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La politique étrangère américaine à l'épreuve des évènements du 11 septembre 2001: Le cas irakien

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par Mamadou DIA
Université de Toulouse I Sciences Sociales - Master de Relations Internationales 2005
  

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SECTION IV : Bagdad : nouvelle cible des faucons

Après la fin de la campagne d'Afghanistan, l'administration américaine devant l'impossibilité de trouver Ben Laden, se trouve un autre coupable idéal : l'Irak de Saddam Hussein. Ce dernier est accusé entre autre de brutaliser son peuple, de menacer ses voisins et surtout, de détenir des armes de destruction massive. « C'est probablement au soir du 29 janvier 2002 lors de son discours sur l'état de la nation que l'Irak a été désigné comme la prochaine cible de l'administration américaine »63(*). Ce soir là, Georges W Bush avait souligné : « Nos découvertes en Afghanistan ont confirmé nos pires craintes et montré l'étendue de la tâche qui nous attend. Des milliers de dangereux assassins entraînés à tuer de toutes les manières, souvent soutenus par des régimes hors la loi, sont maintenant répartis de par le monde comme autant de bombes à retardement, prêtes à exploser sans prévenir. »64(*) Et Bush de menacer : « Certains gouvernements seront timides face à la terreur, mais ne vous y trompez pas : s'ils n'agissent pas, l'Amérique agira. »65(*) Ce soir là, dira Ben Hammouda, le compte à rebours pour la guerre d'Irak avait réellement commencé. Cela est confirmé par Chalmers Johnson qui montre tout le processus qui a abouti à la guerre en Irak sous l'impulsion des néo conservateurs.66(*) Pour lui, en l'absence d'un « évènement catastrophique et catalyseur, comme un nouveau Pearl Harbor », tous s'attendaient à ce que les changements radicaux qu'ils préconisaient ne puissent être appliqués que lentement. « Mais avec le 11 septembre 2001 ils l'ont eu leur Pearl Harbor » conclut-il. Mais l'attaque des néo conservateurs américains contre le régime de Saddam n'a pas attendu l'arrivée des Républicains à la Maison-Blanche. Dés le milieu des années 1990, Paul Wolfowitz l'actuel Secrétaire d'Etat adjoint à la Défense alors doyen du département d'Etudes internationales de l'université John Hopkins considérait que la chute du régime de Saddam était une condition à la stabilité internationale et à la paix dans le Moyen-orient. Alors que la politique étrangère est édictée par l'administration démocrate de Clinton, il soulignait que l'endiguement conduirait de plus en plus de pays à s'accommoder de Saddam : « si nous sommes sérieux pour ce qui est de démanteler les armes de destruction massive de Saddam, (...) nous aurons à nous confronter à lui tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux » argumente t-il.67(*) Ainsi, nul ne pouvait être surpris lorsque en septembre 2002 Georges W Bush demande à l'ONU l'application des résolutions votées à l'encontre de l'Irak.

L'Etat présent d'insécurité soulève un ensemble de questions inédites qui engagent les Etats-Unis dans un grand débat national sur sa défense, leur troisième d'après Brezinski. Ainsi, pour le conseiller au Center for Strategic and International Studies (CSIS), le premier débat a agité les premières années d'indépendance car il s'agissait de savoir si l'Etat américain, tout juste émancipé, devait se doter d'une armée régulière et, dans ce cas, quelles précautions devait-il adopter pour en extirper tout penchant au despotisme ce qui amena Alexander Hamilton à écrire qu'à défaut d'armée, « les Etats-Unis donneraient alors le spectacle le plus extraordinaire que le monde ait jamais vu, celui d'une nation empêchée par sa Constitution de préparer sa défense au moment d'être envahie »68(*).

Le deuxième débat fut provoqué par le refus du pays d'adhérer à la Société des Nations, à l'issue de la première guerre mondiale. Il allait atteindre le point culminant avec l'engagement américain formulé dans l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord. Conséquence : la défense de l'Amérique avait désormais pour ligne de front celle de l'Europe elle-même.

Quant au troisième débat, il tourna autour de quelques questions : jusqu'où les Etats-Unis vont-ils étendre leur rayon d'action pour maximiser leur propre sécurité ? La contribution particulière de l'Amérique à la sécurité de ses alliés comme à la stabilité internationale justifie qu'elle s'efforce d'atteindre un niveau de sécurité plus élevé que celui auquel peuvent aspirer les autres Etats.

De son côté, Thérèse Delpech remarque que plus encore que leurs collègues européens, les présidents américains sont élus sur un programme de politique intérieure pour découvrir très vite que les problèmes les plus graves auxquels l'Amérique est confrontée sont de nature internationale.69(*)

* 63 Hakim Ben Hammouda, Bagdad année zéro au lendemain de la seconde guerre, Maisonneuse§Larose, Paris, 2003, 248 p

* 64 Ibid. p 23

* 65 Ibid.

* 66 Chalmers Johnson « Eliminer Saddam, un projet lancé en 1998 » Courrier International 30 mars 2004

* 67 Ibid.

* 68 Zbigniew Brzezinski, Le Vrai choix... opcit p 44

* 69 Thérèse Delpech, « Quatre regards sur le 11 septembre Etats-Unis, Europe, Russie, Chine » in Esprit, Août- septembre 2002 p 19

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