddam Hussein est revenu sur le devant de la scène, protagoniste de «l'axe du Mal» de George Bush aux côtés de l'Iran et de la Corée du Nord. Le but : profiter de la guerre contre le terrorisme pour mettre en oeuvre le grand dessein des faucons. Le gouvernement envisageait initialement une confrontation avec Saddam Hussein cet automne, une fois qu'il aura monté un dossier aux Nations unies prouvant que le leader irakien refuse les inspections», écrivait «The New York Times» fin avril. «De hauts responsables reconnaissent maintenant qu'une offensive sera probablement repoussée au début de l'année prochaine, pour se donner le temps de créer les bonnes conditions militaires, économiques et diplomatiques .La détention de ces armes par Saddam Hussein et l'usage qu'il s'apprêterait à en faire est au coeur de la raison officielle du déclenchement du conflit »1(*)0.

Nous nous appesantirons aussi sur la conception unilatéraliste des affaires du monde de l'administration Bush en essayant de mieux connaître ces « faucons » et leurs liens avec le monde pétrolier. Avec Dick Cheney ancien de Halliburton première compagnie fournisseur de matériels pétroliers, Condoleeza Rice venant de Chevron, Georges W Bush lui-même ancien dirigeant de compagnie pétrolière au Texas, il faut reconnaître que les intérêts pétroliers sont bien représentés à la Maison-Blanche. Et comme l'Irak détient les deuxièmes réserves mondiales de pétrole, il serait intéressant, au delà des discours officiels, d'analyser cette composante pétrolière qui est un élément essentiel de la politique de Georges W Bush.

Donc notre travail est divisé en deux parties : dans la première, nous essayerons de montrer que le 11 septembre, au-delà du fait de montrer la vulnérabilité des Etats-Unis face à des actions pareilles, a permis à ce pays de se faire de nouveaux ennemis à travers « l'axe du mal » et de satisfaire le complexe militaro-industriel au plan budgétaire.

La deuxième partie est consacrée à cette nouvelle stratégie de sécurité définie par Georges W Bush et son corollaire : l'unilatéralisme. On s'intéressera aux conséquences de cette politique notamment sur les relations euro atlantiques et dans le monde arabe. Enfin, il nous semble important aujourd'hui, de faire un petit bilan de cette politique en Irak un an après la chute de Saddam : cette volonté américaine d'instituer la démocratie, au pire par la force est-elle viable ? Peut-on imposer sa volonté même en étant animé de bonnes intentions ? Bref la guerre en Irak, avec la manière dont elle fut déclarée, est-elle une exception où le point de départ d'un grand bouleversement des relations internationales où les puissants n'auront aucune limite, surtout si d'autres Etats présentent les mêmes caractéristiques (détention d'armes de destruction massive) ? Cet exemple peut-il être utilisé contre « l'axe du mal » où figure, entre autre, la Corée du Nord détentrice de l'arme nucléaire ?

* 9 Eric Laurent, « Comment Bush a programmé sa guerre » in Courrier International du 30 mars 2004

* 10 Ibid

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