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La politique étrangère américaine à l'épreuve des évènements du 11 septembre 2001: Le cas irakien

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par Mamadou DIA
Université de Toulouse I Sciences Sociales - Master de Relations Internationales 2005
  

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SECTION III : De l'Afghanistan à l'Irak : un calendrier militaire chargé

« Les machines ne font pas la guerre. Le terrain ne fait pas la guerre. Les hommes font la guerre. Vous devez rentrer dans le cerveau des hommes. C'est là que les batailles se gagnent. »

Colonel John Boyd

Frappée en plein coeur, l'Amérique éprouva d'abord des difficultés afin de comprendre ce qui s'est passé. Si comme le pense Jean Yves Haine, « la menace terroriste avait été absente des débats stratégiques américains et le personnage de Ben Laden pas inconnu des cercles restreints du contre-espionnage américain »55(*), la première réaction de l'opinion publique américaine mêla incrédulité et indignation. Une fois ce choc digéré, l'offensive de l'administration se dirigea contre les Talibans.

Le 7 octobre 2001, soit moins d'un moins après les attentats, les Etats-Unis débutent la riposte contre le terrorisme en s'en prenant aux Talibans coupables d'héberger sur leur territoire l'ennemi public numéro 1 des Etats-Unis : Oussama Ben Laden et plus grave, refusant de le livrer malgré toutes les démarches effectuées par les autorités américaines. Une vaste coalition se mit en place afin de se débarrasser des étudiants en théologie, sous l'approbation tacite d'une grande partie de l'opinion publique mondiale révulsée par la vision terrifiante d'avions s'encastrant dans les tours jumelles de New York. « Les Etats-Unis ont le droit de se défendre » dit on dans les manifestations contre le terrorisme. Faiblement armée, inorganisée, l'armée des Talibans est balayée après une intense campagne de bombardement. Les attaques terroristes qui ont détruit le World Trade Center et endommagé le Pentagone sont certes des liens importants dans la chaîne des évènements qui ont entraîné les Etats-Unis à attaquer l'Afghanistan.

Mais selon Patrick Martin le gouvernement américain a planifié la guerre bien à l'avance. « Le choc du 11 septembre n'a que contribué à la rendre politiquement faisable en stupéfiant l'opinion publique au pays et en donnant à Washington un coup de main essentiel pour convaincre ses alliés réticents à l'étranger ».56(*) Selon lui, la classe dirigeante des Etats-Unis envisageait de mener la guerre en Asie centrale depuis au moins une décennie puisqu'elle a présenté la région de la mer Caspienne et l'Asie centrale comme une alternative possible à la dépendance pétrolière de cette région instable qu'est le Golfe persique.

A - Une guerre sans l'OTAN

Dans ce conflit, l'Alliance Atlantique ne fut pas impliquée. Le Pentagone assura seul la planification et le déroulement des opérations militaires. Cette guerre que la communauté internationale jugeait légitime se déroula en dehors des structures otaniennes car il s'agissait pour l'Amérique d'exercer son droit de légitime défense individuelle et non collective. En dépit de la protestation de solidarité exprimée par l'invocation de l'article 5 de l'Alliance, Washington n'entendait pas être bloqué par les rouages trop lourds d'une institution telle que l'Otan. L'exemple de la guerre en Bosnie est encore dans les esprits.

Certains auteurs, de leur côté, n'hésitent pas à souligner la responsabilité des Etats-Unis dans la non capture de Ben Laden, coupables qu'ils sont d'avoir initié une alliance incertaine : s'en remettre au présidant pakistanais Musharaf pour contrôler sa frontière.57(*) Cet avis est partagé par Georges Soros qui croit que la non arrestation de Ben Laden met en lumière l'une des limites dont souffre l'Amérique dans le contexte d'une guerre. En effet pour le financier, « le pays a beau possédé les moyens militaires les plus formidables de la planète, il rechigne à subir des pertes »58(*) même si les troupes américaines ont joué un rôle plus important par la suite, lors de l' « opération Anaconda » qui a permis de retrouver des Talibans et des combattants d'Al Qaïda dans la vallée de Shat-i-Kot.

B - L'après guerre : le choix de l'action militaire au détriment de l'humanitaire

Focalisé sur les opérations militaires, l'administration Bush se désintéressera de l'après-guerre. « Le désintérêt fut tel qu'aucune aide pour l'Afghanistan ne fut provisionnée dans le budget 2003 »59(*) clame Haine qui croit que cela témoigne seulement d'une conception toute militaire de la lutte contre le terrorisme. « L'administration Bush n'a pas su gagner toute la bataille de la paix (...) elle a été handicapée par son aversion viscérale pour la collaboration internationale et par le refus de s'investir dans des efforts pour bâtir une nation »60(*). Plutôt qu'à une démonstration des effets de l'aide internationale, on assiste à une situation où peu de progrès ont été faits. Pire, Mitch Daniels le Directeur du budget de l'administration Bush affirme au Congrès qui s'apprêtait à accorder 150 millions de dollars au titre de l'assistance pour l'éducation et l'agriculture, qu'il n'aurait pas plus de 40 millions.61(*)

L'insécurité du pays rend l'acheminement de l'aide hasardeux. Deux ans après l'invasion américaine, l'Afghanistan se caractérise par son instabilité, et les Talibans réaffirment leur présence dans les zones pachtounes du Sud. Véritable carrefour sur la route de l'opium à destination du marché européen (alors que la production d'opium en 2002 est de 3400 tonnes, que le secteur de la drogue génère environ 2,5 milliards de dollars, l'aide internationale se situe aux alentours de 2 milliards de dollars62(*)), le gouvernement central d'Hamid Karzaï aura du mal à venir à bout des chefs de guerre engagés dans le trafic de drogue et ce, malgré l'apport de l'Otan. La question est de savoir si, aujourd'hui, l'intervention en Irak n'aurait pas détourné l'attention de l'opinion mondiale de l'Afghanistan.

* 55 Jean Yves Haines, les Etats-Unis ont-ils besoin d'alliés, Payot, Paris, 2004, 379 p

* 56 Patrick Martin, « Les Etats-Unis se préparaient à attaquer l'Afghanistan bien avant le 11 septembre » www.wsws.org

* 57 Jean Yves Haine, Les Etats-Unis ont-ils besoin d'alliés opcit

* 58 Georges Soros, Pour l'Amérique... opcit p 51

* 59 Jean Yves Haine, les Etats-Unis.... opcit p 276

* 60 Georges Soros opcit p 51

* 61 Michael Hirsch, « Bush and the world » in Foreign Affairs september-october 2002

* 62 Estimations de l'International Crisis Group

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