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Analyse comparative de la prise ne charge et du coût des soins d'un épisode du paludisme simple chez les enfants de moins de 5 ans dans les centres de santé St Joseph, Esengo et Déborah

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par Eddy Kieto Zola
Ecole de Santé Publique de l'Université de Kinshasa - DES en Economie de la Santé 2004
  

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1.2. FONCTIONNEMENT DES ZONES DE SANTÉ

Suite aux difficultés économiques et financières mentionnées plus haut, la RDC qui se trouvait dans l'incapacité d'assumer ses responsabilités de gestionnaire des institutions publiques de santé avait déclaré en 1982 l'autonomie financière des ZS.

Cette autonomie eût comme conséquence l'incapacité des hôpitaux d'assurer l'approvisionnement régulier en médicaments et le renouvellement des matériels des soins. La plupart d'entre eux ne gardent aujourd'hui que des bâtiments dans un état de délabrement avancé, avec des équipements vétustes, rarement en état de fonctionnement satisfaisant.

Les rares efforts de construction et de maintenance (surtout les centres de santé) ont été principalement l'oeuvre des organisations confessionnelles, caritatives et non gouvernementales.

L'Etat congolais continuait néanmoins, à former des médecins et d'autres professionnels de santé pour les affecter dans des ZS (alors non financées) ! Ces jeunes médecins fraîchement sortis de l'université, étaient le plus souvent confrontés à des problèmes de gestion et de fonctionnement. Face à cet environnement à la fois hostile, défavorable et discréditant, la plupart prirent la voie de l'émigration.

Les institutions médicales développèrent des mécanismes illicites de survie qui n'étaient que la privatisation des services publics dont les principales manifestations sont le rançonnement et détournement des patients des institutions publiques vers les privées. Une croissance importante, non planifiée et non contrôlée de la pratique médicale privée lucrative s'est développée. La plupart des prestataires privés sont en même temps des personnels salariés de l'Etat.

Le faible pouvoir d'achat des populations ne permit ni aux structures des soins de s'autofinancer ni aux pauvres d'accéder aux soins de santé. La qualité des soins laissait à désirer, la population a donc perdu confiance dans les services de santé.

Le cliché d'un hôpital public, depuis les années 80 à ces jours, est celui d'un grand bâtiment délabré avec un personnel pléthorique, sans médicaments, accueillant à peine quelques patients par jour.

1.3. Dilemme de l'accessibilité aux soins face à la viabilité du système de santé en RDC

Un point d'équilibre doit être trouvé entre l'accessibilité et la viabilité pour l'amélioration de l'état de la santé de la population et la pérennisation des investissements consentis par l'Etat et ses partenaires de ce secteur.

L'accessibilité des services de santé qui se définit comme la capacité d'un malade à recourir aisément aux soins de santé nécessaires à son état, est mesurée en fonction de la disponibilité des services de santé, de l'acceptabilité culturelle, de la distance à parcourir pour les atteindre et du coût à payer pour les services obtenus4(*).

L'accessibilité est l'essence de la politique sanitaire nationale formulée dans la stratégie des soins de santé primaires. Elle a été envisagée, sous l'angle quantitatif, comme l'accès aux soins par toute la population. C'est ce que rapporte Janssens dans son ouvrage en parlant des objectifs des soins de santé primaires en RDC : « l'objectif prioritaire est l'accessibilité des soins à toute la population 5(*)». Malheureusement, cette politique n'avait pas défini la place exacte qu'elle accordait aux pauvres, aux indigents et aux gagne petits.

Elle n'a pas non plus prévu des mécanismes ou des solutions d'accès aux problèmes d'exclusions permanentes et temporaires. Tout est resté une affaire des prestataires des soins. C'est alors qu'est intervenu un autre concept, la viabilité financière des formations sanitaires. C'est la capacité des services à maintenir un niveau optimal de fonctionnement à travers le temps. Elle est fondée essentiellement sur la notion d'« autofinancement ».

Vue sous l'angle des acteurs sanitaires, l'idée de l'autofinancement était plutôt celle d'une autonomie d'utilisation des recettes générées. Janssens affirme à cet effet qu'« une des idées maîtresses nées au cours des travaux de la commission réunissant les principaux responsables de services de santé est que les formations d'une zone de santé sont autorisées à utiliser les recettes qu'elles ont recueillies (autofinancement) ». Conçue comme une machine idéale fonctionnant avec un rendement à 100%, l'autofinancement devrait alors devenir l'unique ressource de fonctionnement grâce au recouvrement des coûts d'actes et des soins médicaux. Les résultats attendus de l'autofinancement étaient supposés être la viabilité à 100%, c'est ce qui justifia la politique de désengagement de l'Etat et l'anarchie dudit secteur.

L'état de santé de la population étant désormais entre les mains des prestataires, ces derniers commencèrent à fixer les règles d'accès aux soins pour assurer la viabilité de leurs formations sanitaires. Avec moins d'engagement gouvernemental, ils ne se souciaient pas du potentiel financier des ménages, entraînant ainsi des exclusions aux soins des ménages démunis.

Comment peut-on donner accès aux soins à toute la population et donner en même temps aux services de santé leur autonomie exprimée sur le plan financier en une viabilité à 100%, et cela pour une population dont le pouvoir d'achat chute jour après jour ? C'est la question de fond du débat entre l'universalité d'accès et l'éligibilité financière pour tous aux services de santé.

* 4 DEP-Minisanté : « étude sur l `accessibilité financière des communautés aux soins de santé », octobre 2004, p7

* 5 DEP-Minisanté, op cit

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